La radio-d’opinion génère une saine démocratie

Une radio d’opinion permet de faire bouger les méninges des concitoyens, génère des débats, crée un environnement sain pour une démocratie.

Éric Duhaime, la radio de Montréal et le sans-fil, voici l’entrevue réalisée à Radio X le 27 avril 2010. Audio-2

On discute de la « dépolitisation » des montréalais et de leur radio.

 

Ajouter un mode scrutin qui est totalement dépassé et on est capable de maintenir une immobilisme politique en empêchant la pluralité d’opinion.

De plus, ça fait longtemps que Montréal n’a plus de pouvoir politique sur la scène provinciale.

Le mode de scrutin uninominal annule les votes des Montréalais, Montréal n'est pas un enjeu politique, car la moitié est libéral, l'autre moitié est Péquiste, donc Montréal devient neutre, d’où les politiciens vont se concentrer en région.


Problématique du scrutin uninominal à un tour

Ces systèmes exigent que l’on vote pour un seul représentant ou un seul parti politique, et ce, pour chacune des circonscriptions électorales du territoire. Les candidats sont élus s’ils obtiennent une majorité simple des votes.  En d’autres mots, un candidat est élu s’il est celui qui a obtenu le plus de votes dans une circonscription électorale.

Faiblesse :

1.       Écarts importants entre le vote de la population et la composition de l'Assemblée nationale.

2.       Parce qu'il permet à un parti de gouverner sans avoir obtenu la majorité des votes. Le fait qu'un parti peut avoir une majorité parlementaire sans avoir une majorité populaire fausse la démocratie et accentue le scepticisme des concitoyens sur la pertinence d'aller voter.

3.       Parce que, dans un très grand nombre de circonscriptions, le député a été élu avec moins de 50% des voix et que les voix de ses opposants ne sont pas prises en compte dans le résultat de l'élection Comme d'habitude, des partis se retrouvent avec des monopoles de la députation dans certaines régions alors que le vote de l'électorat y a été tout aussi nuancé que dans l'ensemble du Québec.

4.       Parce qu'il ne permet pas l'expression du pluralisme politique. Les Québécois ne se divisent plus en deux seules grandes "familles politiques"... ou même en trois! Leurs opinions sont souvent beaucoup plus diversifiées.

5.       Parce qu'il crée très souvent une majorité de perdants. Combien de citoyens ont "perdu leurs votes" au Québec depuis que le mode de scrutin actuel existe? Des milliers... La démonstration est simple à faire.

Loto Québec plus performant !

Au Québec, les monopoles publics sont monnaie courante, qui donnent des services publics, ex : (Loto-Québec,SAQ, Santé, Hydro Québec. etc).

L'absence de concurrence qu'elles soient privées ou publiques, tend produire à l'inefficacité: il n'y a pas d'incitation à bien servir le public, puisque les consommateurs n'ont pas d'autre choix que d’acheter du producteur.

Lorsque l'équilibre de monopole est atteint, la maximisation diminue avec l'augmentation des investissements à court terme. À long terme la qualité de service diminue.

La raison sous-jacente de cette situation est l'absence de véritable responsabilité financière. Ce sont des organismes gouvernementaux et rarement, ils sont soumis aux contraintes budgétaires.

Deux règles que le gouvernement devrait édicter sous forme de principes, afin de mieux dépenser l’argent public.

1)      La concurrence :
«Même si Camelot détient un monopole sur les loteries au Royaume-Uni, l’entreprise  privée est soumise à la concurrence en vertu du caractère temporaire de sa licence.»
2)      Une bonne méthode d’évaluation :
«Après une évaluation rigoureuse des deux soumissions reçues, la Commission a renouvelé le mandat de Camelot.»

Extrait de: Loto-Québec peut-elle ajouter 150 M $ de plus aux coffres de l’État?, Claude Garcia, Argent, 28 avril 2010

Teachers, la caisse de retraite des enseignants de l’Ontario, vient de se porter acquéreur de Camelot Group, une société qui exploite les jeux de loterie au Royaume-

Uni. Cette société détient une licence d’exploitation valable jusqu’au 31 janvier 2019, licence qui pourrait faire l’objet d’une prolongation de 5 ans.
La performance financière de Camelot est exceptionnelle. Elle a réalisé des ventes de 5,1 G£ au cours de l’année financière qui s’est terminée le 31 mars 2009. Ce qui impressionne davantage toutefois est son contrôle des dépenses d’exploitation. Elle a consacré 4,8 ¢ par dollar de ventes aux commissions payées à ses vendeurs et 5,8 ¢ aux dépenses d’exploitation. Comme elle est une entreprise privée réglementée, elle récolte également un bénéfice de 1,1 ¢ par dollar de ventes pour ses actionnaires. Tout le reste de ses revenus, soit 88,3 ¢ par dollar de ventes est versé en prix, au gouvernement britannique ou aux bonnes causes que Camelot favorise. Elle s’est engagée, entre autres, à faire un don de 750 M£ au Comité organisateur des Jeux Olympiques de 2012, ce qui représente près de 35 % de leur budget de levée de fonds.

Si on compare la performance de Camelot avec celle de Loto-Québec pour les loteries, on constate que la société d’État québécoise a des dépenses beaucoup plus élevées. Par dollar de vente, Loto-Québec débourse 6,8 ¢ pour les commissions à ses vendeurs et 11,7 ¢ pour ses frais d’exploitation.

Dans son dernier budget, le Ministre des finances du Québec a demandé à Loto-Québec d’augmenter de 50 millions $ par année ses redevances à l’État. Si la société québécoise exploitait ses loteries avec autant de parcimonie que Camelot, elle pourrait réduire, à chaque année, de 38 millions $ les commissions versées et de 112 millions $ ses frais d’exploitation. C’est 150 millions $ de bénéfices additionnels qui se retrouveraient dans les coffres de l’État annuellement. Cette dernière somme ne tient pas compte des gains d’efficacité possible dans l’exploitation des casinos et des loteries video de Loto-Québec. On voit que la commande de 50 millions $ du Ministre des finances sera relativement facile à réaliser.

Même si Camelot détient un monopole sur les loteries au Royaume-Uni, l’entreprise est soumise à la concurrence en vertu du caractère temporaire de sa licence. Au moment du renouvellement, d’autres sociétés peuvent faire des propositions. Pour le renouvellement de la licence actuelle, la Commission britanniques des loteries a lancé un appel de propositions le 29 juin 2006. Après une évaluation rigoureuse des deux soumissions reçues, la Commission a renouvelé le mandat de Camelot après avoir déterminé que cette société était susceptible d’optimiser les bénéfices pour les œuvres que la loterie supporte au cours de la période de dix ans de sa nouvelle licence. C’est essentiellement
Ce processus rigoureux d’évaluation périodique qui explique
la meilleure performance de la loterie britannique.

