Corruption étatique

Politiciens carriéristes

Un problème fondamental dans nos démocraties représentatives, la plupart des politiciens ne pensent qu’à court terme, c’est-à-dire rester au pouvoir et se faire réélire.

Quand une personne travaille efficacement, elle risque d’avoir des promotions et d’avoir une meilleure rémunération.

Mais quand un politicien travaille efficacement, ce n’est pas nécessairement pour avoir une meilleure rémunération, mais pour avoir plus de votes.

 «Le premier, pour ne pas dire exclusif, souci de l’homme politique est de gagner des votes et donc d’adopter des décisions politiques qui influencera plus de votes. C’est sa façon de gagner sa vie. Comme l’homme d’affaires pour faire du profit, le politicien adoptera les politiques qui lui vaudront la reconnaissance du maximum de votes.»


Groupes d’intérêts

Dans notre modèle de démocratie représentative, les citoyens n'ont aucun contrôle sur la politique gouvernementale entre deux élections. Nous sommes donc dans un régime de dictature élue et renouvelable.

Surtout quand le gouvernement ne pratique pas l'écoute et la concertation, et ne prend pas des décisions conformes aux aspirations fondamentales des citoyens et à l'intérêt général.

Si on veut étudier sérieusement les politiques publiques, et principalement la conduite de l’action publique, il est nécessaire de se pencher sur les groupes d’intérêt, et leurs actions.

La montée globale des groupes d’intérêt est la conséquence d’une parcellisation des problèmes publics et sociaux.

Ainsi, il convient de dire qu’il y a une tendance, à glisser doucement d’une démocratie représentative élective (le citoyen qui vote pour son représentant) à une représentativité imposée (le groupe d’intérêt qui défend les intérêts de son groupe).

Aujourd’hui, l’intérêt général est de plus en plus remplacé par les groupes d’intérêts


Corruption

La corruption est la perversion ou le détournement d'un processus ou d'une interaction entre une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d'obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d'obtenir une rétribution en échange de sa bienveillance. Elle conduit en général à l'enrichissement personnel du corrompu ou à l'enrichissement de l'organisation corruptrice (partis politiques, groupe mafieux, entreprise, club, etc.1). C'est une pratique qui peut-être tenue pour illicite selon le domaine considéré (commerce, affaires, politique...).

Elle peut concerner toute personne bénéficiant d'un pouvoir de décision, que ce soit une personnalité politique, un fonctionnaire, un cadre d'une entreprise privée, un médecin, un arbitre ou un sportif, un syndicaliste ou l'organisation à laquelle ils appartiennent.

La corruption est subjective mais elle transgresse toujours
la frontière du droit et de la morale.

En effet, on peut distinguer la corruption active de la corruption passive ; la corruption active consiste à proposer de l'argent ou un service à une personne qui détient un pouvoir en échange d'un avantage indu ; la corruption passive consiste à accepter cet argent.

Un exemple classique est celui d'un homme politique qui reçoit de l'argent à titre personnel ou pour son parti de la part d'une entreprise de travaux public et en retour lui attribue un marché public.

L'homme politique pourrait être accusé de corruption passive : il a reçu de l'argent, alors que l'entreprise peut, elle, être accusée de corruption active.

En revanche, si cet homme politique dirige une association ou une fondation d'entreprise, le versement d'argent sera considéré soit comme de la "corruption indirecte", soit comme une "participation complémentaire" par les autres.

Corruption : Wikipédia

Un politicien qui est corrompu n’est pas nécessairement une personne qui reçoit des enveloppes brunes, mais qui prend des décisions pour favoriser l’allégeance à son parti.


Corruption étatique

Vous pensez que vous avez besoin d’une enquête sur la construction et sur le financement des partis, aucun problème, vous avez tout à fait raison.

Le livre Mafia Inc. relate aussi le témoignage d'un policier de la GRC, le sergent Lowry McDougall, qui a récemment témoigné sur l'infiltration du milieu québécois de la construction par la mafia, devant un tribunal italien. Le policier a affirmé que la mafia contrôle «une partie importante» du secteur de la construction dans le sud du Québec. «Selon lui, de nombreux entrepreneurs en construction devaient eux aussi payer un «pizzo», soit une commission équivalant à 5 % de la valeur des contrats», écrivent les auteurs.

