Entente Québec-UPA

Les rapports Pronovost et Saint-Pierre ont clairement démontré que «les problèmes de la plupart des productions agricoles sont structuraux et qu'il est illusoire d'espérer les résoudre par la simple reconduction des programmes d'aide financière actuels ou par l'accroissement des budgets qu'on y consacre». Ils ont démontré que les programmes actuels, basés sur les volumes illimités de production à prix garanti, incitent les producteurs à surproduire, même lorsque les conditions du marché sont défavorables et même lorsque la capacité de support de l'environnement est dépassée.

C'est exactement ce qui se passe présentement dans l'industrie porcine et le maïs. Les programmes de soutien que proposent Pronovost et Saint-Pierre et que le gouvernement semble disposé à implanter sans délai visent précisément à réorienter notre agriculture pour lui redonner vie partout au Québec.

Soutenir oui, mais pour réorienter,
pas pour continuer à produire à perte

Lisez les commentaires des blogueurs à la fin du carnet.


Extrait de : La saison de motoneige sauvée par une entente Québec-UPA, Radio-Canada, 17 décembre 2010

L'Union des producteurs agricoles (UPA) a annoncé qu'une entente avait été conclue avec le gouvernement du Québec au sujet de l'assurance agricole, un point de discorde majeur.

Selon l'UPA, l'engagement pris vendredi matin par le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, satisfait enfin les attentes des agriculteurs du Québec.

En conséquence, l'UPA annonce qu'il y aura réouverture des sentiers ruraux dont l'accès était barré aux motoneigistes.

Le noeud du conflit avec le gouvernement

UPA -  Entente

Les agriculteurs voulaient que le gouvernement retire les nouvelles règles de l'assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) de la Financière agricole du Québec. Celles-ci faisaient en sorte que le quart des fermes les moins productives auraient été éliminées du calcul de la moyenne visant à établir le montant des compensations financières auquel les agriculteurs auraient droit, à compter de 2011. Selon l'UPA, la mesure entraînerait des pertes de 80 millions de dollars pour les producteurs.

La mesure demeure, mais le ministre de l'Agriculture s'engage jusqu'en 2013 à rendre tout surplus du programme aux producteurs visés par la mesure de resserrement.

« Cette nouvelle approche offre enfin la plage de stabilité nécessaire aux producteurs agricoles pour leur permettre de se consacrer pleinement au développement de l'agriculture, notamment par l'entremise des plans de développement sectoriels dans lesquels ils sont déjà engagés », soutient l'UPA.

Les concessionnaires affectés

Patrick Boucher, président de l'Association des motoneigistes du Québec, est satisfait de l'entente, qui réjouira l'industrie touristique. Il a rappelé les conséquences importantes du conflit sur les concessionnaires de motoneiges. Ces derniers réalisent une importante part de leurs ventes avant la période des fêtes et ont souffert du conflit.


Les blogueurs de Radio-Canada

Envoyé par Bordeleau, 17 décembre 2010

Il n'a pas cassé la barraque, il faisait semblant le Monsieur Lacasse

Il est temps d'appliquer les recommandations du rapport Pronovost pour une agriculture plus égalitaire.

L'entente actuelle en est une de dupe, car il n'y aura pas de surplus pour faire des compensations. De plus L'UPA ne pouvait pas priver les agriculteurs du 350 millions remis aux agriculteurs par les gouvernements avec une remise de 70% de la taxe foncière.

La mojorité des agriculteurs étaient contre la fermeture des sentiers de motoneiges, de plus ils sont contre l'UPA mais ils doivent y adhérer.

Il n'y a plus 40,000 producteurs agricoles comme en 2003, ils en restent tout au plus 28,000 producteurs et celà risque de continuer.

Le problème est l'inaction du gouvernement qui est toujours en mode réaction au lieu d'agir. Le programme actuel fait penser aux aspects de collusion d'une autre industrie. Les gros producteurs ( environ 10%)reçoivent 90% des avantages au détriment des plus petits.

Un gouvernement en panne depuis longtemps, c'est désolant pour les agriculteurs et pour tous ceux qui veulent revenir en région.

Bon courage

Joyeux Noel et Bonne Année

Envoyé par liberté57, 17 décembre 2010

Pour ceux qui se demandent comment fonctionne l'assurance stabilisation en agriculture, voici un petit exemple et il faut noter que les montants indiqués sont à titre indicatif car ils changent régulièrement d'une année à l'autre. Les chiffres sont assez représentatifs par les temps qui courent....

Un petit producteur de 100 porcs a une perte en coût de production d'environ $47.00 du porc lors de la vente;

Un intégrateur de 10,000 porcs, par des économies d'échelle, a une perte d'environ $0.40 sous lors de la vente également.

