Les congés parentaux un programmes ruineux

Avant de créer un programme social –démocrate louable, il faudrait au moins avoir la décence dans connaître le coût.

Questions tout à fait légitime, mais pour un politicien Québécois c’est secondaire, ce qui l’intéresse c’est le nombre de votes qu’il peut gagner, le financement on verra après. Comme l’État n’avait pas les moyens d’assumer le coût de son programme social-démocrate, elle a dit pas de problème, je vais taxer.

Pour tous ceux qui travaillent, oups! Une autre cotisation additionnelle, avez-vous eu le droit d’en discuter, c’est quand même vous qui crée la richesse, pas besoin l’état travaille pour la collectivité il sait, même s’il ne connaît pas les coûts réels, par contre il sait combien de votes qu’il gagnera, s’il instaure ce nouveau programme social-démocrate.

Donc, à tous nos sujets travailleurs, le gouvernement a décidé pour vous, de soutirer 40% des coûts des congés parentaux, en ayant votre pleine collaboration. Mais qui absorbe les autres 60 %, pas de problème nos politiciens ont décidé que c’était l’entreprise, serait-ce que l’entreprise est une compagnie d’assurance.

Pas grave nos politiciens décidèrent pour le bien-être de la compagnie, qu’il devait payer les congés parentaux, donc ajoutons une prime additionnelle au coût de la masse salariale des employeurs.

·         Ce régime a commencé en 2006, permettant aux parents qui viennent d'avoir un ou plusieurs enfants de rester à la maison jusqu'à 50 semaines en touchant entre 70 et 75 % de leur salaire.

·         On prévoyait que le coût annuel du régime, entièrement payé par des cotisations imposées aux employeurs, aux salariés et aux travailleurs autonomes, devait s'élever à 800 millions de dollars, le régime est victime de son succès, les pères qui profitant des congés parentaux en plus grand nombre que prévu, les coûts atteindront 1,6 milliard en 2008.

·image En 2009, Québec avance 300 millions pour sauver les prestations parentales, Devant un manque de liquidités, le conseil de gestion de l'assurance parentale était en voie d'emprunter de l'argent à 4% d'intérêts afin de préserver le versement des prestations. Le gouvernement a plutôt décidé de lui prêter 300 millions de dollars à un taux dérisoire de 0,7%.beau raisonnement ! Le gouvernement emprunte l’argent entre 3 à 6%, ce qui revient au même, Budget 2010, p. D-53.

·         De plus, le Québec reportera le paiement d'une facture de 346,6 millions provenant d'Ottawa. Il avait contracté cette dette au moment de l'implantation du régime, Ottawa devra attendre avant de revoir la couleur de son argent.

·         Si rien n'est fait, le déficit cumulé du régime atteindrait 841 millions en 2012, selon le rapport signé par l'actuaire en chef du conseil de gestion de l'assurance parentale, Frédéric Allard, donc un total de 2.4 milliards.

·         Si on regarde le graphique (taux de naissance/1000 habitants) de 2006 à 2008 (début du programme des congés parentaux), la moyenne est environ 11 naissances /1000 habitants.

·         Toujours en examinant le même graphique entre 2000 à 2006 la moyenne était de 10 naissances/1000 habitants.

·         Donc, on vient de dépenser plus de 1.6 milliard de richesses collectives par année juste pour faire environ 9000 enfants de plus.

·         Avez-vous une idée, combien ça vient de nous coûter par enfant, environ 177,000 $ par enfant, vos enfants sont en or ?

·         Sur les 82 000 naissances survenues au Québec en 2006, 66 600 ont donné lieu à une prestation, ce qui représente 82 % des parents qui participent au régime, selon les données du Conseil de gestion. En 2006 et 2007, 55 % des nouveaux pères ont pris congé. Dans 60 % des cas, tant la mère que le père ont pris un congé. Dans 31 % des cas, seule la mère est restée avec le nouveau-né, ce qui laisse une proportion de 9 % pour les pères qui ont pris seuls le congé parental

·         Saviez-vous juste à la SQ ils ont des problèmes de gestion de personnel, 13 600 jours d’absence en 2007 pour congé parental et bien sûr du temps supplémentaire pour compenser.

·         Rappelons qu'entre 2005 et l'été dernier, à eux seuls, les patrouilleurs de la SQ ont effectué un million d'heures supplémentaires, pour un total estimé à 50 millions de dollars, pas grave c’est le secteur privé qui paye.

·         Évidemment dans le public conciliation famille est de mise, pas grave ce sont les contribuables du privé qui paye. Je doute fort que dans le privé on puisse partir 50 semaines pour avoir un enfant, sans avoir un sérieux regard du patron.

·         Pourriez-vous ventiler entre ceux qui ont pris ces congés parentaux, entre le public et le privé ?

·         Comme l’État ne fait que redistribué la richesse, elle a retiré plus de 600 millions de richesses aux travailleurs et plus de 1 milliard de profit aux entreprises pour faire 9000 enfants de plus, le Québec roule sur l’or ?

·         L'an dernier, le Conseil de gestion avait recommandé de hausser de 28 % les cotisations au régime d'assurance parentale à compter du 1er janvier 2008, mais le ministre a limité cette augmentation à 7,5 %. Il entend faire de même pour les années qui s'en viennent de façon à répartir sur quatre ou cinq ans l'ajustement financier du régime. «C'est solide, ça va bien. Je ne veux pas que ça explose», a indiqué M. Hamad.

·         Avez-vous remarqué qu’on ne parle jamais de la portion payé par l’entreprise, tous ces coûts typiques à la sauce Québécoise, fait fuir les investisseurs potentiels et réduits la compétitivité de nos entreprises, plus de 15 milliards en masse salariale juste cette année, et ça augmente à chaque année, ce qui réduit graduellement le peu de compétitivité qui nous restes vis-à-vis des concurrents de proximité (provinces et États américains).

·         C’est typique, comment nos politiciens Québécois gèrent les finances, ils font de beaux programmes en apparence mais détruit l’économie en arrière, de plus il ne règle même pas le problème à la source, c’est –à-dire- la dénatalité du Québec.

·         D’autant plus si on examine  les statistiques sur l’immigration interprovinciale, depuis 1962, nous avons une immigration interprovinciale négative. Ce qui veut dire que depuis plus de 47 ans, nous avons plus de Québécois qui sont partis du Québec, que ceux qui sont rentrés. Donc, on dépense plus de 1.6 milliards pour faire 9000 enfants de plus et au même moment nous perdons plus de 10,000 Québécois formés et éduqués par année vers les autres provinces, drôlement efficaces !

Avant de dilapidé 1.6 milliard de richesses chaque année, réduisez donc la dette a quoi sert de faire 9,000 enfants additionnels, si on leur donne un cimetière de dette, évidemment nos politiciens, pense pas plus loin que 4 ans, le reste est une éternité.

Évasion fiscale = Agressivité fiscale

L'harmonisation des taxes de vente Savez-vous pourquoi le gouvernement du Québec, ne voudrait pas harmoniser la TPS/TVQ avec le fédéral ?

Parce qu’il perdrait le contrôle de la gestion de la TPS. Vous savez que notre gouvernement québécois a des sérieux problèmes d’équilibre budgétaire. Alors pour se donner le beau rôle, il s’en va en guerre contre l’évasion fiscale.

Mais attention évasion fiscale au Québec, peut aussi dire agressivité fiscale.

