2011 s'annonce sombre : Chambre de commerce du Canada
Posted by Québec de Droite in Canada, Exportations, Immobilier on mardi 28 décembre 2010
La Chambre de commerce du Canada estime que la croissance canadienne entre dans un épisode de faiblesse. Dans ses perspectives économiques pour l'année 2011, publiées lundi, elle entrevoit plusieurs obstacles à une reprise soutenue.
Selon l'organisme, après une remontée rapide suivant la récession, l'économie canadienne a perdu une partie de son élan, avec une augmentation de 2,3 % en taux annualisé au deuxième trimestre de 2010, avant de décliner à nouveau à 1 % au troisième trimestre.
L'économie canadienne tourne, mais au ralenti.
Nous prévoyons que plusieurs facteurs freineront
la croissance sous le taux de 2,5% en 2011.
— Perrin Beatty, président de la Chambre de commerce du Canada
L’économie canadienne tourne, mais ses moteurs évoluent.
Les deux principales sources qui ont éperonné une croissance rapide durant ce cycle – les dépenses de consommation et l’activité sur le marché de l’habitation – ralentissent.
En outre, les mesures de relance prendront bientôt fin.
Nous prévoyons que l’investissement des entreprises apportera une contribution significative à la croissance en 2011 et en 2012.
Ralentissement des dépenses de consommation
Dans les prochains mois, les ménages canadiens vont probablement dépenser prudemment pour assainir leurs finances. En effet, ils ont accumulé des niveaux d’endettement sans précédent durant la récession et la phase de reprise.
La conjoncture morose de l’emploi et des gains salariaux modestes renforcera également la prudence des consommateurs.
Perspectives des entreprises
L’Enquête sur les perspectives des entreprises d’octobre de la Banque du Canada a révélé que 39 % des entreprises envisagent d’accroître leurs effectifs au cours des douze prochains mois, tandis que 48 % des entreprises prévoient maintenir le même niveau d’emploi. Les entreprises hésitent à augmenter la feuille de paye à cause de l’incertitude qui entoure le rythme de la relance économique. Elles misent également sur les gains de productivité grâce à de nouveaux équipements ou processus plutôt que sur de nouveaux effectifs.
Ralentissement de l’activité sur le marché de l’habitation
Le marché canadien de l’habitation qui était en effervescence connaît lui aussi un ralentissement. De nombreuses ventes de maisons ont été précipitées en prévision des nouvelles règles plus strictes sur l’assurance hypothécaire, des hausses anticipées des taux d’intérêt et de l’entrée en vigueur de la taxe de vente harmonisée (TVH) en Ontario et en Colombie-Britannique.
Fin prochaine des mesures de relance budgétaire
Les mesures budgétaires ont alimenté le moteur de l’économie lorsqu’il toussait et ont fortement contribué à la croissance enregistrée depuis le début de la récession. Les mesures de relance budgétaire prendront fin en 2011 et les gouvernements commenceront à freiner l’augmentation annuelle des dépenses de programmes pour équilibrer leur budget. Ainsi, la contribution des dépenses publiques à la croissance du PIB réel sera beaucoup moins importante en 2011 et 2012.
Commerce : talon d’Achille de l’économie
Le Canada a affiché un déficit commercial record au troisième trimestre de 2010 alors que les importations ont largement supplanté les exportations. La balance commerciale a nettement diminué par rapport à la croissance de 2010.
En 2011, les ventes à l’exportation demeureront probablement aléatoires, reflétant la demande stagnante aux États-Unis.
Les dépenses des ménages américains augmentent graduellement, mais continuent d’être freinées :
· par le taux de chômage élevé,
· l’augmentation modeste des revenus,
· la baisse du prix de l’immobilier,
· le resserrement du crédit,
· le désendettement des ménages affectera également les dépenses de consommation aux États-Unis,
· le dollar canadien fort pose une menace additionnelle au secteur des exportations.