Dette souveraine: potentielle d’une prochaine crise !

C’est exactement ce qui se passe, quant on laisse des politiciens pigés dans les fonds publics pour gagner la faveur populaire ou satisfaire certains groupes d’intérêts sans avoir de sérieuses règles budgétaires, la Grèce est un cas classique et le Québec n’est pas mieux.

Extrait de: L'Europe, un coup de retard, Boursier.com, 28-04-10

Les économistes qui prévoyaient que le prochain défi de l'économie mondiale après la crise financière tournerait autour de la dette publique ne s'étaient pas trompés. Ils n'anticipaient cependant pas vraiment une telle rapidité dans l'enchaînement des événements, ni sans doute qu'ils seraient d'une amplitude aussi violente. Hier, les places financières mondiales ont été sévèrement secouées par une double annonce de l'agence Standard & Poor's, qui a lourdement dégradé la notation souveraine, c'est-à-dire la solidité financière, de la Grèce, et dans une moindre mesure celle du Portugal. La conséquence la plus visible de cette décision est la chute des marchés actions de la planète, de Paris à Londres en passant par New York, sans parler d'Athènes, où le principal indice s'est effondré de -6,8%.

Mais l'onde de choc va évidemment au-delà de la réaction des marchés boursiers. Le principal enseignement de la crise actuelle est que l'Europe est en danger, malade de n'avoir pas su imposer la rigueur budgétaire nécessaire avant même l'éclatement de l'affaire des "subprimes", qui a plongé la finance mondiale dans le chaos deux années durant. La Grèce porte évidemment une part de responsabilité, mais les institutions européennes sont coupables d'avoir laissé la situation se dégrader. Désormais, le salut passe par une action vigoureuse et par le FMI, puisqu'Athènes n'aura plus accès, la décision de S&P le confirme, au marché classique du financement.

L'agence de notation, dont la capacité à jeter de l'huile sur le feu risque de faire débat dans les prochaines semaines, a abaissé hier " BBB+" à "BB+", soit 3 crans, la notation souveraine grecque.

Derrière ces codes, se cache une réalité financière : la solidité financière du pays est passée d'un rang relativement normal, quoique bas pour une nation occidentale, à la catégorie dite "spéculative", que l'on appelle parfois "obligation pourrie" ou "junk bond" en anglais.  Cela a pour principale conséquence que les investisseurs traditionnels, déjà passablement échaudés, vont se détourner des emprunts du pays, qui seront de plus en plus chers à émettre. Par ricochet, cela affaiblit les banques et les entreprises privées grecques, donc encore davantage l'économie du pays... Le cercle vicieux est enclenché. "Les risques de financement de moyen terme liés à la lourde charge d'endettement du pays s'accroissent, malgré le programme déjà conséquent d'austérité fiscale du gouvernement", a expliqué Standard & Poor's à l'appui de sa dégradation.

L'agence a en outre maintenu un biais négatif sur la notation, qui signale qu'elle tend toujours vers le bas. A "BB+", la solidité financière grecque est sur le même créneau de notation que l'Indonésie, les Philippines ou le Vietnam, ce qui sans faire injure à ces pays ne constitue pas un niveau normal pour une nation dite économiquement avancée.

La soliditéAprès les annonces de Standard & Poor's, les taux des emprunts d'Etat grecs et des produits de couverture contre le risque de défaut du pays, déjà très haut-perchés, ont explosé. Ceux de la dette portugaise se sont singulièrement tendus. La notation du pays a été abaissée de deux crans, de "A+" à "A-". Les spécialistes estiment que les autorités pourraient avoir du mal à stabiliser un niveau d'endettement relativement élevé, du fait des faiblesses structurelles et fiscales du Portugal. Là aussi, Standard & Poor's maintient un biais négatif pour l'avenir. Le marché obligataire s'est aussi tendu pour de nombreux autres pays dont les finances publiques sont en situation périlleuse, comme dans les pays d'Europe de l'Est ou en Russie. Cela explique pourquoi le terme de "contagion" est de plus en plus présent dans la presse et chez les économistes, terme qui pourrait s'accompagner de celui d'effet boule de neige, tant la mondialisation financière tend à démultiplier le moindre déséquilibre.

Le sentiment, ou du moins la crainte de "contagion" a tendance à mettre en lumière deux phénomènes sur le vieux continent, selon l'économiste Marco Annunziata, d'Unicredit. D'abord, le fait que les marchés financiers ont désormais davantage les yeux tournés vers la pérennité des situations d'endettement à long terme des Etats. A ce titre, quelques tensions sont apparues hier sur les dettes espagnole et italienne, mais le spécialiste pense que leur situation est bien plus enviable que celle de leurs voisins méditerranéens. Ensuite, cela fait naître des interrogations sur le manque d'appétit de l'Allemagne pour d'autres sauvetages, alors qu'il semble que la Grèce aura besoin de financements additionnels dans l'avenir pour survivre. Pourtant Berlin semble avoir mis de l'eau dans son vin depuis hier soir, après avoir maintenu un discours très ferme vis-à-vis d'Athènes. Le Ministre des Finances Wolfgang Schaeuble a ainsi lancé hier soir que l'Allemagne ne laisserait pas tomber la Grèce, et Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque Centrale Européenne, est aujourd'hui même à Berlin avec Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, pour tenter de boucler le plan de soutien à la Grèce, qui passe notamment par l'adhésion au projet de parlementaires allemands.

La BCE et l'Allemagne, qui ont pendant plusieurs mois adopté une attitude plutôt passive, voire d'opposition à un soutien direct à la Grèce, se retroussent donc les manches au dernier moment. Certains y verront le signe que la situation s'est considérablement dégradée depuis hier et qu'il faudra batailler pour la stabiliser. Il semble évident que les marchés financiers attendent désormais plus que le plan de 45 milliards d'euros proposé par l'Union Européenne et le FMI. Des rumeurs laissent déjà entendre que des montants additionnels pourraient être en discussions. En attendant, les sauveteurs ont toujours un coup de retard. Et l'on n'ose imaginer quelle serait la situation si la pression financière naissante qui frappe le Portugal allait jusqu'à compliquer le refinancement de la dette du pays.

Taux d’inoccupation à Montréal

L'environnement d'affaires est plus contraignant au Québec, tel que la réglementation excessive et les charges fiscales de l’État, ce qui démotive l’investissement privé.

Une façon de vérifier la santé d’une ville est d’examiner son taux d’inoccupation à Montréal on voit même une augmentation depuis 2 ans, ce qui est un mauvais signe.

Taux d'innocupation

Pénurie de main d'œuvre chez les infirmières

On ne pourra jamais progresser en concurrence et en efficience, devant l’intransigeance des syndicats de modifier les conventions collectives, ex. : ‘Les anciennes’ ne veulent pas faire de la rotation, ce qui démotive les jeunes, car ce sont eux qui font les nuits et les fins de semaine.

