Les objections – Démocratie directe
Posted by Québec de Droite in Démocratie directe, Suisse on jeudi 18 novembre 2010
Cahier spécial : Démocratie directe
L’une des raisons qui explique le retard de la démocratie directe (par rapport à la Suisse, bien sûr, mais aussi à l’Italie, l’Allemagne ou les Etats-Unis) serait, dit-on, l’opposition des parlementaires à l’introduction dans nos institutions du référendum d’initiative populaire.
Le référendum, surtout initié par des pétitions de citoyens, serait un désaveu du travail des élus
Un observateur cynique (il y en a aussi dans la classe politique !) dira : faut-il que ces souhaits soient entendus ? Le peuple n’est-il pas ignorant ou aveuglé par les passions ?
Tout d’abord, cet argument vaut aussi pour la démocratie représentative et si les citoyens sont si ignorants et pervers, vaut-il mieux alors supprimer toute élection ! Personne n’osera aujourd’hui aller jusqu’au bout de ce raisonnement !
Des études sérieuses (voir références US Barber et Cronin) montrent que sur 150 ans d’expériences aux USA tant qu’en Suisse, la démocratie directe donne plutôt de bons résultats. Le citoyen ne prend pas des décisions absurdes. Certes, il y a un sous-bassement culturel à la démocratie. Il faut que les citoyens aient reçu des valeurs et une éducation leur permettant d’être des citoyens responsables. Là encore, des esprits chagrins diront que si c’est le cas des Suisses et des Américains, ce ne serait pas le cas des Québécois ! Il est vrai que la démocratie directe éduque, par son existence même et sa pratique, les citoyens à être responsables. Les Français n’ont pas cette chance puisque leurs institutions en font de purs spectateurs de la vie politique, hormis le choix de candidats pré sélectionnés par les partis lors des élections nationales et locales !
On a des exemples d’électeurs ayant favorisé des formes d’extrémismes comme sous l’Allemagne de la République de Weimar. Mais justement, il s’agissait d’une démocratie représentative ! Si les électeurs votent pour des partis extrémistes (nazis et communistes dans notre exemple), la démocratie est alors remise en cause, qu’il y ait ou non des référendums. Il est frappant de voir que c’est l’Allemagne (démocratie représentative) qui a viré à la dictature et non la Suisse (démocratie directe) !
Or justement, il apparaît que la décision du votant est sans doute plus rationnelle dans un référendum que dans une élection ! L’auteur de ces lignes a été député de Calais, alors ville communiste. Il a connu de nombreux électeurs communistes, fidèles à leur parti de façon indéfectible ! Or, interrogés sur des sujets concrets comme l’éducation nationale, l’immigration, ou le niveau de la TVA, ces électeurs ne faisaient absolument pas des réponses « communistes » mais des réponses de bon sens qu’on qualifierait plutôt « de droite ».
On a ici la clé de l’intérêt du référendum, qu’Aristote avait déjà perçu : le citoyen a son expérience vécue et il répond en fonction de son expérience vécue. Par contre, lors d’une élection, cette expérience n’est pas prise en compte car il s’agit de choisir un représentant et non de résoudre un problème concret.
Choisir un représentant est beaucoup plus difficile, c’est pourquoi l’électeur s’en remet essentiellement à l’étiquette d’un parti. C’est donc son « information mimétique » (croire dans les idées exprimées par les media) qui sera déterminante, et non son « information expérimentale » qu’il utilisera plutôt lors d’un référendum !
Ce qui est certain, c’est que le parlementaire est là pour faire valoir les intérêts de ses électeurs : son action est donc complémentaire de celles de ses électeurs lors d’un référendum initié par ces derniers. Par contre, son action sera aisément contredite par les antichambres, expressions de lobbies administratifs, syndicaux ou associatifs dont les intérêts peuvent être tout à fait contradictoires avec ceux des électeurs.
Un parlementaire, dans la situation concrète où il est aujourd’hui, a donc plutôt intérêt à l’introduction de la démocratie directe, sur les modèles suisses ou américains, plutôt que d’en rester à la « tyrannie du statu quo » qui renforce le pouvoir non des chambres, mais des « antichambres » !