On devra ajouter, le mode protectionniste américain depuis l’impression gargantuesque de l’argent américain.
De l’autre côté du grand livre, la croissance des importations devrait diminuer, reflétant la modération des dépenses des ménages canadiens. Néanmoins, en raison du niveau des importations qui demeurera supérieur à celui des exportations, la balance commerciale devrait rester déficitaire.
Perspectives provinciales
On prédit une expansion de l’économie de toutes les provinces en 2011, éperonnée par les provinces axées sur les ressources de l’Ouest et de l’Est (Colombie‑Britannique, Alberta, Saskat-chewan et Terre-Neuve et Labrador).
Les prix fermes des produits de base et les investissements dans le secteur des ressources (extraction, forage et exploration) devraient hausser la croissance du PIB réel au-delà de la moyenne nationale dans ces provinces.
On s’attend également à ce que l’économie du Manitoba affiche une croissance du PIB réel supérieure à la moyenne nationale. En effet, la province a une économie très diversifiée et ses secteurs agricole et minier offrent de bonnes perspectives de croissance à long terme. De plus, les investissements à grande échelle de Manitoba Hydro et de ses partenaires continueront de fournir un soutien économique.
Pour ce qui est des provinces axées sur la fabrication (Ontario, Québec et Nouveau‑Brunswick), le dollar canadien fort et la demande anémique aux États-Unis freineront la production et les exportations. On prédit que la croissance du PIB réel sera légèrement inférieure à la moyenne nationale dans ces provinces.
Risques inhérents aux perspectives
Nous avertissons le lecteur que l’économie mondiale traverse une période très incertaine et que les risques inhérents à nos perspectives et prévisions sont importants.
1) Les emprunts souverains de certains pays de la zone euro pourraient avoir des retombées négatives pour la stabilité des marchés financiers et, éventuellement, entraver la relance mondiale.
Les banques européennes détiennent d’importantes dettes publiques, augmentant le risque de crise de liquidité dans le système bancaire si une nation souveraine manque à ses obligations.
Les problèmes de la Grèce font la manchette depuis des mois et le déficit budgétaire et les problèmes du système bancaire de l’Irlande ont augmenté les préoccupations.
2) Bien que les dirigeants du G20 aient convenu d’éviter les dévaluations de devises concurrentielles, ils n’ont pas déterminé de cible ni de calendrier ferme. Les pays cherchent à protéger leurs propres intérêts au sein d’une économie hautement globalisée et les tensions internationales pourraient augmenter.
Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a souligné que les mésententes à propos des politiques de taux de change pourraient menacer la stabilité économique et le commerce et compromettre sérieusement la reprise.
3) De plus, les tensions à propos des cours des changes et le chômage continuellement élevé dans de nombreux pays du G20 menacent de raviver le protectionnisme.
Un environnement externe plus faible, conjugué à la possibilité d’une appréciation imprévue du dollar canadien, ralentirait considérablement les exportations et freinerait la croissance économique au Canada plus que ne l’indique notre prévision de base.
4) Sur le plan intérieur, le risque majeur est lié à la dette des ménages. En effet, les ménages canadiens – particulièrement les Canadiens à faible revenu – sont plus vulnérables aux taux d’intérêt croissants, à la perte d’emplois et aux déclins du prix des actifs que par le passé.
Évidemment, tous les risques inhérents aux perspectives ne sont pas négatifs. La reprise aux États-Unis pourrait être plus solide que prévu, ce qui augmenterait la demande d’exportations canadiennes.
En outre, les emprunts des ménages canadiens pourraient continuer de surpasser la croissance des revenus, stimulant la demande intérieure plus que prévu.
Les décideurs « devront tenir compte de l’incertitude à laquelle ils sont confrontés et façonner les politiques de manière à gérer les risques à la croissance durable et à la stabilité.
Source : Perspectives économiques 2011-2012, La Chambre de commerce du Canada
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