Une technique utilisée est démettre des cotisations abusives de TVQ/TPS. Prenons un exemple : Supposons qu’une Cie à un chiffre d’affaires de 3 millions, elle a récupéré 450,000 $ de TPS/TVQ (15% de ces ventes). Par contre, la Cie déduits ces intrants (dépenses). Elle a dépensé 2.5 millions de matériel et service, donc elle peut déduire environ 375,000 $ de TPS / TVQ qu’elle a dues payer, elle le déduit sur le 450,000 $, donc elle doit 75,000$ aux deux paliers de gouvernement.

Puisque le gouvernement a sérieusement besoin d’argent, elle fait de la pression au ministère du Revenu, pour aller chercher le plus d’argent possible. Comme c’est le Québec qui gère la TVQ/ TPS, ils envoient des vérificateurs pour examiner les livres comptables, si le mandat premier est d’aller chercher le plus d’argent, ils vont systématiquement refuser des dépenses, pour n’importe quelle formalité comptable, faisant preuve de grande imagination jusqu’à l’absurde, cette Cie se voit donc refuser 1 million de dépenses. Elle reçoit donc une cotisation de 340,000$ (TPS/TVQ + intérêt et pénalité) n’étant pas d’accord avec la cotisation, le vérificateur indique qu’il doit aller en opposition. La Cie entame des procédures légales pour s’opposer à la cotisation.

Un mois après, la cie reçoit un appel du département de la perception de Revenu Québec, lui demandant de payer 340,000$. La Cie répond qu’elle a déposé une opposition à la cotisation. Réponse classique du département de perception, qu’elle ne s’occupe pas de l’opposition, mais de la perception et doit payer le montant. Selon la loi, comme ce sont des taxes ils peuvent réclamer immédiatement la cotisation.

Ce qu’il tente de faire, c’est de saisir avant et posez des questions après.

Et c’est à ce moment que l’abus de pouvoir fiscal du Québec prend tout son sens. La cie est déjà coupable avant même d’avoir pu démontrer qu’elle est dans ces droits et que la cotisation est abusive. Au Québec on a tellement besoin d’argent qu’on utilise la matraque. Immédiatement elle oblige au cotisant de payer mensuellement le montant de la cotisation, de mettre en garantie une valeur équivalente à la cotisation, sinon ils vont saisir. La plupart du temps la Cie, accepte de payer un montant de la cotisation mensuellement, jusqu’à la fin du processus d’opposition pour ne pas être saisis.

Ce que le département de perception a omis de mentionner, c’est que le processus d’opposition peut prendre 3 à 4 ans pour se rendre au juge fiscale, il y a des grandes chances que ses cotisations mensuelles vont dépasser le montant réel qu’il doit. Par contre, il y a des nuances, dans le reste du Canada, la TPS/TVQ est gérée par Revenu Canada pour toutes les autres provinces, seul le Québec gère la TPS/TVQ.

La cour suprême avait sérieusement blâmé cette approche, elle avait conseillé de ne pas saisir ou cotisé, tant aussi longtemps que le processus d’opposition ne soit pas complété, car il risque d’avoir abus fiscal.

Revenu Canada respecte ce principe, même si elle n’est pas obligés légalement de le faire. Plusieurs injustices sont commises, devant cette agressivité fiscale:

Le fait que le gouvernement est non-imputable sur le montant des cotisations, elle abuse de son pouvoir.

Dans certains pays d’Europe, s’il y a un conflit fiscal entre une entreprise et l’État et la Cie gagne sa cause, le gouvernement paie les frais légaux engendrés par la Cie pour se défendre plus les dédommagements. Pourquoi une telle procédure, parce qu’elle responsabilise le gouvernement sur le montant de la cotisation.

Le fait que Revenu Québec n’attend pas la fin de la procédure d’opposition elle crée plusieurs iniquités

  1. Elle oblige la Cie à assumer des frais légaux dispendieux pour se défendre
  2. L’état est non imputable
  3. La procédure d’opposition est irraisonnable 3 à 4 ans.
  4. Ce qui est plus sournois, c’est qu’il démotive la Cie à rester au Québec, et malheureusement crée une mauvaise image pour l’investissement privé au Québec.

L’indice a pour objectif de démontrer l’attrait relatif des provinces du point de vue de sa gestion fiscal.

Toutes autres choses étant égales, un investisseur privé préfèrera investir dans une province montrant un indice élevé. Le Québec avec un indice de 32 est l’avant dernier de sa classe.

Ça fait des décennies qu’on tient les entreprises pour acquises au Québec, ils nous répondent, ils n’investissent plus au Québec, car le climat ne leur est pas favorable.

Greece, Democracy and Catastrophe

Je suis en train de finir le document ‘Analogie entre la Grèce et le Québec’.

Mais voici une vidéo qui va être incluse dans le document, comme référence.

 

La dette grecque (3)

Étude de cas: Gestion économique-politique de la Grèce

La Grèce apparaît dans la même situation que la Russie avant 1998 ou que l'Argentine avant 2001, avec des finances publiques au bord de l'implosion et un taux de change réel surévalué qui se traduit par une dégradation très forte de la compétivité du pays.

La crise économique mondiale a été ressentie ici beaucoup plus durement que dans d'autres pays européens compte tenu du caractère déséquilibré de la croissance essentiellement fondée sur l'endettement. Contrairement à d'autres pays comme l'Espagne ou le Portugal la Grèce n'a pas profité des années de boom pour améliorer la situation de ses finances publiques.

Et contrairement à la Russie ou à l'Argentine elle ne peut pas restaurer sa compétivité et annuler une partie de sa dette en dévaluant sa monnaie.

Les taux des obligations grecques augmentent dû à l’incertitude des défauts de paiement.

Pour caricaturer, imaginer que vous êtes dans un quartier. Votre voisin n’a pas un travail fixe. Il se débrouille avec les petits métiers. Mais il n’arrive pas à joindre les deux bouts. Pour ne pas trop priver ses enfants, il essaie de leur donner ce que les autres enfants possèdent. Comme il n’a pas beaucoup de moyens, il s’endette auprès d’autres voisins.

Voilà que le moment de rembourser ses dettes arrivent. Il constate qu’il n’aura pas assez d’argent pour rembourser. Il doit donc se ré-endetter auprès d’autres voisins pour payer les dettes déjà contractées. Les potentiels prêteurs lui disent qu’ils sont disposés à lui prêter de l’argent. Mais étant donné qu’ils ne sont pas sûrs qu’il va vraiment rembourser, ils vont prêter avec un taux d’intérêt plus élevé.

Le voisin demandeur de dettes s’insurge contre cette pratique, et demande qu’on lui prête au même taux que les autres voisins qui ont un travail structuré et connu de tous, donc n’ont pas de doute quant à leur capacité de rembourser.

La dette grecque sème la zizanie en Europe

Grèce - sauvetage Le plan d'aide à la Grèce sème la zizanie dans la famille européenne. L'Italie a critiqué ouvertement lundi la "rigidité" de l'Allemagne qui maintient son refus de payer tant que la Grèce n'aura pas présenté d'abord un programme crédible d'économies.

Mais sur la Grèce, c'est plutôt la cacophonie au sein de l'orchestre européen. "Faire trop tôt des promesses d'aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce", a affirmé le ministre allemand en arrivant. "Il n'est pas possible que le contribuable européen soit tenu responsable, comme si cela allait de soi, du mauvais comportement de certains pays", a-t-il insisté.

Accablé par une dette record, Athènes a demandé vendredi l'activation d'un programme de prêts évalué à 45 milliards d'euros, dont 30 milliards d'euros apportés par ses partenaires de la zone euro et le reste par le FMI. Mais Berlin, appelé à être le plus gros contributeur avec 8,4 milliards d'euros, traîne des pieds. Au sein même du camp d'Angela Merkel, des voix ont suggéré ce week-end que la Grèce soit exclue de la zone euro.

