L’euro à 50 ct. fait peur,

Il est intéressant de voir, comment les Suisses voient le problème de l’Euro, comme ils ne font pas partie de l’Euro, mais possèdent le franc Suisse.

Ils constatent que leurs pouvoirs d’achat augmentent, mais par contre voit que leurs produits exportés devient moins attrayant.

Extrait de : L’euro à 50 ct. fait peur, Laszlo Molnar, Le Matin, 20 décembre 2010

Si elle est une aubaine pour les consommateurs suisses, la baisse de la devise européenne ne l’est pas pour nos exportations. Autorités publiques et patrons s’alarment

L’euro s’enfonce. Hier, il ne valait plus que 1 fr. 27 et rien n’annonce un redressement prochain. Philipp Hildebrand, président de la Banque nationale suisse (BNS), a même évoqué, lors d’une entrevue avec le Conseil fédéral, le risque d’un euro à 50 centimes suisses, selon les hebdomadaires alémaniques Weltwoche et Sonntag. C’est du jamais-vu. Lors de son lancement, il y a trois ans exactement, la monnaie unique évoluait à environ 1 fr. 68. Il a ainsi perdu près d’un quart de sa valeur en 36 mois. Ce phénomène de change affecte évidemment la vie en Suisse. Mais s’il est bénéfique pour tous ceux qui comptent dépenser leur argent dans la zone euro, il est franchement inquiétant pour le secteur des exportations.

Consommation

L’affaiblissement de l’euro est équivalent à une baisse de prix de 15% sur un an selon les banques. Une nouvelle incontestablement réjouissante pour ceux qui peuvent faire leurs courses dans les pays voisins. Migros France note d’ailleurs déjà une croissance importante de ses affaires depuis l’accélération de la chute de cette devise, confirme au téléphone un de ses responsables.

 Les prix des produits importés d’Europe devraient également baisser. «Et quand ce n’est pas le cas, il faut refuser de les acheter, car ce gain de change ne devrait pas seulement profiter aux importateurs ou aux commerçants», estime Mathieu Fleury, de la Fédération romande des consommateurs.

Ceux qui comptent procéder à un emprunt devraient aussi bénéficier de cette situation. L’analyste financier Jérôme Schupp, de la Banque Syz, à Genève, rappelle que pour empêcher l’appréciation du franc (défavorable pour nos exportations) la BNS veut garder des taux d’intérêt particulièrement bas sur les emprunts en francs suisses. De cette manière, le crédit à la consommation et les hypothèques devraient rester bon marché.

Mais qui dit baisse de l’euro dit forcément montée inexorable du franc. Ainsi, les prix en Suisse deviennent inabordables pour certains clients venant de l’Union européenne et le nombre de nuitées attendues en Suisse, notamment dans les stations de ski, devrait reculer de 4 à 5%, relève Suisse Tourisme.

Délocalisations possibles

«Les signes annonciateurs d’un fléchissement des exportations et donc d’un ralentissement conjoncturel se confirment pour l’année à venir», estime de son côté le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Les autorités publiques ne sont d’ailleurs pas les seules à s’alarmer, les patrons aussi sont inquiets. «Un euro à 50 centimes rendrait nos produits simplement inexportables», explique un patron de PME qui préfère rester anonyme. «Le risque serait alors une délocalisation massive d’entreprises suisses pour rester compétitives sur les marchés étrangers. Et si cela devait être le cas, gare aux suppressions massives d’emplois dans la Confédération», prédit Jérôme Schupp.

Pronostics peu réjouissants

Les analyses publiées par la plupart des banques suisses prédisent que l’euro va rester faible ces prochains temps, et pourrait même baisser encore. «Non seulement le financement des dettes de certains pays de l’eurozone n’a toujours pas été résolu de manière convaincante, explique Jérôme Schupp, mais certains experts demeurent même sceptiques face à la survie de la monnaie européenne.»

Ce spécialiste de la Banque Syz n’exclut d’ailleurs pas qu’en cas de nouvelles détériorations de la situation chez nos voisins – qui sont les principaux clients de nos biens industriels – la croissance suisse s’affaiblisse aussi. Et ce n’est pas la zone dollar qui viendra à notre secours. Car l’état du billet vert n’est guère plus réjouissant sur le marché des changes.

Pronostics peu réjouissants

Les analyses publiées par la plupart des banques suisses prédisent que l’euro va rester faible ces prochains temps, et pourrait même baisser encore.

«Non seulement le financement des dettes de certains pays de l’eurozone n’a toujours pas été résolu de manière convaincante, explique Jérôme Schupp, mais certains experts demeurent même sceptiques face à la survie de la monnaie européenne.»

 

Ce spécialiste de la Banque Syz n’exclut d’ailleurs pas qu’en cas de nouvelles détériorations de la situation chez nos voisins – qui sont les principaux clients de nos biens industriels – la croissance suisse s’affaiblisse aussi. Et ce n’est pas la zone dollar qui viendra à notre secours.

 

Car l’état du billet vert n’est guère plus réjouissant sur le marché des changes.

 

 

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