Je ne suis pas toujours d’accord avec l'économiste Mathieu Laberge du CIRANO, mais il fait un bon exposé sur la pénurie de main-d’œuvre et de l'organisation du travail chez les infirmières.

Pénurie infirmières

Partage du pouvoir

Les élus et les fonctionnaires doivent travailler ensemble et, par conséquent, partager le pouvoir.
 
Rappelons que le pouvoir est la capacité d'acquérir et d'utiliser des ressources pour obtenir l'appui d'individus ou de groupes, ou faire en sorte que ces derniers se soumettent. Les ressources utilisées peuvent être tangibles, par exemple l'argent, les biens et les services, ou intangibles, telles que les aptitudes permettant d'encourager ou d'intimider les autres. Il importe de noter que le pouvoir est largement subjectif, car, pour qu'elles aient une emprise sur quelqu'un, les faveurs offertes doivent être convoitées et les menaces proférées doivent être redoutées.
 
Ce ne sont donc pas seulement les ressources dont les ministres et les fonctionnaires disposent chacun de leur côté qui leur confèrent du pouvoir, mais la capacité que possèdent l'une et l'autre partie d'utiliser ces ressources efficacement. Les ministres ont le pouvoir de décision, mais les fonctionnaires détiennent les connaissances et l'expérience de la chose publique. Il est certain que les ministres qui ont peu d'envergure se retrouvent rapidement sous la coupe des fonctionnaires. On dit de ces ministres qu'ils se font les porte-parole de leur ministère.
 
Les ministres plus brillants et plus tenaces savent cependant s'entourer de conseillers politiques aguerris et faire appel à des experts externes pour obtenir des points de vue différents de ceux de leurs fonctionnaires. Ils insistent pour que ces derniers leur soumettent un éventail de solutions parmi lesquelles ils pourront choisir celles qui correspondent le mieux à leurs intérêts.
 
Nombreux sont les cas où les solutions technocratiques fondées sur des recherches scientifiques sembleraient devoir s'imposer aux yeux des personnes les mieux informées. Malgré toute leur bonne volonté, les politiciens ne peuvent le plus souvent choisir de telles solutions, car il leur faudrait changer l'opinion publique et leur rôle n'est pas de faire de l'éducation populaire. Ils ne disposent d'ailleurs pas des instruments leur permettant de le faire, même s'ils avaient le temps et le goût pour entreprendre une telle tâche. Ils doivent donc jouer le jeu avec les cartes qu'ils ont en main.
 
Ils sont forcés de réagir en fonction du court terme, des prochaines élections, même s'ils trouveraient souvent souhaitable de retenir des considérations à plus long terme.
 
Le lointain avenir ne peut pas être leur préoccupation première.
Comme le disent les anglophones, leur devise est:
 
The future will take care of itself, l'avenir se débrouillera bien tout seul !
 
Lorsque les ministres font des consultations publiques, ce n'est souvent que pour mieux vendre les solutions qu'ils ont déjà retenues. Ils sont d'ailleurs plus enclins à entreprendre des consultations lorsqu'ils constatent une baisse de confiance à leur égard.
 
La vision des électeurs est influencée par l'habileté du ministre et de son entourage à orchestrer des communications efficaces. Tout comme un bon avocat peut faire acquitter un accusé que tous disent coupables, une bonne équipe de communication peut présenter de façon positive une situation que d'autres pourraient qualifier de désastreuse.
 
C'est par ses talents de communicateur que le ministre peut s'imposer. Il doit savoir simplifier les enjeux et parler le langage des gens. Il n'a d'ailleurs très souvent que trente secondes au bulletin de nouvelles télévisé pour expliquer son point de vue et convaincre les électeurs.

Les pratiques de communication des politiciens sont aux antipodes de celles des fonctionnaires.

·         Alors que ces derniers aiment présenter des faits, les communicateurs politiques jouent sur les images, les symboles et les anecdotes (story telling).

·         Ils attaquent les adversaires plutôt que de répondre à leurs arguments.

·         Ils savent qu'il est plus facile d'agir sur les perceptions que sur les résultats.

·         Envahis comme ils le sont par l'information, les citoyens se rappellent peu des événements et des faits, mais les perceptions découlant des images et des symboles ont un effet durable.

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3


Politicien irresponsable: est un politicien qui prend des décisions pour gagner la faveur populaire (votes) en omettant certaines informations qui annihileraient cette même faveur politique.

·         Un politicien qui avance les élections en omettant que le Québec est en déficit structurel et la Caisse de Dépôt vient de perdre 40 milliards.

·         Un politicien qui crée un régime parental en omettant qu’elle n’a pas d’argent et doit taxer en détruisant parallèlement la richesse.

·         Un politicien qui crée les garderies sachant très bien que coûts vont exploser en omettant que les futurs employés seront prochainement tous syndiqués.

·         Un politicien qui oblige des fusions en promettant des économies d’échelles en omettant que ces mêmes économies seront annulées par la hausse des employés municipaux fusionnés.

·         Un politicien qui implante les politiques familiales les plus généreuses en omettant de dire que l’immigration suit la prospérité.

·         Un politicien qui accorde à sa fonction publique des régimes de prestation déterminés en omettant que dans le future elle n’aura pas les moyens.

Politicien immorale: Politicien qui gagne des faveurs politiques par l’endettement public, pour des services publics actuels.

·         Le fait est que l'endettement public ne sert pratiquement jamais à financer les investissements. Il favorise plutôt la consommation présente. La discipline enseigne donc plutôt que l'endettement public découle d'acheter des votes avec l'argent emprunté.

·         Les déficits et l'endettement reportent le fardeau fiscal sur les futurs contribuables qui ne sont pas représentés dans les choix publics courants.

·         Les déficits abaissent le prix des services publics, tel que perçu par les citoyens de la génération présente. Dans leur ignorance rationnelle, ils évaluent mal le fardeau fiscal futur qu'ils s'imposent et qui sera porté de toute façon par leurs descendants.

·         Inutile de rappeler enfin que ces derniers ne sont pas présents au moment où le déficit se pratique; ce qui en fait un instrument politique immoral.

·         La génération présente exprime en conséquence une demande exagérée de services gouvernementaux, que le politicien est trop heureux de combler.  

En l'absence de contraintes constitutionnelles, les déficits deviennent un phénomène permanent.

Règle de bonne gouvernance:

Chaque génération devrait se développer sans pour autant nuire
à l’aptitude de la génération suivante à se développer elle-même.