Berlin irrite

Focus Surfant sur des sondages montrant que l'opinion publique allemande est largement opposée à une aide financière à la Grèce, la presse allemande mène en effet depuis quelques semaines une campagne de dénigrement de la péninsule hellénique. Le coup d'envoi a été lancé par la Une du magazine Focus représentant une Venus de Milos faisant un doigt d'honneur, avec ce titre "Betrrüger in der Euro-Familie" ("Les fraudeurs de l'Euroland"). Cette affaire a provoqué un tollé dans la presse grecque.

Le  Bild le quotidien le plus lu d'Allemagne -12 millions de lecteurs par jour,  publie une lettre ouverte au Premier ministre grec dans laquelle le journal déroule une liste d'avantages comparatifs des deux pays. Morceaux choisis : "Ici, personne ne doit payer des milliers d'euros de pots-de-vin pour s'assurer un lit d'hôpital", ou encore "l'Allemagne a aussi de grosses dettes mais nous les remboursons, parce que nous nous levons tôt le matin et travaillons toute la journée". Le journal populaire, publication du groupe Axel Springer, pousse l'ironie - ou le mauvais goût - jusqu'à joindre à la lettre la reproduction d'un timbre à découper, "au cas où vous [George Papandréou] voudriez répondre", "pour vous aider à épargner".

Martin Feldstein : Pourquoi la Grèce fera défaut sur sa dette

La Grèce fera défaut sur sa dette publique. Et cela en grande partie du fait de son appartenance à l’Union Monétaire Européenne. Si elle n’appartenait pas à cette union, la Grèce ne se serait peut-être pas retrouvée dans cette situation difficile et même si elle s’était effectivement retrouvée dans cette difficile situation, elle aurait pu éviter de faire défaut.

Le défaut de la Grèce sur sa dette nationale ne signifie pas forcément un refus d’honorer le principal et l’intérêt aux échéances prévues.

Il est plus probable qu’une restructuration de sa dette actuelle sera organisée par le FMI, par l’émission de nouvelles obligations au principal et à l’intérêt plus faibles en échange des anciennes déjà émises. Ou cela pourrait être un « défaut en douceur » par lequel la Grèce rembourserait unilatéralement sa dette existante par une nouvelle dette, plutôt qu’en liquide. Mais quelque que soit la forme que prendra ce défaut de paiement, les actuels détenteurs de la dette grecque recevront beaucoup moins que le montant total dont ils sont actuellement détenteurs.

La seule manière pour la Grèce d’éviter un défaut de paiement serait de réduire ses déficits budgétaires annuels à venir à un niveau tel qu’il suffirait à convaincre les investisseurs grecs et internationaux de la financer sur la base du volontariat.

Au minimum, cela reviendrait à réduire le déficit au point d’inverser la tendance haussière du rapport de la dette sur le PIB. Pour y parvenir, le déficit actuel de 14% du PIB devrait descendre à 5% du PIB ou moins

Réduire le déficit budgétaire à 10% du PIB impliquerait d’énormes coupes dans les dépenses publiques ou une augmentation spectaculaire de l’imposition – ou, plus probablement, les deux. Bien au-delà des difficultés politiques rencontrées pour y parvenir, cela aura un très sérieux effet négatif sur la demande intérieure globale et donc sur la production et l’emploi. Le taux de chômage de la Grèce est déjà de 10% et son PIB devrait tomber à un taux annuel de plus de 4%, entrainant une hausse plus importante encore du chômage.

Affaiblir plus encore l’activité économique par un renforcement de l’imposition et des mesures d’austérité draconiennes provoquerait une baisse des revenus fiscaux sans précédent et des augmentations de charges sans précédent en allocations à l’attention des chômeurs. Donc chaque euro de réduction planifié du déficit se traduira par moins d’un euro en réduction effective du déficit. Ce qui signifie qu’il faudra prévoir et planifier des augmentations d’impôts et des coupes dans les dépenses publiques de base beaucoup plus importantes que les 10% du PIB pour parvenir à l’objectif d’un déficit budgétaire de 3% du PIB.

Seule la restructuration de sa dette peut sauver la Grèce

Au cours des cinq prochaines années, Athènes doit lever 240 milliards d’euros, soit l’équivalent de son PIB.

Le crédit européen de 30 milliards n’est qu’une goutte d’eau, écrit dans le Wall Street Journal Carl Weinberg, professeur à l’Université de New York.

La Grèce doit mettre en œuvre sa politique de baisse des dépenses publiques et restructurer sa dette à l’image de l’Amérique latine à l’époque.

Les obligations qui échoient ces prochaines années doivent être redistribuées sur plusieurs décennies. Un passage à 25 ans permettrait de réduire les besoins de financement de 60%, ou 140 milliards d’euros. Ce type de restructuration serait supporté non pas par la Grèce mais par ses créanciers. Tous ne l’accepteraient pas, mais cela réduirait nettement le risque de défaut…

Source : Multiples sources européennes pour faire ce carnet

"La Grèce a besoin de réformes profondes (2)

Étude de cas: Gestion économique-politique de la Grèce
 
L'Europe accuse la Grèce d'avoir trafiqué ses comptes depuis des années. Y compris à l'époque de son entrée dans l'euro en 2001. Voici ce qu'en dit le ministre des Finances de l'époque, Ioannos Papantoniou.
 
Ioannos Papantoniou était le ministre des Finances qui a téléguidé l'entrée de la Grèce dans la zone euro, en 2001.Celui qu'on surnommait "le tsar de l'économie", aujourd'hui à la tête d'un "think tank", le Centre de recherche pour une politique progressiste, répond à LEXPRESS.fr sur les accusations de tripatouillages des chiffres, lancées par l'Europe.
L'Union européenne accuse aujourd'hui la Grèce, qui a de gros problèmes de déficit, d'avoir trafiqué ses comptes, non seulement ces six dernières années avec la droite au pouvoir, mais aussi avant quand vous y étiez, pour l'entrée dans l'euro, en 2001. Que répondez-vous?
  
Non non non! La première fois que la Grèce a été mise en accusation, c'était en 2004, or j'ai quitté le ministère des Finances en 2001. En 2004, en effet, le gouvernement conservateur a prétendu que les chiffres du déficit n'étaient pas les bons et il a demandé un audit  des comptes. Et il en a profité pour changer les règles de calcul, notamment sur la prise en compte des dépenses militaires. Alors que le système en cours dans l'UE les comptabilisait à la livraison des armes, les conservateurs ont déplacé la  comptabilisation lors de la commande. Ce qui revenait à transférer les déficits qui auraient dû être comptabilisés dans le futur, après 2004, à la période précédente, avant 2004, quand les commandes ont été faites. C'est ce changement qui a donné lieu à des accusations de maquillage des données.
 
La Grèce est entrée dans l'eurozone avec des chiffres vrais
 
Cela dit, même avec ces chiffres, le déficit de la Grèce en 1999, qui était l'année d'évaluation de notre entrée dans la zone euro, était de 3,1%. Quand la France a été  évaluée, en 1997, pour entrer dans la zone euro, elle avait un déficit de 3,5%! La Grèce est entrée dans l'eurozone avec des chiffres vrais et conformes au traité de Maastricht.
 
Que s'est-il passé avec les conservateurs, alors, en 2009?
 