Alors, supposons que sur un investissement global de 50 milliards en infrastructure, on paie 10 % de plus, à cause de la petite magouille, ce qui représente plus de 5 milliards de profits additionnels pour les proches amis des libéraux, ce qui donne un rendement extraordinaire quand le financement du parti libéral ne coûte que 6 millions par année.

Par contre, il y a une corruption beaucoup plus pernicieuse que la corruption associée à des contrats juteux, c’est la corruption étatique.

Elle pourrait se définir ainsi :

Corruption étatique

 

Quand les décisions politiques ne sont plus prises pour l’intérêt du bien commun, mais pour satisfaire les groupes d’intérêts.

 

Car les conséquences sont nettement plus désastreuses, car on ne prépare pas le Québec pour faire face aux défis de la mondialisation, qui va coûter beaucoup plus cher que le 5 milliards additionnels.

Un système d’éducation défaillant, un système santé qui gruge nos finances qui sont déjà sérieusement en difficulté, un immobilisme politique lamentable pour instaurer des changements majeurs dans la gestion de l’État.

Mais comment est-on arrivé dans cette situation ?

Justement à cause de la corruption étatique.

Pourquoi nos établissements publics sont si peu efficaces, parce que nos politiciens ont préféré privilégier le copinage avec les syndicats, pour gagner leurs faveurs que de favoriser l’efficacité.

Prenez quelques critères de l’employée de l’État

·         Permanence,

·         Ancienneté,

·         Plafonds d’emplois,

·         Limitation de la sous-traitance,

·         Sécurité d’emplois,

·         Conventions collectives négociées sur le plan national.

Est-ce qu’un seul de ces critères favorise l’efficacité, aucune !

Croyez-vous qu’une compagnie privée pourrait survivre avec de tels critères, il ferait faillite en peu de temps.

Pourquoi, ce qui n’est pas bon pour l’entreprise du privé, est bon pour le secteur public ?

Parce les politiciens ont préférés marchandés l’efficacité de l’État pour gagner les votes des syndicats.

Donc, on se retrouve donc avec des établissements publics qui coûtent de plus en plus chers et de plus en plus inefficaces, car personne n’est imputable de rien.

L’argent qui devrait servir à stimuler l’économie sert plutôt à maintenir ce goinfre d’inefficacité.

Pourtant c’est vous le peuple qui paie pour maintenir ces institutions publiques en opération, malheureusement ces institutions ne sont pas redevables à vous, mais plutôt redevables aux employés pour maintenir leurs privilèges, ce qui est au détriment de l’efficacité.

Les conséquences sont désastreuses, une province surendettée, surtaxer, peu compétitive et qui n’est absolument pas préparée pour les changements économiques du 21e siècle.

Donc un jour, quand nous allons avoir un politicien responsable on va faire comme les pays scandinaves, la création d’entreprises publiques et l’imputabilité des employés d’États.


Extrait de : Notre choix? Vraiment? Où trouve-t-on les citrons les mieux pressés au Canada? Au Québec., David Descôteaux, Argent, 09/12/2010

Pour chaque 100 $ d’impôts que les autres Canadiens payent, les Québécois en allongent 114 $. C’est ce que conclue le fiscaliste Luc Godbout dans une étude qu’il vient de publier.

La raison : notre gouvernement (provincial et local) engraisse plus vite que celui des autres provinces. De 15 % du PIB en 1961, les dépenses ont plus que doublé pour atteindre 34 % du PIB en 2007. C’est 8 % de plus que les autres provinces.

Et plus un gouvernement dépense, plus il doit taxer.

Mais il nous reste encore un peu de jus dans le corps. C’est pourquoi dans trois semaines la TVQ va monter de 1 %. L’an prochain, un autre 1 %. Ajoutez à cela la nouvelle contribution santé (25 $ cette année, 100 $ l’an prochain, 200 $ l’année suivante), la taxe sur l’essence, l’avalanche de taxes du maire Tremblay à Montréal…

Bientôt il nous restera que les pépins, et on s’étouffera avec.