 

Rôle des ministres

Certains ministres aiment se décrire comme des gestionnaires et se dire soucieux du bon fonctionnement de leur ministère. Mais cette image est inexacte, car, bien qu'ils soient en charge d'un ministère et d'un nombre plus ou moins grand d'organismes, leur rôle est essentiellement politique. Ils sont élus comme députés et siègent au Parlement; ils sont membres du Conseil des ministres et de divers comités ministériels ; ils peuvent se voir confier la responsabilité politique d'une région ; ils doivent participer aux activités du parti politique, entre autres la collecte des fonds électoraux; ils doivent maintenir des contacts avec la clientèle de leur ministère et négocier divers dossiers avec leurs collègues ; ils doivent au surcroît se soucier de leur réélection. 


Bref, ce sont des personnes très occupées dont le temps est la principale ressource, une ressource qui doit être utilisée judicieusement de façon à atteindre les objectifs les plus importants: leur réélection, la réélection de leur gouvernement et la progression de leur carrière.

Bien sûr, la tâche de chef d'un ministère est la plus prenante. Le ministre doit approuver toutes les décisions importantes et signer les mémoires adressés au Conseil des ministres et au Conseil du trésor.

La règle de la responsabilité ministérielle fait en sorte qu'il doit répondre devant l'Assemblée nationale ou la Chambre des communes de toutes les décisions prises par son ministère, ce qui lui impose de se tenir informé d'une foule de sujets dont certains sont d'ordre purement administratif.

La façon dont il arrive à se tirer d'affaires au cours de la période de questions et à se sortir des crises découlant des enjeux soulevés par les journaux et la télévision fait plus pour bâtir sa réputation de compétence et de fermeté que toutes les responsabilités administratives dont il a la charge.
Son défi le plus exigeant, cependant, est d'utiliser les ressources de son ministère pour favoriser ses électeurs et les individus, groupes et entreprises de la région dont il est responsable.

La tradition démocratique établit qu'un ministre doit travailler pour son comté et sa région : ce type de favoritisme est non seulement une obligation, mais une vertu. Les gens sont souvent portés à juger de l'efficacité d'un ministre par les faveurs qu'il peut obtenir pour ses commettants.
Un autre critère d'efficacité est l'accroissement des ressources qu'il peut décrocher au bénéfice de son ministère. Plus de ressources humaines et financières signifie que plus de services pourront être fournis aux clientèles et plus de faveurs octroyées aux électeurs.

Cela explique que tous les ministres, à l'exception peut-être du ministre des Finances et du président du Conseil du trésor, sont dépensiers. Certains critiques de l'action de l'État prétendent que rien n'est plus excitant et gratifiant:

Que de dépenser l'argent des autres, car l'essence du pouvoir est d'utiliser
les ressources à sa disposition pour gagner l'appui des citoyens.

La contrepartie, cependant, est que le gouvernement, en tant que responsable des finances publiques, doit justifier auprès des électeurs le niveau élevé de taxes, d'impôts et de tarifs nécessaire au fonctionnement de l'État.

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3

Les nominations

Parmi tous les sujets soumis au Conseil des ministres, il en est un qui retient l'attention plus que les autres : il s'agit des nominations des hauts fonctionnaires et des membres des conseils d'administration des organismes publics. Plusieurs centaines de postes sont pourvus par décret gouvernemental.

Certaines personnes sont nommées à vie, par exemple les juges ; d'autres sont nommées pour une période plus ou moins longue, les plus souvent cinq ou dix ans ; les autres font l'objet de nominations « au bon plaisir de Sa Majesté», c'est-à-dire pour une durée non précisée et sont révocables à tout moment.

Aucun type de décisions ne traduit mieux l'exercice du pouvoir que les nominations.

Comme nous l'avons mentionné plus haut, la plupart des décisions du Conseil des ministres sont d'ordre technique et ne présentent pas beaucoup d'intérêt pour les politiciens.

Il en va tout autrement des nominations qui sont le
domaine du pouvoir par excellence.

Comme tout ce qui a trait aux décisions importantes, c'est le premier ministre qui a la main haute sur les nominations. Ses conseillers politiques contrôlent étroitement tout le processus et les ministres sont les principaux intervenants. Beaucoup d'intérêts sont enjeu.

Les nominations sont le domaine où le lobby est le plus actif et où le plus de pressions s'exercent. Leur importance est énorme, car les personnes nommées par décret sont celles qui, dans les faits, gèrent les activités gouvernementales. Les personnes choisies sont redevables de leur nomination au premier ministre ou au ministre qui les a pistonnées.

Ils ont donc un devoir de loyauté envers ce protecteur.

Plusieurs enjeux se rattachent aux nominations. La carrière des gens se joue, des services rendus se paient, des défis mettant enjeu la crédibilité du gouvernement doivent être relevés.

Parfois, un jeu de chaises musicales doit être orchestré pour concilier les intérêts des uns et des autres. Il y a des jeux de coulisse, des alliances qui se créent et se défont.

C'est le terrain de la lutte politique par excellence. Bien que le premier ministre soit le meneur de jeu, les ministres font des nominations une de leurs préoccupations premières.

Car il ne faut pas perdre de vue que les ministres sont des acteurs politiques très énergiques.

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3


Extrait de: Influence des argentiers : des libéraux se sont déjà plaints, Par Guillaume S. Leduc, Les Analystes.ca

Bon matin à tous, je vous propose aujourd’hui un retour dans le temps. Plus précisément, un retour à l’époque 2003-2004, où Marc Bellemare était Ministre de la justice. J’ai fait une recherche de presse à propos des nominations partisanes à l’époque et je suis tombé sur certains reportages et articles intéressants concernant les grands argentiers du Parti Libéral du Québec et leur influence dans certaines nominations.

Juin 2003 : Quelques mois à peine après l’élection de Jean Charest, Denis Lessard nous apprends qu’étrangement, Jean Charest s’est entouré de gens de l’extérieur du cabinet pour le conseiller dans ses nominations. Parmi les noms mentionnés par le journaliste, on compte Raymond Boucher (l’organisateur de la campagne libérale de 2003) et Marc Bibeau (grand collecteur de fond du PLQ).

Dans     ce     “premier     cercle”     des conseillers  qui  ont  la  main  haute  sur l’ensemble       des       décisions,       qui connaissent à la fois la nomination de la  semaine  prochaine  et  la  liste  des projets      de      loi      prévus      avant   l’ajournement  de  juin,  deux  seulement assistent  aux  réunions  du  Conseil  des ministres:    Michel    Crête    et    André Dicaire. Ce sont eux qui ont décidé de faire   rouler   les   têtes   d’une   demi- douzaine   de   sous-ministres   associés de près au PQ

Scrutin majoritaire uninominal: dictateur en perspective

Rôle proéminent du premier ministre

Le premier ministre occupe une position prédominante au sein du gouvernement. Il concentre dans ses mains énormément de pouvoirs. En tant que chef du parti gouvernemental, il contrôle le caucus des députés et, par l'entremise de ce dernier, la Chambre des communes ou l'Assemblée nationale, particulièrement lorsque son parti est majoritaire. 