Le gouvernement conservateur a commence l'année avec un budget prévoyant un déficit de 2,5% et à la fin, on est arrivé à 12,7%... Ce qui veut dire qu'au cours de l'année 2009 d'une part les dépenses et les recettes ont été bouleversées par une politique électoraliste et dépensière, afin que le gouvernement gagne les élections, et d'autre part, il y a eu une pression politique sur l'agence statistique pour cacher ses chiffres jusqu'aux élections de d'octobre 2009 qui étaient anticipées.
(Je me souviens d’un Charest avant les élections que le Québec,
n’avait aucun déficit !)

En fait elles devaient avoir lieu au printemps 2010. Du coup, le nouveau gouvernement socialiste élu en octobre 2009 s'est trouvé dans la situation où il a découvert un déficit de loin supérieur à celui qui avait été prévu précédemment. Depuis, il a pris les choses en main et a créé une agence de statistique indépendante et intègre.
 
Pourtant, le gouverneur de la banque de Grèce, qui était conservateur, avait, dès le mois de mai 2009, dit que le déficit serait à deux chiffres. Il avait bien les bons chiffres à la main, lui?
 
Oui, mais l'agence de statistique ne confirmait pas ses prévisions.
 
Pour revenir sur la période de l'entrée dans l'euro, l'opinion publique européenne découvre aujourd'hui votre arrangement avec Goldman Sachs, qui aurait permis à Athènes, en 2001, juste après l'adhésion à l'euro, d'emprunter discrètement des milliards. Cet arrangement a bien eu lieu?
 
Oui, à la fin de 2001, c'est un swap qui a été fait d'une façon transparente. Il était public depuis des années. La Commission européenne avait été prévenue, il n'y a eu aucun problème. Des arrangements pareils ont été effectués dans plusieurs pays de l'eurozone, y compris la France, l'Italie et l'Espagne. C'était tout à fait légal. Eurostat a fait une déclaration en ce sens il y a deux semaines, qui confirme que nous avions réagi, en concordance avec  les règles  de l'époque. La première fois où Eurostat a essayé de réglementer ces swaps, c'était en 2008. Avant, il n'y avait pas de régulations détaillées sur les swaps, ils étaient tout à fait libres et tout le monde le faisait afin d'optimiser la gestion de la dette.
 
Comment en est-on arrivé, aujourd'hui, à ce déficit record de 12,7% du PIB et 300 milliards de dettes? Avez-vous étonné de l'apprendre?
 
Non, je n'étais pas étonné parce que je suivais l'évolution économique du pays. J'ai vu que dès 2004, quand le gouvernement conservateur a pris le pouvoir, il a mené une politique économique financière tout à fait irresponsable. Et encore, avec un taux de croissance de 4% et une économie mondiale florissante!
 
(Sous la gouverne de Jean Charest la dette brute a augmenté
de 2002-2003, à 111,3 milliards, à 160,2 milliards
pour 2009-2010, et 170,1 milliards pour 2010-2011.)
 
Le gouvernement conservateur a mené une politique économique irresponsable
 
Les conservateurs ont gaspillé cette opportunité. Ils auraient du s'attaquer au problème fiscal. Au lieu de cela, ils ont recruté des dizaines de milliers d'employés, de fonctionnaires, ce qui était hors de toute rationalité fiscale.
 
L'Europe réclame aujourd'hui une réduction de 4 points du déficit en un an, cela vous semble réaliste?
 
Oui, on l'a déjà fait, avec succès. On a réussi, pendant les huit ans où j'ai été ministre des Finances, de 1994 à 2001. On a réduit le déficit de 13% à 3% . Je trouve d'ailleurs honteux de contester cet effort qui a été effectué par le gouvernement grec de l'époque. Donc nous pouvons répéter ce même "miracle" dans les années à venir.
 
Pourquoi, quand vous étiez au pouvoir, quand le Pasok a été au pouvoir pendant 20 ans, n'avez-vous pas mené cette réforme fiscale, qui fait que les professions libérales vont enfin être un peu plus imposées, plus contrôlées?
 
On ne peut pas généraliser. A l'époque, dans les années 1990, les recettes des impôts étaient tout à fait normales. C'est ainsi qu'on a réduit le déficit de 13% à 3%, parce que notre lutte contre l'évasion fiscale était réussie. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de continuité institutionnelle en Grèce. Les résultats d'un gouvernement ne sont pas poursuivis par le suivant. Souvent, même, on démolit ce que le précédent a fait.
 
Par exemple, nous avons combattu l'évasion fiscale selon deux méthodes. La première a été de créer une police fiscale vigoureuse, la SDOE. La seconde c'est qu'on a beaucoup développé le système informatique pour contrôler les recettes et les dépenses des individus. Sur ces deux fronts, le gouvernement conservateur, malheureusement, a détruit ce qu'on a fait. Il a aboli la police financière, elle n'existe plus, et en plus il a arrêté le développement du contrôle électronique des revenus. C'est pour ça que l'évasion fiscale a augmenté de façon si scandaleuse ces dernières années. C'est la raison principale, avec le recrutement irresponsable de fonctionnaires, qui a fait que le déficit a augmenté à 12,7% du PNB.
 
Selon certains experts financiers, le recours au FMI n'est qu'une question de temps et le gouvernement Papandreou, avec ces mesures d'austérité, ne fait qu'en gagner...
 
Cela dépend de la réponse européenne... Moi, je trouve inacceptable qu'il y ait une union monétaire sans un mouvement de solidarité avec des gouvernements qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas conséquents. Cela arrive dans toutes les unions. Aux Etats-Unis, par exemple, l'Etat de Californie a été défaillant, mais il y a toujours un gouvernement fédéral qui traite ces échecs. Apparemment, le cas de la Grèce est un cas d'échec.
 
Il faut une promesse d'aide financière européenne
 
Cela ne veut pas dire qu'on va la laisser lutter seule contre les marchés internationaux. Il faut une promesse européenne d'aide financière, si le besoin s'en fait sentir, pour éviter effectivement que la Grèce s'adresse à d'autres sources de capitaux.
 
Les fonds européens ont-ils été gaspillés, en Grèce?
 
On peut dire tout ce qu'on veut contre la Grèce, aujourd'hui, parce que c'est la mode. Vous avez vu que les infrastructures de ce pays ont beaucoup changé, ces dix dernières années. Des routes, des aéroports, des ports, des infrastructures ont été créés, grâce, en partie, aux financements européens. Je ne crois pas qu'il y ait eu en Grèce plus de gaspillage que dans n'importe quel autre pays de l'UE. Il n'y a pas eu de preuves pour étayer ces affirmations. Tout au contraire, le paysage physique et économique de la Grèce s'est révolutionné.
 
Oui, mais la corruption, elle, a augmenté. La Grèce est passée du 58e rang, il y a deux ans, au 75e sur la liste des 180 pays dans le classement de Transparency International. On l'explique comment?
 
Il y a ce problème de corruption, assez significatif et considérable par rapport aux autres pays européens. Je pense que cela a à voir avec un État très étendu, très lourd, et très politisé dans la mesure ou des réseaux de gens des partis contrôlent des parts considérables de l'appareil étatique. Cela encourage la corruption.
 
Je pense que la seule façon de nous confronter à ce problème, c'est d'une part de réduire l'État, et de créer d'autre  part des institutions indépendantes qui puissent contrôler de façon plus rigoureuse les transactions qui ont lieu au sein de l'appareil étatique.
 
(À chaque jour au Québec, nous avons dans les journaux ce même type de phénomène: collusion, copinage et corruption).
 
Finalement, la crise actuelle peut-elle être salutaire?
 
Oui, la crise est une opportunité. Il y a une prise de conscience de la société grecque. La Grèce a besoin de réformes très profondes. C'est maintenant ou jamais.
 