Même quand vous vous lancez en affaires, vous êtes les plus taxés. Le Québec décroche la palme du fardeau fiscal des entreprises avec un score de 131. Loin devant l’Ontario, en deuxième place avec 107, selon l’étude.

Mais nous avons plus de services…

Certains vont dire : « oui, mais nous avons plus de services au Québec. Alors c’est correct de payer plus d’impôts ». Selon cette logique, « nous » avons fait ce « choix de société ».

Je devais être en vacance à Old Orchard quand « la société » a choisi. Parce que moi, je n’ai pas choisi de payer les folies des dirigeants de commissions scolaires. Ou de payer à coups de milliards une bureaucratie de l’éducation plus grosse que celle de la Californie. Ce sont les fonctionnaires et les syndicats qui ont choisi ça.

Je n’ai pas choisi d’engraisser les insatiables garderies à 7 $. Qui nous coûtaient 290 millions $ en 1997, et aujourd’hui près de 2,3 milliards $, maintenant que tout ce beau monde est syndiqué mur à mur. C’est Pauline Marois et la CSN qui ont choisi ça.

Et dites-moi, est-ce votre choix de donner sept milliards de vos impôts chaque année aux entreprises en subventions? Mon petit doigt me dit que non. Que c’est plutôt le choix de politiciens qui copinent avec les gens d’affaires.

On pourrait continuer longtemps comme ça.

Ces « choix de société », ce sont les choix des groupes d’intérêts – syndicats, grosses entreprises, agriculteurs, bureaucrates, etc. – qui, au fil des ans et avec l’aide de politiciens opportunistes, ont érigé des structures et des programmes pour leur profit, pas le vôtre.

Personnellement, je n’ai pas choisi d’avoir tous ces « services ». Ni qu’on me surtaxe pour faire vivre tous ces gens.

 Mais comme c’est un « choix de société », ça doit être vous, non?


Lecture complémentaire : Le modèle scandinave


 

  1. gravatar

    # by Sylvain Plourde - 23 décembre 2010 à 09 h 24

    Donc, si je comprends bien vous préférez la corruption dans le secteur privé que la corruption étatique. Le copinage avec le patronat plutôt qu'avec le syndicat ?

    Il faut vraiment être naïf pour penser que ce serait différent. Peut-être que dans le privé il n'y a pas de sécurité d'emploi, de plafonds etc. Mais il y a par exemple des salaires exorbitant aux dirigeants, des ponts d'or hallucinants, des options, des comptes de dépenses illimités, des voyages pour des soi-disant congrès, d'énormes bonus de performances même pour ceux qui ont fraudés les consommateurs et poussé leurs compagnies à la presque faillite.

    Avez-vous remarquez que dans le privé ces avantages sont seulement pour une minorité alors que les employés n'ont souvent rien. C'est ça que la droite n'aime pas de l'état et du syndicat. La droite ne veut pas partager, la droite critique tout ce qui est gouvernemental ou syndical. La droite en veux plus pour moins de gens.

    Ah oui, ces puissants vont sûrement prendre soin du bon peuple puisque ces tout puissants savent ce qui est bon pour le peuple.

    Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas naïf au point de croire que le syndicat et le gouvernement sont blanc comme neige.

    Mais croire que la droite règlerait quoi que ce soit ça frise la malhonnêteté!

    Sylvain Plourde

  2. gravatar

    # by Un Québec de Droite - 23 décembre 2010 à 11 h 06

    Les deux types sont aussi malveillants l’un que l’autre.

    Par contre pour le deuxième type la conséquence sur l’avenir du Québec est nettement plus désastreuse.

    La solution pour le deuxième type est facile et corrigible. Il suffit de rétablir l’IMPUTABILITÉ aux employés et gestionnaires d’États, ce que les pays scandinaves ont fait avant d’implanter des réformes de concurrences.

    Je regrette dans le privé quand un employé ne donne pas les résultats escomptés on le licencie, essayer de licencier un professeur incompétent ou démotivé, vous être mieux de vous le lever de bonne heure !

    Ici, on ne parle pas de position de droite, ici on parle juste de BONNE GESTION.