En tant que chef du gouvernement, il nomme les ministres et les hauts fonctionnaires et peut les destituer; il oriente les politiques publiques et peut s'ingérer dans tous les aspects de l'activité gouvernementale et même, grâce à son pouvoir d'influence, dans toutes les questions d'ordre public.

Il a donc pratiquement autant de pouvoir qu'un dictateur, mais l'obligation de se faire réélire pour continuer à gouverner limite grandement l'exercice de ce pouvoir.

Le premier ministre est au centre de plusieurs réseaux de contacts qui lui permettent d'être extrêmement bien informé et d'influer directement et indirectement sur un nombre considérable d'événements. Par exemple, des membres de son cabinet politique sont attitrés à chacun des ministères et lui font régulièrement rapport ou informent son chef de cabinet. 

Une règle non écrite est qu'on ne cache rien au premier ministre.

Cependant, pour le mettre à l'abri des attaques, personne, sauf un cercle très restreint de conseillers, ne doit être au courant de ce qu'il connaît.

Pour cette raison, l'information sensible est communiquée verbalement afin de ne laisser aucune trace.

Cette pratique, appelée en anglais plausible deniability (ignorance vraisemblable), permet au premier ministre, lorsque son gouvernement est mêlé à des malversations, de nier avoir été mis au courant.

Si la faute reprochée est grave et peut être prouvée, une autre personne que lui pourra être forcée de démissionner, par exemple son chef de cabinet, un ministre ou un haut fonctionnaire.

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3


Scrutin majoritaire uninominal :

Parmi les pays démocratiques du monde entier, il n'existe plus que trois pays (la Grande-Bretagne, l'Inde, les États-Unis) ayant un système électoral comme le nôtre, soit un scrutin majoritaire uninominal à un tour, la majorité des autres pays ayant un système de représentation proportionnelle ou un mélange des deux systèmes.

Note : Les États-Unis et l’Angleterre ont des règles budgétaires plus sévères lors de l’élaboration des budgets.

Un dictateur sans restriction :

Dans ce mode de scrutin quant un parti est majoritaire, le premier ministre devient un dictateur, d’autant plus il y a aucune règle budgétaire pour le circonscrire, donc il devient un dictateur sans restriction.

Un premier ministre qui s’est fait élire sur de fausses prémisses, qui devient majoritaire avec seulement 28% de l’électorat, conséquence du mode de scrutin utilisé.

1)      Quand un premier ministre refuse une commission d’enquête, demandé par le peuple.

2)      Quand un premier ministre vote un budget sous bâillon.

3)      Quand un premier ministre ne respecte même plus les recommandations du vérificateur.

4)      Quand un premier ministre présente de faux budgets équilibrés grâce à la manipulation comptable.

5)      Quand le premier ministre se préoccupe plus de l’intérêt de son parti que d’agir en fonction de l'intérêt public.

6)      Quant un premier ministre veut changer la carte électorale (projet 78) en choisissant l’électorat à son avantage.

7)      Quand un premier ministre a des comportements irresponsables et immoraux envers la population.

On doit sérieusement revoir le mode de scrutin

Source: Le Quebec: Une démocratie dictatoriale

Politicien: rentabilité économique sont secondaires

Grille de décisions des politiciens

La grille de décisions utilisée par les élus est essentiellement politique.

Les considérations de rigueur administrative, d'efficacité, d'efficience et de rentabilité économique sont secondaires. 

Avant toute décision, plusieurs questions doivent être considérées.

Mentionnons les suivantes :

·         Cette décision s'impose-t-elle et est-elle de nature à favoriser la réélection du gouvernement?

·         Est-ce le bon moment pour prendre cette décision ?

·         Qui a le plus à gagner et qui a le plus à perdre ?

·         Dans quel camp se trouvent ces gagnants et ces perdants : parmi les partisans ou parmi les adversaires?

·         À quel moment seront visibles les bénéfices et les inconvénients ?

·         Comment la décision risque-t-elle d'être perçue par les divers intervenants : les personnes et les groupes concernés, les médias et le public, les partisans et bailleurs de fonds, etc. ?

·         Est-il possible d'imputer la responsabilité ou le blâme aux adversaires?

·         Le sujet en question fait-il partie des préoccupations vite oubliées ou des enjeux marquants dont les gens se rappelleront longtemps ?

·         Quels sont les risques et comment peut-on les atténuer ?

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3


« Avec la Révolution tranquille, le Québec entreprit de combler son retard économique par rapport au reste du Canada. On pensait alors qu’un État interventionniste était la solution. Depuis, les Québécois ont développé le réflexe de compter sur l’État-providence et de lui en demander toujours davantage. Et comme la classe politique préfère séduire l’électorat plutôt que de prendre les décisions économiquement soutenables, elle a créé une panoplie de programmes généreux et de services publics ambitieux que les Québécois ont accueillis sans songer au lendemain. Aujourd’hui, la fête est terminée, et le réveil est douloureux! »,

La fête est terminée!, Nathalie Elgrably-Lévy, 07 janvier 2010

Les acteurs politiques

Les acteurs politiques

Les politiciens ont une mentalité et des réflexes aux antipodes de ceux des fonctionnaires. La logique politique, en effet, est diamétralement opposée à la logique administrative axée sur le respect des règles et la constance, aussi bien qu'à la logique économique qui vise l'efficacité et l'efficience, qu'à la logique scientifique fondée sur le savoir.

L'objectif des politiciens étant de se faire élire, tous leurs gestes convergent habituellement dans cette direction.
 
«Quand vous travaillez, c’est pour faire de l’argent,
un politicien quand il travaille c’est pour gagner des votes»,
Le vote médian, J. L. Migué
 

La politique, en effet, est l'art d'obtenir la confiance et l'appui des électeurs. C'est de faire en sorte de concevoir les choses et de les présenter de façon à épouser le point de vue des personnes qu'on désire influencer.

L'exercice du pouvoir politique

L'exercice du pouvoir politique dans le contexte des traditions parlementaires britanniques repose sur un certain nombre de conventions non écrites qui constituent des règles qu'aucun politicien ne peut transgresser sans se créer de sérieux problèmes. Une de ces conventions est la solidarité ministérielle.

La politique s'exerce dans un contexte d'affrontement : les moindres gestes du parti au pouvoir sont surveillés et le plus souvent critiqués par les partis d'opposition. Chacun dénonce les positions et les intentions des autres. Tout comme dans un match sportif, il est important pouchaque parti, particulièrement celui qui est au pouvoir, de maintenir un esprit d'équipe pour donner le moins de prise possible à l'adversaire.