Suite: La dette grecque (3)

Source : "La Grèce a besoin de réformes profondes, maintenant ou jamais", Delphine Saubaber, Angélique Kourounis, l’Express.fr, 10/03/2010

Grèce, statistique douteuse ! (1)

Étude de cas: Gestion économique-politique de la Grèce

Pour les prochains carnets, je vais me concentrer sur deux pays Européens, la Grèce qui a des analogies semblables au Québec, tous deux nous avons notre lot de politiciens irresponsables et immoraux et l’Allemagne qui est un pays qui a pu s’imposer de la rigueur budgétaire.

Vous pensez qu’au Québec on magouille les budgets de l’État grâce à la virtuosité comptable (genre ça fait au moins plus dix ans que nous sommes en déficits budgétaires).

En Grèce, c’est purement l’omission d’information :

Extrait de: EU report blasts 'unreliable' Greek economy statistics, EUBusiness, 12 January 2010

(Bruxelles) - la Commission européenne a publié un rapport accablant sur la fiabilité des chiffres économiques de la Grèce, augmente les chances de l'exécutif EU lancer une procédure d'infraction contre Athènes.

Le rapport sur les statistiques de déficit et la dette du gouvernement grec souligne le général "manque de la qualité des statistiques fiscales du grecs" et "échecs des institutions pertinentes grecs dans un sens large".

Grèce, qui est embourbée dans la récession, a un déficit public de dΘpenses, qui ont augmenté de 12,7 % de la production de l'année dernière, bien au-dessus du plafond de 3,0 % autorisé au pays partageant l'euro.

Il est également couvert avec une dette constituant 113 % du produit intérieur brut (PIB).

Le rapport dit au bureau de statistiques grecque NSSG avait reproché d'ingérence politique dans les chiffres financiers envoyé à la direction de EU en octobre dernier.

La commission a souligné deux ensembles très différentes des chiffres sur de déficit excessif la Grèce, envoyé par Athènes à Bruxelles, le 2 octobre et le 21 octobre.

Dans le second jeu des estimations, les autorités grecques révisée ratio de déficit prévisionnel du pays pour 2009 de 3,7 % du PIB à 12,5 %.

"Les révisions de cette ampleur dans l'estimation au-delà de gouvernement les ratios de déficit ont été extrêmement rares dans les autres Etats membres, mais ont eu lieu pour la Grèce à plusieurs reprises," le rapport s'est plaint.

Il a également cité "un grand nombre de questions un-answered" dans des domaines clés, notamment le Fonds de sécurité sociale, hôpital arriérés et les transactions entre le gouvernement et les entreprises publiques.

La Commission européenne, qui a rédigé le rapport suite à une demande par les ministres des finances de l'UE en novembre, a parlé de "délibérer misreporting des chiffres par les autorités grecques en 2009".

Les nations EU ont demandé à la commission de proposer des mesures appropriées à prendre pour remédier à la situation.

Cela se produira dans les prochains jours ou une semaine, un fonctionnaire de la commission, a déclaré, sans donner une date.

La commission présentera ses propositions dans le cadre d'une règle de traité EU sous lequel Athènes pourrait faire face à des sanctions telles que la suspension des prêts de la Banque européenne d'investissement et finalement amendes.

Nouveau président permanent de l'UE Herman Van Rompuy visité Athènes mardi et Grèce ladite était maintenant prendre des mesures pour relever le défi "important" posés par son énorme dette et du déficit public.

«Je suis convaincu que le gouvernement grec prend déjà les mesures supplémentaires nécessaires pour remédier à la situation, a déclaré le chef EU après la réunion avec le premier ministre grec George Papandreou.

Le ministre des finances grec George Papaconstantinou a déclaré dans une interview avec le journal allemand Handelsblatt semblent mercredi que son gouvernement avait effectué un réexamen approfondi de ses finances.

"Il n'existe aucun squelette dans le placard", il a dit le papier.

«Nous avons recalculée tout ce qui est nouveau, tenant compte d'hôpital dette, coûts plus élevés et une baisse de recettes l'an dernier. C'est une base solide pour la réduction du déficit dans les années à venir».

Le gouvernement Socialist récemment élu, qui doit présenter ses plans de crise à la commission exécutive EU à la fin du mois, a dit qu'il obtiendra le déficit à 8,7 % en 2010 par état de découpe les dépenses et la lutte contre la fraude fiscale.

[Traduit automatiquement par Microsoft® Translator]

Voici la réponse du ministre des Finances Ioannos Papantoniou à l'époque de son entrée dans l'euro en 2001

Audio Time (3)

Stéphane Gendron, Maire ville de Huntingdon

Avec : Paul Arcand

Émission : Puisqu'il faut se lever | Mis en ligne le lundi 10 mai 2010 | Durée : 15:42

 

Amir Kadir, député de Mercier, Québec Solidaire : Dossier soumis au DGE, des employés auraient servi de prête-noms

Avec : Paul Arcand

Émission : Puisqu'il faut se lever | Mis en ligne le jeudi 6 mai 2010 | Durée : 5:00

 

Léo-Paul Lauzon,titulaire de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM:Les Québécois se font-ils flouer par les banques?

Avec : Benoît Dutrizac

Émission : Dutrizac l'après-midi | Mis en ligne le mercredi 5 mai 2010 | Durée : 27:32

 

Denis Julien: La Grèce vs. le Québec ***

Denis Julien fait le parallèle entre la situation en Grèce et au Québec et explique en quoi il sera difficile pour le Québec d'être plus productif pour contrer les changements démographiques.

Au 5 à 7 de CHOI | Durée : 14:18

 

Est ce qu'on a besoin d'un nouveau parti au Québec

Mario Dumont: Est ce qu'on a besoin d'un nouveau parti au Québec? Réaction à la chronique de Joseph Facal de ce matin.

Avec : Paul Arcand

( J’admire quant il dit que c’est à la faute du peuple qu’on est aussi endetté, je regrette ce sont les politiciens qui avaient le chéquier, ce sont eux qui ont créé des programmes sociaux démocrates qu’on avait pas les moyens pour gagner la faveur populaire. )

Dette du Québec !

Voici une aberration dite par le chroniqueur journaliste G. Fillion de Radio Canada.

D’après lui il ne faut pas tenir comptes la dette fédérale quant on estime la dette du Québec, ce qui est tout à fait hallucinant comme raisonnement.

Au départ, il faudrait avoir certaines notions de base économique, aucun État ne crée de la richesse, elle ne fait que la redistribuer.

Donc, quant un individu regarde son talon de chèque, que voit-il un impôt provincial et FÉDÉRAL, donc la capacité de rembourser la dette fédérale dépend de la capacité des Québécois de pouvoir rembourser cette dette.

L’argent qu’on soustrait en impôt sert à payer les deux dettes, elle ne sert pas exclusivement à payer celle du Québec.

Un pays n’est pas une entité mystique, c’est un regroupement d’individus qui sont responsables des engagements qui ont été contractualisés.

Rien de surprenant, d’un journaliste d’une société d’État, il ne faut pas effrayer le bon peuple !

«Or, notre dette publique correspond déjà à 94% de notre PIB. Dans ce triste palmarès, seuls le Japon, l'Italie, la Grèce et l'Islande font plus mauvaise figure. L'Islande n'est plus capable d'honorer la sienne, tandis que les difficultés de la Grèce créent beaucoup de tensions dans la zone euro,
voir: La gestion de la dette doit prévaloir sur le déficit zéro»

Une chance, qu'il y a quelques bloqueurs qui sauvent la mise.