La fin de l'année arrive et la Financière fait les calculs et envoie les chèques aux producteurs:

Le petit producteur reçoit un chèque de quatre mille sept cents dollars ($47.00 X 100 porcs).

L'intégrateur reçoit un chèque de quatre cent soixante dix mille dollars ($47.00 X 10,000 porcs) pourquoi? S'il n'a qu'une perte de quarante sous du porc, comment justifier l'application de la plus grosse perte du petit producteur? Posez la question à vos députés et au ministre Lessard.

Vous voyez, ce sont les intégrateurs qui ont à perdre beaucoup, énormément dans le changement des calculs de la Financière qui ne veut plus prendre en compte les premiers 25% des plus gros coûts de perte.

L'UPA crie au meurtre mais le fonds de la chose est bien simple: il est question d'abolir son monopole ainsi que la mise en marché selon la sauce upa. Et cela, ce syndicat est prêt à tout ou presque pour les conserver même si cela met en péril les finances publiques car le modèle actuel est intenable.

Soulignons qu'avant 2000, le plafond de l'assurance était de un million de dollars et maintenant 3 intégrateurs reçoivent cinquante sept millions de dollars annuellement. L'UPA a fait sauter ce plafond et en moins de 7 ans a accumulé un déficit de un milliard trois cents smillions car ce syndicat avait pris en contrôle la Financière.

Le ministre Lessard n'a pas le choix de faire le ménage pour le bien de la collectivité et surtout des contribuables égorgés. Il faut l'appuyer dans cette démarche plus qu'urgente.

L'UPA doit revenir à son rôle premier complètement oublié: travailler pour tous les producteurs et non pour une petite poignée.

Souhaitons-nous comme contribuables la fin de ce monopole agricole dont la devise est: Sky is the limit quant il s'agit de quêter encore et encore des subventions de toutes sortes sous prétexte "d'aider" les producteurs.

Les producteurs paient leurs cotisations et ce n'est pas de gaieté de coeur!!

Envoyé par dannny, 17 décembre 2010

Un peu comme "Geneviève B" l'a fait, je veux remercier ceux qui ont appuyé les agriculteurs et leur organisation dans ce dossier.

Je veux aussi revenir sur le fait que plusieurs actions (rencontres de négociation, pétition, etc.) ont été posées depuis 1 an dans le dossier des assurances agricoles avec la Financière et le gouvernement mais sans résultat. À titre d'exemple, 22000 agriculteurs ont signée une pétition pour le retrait de cette fameuse mesure du 25% au printemps dernier. On parle ici de 50% des agriculteurs. Ça n'a rien donné. Aucun agriculteur n’a bloqué l'accès à ses terres avec plaisir mais il semble malheureusement que c’est ce qui devait se faire pour faire bouger les choses.

À cet effet, j’aime bien aimé l’idée que les gens qui ont bénéficié toutes ces années de l'accès gratuit aux terres agricoles privées prennent le temps de remercier les agriculteurs. Qui aimerait que des motoneiges circulent dans leur cour parmi les lecteurs ? Les agriculteurs le font pourtant gratuitement depuis plusieurs décénies. Ils ne demandaient qu'un petit retour d'ascenceur pour aider quelques milliers de fermes en danger. Lorsque des fermes font faillitte, c'est le tissu économique de plusieurs villages du Québec qui est touchés de plein fouet. Qu'on veuille l'admettre ou non, des fermes familiales apportent beaucoup à la vitalité socio-économique des régions.

Envoyé par Arsène Lupin, 17 décembre 2010

Tout ça pour ça!
Prendre en otage une industrie, créer des tensions entre voisins alors même que tout le monde subit les effets de la morosité économique, que tout le monde voit son pouvoir d’achat diminuer, que les finances publiques sont dans le rouge, et que, malgré toutes ces difficultés économiques, le budget de la Financière agricole ait été bonifié, passant de 305 millions $ à 650 millions $ par année et que le déficit de 1000 millions $ accumulé pour payer les compensations à l’ASRA ait été pris en charge par le gouvernement (c’est-à-dire les contribuables). Et pourquoi? Pour se faire redire que les surplus que pourrait engendrer la mesure du 25 % soient retournés aux producteurs agricoles. C’est une blague ou quoi!

Envoyé par wowbec, 17 décembre 2010

Belle preuve de la forme de chantage éhontée qu'exerce l'UPA sur le gouvernement. Au fait, l'UPA est quasiment aussi puissant que l'État. Dire qu'une partie de mes impôts s'en va en subventions dans des méga porcheries et des étables de 150 bêtes attachées 24 heures sur 24 à 3 pieds de chaîne. Misère. On peut bien trouver que le porc n'est pas cher, la grosse partie est payée à même mon portefeuille.