La solidarité ministérielle est la règle selon laquelle un ministre doit soutenir toute décision prise au conseil des ministres ou démissionner. Cette règle est plus exigeante qu'on le croit généralement, car elle implique que toute décision controversée devant être prise par un ministre soit discutée avec le premier ministre avant d'être arrêtée. Ce dernier décide si elle doit être soumise au conseil des ministres. Un ministre, cependant, peut ne pas se rendre compte qu'une décision qu'il s'apprête à prendre est politique, c'est-à-dire controversée, ou peut estimer que la décision lui appartient, même si elle risque de soulever un débat. Il s'expose alors à voir sa décision renversée par le premier ministre, ce qui peut avoir pour effet de miner son autorité et sa crédibilité.

Les politiciens œuvrent dans une arène remplie de joueurs aux intérêts divergents. La prise de décisions dans un tel contexte est un exercice ardu et plein de pièges.
 

Source: Les fonctionnaires, J. Laliberté, Chapitre 3 


L’affaire Bellemare est un exemple classique ou un ministre n'est pas d'accord, avec son premier ministre, il doit démissionner.

Marc Bellemare démissionne

À Québec, Jean Charest s'est dit « déçu » du départ du ministre de la Justice, Marc Bellemare, qui a annoncé sa démission mardi, en début de soirée. « J'ai beaucoup d'affection pour M. Bellemare, beaucoup d'admiration », a déclaré le premier ministre.

Jean Charest a notamment expliqué la démission de son ministre par des « considérations familiales ».

Bellemare «utilisé», selon l'opposition

Il affirme être venu en politique pour défendre des enjeux qui lui tenaient à coeur, comme la réforme des tribunaux administratifs, l'indemnisation des victimes d'actes criminels et la réforme de l'assurance automobile.

Celui qui se considère comme un homme de rigueur et d'échéances admet que les réformes qu'il préconise n'avancent pas au rythme qu'il souhaiterait.

Le parti Libéral s'oppose à la modification du régime d'indemnisation sans égard à la responsabilité lors d'accidents de la route, mieux connu sous le nom de « no-fault ».

Un monde qui ne lui convient pas

Marc Bellemare quitte non seulement son poste de ministre, mais démissionne également comme député de Vanier.

« J'estime aujourd'hui que je dois faire un constat : c'est un monde qui ne me convient pas », a déclaré à la presse Marc Bellemare en ajoutant qu'il n'était plus intéressé à « composer avec les difficultés inhérentes à la scène politique ».

Source: Marc Bellemare démisionne, Radio Canada, 28 avril 2004

Les fonctionnaires

Les fonctionnairesCe livre très instructif s'intéresse à la situation des employés de l'État. À l'aide d'une analyse sobre et dénuée de préjugés faciles, l'auteur illustre la dynamique dans laquelle se trouvent les fonctionnaires, une dynamique complexe et instable où leurs pouvoirs sont grandement limités par d'autres acteurs hiérarchiques.

Le lecteur pourra donc mieux comprendre la bureaucratie de l'administration publique, un milieu de travail où quelques dirigeants politiques et hauts administrateurs sont de bien plus grands acteurs que nous ne le pensions a priori.

L'auteur fait ressortir les jeux de pouvoir qui s'exercent dans les ministères et prône une meilleure séparation de la politique et de l'administration publique.

Tous devraient lire ce livre. En particulier les fonctionnaires, les politiciens, les journalistes, les étudiants en droit, en science politique et en administration publique.

Ce livre intéressant nous offre un rare point de vue de l'intérieur sur la fonction publique.

Des employés paresseux, en congé perpétuel, bénéficiant d'avantages sociaux qui ne sont pas toujours à la mesure de leurs compétences ; des travailleurs inefficaces, protégés par la sécurité d'emploi. Voilà quelques-uns des préjugés qu'entretiennent la plupart des gens à l'endroit des fonctionnaires.

Mais connaît-on vraiment la nature de leur travail ? À la fois politique et administrative, la fonction publique est chapeautée par deux groupes de dirigeants, les ministres et les hauts fonctionnaires, qui possèdent des systèmes de valeurs et des objectifs différents. Rien ne se passe donc comme ailleurs dans un tel contexte. Les fonctionnaires sont entraînés malgré eux dans le jeu politique au cœur de la culture organisationnelle.

Après avoir décrit les particularités de la fonction publique, Jean Laliberté dévoile les vraies règles du jeu, les stratégies des gagnants, les talents qu'il importe de maîtriser, les tactiques utilisées et les pièges qui doivent être évités par les fonctionnaires qui veulent réussir ou simplement survivre dans ce milieu.

L'ouvrage intéressera bien sûr ceux qui travaillent dans la fonction publique ou qui y ont travaillé, mais aussi ceux qui traitent avec elle : les citoyens.
Laliberté - Les fonctionnaires Jean Laliberté est détenteur d'une maîtrise en sciences politiques, option administration publique (Université Laval, 1968) et est un ancien élève de l'École nationale d'administration (Paris, 1971).

Il a fait carrière dans la fonction publique, travaillant pour plusieurs ministères et organismes, y compris le Conseil du trésor, le ministère du Conseil exécutif et le ministère des Finances, tant à Ottawa qu'à Québec.

Après 35 années dans le secteur public, il a terminé sa carrière au sein d'une grande société québécoise de services-conseils.

Modèle Suédois : régime de retraite (2)

Les Suédois ont eu une prise de conscience devant la nécessité d’une réforme profonde alors que le système de financement des retraites par répartition s’écroulait.

Politiques de tous bords, syndicats, représentants du public et du privé sont arrivés à un compromis pour la mise en place d’un nouveau système transparent basé sur des comptes individuels avec un volet financé par la répartition et l’autre par la capitalisation et une forte incitation à travailler le plus longtemps possible.

De même, nous avons pu remarquer l’équité d’un système dans lequel les régimes spéciaux n’existent pas. Pour ce qui est des retraites, il n’y a pas de différences entre le public et le privé. Tout le monde est logé à la même enseigne.

Lorsque les Suédois ont décidé de faire la réforme ils avaient compris qu’il n’y avait pas d’autre solution à moins d’augmenter les cotisations et de faire baisser les retraites. Ils ont préféré lancer la réforme.

Si la Suède a réussi la réforme des retraites, il n’y a pas de raison pour que le Québec n’y arrive pas.

Une réforme systémique et non pas paramétrique

Le nouveau régime de retraite suédois est obligatoire et se base sur trois piliers. Le premier et le troisième pilier (les comptes notionnels et la capitalisation) sont financés grâce à une cotisation de 18.5 % sur le salaire net. Le deuxième pilier (les complémentaires) est financé par une cotisation sur les salaires qui varie entre 2 et 4.5 %.

I. Le premier pilier : les comptes notionnels

Ce premier « étage » de la retraite suédoise repose sur le système de la répartition. Il est constitué de comptes « notionnels » à cotisations définies (Notional Defined Contribution – NDC-Systems).

Chaque assuré dispose d’un compte personnel appelé « compte notionnel ». Tous les ans, le cotisant acquiert un droit à la pension qui sera versé une fois à la retraite. La cotisation est de 16 % dont 7 % du salaire brut pour l’employé et 9 % pour l’employeur.