Extrait : Comparer le Québec et la Grèce?¸ Gérald Fillion, Radio-Canada, 30 avril 2010

Les deux réalités sont différentes. Selon l'OCDE, la dette de la Grèce représente 115 % de son PIB en 2009. Son déficit atteint presque 14 % du PIB. Au Québec, l'OCDE évalue la dette du Québec à 94 % de son PIB en tenant compte de la proportion de la dette fédérale qui revient virtuellement au Québec. 

Comme l'expliquait l'économiste Louis Gill à notre antenne, jeudi, « le Québec n'est absolument pas le payeur en dernière instance de la dette fédérale, pas plus qu'il n'a de responsabilités dans l'accumulation de cette dette-là ».

Le Québec n'étant pas un pays, la part de la dette fédérale qui lui revient ne peut être utilisée qu'à titre indicatif ou comparatif. Mais elle n'est pas révélatrice, dans les faits, du réel endettement que doit supporter le Québec. 

Si on refait le calcul en évacuant la dette virtuelle fédérale, on arrive plutôt à un endettement pour le Québec qui représente environ 60 % de son PIB.

Les blogueurs:

Bernard Théroux, Montréal

Donc pour Mr Fillion un Québécois n'est pas responsable de la dette d'un Canadien. Ben oui parce que ultimement c'est le Canadiens qui ramasse la dette fédéral, pas le Québécois!!! Ouf... 

Croyez vous sincèrement que cette donnée n'est pas prise en cause dans le calcul de la cote de crédit du Québec? La capacité d'un Québécois de s'endetter est directement reliée au montant de sa dette qu'il doit déjà au fédéral. Je ne devrais avoir à vous expliquer ça.

Renseignez vous un peu sur le sujet Mr Fillion et avec quelqu'un d'un peu plus crédible au sujet de l'évaluation des cotes de crédits des pays faites par Standart & Poors et Moody's. 

On n'est peut-être pas sur le point de vivre la situation des Grecs mais ce n'est pas une raison pour écrire des faussetés. 

Lorsque vous écrivez que la dette canadienne n'entre pas dans le calcul de l'évaluation de la cote de crédit du Québec c'est faux. Ayez au moins l'humilité de le reconnaitre.

Pierre Brasseur, Vaudreuil

Pour en rajouter sur les propos de M Théroux concernant les carences en connaissances économique de M Fillion.

Je suis entièrement d'accord. C'est surprenant même à Radio-Canada. Pour vous en convaincre allez voir le Lang & O'Leary Exchange à CBC Newsworld (19h tous les soirs) où là au moins on laisse s'exprimer librement Kevin O'Leary, un homme d'affaire compétent et dynamique qui comprend bien les lois du marché. Drôlement rafraichissant.

Quand on revient ensuite à G. Fillion et R-C on a l'impression de retrouver la Pravda!!!! Les même vieilles idées véhiculées par nos enseignants marxiste depuis la révolution tranquille.

En pendant que ses journalistes dorment au gaz le Québec lui coule....

Bernard Théroux, Montréal

Mr Brasseur ci-après explique assez bien pourquoi le commentaire de Mr Fillion démontre les limites de sa formation académique en économie. 

Il ignore la dette du Canada, hors un Québécois est un Canadien et est donc responsable de la dette fédéral aussi... Comment peut-on calculer le fardeau fiscal d'un Québécois en ignorant la dette fédéral? Mr Gill s'avoue lui-même Marxiste ceci expliquant cela on peu comprendre. 

Mais dans le cas de Mr Fillion je ne crois pas qu'il adhère nécessairement aux conclusions qui datent de plus de 150 ans de Das Kapital. Je crois plutôt qu'il n'a pas encore assimilé la complexité de ce qu'il essai de nous expliquer, avec de beaux efforts il faut le reconnaitre.

J'aimerais que la section économique soit dirigée par quelqu'un qui pourrait animer les blogues avec un peu plus de compétence. Ceci relèverait surement un peu le niveau des commentaires.

Pierre Brasseur, Vaudreuil

M Fillion, concernant votre vision quelque peu idyllique du Québec (pas surprenant quand vous prenez vos références chez un gauchiste pure laine comme Luis Gill...) je pense que vous devriez considérer quelques faits incontournables, notamment en ce qui a trait aux perspectives de croissance du Québec (le principal problème de le Grèce).

La dette fédérale ne peut être évacuée, les Québécois doivent participer à la supporter en même temps que celle du Québec.

Le Québec aussi joue avec les chiffres, ce qui nous vaut de voir la dette augmenter régulièrement malgrés une suite de budgets soit-disant équilibrés.

On se plaint que les fonctionnaires Grec prennent leur retraite à 53 ans, est-ce bien différent ici?

Le choc du viellissement est au Québec une des pires au monde.

Les Québécois passent presque 7 mois à travailler pour payer le gouvernement, un des pires ratio qui soit. Or l'état ne songe qu'a nous taxer/tarifer davantage.

L'endettement des ménages est à un sommet historique juste au moment où les taux d'intérêt s'apprêtent à grimper.

Nos infrastructures sont en décomposition.

Nos écoles décrochent et nos universités sont sous-financées.

Nos immigrants nous quittent.

etc...

Bref il est évident que le Québec s'apprête à subir un important problème de productivité.

Or c'est précisément cela qui a coulé la Grèce.

Le projet Turcot

Je vais commenter son article.

Extrait : La société Turcot, J. Jacques Samson, le journal de Québec, 06/05/2010

Un échangeur d’autoroutes est strictement une structure utilitaire. Ça ne peut tout de même pas devenir un projet de société! La queue mènerait alors le chien!

Il a raison, si l’épanouissement d’une ville dépend d’un échangeur, on a un sérieux problème.

L’échangeur Turcot à Montréal, le pivot des autoroutes 15, 20 et 720, utilisé actuellement par quelque 300 000 véhicules par jour, a été inauguré en 1967. Il est arrivé à la fin de sa vie utile et il doit être remplacé au plus vite. Les tergiversations sur la nouvelle structure durent déjà depuis de nombreuses années et des impératifs de sécurité exigent une prise de décision urgente.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a présenté un concept de 2,5 milliards. L’administration du maire Tremblay, appuyée par l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal, lui a opposé in extremis un projet même pas chiffré que le MTQ évalue toutefois à six milliards. Et voilà les élus montréalais qui s’insurgent devant l’impérialisme du gouvernement Charest, qui oserait leur dicter un modèle d’échangeur.

Ces Bougon ont du front tout le tour de la tête. L’ouvrage sera payé par les impôts et taxes de l’ensemble des Québécois; le Québec est endetté jusqu’aux oreilles; pourraient-ils au moins se garder une petite gêne? Ils se comportent comme ces dirigeants de pays en voie de développement corrompus jusqu’à la moelle qui quêtent sans cesse l’aide internationale tout en exigeant de rester souverains ensuite sur l’utilisation de l’argent donné.

Par contre, ceci est un coup bas, ça fait longtemps que Montréal a peu de pouvoir politique sur la scène provinciale à cause du type de scrutin (50 % libéraux = 50% péquistes = neutre). On a justice à regarder les milliards qui sont donnés en subventions loufoques en régions pour satisfaire leurs votes (juste le milliard qu’on a donné l’année passée à l’UPA pour renflouer ces coffres ou maintenir l’industrie forestière qui n’est plus rentable).

Vert foncé

Les citoyens attendent d’un échangeur qu’il soit bien conçu, donc sécuritaire et efficace pour assurer une bonne fluidité de la circulation. Nous espérons aussi qu’il pourra répondre adéquatement aux besoins pour le nombre de décennies qu’il durera. C’est élémentaire.