Les adversaires à la démocratie directe allèguent la non-maturité et la désinformation des citoyens. Ceci n’est pas du tout avéré par les études empiriques qui portent sur près d’un siècle de pratique référendaire en Suisse et aux Etats-Unis.
Le référendum donne l’occasion au citoyen d’exprimer ce qu’il vit tous les jours d’où un degré d’information et de bon sens élevé. Par contre, le citoyen, lors d’une élection, vote souvent par mimétisme et non par expérience personnelle. Hitler est arrivé au pouvoir grâce à des élections parlementaires et non par un référendum.
L’élection offre par rapport au référendum moins de garanties de rationalité car le citoyen est plus rationnel pour répondre à une question concrète que pour choisir un homme.
Source : Réalités de la démocratie directe, Yvan Blot, Démocratie directe, 16 février 2010.
Le président est Yvan Blot, docteur ès sciences économiques, ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, ancien député du Pas-de-Calais, auteur des livres « les Racines de la Liberté », Albin Michel (1985), « la Démocratie Confisquée » Jean Picollec (1988) et « Herbert Spencer, un évolutionniste contre l’étatisme » Les Belles Lettres, prix du livre libéral 2007.
Il a un blogue qui s’appelle, Démocratie Directe
De plus, ils ont créé une association « Agir pour la démocratie directe »
L’association « Agir pour la démocratie directe » a pour but d’obtenir une réforme de la constitution de la république française pour y introduire au niveau local et national des mécanismes de démocratie directe, notamment le référendum d’initiative populaire. Elle demande l’application intégrale des articles 6 et 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, c’est-à-dire la coexistence harmonieuse de la démocratie représentative et de la démocratie directe. Elle affirme que seule de telles réformes peuvent faire sortir la France des blocages politiques et de l’oligarchie de fait qui y règnent.
Au préalable, l’association s’efforce de mieux faire connaître en France et en Europe les mécanismes de démocratie directe tels qu’ils fonctionnent notamment en Suisse, au Liechtenstein, aux États-Unis d’Amérique, en Allemagne et en Italie. Elle peut mettre en œuvre des actions de sensibilisation à la démocratie directe, notamment au niveau local. Elle propose aux pouvoirs publics des projets de réformes de la constitution avec les textes d’application nécessaires pour que la démocratie directe puisse exister réellement en France.
Elle organise aussi des colloques, des conférences et des sessions de formation. Elle publie des documents d’information et des ouvrages, gère des sites d’information sur internet et met en œuvre tous moyens analogues susceptibles de contribuer au but de l’association.
Les travaux de l’association ont vocation à être médiatisés ou communiqués aux responsables du monde politique, économique et social, éducatif et religieux notamment.
Table des matières
La force de la démocratie directe
Sommaire exécutif – La démocratie directe
Démocratie directe
L'initiative populaire:
Référendum facultatif
Référendum obligatoire
Conclusion
Le système politique en Suisse
Une démocratie à trois niveaux
La commune
Le canton
La Confédération
Instruments de démocratie directe
Vue d'ensemble
Votation populaire
Initiative populaire
Référendum facultatif
Pétition
Les objections
Comment l’électeur se fait une opinion
Démocratie directe et parlement : des institutions complémentaires ?
Les paramètres de la démocratie directe
Démocratie directe : la grande peur des bien-pensants !
Un séjour en démocratie directe
Le parcours d'un référendum facultatif
Le parcours d'une initiative populaire
Signer un référendum facultatif ou une initiative populaire
Bienvenue sur le site de l’Etat de Genève consacré au vote par Internet
Le développement du vote électronique est au coeur de la loi fédérale du 23 mars 2007
Rapport sur les projets pilotes en matière de vote électronique
Cas type d’une initiative populaire future
Votation populaire du 28 novembre 2010
Détail de L’initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers criminels »
Contre-projet à l’initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers criminels»
Les argumentaires sur l’initiative populaire par différents groupes de pression et des médias
Historique des initiatives populaire
Historique des référendums falcutatifs
Au stade de la récolte des signatures
Informations additionnelles
Le gouvernement
Le principe de milice, un élément important de la démocratie directe
Droits populaires au niveau cantonal et communal
Le Tribunal fédéral
Les groupes de pression prennent position
Les partis prennent position
Document PDF de la: Démocratie directe
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