Les cotisations sont prélevées lorsque la rémunération dépasse un plancher de 16 600 couronnes (environ 1600 euros), ce qui représente moins de 5 % du salaire moyen.

Le salaire qui donne droit à la pension est plafonné à 317 500 couronnes (environ 31 700 euros) ce qui représente 130 % du salaire moyen.

Au-delà de ce plafond, les personnes qui veulent faire des versements supplémentaires peuvent le faire à des systèmes privés. Les montants cotisés sont transférés mensuellement au fonds de réserve qui assure le versement des pensions.

Les comptes notionnels sont majorés chaque année en fonction des gains estimés sur la base de la mortalité observée parmi la même génération. Plus une génération a une durée de vie plus longue, plus les représentants de cette génération devront travailler pour pouvoir augmenter la valeur de leur compte notionnel.

Le pilier des comptes notionnels représente 86 % des cotisations.

Ce système basé donc sur les prestations définies (NDC) et des comptes notionnels est dépendant de l’environnement économique. Les Suédois ont compris que dans l’ancien système à prestations définies, on ne pouvait augmenter à l’infini le taux de cotisations, les impôts, les emprunts afin de sauver le système de la faillite. On risquait de tuer l’économie où l’on s’entête à faire payer encore plus les cotisants.

Avec le nouveau système, il faut de la transparence et plus de discipline économique. Les décideurs politiques et les législateurs ne peuvent plus faire ce qu’ils veulent car toute intervention dans le système aurait des conséquences sur tout le fonctionnement de l’économie. Les informations économiques et financières sont essentielles. Avec le nouveau système, la croissance économique du pays concerne les retraités au plus haut point : ils en ont un intérêt financier individuel.

La technique des comptes notionnels tient compte de l’espérance de vie, de la génération à laquelle appartient l’assuré ? de son âge au moment du départ en retraite et de l’évolution du PIB.

La retraite minimum ou la pension garantie

Il s’agit d’un régime de pension garanti, d’une retraite minimum à l’intention des plus défavorisés. La pension garantie est incluse dans ce premier pilier. Les ayant-droits peuvent la toucher à taux plein à partir de 65 ans et ceux qui ont une retraite professionnelle inférieure à la pension garantie peuvent recevoir la différence.

Pour une personne seule, la prestation s’établit à 83 709 couronnes (environ 8 300 euros) en 2004, soit 33 % du salaire moyen brut. Lorsque la retraite sur le salaire touche presque 50 % du salaire moyen, le droit à la pension minimum est annulé.

Le niveau de garantie de la pension minimum est indexé sur les prix. Son financement est assuré non pas par les cotisations mais par l’impôt sur le revenu.

Pour y avoir droit il faut donc être âgé de 65 ans et résider en Suède. Afin de toucher la pension garantie complète, le demandeur doit justifier d’avoir vécu 40 ans en Suède après l’âge de 25 ans.

II. Le deuxième pilier : Les complémentaires

Près de 90 % des salariés suédois bénéficient d’une ou plusieurs complémentaires organisées sur une base socioprofessionnelle. Il existe 4 grands régimes complémentaires : pour les fonctionnaires d’Etat, les cadres, les non-cadres du privé et les employés des collectivités locales.

III. Le troisième pilier : la capitalisation

Ce troisième pilier fait partie du régime obligatoire mais c’est un régime par capitalisation à cotisations définies. Le taux de cotisation est fixé à 2,5 % et les sommes sont versées par les cotisants sur un compte individuel.

Dans ce cas, il s’agit bien d’une épargne. Une autorité para-publique – Premier pension myndigheten (PPM) - collecte les cotisations et les distribue à plus de 700 fonds privés suédois ou étrangers gérés par plus de 80 gestionnaires choisis par les assurés.

En principe, tout fonds d’investissement qui accomplit certaines conditions et s’engage à respecter les règles du système peut intégrer le marché de la capitalisation. L’assuré peut choisir au maximum 5 fonds différents et il peut en changer aussi souvent qu’il le souhaite.

Lorsque les assurés ne choisissent pas les fonds, les montants des cotisations sont versés automatiquement par le PPP à un fonds par défaut appelé aussi septième fonds AP dont les investissements se font à 90 % en actions et 10 % en obligations. Chaque assuré crée son propre capital avec les cotisations annuelles et le rendement des investissements.

Les Suédois peuvent choisir entre ces fonds pour placer cette épargne. Environ 2/3 des gens font des choix individuels en fonction de l’information qu’ils trouvent, 1/3 préfèrent laisser les institutions choisir à leur place.

Malgré la crise financière, les risques pris par les épargnants sont minimes. D’abord, parce que l’offre est très vaste et diversifiée avec des centaines de fonds qui sont en concurrence, ensuite parce que, à long terme, l’épargne est forcément intéressante. Le taux moyen de croissance annuelle est d’environ 5-6 %.

Une fois à la retraite, les Suédois peuvent choisir entre les manières de percevoir ce complément par capitalisation. Ils peuvent convertir la pension en rente fixe ou bien opter pour une rente variable afin de continuer d’alimenter les fonds. Dans le second cas, la pension mensuelle peut changer en fonction de l’évolution des fonds choisi par les individus et aussi des modifications de l’espérance de vie.

Une fois à la retraite

Au moment de la retraite, le capital accumulé est converti en rente. Le calcul de la retraite se fait en fonction des résultats économiques du pays, de l’âge individuel de départ et de l’espérance de vie à cette date.

1)      Le revenu qui donne droit à la retraite est composé des salaires annuels compris entre le revenu minimum imposable (environ 9 000 couronnes ou 900 euros) et le revenu maximum imposable (environ 310 000 couronnes ou 31 000 euros

2)      L’indexation des retraites se fait selon les performances économiques du pays. La nouvelle formule d’indexation est la suivante :Ind = R – 1,6 %

R = la moyenne annuelle sur trois ans de la progression du revenu réel par tête

1,6 % = taux de rendement des actifs notionnels (cotisations à recevoir et montant des réserves).

L’augmentation ou la baisse éventuelles de la pension dépendent de l’évolution démographique et de la croissance économique du pays.

3)      De plus, le montant des retraites dépend aussi de l’espérance de vie moyenne des individus appartenant à la même classe d’âge que le nouveau retraité au moment de sa sortie de la vie active.

En fonction de l’allongement de l’espérance de vie, les sommes versées au retraité dépendent de l’âge auquel il part à la retraite. Si le retraité souhaite obtenir une pension plus élevée il a tout intérêt à retarder son départ à la retraite.

Il n’y a pas d’âge limite pour le départ à la retraite. Avant la réforme, depuis 1976, l’âge légal de départ à la retraite était de 65 ans.

De cette façon, les baisses ou les hausses des retraites sont partagées par tous de manière équitable.