Or, outre que le projet du trio Gérald Tremblay-Louise Harel-Richard Bergeron coûterait deux fois et demie celui du MTQ, il vise à imposer une philosophie aux Québécois. Le nombre de voies serait réduit de 18 à 10 et sa capacité serait coupée de 300 000 véhicules par jour à 180 000. Poussé par tous les ayatollahs de l’environnement et les politiciens à la chasse à cette clientèle, le modèle vise ouvertement à forcer l’utilisation du transport en commun.

Encore raison, en créant une situation cauchemardesque de la circulation en limitant le nombre de voiture,

1)      Les gens vont vivre l’extérieur de la ville à moins que vous être seul ou sans enfant, (voir: Tenter d’éviter l’exode!).

2)      Les industries vont se déplacer à l’extérieur, juste à examiner l’expansion de la ville de Laval.

Richard Bergeron est l’auteur de pas moins de trois livres anti-automobiles. Compterait-on sur un activiste de Greenpeace pour concevoir une usine de traitement des peaux de phoques?

Les compères utilisent en plus le choix d’un concept d’échangeur pour orienter le développement socio-économique de la grande région métropolitaine de Montréal : contrer l’étalement urbain; tenter de diriger les implantations commerciales et industrielles, en rendant les déplacements plus difficiles entre la banlieue et la ville-centre. Ils font fi du même coup de l’accroissement constant de la population, de celui du parc automobile de l’ensemble du Québec et des besoins additionnels que cela engendrera.

Le gbs

Il s’agissait d’un pari à la fois complètement fou quant à la démarche intellectuelle et irresponsable quant à une utilisation judicieuse des fonds publics.

Pris à partie avec férocité depuis l’automne pour divers dossiers dans lesquels il s’est montré erratique, le gouvernement Charest a heureusement fait preuve au contraire de gros bon sens en rejetant du revers de la main le projet d’échangeur circulaire de six milliards de dollars des élus montréalais et il faut l’en remercier.

L’empressement de Pauline Marois à l’appuyer est à l’inverse plus qu’inquiétant. Le Parti québécois et Mme Marois n’ont vraiment pas changé.

Faire comprendre le bon sens économique aux politiciens québécois est un non-sens, ils sont beaucoup trop avides de pouvoirs et de votes.

Surplus: Hydro doit trouver les acheteurs avant d'investir

Si le plan de match du gouvernement Charest se réalise, Hydro-Québec se retrouvera dans 15 ans avec des surplus gigantesques. Qui seront les acheteurs pour ces milliards de kilowattheures excédentaires?

Dès 2014, soit dans quatre ans, avec le début de la mise en service du projet La Romaine, la capacité de production d'Hydro-Québec sera de 14% supérieure aux besoins du Québec. Hydro prévoit investir ensuite dans le projet Petit Mécatina, puis dans des projets encore non identifiés dans le Nord du Québec, de sorte que ses surplus continueront d'augmenter.

Comme la demande du Québec sera saturée à long terme, les surplus pour l'horizon 2025 pourraient atteindre 44 milliards de kilowattheures. Hydro-Québec soit forcée d'exporter son énergie aux États-Unis à des prix bien inférieurs à son coût de production. Une entente de principe qui vient d'être conclue avec le Vermont prévoit qu'Hydro recevra autour de 6 ou 7 cents le kilowattheure, alors que le coût de revient de ses nouvelles centrales sont autour de 10 cents le kilowattheure.

Source: Surplus: Hydro doit trouver les acheteurs avant d'investir, La Presse, 07 mai 2010


Peut-être une solution en perspective ?

Le potentiel de la voiture électrique.

Si la technologie est bonne au lieu de donner des milliards de profits aux compagnies pétrolifères, on pourrait remplir les coffres de l’État on en a grandement de besoin.

Même si elle sera offerte aux États-Unis dès cet automne, la nouvelle voiture électrique de Nissan arrivera au Québec dans 18 mois. 

La Leaf peut atteindre les 140 km/h et a une autonomie d'au moins 160 kilomètres. Selon le constructeur, de telles performances sont considérées comme amplement suffisantes pour 80 % des automobilistes.

Le couple franco-japonais ambitionne de dominer à terme le secteur des véhicules non polluants.

Un important rabais au Québec

·         Bonne nouvelle pour les acheteurs potentiels québécois: la Leaf se qualifiera pour le remboursement maximal offert en vertu du Crédit d’impôt pour acquisition ou location d’un véhicule neuf éconergétique, soit 8 000 $.

·         «C’est extrêmement positif: c’est même un peu plus que l’incitatif offert aux États-Unis».

·         Au sud de la frontière, la voiture de la taille d’une Honda Civic aura un prix de détail de 32 780 $US. Un crédit d’impôt fédéral américain allant jusqu’à 7 500 $US permettra de réduire la facture à 25 280 $US.

Vente par étapes

Leaf-2Les citoyens américains peuvent réserver la Nissan Leaf depuis le 20 avril dernier. Ils ont répondu à l’appel avec enthousiasme: en trois jours, 6 635 personnes avaient déposé chacune 99 $US pour mettre un exemplaire de côté.

Cette réservation représente la première étape du processus d’achat de la Leaf.

Avant de pouvoir mettre la main sur la voiture, les futurs propriétaires devront notamment faire installer un chargeur branché à même le circuit électrique de 240 volts de leur demeure.

Cet appareil permettra de charger complètement les batteries au lithium-ion de la Leaf en huit heures. Il sera également possible de brancher la voiture dans une prise de courant ordinaire de 120 volts, mais cela allongera la durée de la recharge à environ 20 heures.

Recharge publique

Des points de recharge publics à haute vitesse seront  progressivement installés dans les mLeaf-1archés ciblés pour le lancement. Nissan affirme qu’il sera possible d’y remplir les batteries à 80 % de leur capacité en environ 30 minutes.

Les villes de San Diego, Houston et Phoenix ainsi que les États du Tennessee et de l’Oregon se sont déjà engagées à implanter de telles bornes sur leur territoire.

Nissan a par ailleurs signé un protocole d’entente avec le gouvernement de la Colombie-Britannique, la ville de Vancouver et B.C. Hydro pour favoriser, entre autres, la mise en place d’infrastructures de recharge à Vancouver.

La RRQ récupère la moitié de ses pertes

C’est le même problème pour la RRQ et le FARR pour les fonctionnaires, le rendement n’est pas au rendez-vous.

C'est un non-sens, on garantit des déboursés, mais le rendement n'est pas garanti pour subvenir à ces déboursés.

«Au cours de la décennie,
le rendement moyen du portefeuille de la Régie a été de 2,9%
alors que les hypothèses actuarielles du régime sont fondées
sur une plus-value de 7%.»

·      En 1966 la population de 65 ans et plus représentait 6 % de la population totale et pouvait espérer vivre encore 13,6 ans.

·      De nos jours, la population de 65 ans et plus représente 15 % de la population totale et l’espérance de vie est de 17,8 ans.

·      Un homme qui se retire à 55 ans, après 30 ans sur le marché du travail, passera ainsi pratiquement autant d’années à la retraite qu’en emploi.

·      Pourtant, nos politiques de retraite n’ont pas tenu compte de ce changement de contexte très fondamental.

·      On estime que dans les prochains 25 ans, la population âgée de 65 ans et plus doublera au Québec alors que la population plus jeune continuera de diminuer tout en augmentant ailleurs.

·      Cette augmentation rapide de nouveaux retraités exercera une pression sur les régimes de pension.