Envoyé par Doggy555, 17 décembre 2010

@Sirac123

Sans vouloir me mêler de vos affaires, je vous suggérerais de faire connaître votre mécontentement au MAPAQ en ce qui concerne le monopole syndical de l'UPA. Écrivez des courriels au cabinet de Laurent Lessard, au ministère, etc. Si vous et plusieurs autres agriculteurs le faites, le gouvernement se sentira plus légitimer d'abolir le monopole syndical. Pour travailler de près sur ce genre de dossier et pour connaître plusieurs personnes dans des postes clés, je vous dirais que le problème n'est pas tant de savoir si le monopole doit être abolit mais plutôt de savoir comment gérer le tout. C'est toujours délicat pour un gouvernement de réformer les choses dans ce genre de dossier sans s'attirer un certain mécontentement. Si un nombre singificatif d'agriculteurs demandent ce changement alors là, c'est passablement plus facile.

Envoyé par Sirac123, 17 décembre 2010

L'UPA a bel et bien perdu car le ministre avait déjà annoncé à leur congrès de redonner les surplus. Il n'a donc pas reculé sur le 25%. Christian Lacasse essait de faire de la magie mais rien n'y change..le Québec rural vient de se faire suer pendant 3 mois par l'UPA qui au bout n'a fait aucun gain! Ça sent la guerre à l'interne de cette organisation. Les Fédérations régionales ne seront pas contentes d'avoir été mené en bateau. Le bon côté de la chose c'est que maintenant y'a pas juste les agriculteurs qui savent ce que le monopole de l'UPA représente. Comme agriculteur j'étais contre le blocus ainsi que tous les autres agriculteurs de mon rang. En fait on est aussi contre l'UPA...mais on paye notre cotisation...on est obligé.

Envoyé par Doggy555, 17 décembre 2010

@nombrilisme

Votre constat est bon mais la raison que vous évoquez n'est pas, à mon humble avis, la bonne. La population n'est pas forcément pour les motoneigistes mais plutôt contre le moyen de pression choisi par l'UPA. C'est davantage le principe qui consiste à prendre en otage certains acteurs qui n'ont absolument rien à voir avec ce débat. Je ne suis pas motoneigiste et je n'ai rien à gagner à ce que les pistes soient ouvertes. Par contre, je trouve irrespectueux la façon dont l'UPA à gérer ce dossier. Personnellement, j'aurais honte d'être associé à cette organisation si j'étais agriculteur. Cette bataille aura eu comme effet de détériorer grandement le capital de sympathie dont jouïssaient les agriculteurs au sein de la population. Lors de leurs prochaines revendications, je crois que la population en général sera plus hésitante à prendre leur parti.

Envoyé par michel.boucher, 17 décembre 2010

Quand tu possèdes un terrain, tu devrais avoir le contrôle dessus, 365 jours par année. Tout le reste, c'est de l'intervention gouvernementale dans le droit de propriété des individus.

L'UPA n'a pas à se substituer aux propriétaires et à accepter, en leur nom, le droit de passage. Les motoneigistes ont juste à négocier les droits de passage et les paiements à la pièce.

Envoyé par Rénos1, 17 décembre 2010

Les agriculteurs voulaient... non, non pas les agriculteurs en général, mais une petite bande qui gèrent l'UPA. C'est l'UPA qui voulait de meilleures conditions. Encore un syndicat qui est dirigé par une minorité et qui se dit de réprésenter la majorité quand dans les faits, ce n'est pas du tout le cas. Si la majorité de agriculteurs se présentaient pour voter lors de sessions, les résultats seraient très différents. Comme lors de votes de grève, ou autre; ce n'est pas représentatif de la volonté de la majorité, mais lors de la prise du vote, il y a majorité vue le nombre de présences...
Les syndicats, c'était beau et bon et nécessaire...il y a de cela 30 ans et plus. Depuis, les revendications ne cessent de nuire au bon fonctionnement des entreprises et souvent causent la fermeture de celles-ci. Quand on veut saigner un proprio à blanc, un moment donné, celui-ce se tanne et déménage ou ferme ses portes. Un jour peut-être que les syndiqués(es) le comprendront. Pas les centrales; elle sont menées par une petite gang qui se remplisent les poches sur le dos des travailleurs et qui souvent se foutent carrément de ceux-ci pourvu que les cotisations soient payées et qu'ils puissent en profiter. Ex: l'ancien vp de la FTQ...

En accord (62) »
En désaccord (26) »

J’ai mis ce dernier commentaire, presque le 2/3 de la population est d’accord avec cette affirmation.

Le peuple commence à comprendre que l’immobilisme du Québec provient en grande partie des syndicats qui refusent de ne perdre aucun privilège.