Le compte notionnel est une forme de capital virtuel. Celui-ci est converti en rente avec un coefficient qui change : aujourd’hui, le coefficient de rente est de 18.0 pour un départ à 61 ans et de 12.8 pour un départ à 71 ans.

4)        Plus on prolonge la durée d’activité, plus la retraite augmente

La réforme a été conçue afin d’inciter les gens à travailler plus longtemps. Et ce sont surtout les classes ouvrières, les « cols bleus », les plus avantagés car ils entrent plus tôt dans la vie active. Dans le tableau ci-joint, on peut constater, grâce aux projections, les gains obtenus par les retraités dans le nouveau système, qu’il s’agisse des cadres ou des ouvriers.

Différence entre l'ancien Ces derniers peuvent d’ailleurs espérer des gains de plus de 5 000 euros par an.

5)      Les coefficients de conversion et la fin des préretraites

Les pensions du système par répartition sont calculées au moment du départ à la retraite en divisant le solde du compte notionnel par un « coefficient de conversion » (annuitization divisor) qui représente l’espérance de vie pour les hommes comme pour les femmes au moment de la retraite. L’espérance de vie est calculée tous les ans.

Si l’espérance de vie augmente, le capital virtuel accumulé donnera une pension plus faible pour les personnes les plus jeunes. Pour obtenir une pension plus élevée, le départ à la retraite doit être retardé.

Le tableau ci-dessus montre que pour obtenir un niveau de retraite “normal”, les Suédois nés par exemple en 1975 devront travailler presque deux ans de plus sinon ils perdent 11 % de leur pension.

Espérance de vie Les projections facilitent la prise de conscience des intéressés et empêche les départs précoces à la retraite. Avant la réforme, l’économie suédoise souffrait terriblement de la multiplication des mécanismes – subventionnés – de mise à la retraite prématurée et les spécialistes considèrent que la fin de ces mécanismes est une des conséquences les plus importantes de cette réforme des retraites.

6)      Le taux d’emploi des seniors beaucoup plus élevé en Suède qu’en France

L’incitation à travailler plus longtemps a largement porté ses fruits. Sans des aides publics au retour à l’emploi, sans des centaines de millions de gaspillages, en Suède, le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 59 ans est de 77.8 % contre 49.3 % en France et celui des personnes âgées de 60 à 65 ans est de 50.2 % contre 9.9 % en France.

Le nouveau systéme 

La communication : l’enveloppe orange et les publicités

Le clip publicitaire commence par montrer une (très) jolie jeune fille - blonde, bien entendu – en train de chanter dans une prairie. Son visage et son corps se transforme et on comprend qu’elle est supposée vieillir. En effet, à la fin, le clip, d’une vingtaine de secondes, la montre vieillie mais toujours gaie et en chantant au milieu de la nature. Ceci est la dernière publicité diffusée sur les télés suédoises à l’origine de laquelle se trouve AMFPension, l’une des plus grandes sociétés de gestion des retraites.

Le but de cette publicité est de sensibiliser les Suédois à l’importance d’avoir un bon régime de retraite et au fait que c’est à chacun de s’en occuper. Des millions de personnes sont ainsi visées afin de les convaincre de se préoccuper de leurs vieux jours. Le marché de l’AMF est vaste et couvre :

1)      Le système national des retraites (Premium Pensions)

2)      Les complémentaires : 9 « cols bleus » sur 10 en bénéficient, ce qui représente environ 2 millions de personnes

3)      L’épargne privée. Six personnes sur 10 sont concernées pour un minimum de 100 couronnes par mois (environ 10 euros)

« Les pensions ce n’est pas très drôle.

Le travail d’information pédagogique est fait aussi auprès de la presse ainsi que des politiques. Régulièrement, les employés d’AMF rencontrent les journalistes et les politiques pour une mise à jour concernant les retraites.

Un deuxième outil de communication est l’enveloppe orange. Tous les ans, les Suédois âgés de plus de 26 ans et qui n’ont pas encore touché une pension, reçoivent une enveloppe – de couleur orange – dans laquelle ils trouvent toutes les informations mises à jour concernant leur retraite.

L’enveloppe orange

1.    L’actualité de la réforme

2.    La situation de leur compte individuel notionnel et financier ainsi que l’évolution de leur retraite future

Il s’agit en fait d’un bilan de la retraite qui est présenté au futur retraité. On lui présente la situation de son crédit retraite en comparant avec le bilan de l’année précédente. Ainsi, il peut constater par lui-même les gains ou les pertes de son compte.

Toujours dans l’enveloppe orange se trouvent des projections pour les années à venir concernant les retraites. L’assuré peut constater ce que sera la pension à trois âges différents du départ à la retraite : 61, 65 et 70 ans et avec des taux de croissance économique différents : 0 et 2 %.

Conclusions : le même système pour tous et qui ressemble à une assurance privée

Le nouveau système suédois est plus efficace et plus juste que l’ancien. Plus efficace car financièrement il est contrôlé et il est transparent. Plus juste car il s’appuie sur l’épargne que chacun met de côté pendant toute une vie afin de s’assurer une pension.

C’est le même régime pour tout le monde.

Plus encore, ce nouveau système ressemble plus à une assurance privée… obligatoire qu’à un régime de retraite « classique ». Les pensions sont indexées sur la croissance économique, le revenu moyen et l’espérance de vie et les cotisations sont réparties entre plusieurs fonds.

De même, il faut encore le souligner, cette réforme est le résultat d’un compromis entre les principaux partis politiques suédois (80 % des membres du Parlement) qui ont compris que la mise en place d’un système de retraite viable devait l’emporter sur les querelles politiciennes.

Ils ont décidé ensemble la suppression de l’ancien régime de retraite qui n’était plus viable économiquement et financièrement.

La réforme suédoise a été systémique. Elle comporte beaucoup d’aspects positifs mais aussi des limites comme nous le montrons dans les deux tableaux.

Les atouts 

La réforme suédoise, un modèle ?

Plusieurs pays dans le monde ont un système qui ressemble au modèle suédois : Australie, Chili, Grande-Bretagne, Mexique, Pologne, Hong Kong, Singapore, Argentine, Hongrie, Suisse, Pays-Bas, Italie, Norvège, etc…

Ce n’est pas le même système mais leur système de retraite combine les comptes notionnels avec la capitalisation ou bien font confiance qu’à la capitalisation comme c’est le cas au Chili, à Hong Kong et à Singapore.

Les deux pays qui se sont le plus inspiré du modèle suédois sont l’Italie et la Pologne.

Source : La réforme du système de retraite suédois, Nicolas Lecaussin, IREF

Lire: Un tsunami pour les retraites de la fonction publique.pdf, Québec Droite, Février 2010

Voir aussi: Modèle Suédois: régime de retraite (1)

Lire aussiUn tsunami pour les retraites de la fonction publique.pdf, Québec Droite, Février 2010