·      Du point de vue de l’intérêt public, il n’y a pas de problème quand leur régime de pension est pleinement capitalisé : leur retraite hâtive étant pleinement compensée par une réduction de leur rente.

Mais dans le cas du RRQ, qui n’est que partiellement capitalisé, la collectivité se trouve alors à subventionner une retraite hâtive qui lui est préjudiciable.

Extrait de: La RRQ récupère la moitié de ses pertes, Rudy Le Cours, La Presse, 07 mai 2010

Pour son exercice financier terminé le 31 mars, la Régie des rentes du Québec (RRQ) a enregistré un rendement de 15,6%. Cela lui a permis de faire passer sa réserve de 25,9 à 29,9 milliards de dollars, selon les calculs de la Régie.

«Une augmentation de 4 milliards, c'est une bonne nouvelle», confie en entrevue le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

Cette bonne performance permet de récupérer près de la moitié des pertes de 8,5 milliards subies au cours de l'exercice précédent. Pour la période de 2008-2009, le rendement avait été de -26,1%, le pire en 10 ans.

Il faut rappeler que la Caisse de dépôt et placement, qui gère l'actif de la Régie avait connu le pire rendement du marché en 2008 avec une performance de -25%. Le 9 mars 2009, les marchés boursiers avaient en outre trouvé leur creux du présent cycle.

À hauteur de 29,9 milliards, la réserve de la Régie revient au niveau d'il y a quatre ans.

Au cours de la décennie, le rendement moyen du portefeuille de la Régie a été de 2,9% alors que les hypothèses actuarielles du régime sont fondées sur une plus-value de 7%. La Caisse a été capable de générer 7% et plus pour la Régie au cours de seulement 5 des 10 dernières années.

Faudra-t-il augmenter les cotisations des participants actifs pour s'assurer que le régime reste suffisamment capitalisé? «Je n'ai jamais pensé les augmenter à cause des pertes de la Caisse de dépôt, assure M. Hamad. Toutefois, nous avons un défi démographique qui existait avant la contre-performance de la Caisse en 2008.»

M. Hamad rappelle qu'il va déposer un projet de loi modifiant la loi constitutive de la Régie, avant l'ajournement d'été en vue de son adoption à l'automne.

Il refuse de commenter la possibilité de dispositions prévoyant des hausses de cotisations pour les employés, les employeurs et les travailleurs autonomes.

En revanche, il assure qu'elle contiendra des mesures visant à encourager les gens à rester sur le marché du travail plus longtemps.

Plusieurs experts préconisent de telles mesures, en insistant qu'elles soient davantage incitatives que coercitives.

ÉVOLUTION DU RENDEMENT ET DE LA RÉSERVE DU FONDS RRQ

(par année financière)

ANNÉE FINANCIÈRE / RENDEMENT ANNUEL AU 31 MARS/ RÉSERVE AU 31 MARS (milliards de dollars)

2000-2001 /-4,0% /17,3

2001-2002/ -0,3% /17,5

2002-2003/ -13,3%/ 15,4

2003-2004/ 24,7% /20,2

2004-2005/ 10,5%/ 23,3

2005-2006 /18,0% /28,5

2006-2007/ 14,4% /33,6

2007-2008 /1,4% /34,4

2008-2009 /-26,1% /25,9

2009-2010*/ 15,6%/ 29,9

Moyenne sur 10 ans 2,9%

Voir aussi: Est-ce que notre RRQ se comporte comme une chaîne de Ponzi-

Plans de rigueur et austérité budgétaire : l'Europe au régime grec

Extrait de: Plans de rigueur et austérité budgétaire : l'Europe au régime grec, la-Croix, 08-08-10

Les pays de l'Union pourrait imiter Athènes pour rassurer les marchés financiers et limiter les déficits, qui se sont creusés sous l'effet de la crise. Outre, le Portugal, l'Espagne ou l'Italie, des pays jugés plus solides vont réduire leur dépenses publiques

Ebranlés par la crise internationale et en butte au scepticisme des marchés financiers qui s'inquiètent de la flambée des déficits, de nombreux pays européens ont dû, ou vont, se résoudre à une cure d'austérité budgétaire pour éviter de connaître le même sort que la Grèce.

La sévérité du plan grec, sans équivalent en Europe, est d'autant plus grande que le traitement est tardif. En échange d'une aide internationale massive, il prévoit une hausse des taxes tous azimuts, en particulier de deux points de TVA, et des coupes claires dans les salaires de la fonction publique et les retraites.

Mais avec un déficit autour de 14% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 et une dette qui a explosé à 115,1% du PIB, "c'est l'avenir de la Grèce qui est en jeu", a résumé le Premier ministre grec Georges Papandréou.

Plusieurs Etats en difficulté

Certains Etats mis en difficulté budgétaire par la crise et scrutés par les marchés financiers, comme le Portugal ou l'Espagne, avaient mieux anticipé le risque pesant sur leur capacité à emprunter. Mais malgré des plans d'austérité précoces, ils ne sont pas pour mis à l'abri d'une "contagion" de la crise grecque.

Le gouvernement espagnol a prévu 50 milliards d'euros d'économies pour ramener son déficit public de 11,2% en 2009 à 3% en 2013, limite imposée par Bruxelles. A la clef: diminution des dépenses, hausses d'impôts et de TVA, et remplacement de seulement un fonctionnaire de l'Etat central sur dix, soit un peu plus de 13.000 départs par an.

La rigueur pour rassurer les marchés

Au Portugal en revanche, le gouvernement s'est toujours dit prêt à aller plus loin si nécessaire pour rassurer les marchés, malgré une réduction drastique des dépenses déjà programmée: gel des salaires des fonctionnaires, durcissement des conditions d'accès aux prestations sociales, etc. Hausses d'impôts et vaste plan de privatisations sont également au menu.

Jusqu'ici épargnée, l'Italie s'est retrouvée cette semaine dans la ligne de mire des marchés en raison de la situation de ses finances publiques. La dette italienne est très lourde (118,4% du PIB) mais la rigueur déjà mise en oeuvre a permis de limiter la progression du déficit l'an dernier. Le gouvernement italien a indiqué qu'il devrait davantage serrer le budget que prévu.

L'Irlande, premier pays de la zone euro à être entré en récession, a pris dès 2008 des mesures de rigueur, encore renforcées à deux reprises l'an dernier. Parmi un catalogue très impopulaire, il a imposé une baisse générale des allocations sociales et une réduction de 5 à 15% des salaires des fonctionnaires.

L'austérité concerne aussi les pays riches

Même les pays jugés financièrement solides ont dû se serrer la ceinture. Dès septembre dernier, les Pays-Bas avaient annoncé une réduction de 20% de leurs dépenses publiques à partir de 2011 pour économiser 40 milliards d'euros. La Finlande et le Danemark se préparent eux-aussi à passer au régime grec, comme le Royaume uni où tous s'accordent sur la nécessité de réduire les dépenses publiques encore plus sévèrement que sous l'ère de Margaret Thatcher.

Pays parmi les plus riches d'Europe par tête d'habitant, le Luxembourg vient d'annoncer qu'il se mettait à la diète budgétaire, avec un gel des salaires des fonctionnaires pour les trois ans à venir et des hausses d'impôts.

L'Allemagne, qui bénéficie toujours avec la France de la meilleure note pour emprunter sur les marchés, n'a pas de plan d'austérité mais devra sans doute renoncer à ses baisses d'impôts. Et la rigueur y frappe fort au niveau communal ou régional. Quant à la France, l'austérité vient de faire son entrée dans le débat politique.