Acquisitions étrangères : Un sérieux risque

M. Politicien, vous allez sérieusement scruter les investissements étrangers.

On risque d’avoir une sérieuse guerre économique, alors il faut absolument que l’on protège nos ressources naturelles et nos technologies.

Quatre articles, ils ont plus de 900 milliards en réserve américaine, qu’ils veulent écouler, ils vont acheter tout ce qui bouge.

Alors, on vous paye pour protéger les intérêts des Canadiens…, alors soyez très très attentifs!


Extrait de : La Chine se rue vers le Canada, Olivier Schmouker,  les affaires.com ,21-01-2011

Qui a l’impression que la Chine, dans sa fringale de matières premières, est en train d’engloutir les ressources du Canada? Soyons honnêtes, personne. Et pourtant, il semble que ce soit bel et bien le cas, même si le gouvernement Harper clame le contraire, selon un rapport de PricewaterhouseCoopers (PwC)!

Ainsi, le fait marquant de l’année 2010 dans le secteur des fusions-acquisitions au Canada a été les nombreux achats chinois - passés inaperçus du grand public et même d’experts. C’est bien simple, les entreprises chinoises ont globalement déboursé près de 6 milliards de dollars américains pour prendre des parts dans des entreprises stratégiques canadiennes. Un bond de 392% par rapport à 2007! «Le Canada est sans équivoque une terre hospitalière pour les investisseurs chinois», souligne Kristian Knibutat, directeur national, transactions, de PwC.

«Prêts à tout»

Une opération a donné le ton : Sinopec a mis la main sur 9,03% du capital de ConocoPhillips pour quelque 4,65 milliards de dollars américains, dans l’optique de profiter de la manne annoncée que représentent les sables bitumineux canadiens.

Jamais transaction chinoise n’a été aussi élevée au Canada, et il s’agit de la deuxième plus importante en Amérique du Nord, selon PwC.

Pour arriver à ses fins, Sinopec a surenchéri sur une offre présentée par un rival canadien, Canadian Oil Sands Trust. «Cela montre à quel point les Chinois sont prêts à tout pour sécuriser leur approvisionnement en matières premières», estime M. Knibutat.

Cette opération est aussi caractéristique de la stratégie adoptée par les investisseurs chinois : entrer en douce dans des entreprises stratégiques, comme l’on met un pied devant la porte qui vient de s’ouvrir pour s’assurer qu’on ne puisse plus la refermer. «En 2010, les Chinois ont privilégié les prises de parts minoritaires, les co-entreprises (joint ventures) ou encore d’autres formes d’ententes, comme celles préalables au lancement d’un projet (offtake agreement)», est-il écrit dans le rapport de PwC

Un an plus tôt Chinalco – actionnaire de Rio Tinto – avait tenté de racheter de 15 à 49,75% des parts du groupe anglo-australien Rio Tinto dans quatre actifs dans l'aluminium, quatre autres dans le cuivre et un dernier dans le minerai de fer, l’Australie a refusé.

 

De plus, ayant un pied dans la porte, ils sont facilités pour faire de l’espionnage industriel et ne croyez pas que c’est du James Bond.

 

«Des risques sérieux»

«La vente de sociétés canadiennes à des intérêts étrangers a été l'une des questions les plus chaudement débattues au cours de l'année écoulée, dit M. Knibutat. Nous sommes tout à fait conscients que certains actifs au Canada ont une très grande importance stratégique, mais dans l'ensemble nous constatons que les opérations de fusion-acquisition ont contribué à la croissance, et non à la disparition, des entreprises d’ici.»

Ce point de vue n’est pas partagé par tout le monde. C’est que certains craignent que le gouvernement chinois ne s’immisce ainsi dans l’économie canadienne, nombre d’investisseurs étant des sociétés contrôlées par l’État.

«Toute acquisition par un conglomérat chinois représente des risques sérieux, car on sait que l’État est derrière l’opération et vise à servir ses propres intérêts»

, a déclaré la direction du Conference Board du Canada, lors de la tentative d’acquisition en 2010 de Potash par BHP Billiton et autres compagnies chinoises.

«Accrochez votre ceinture en 2011!»

Maintenant, à quoi s’attendre à court terme? L’appétit des Chinois pour les entreprises canadiennes va-t-il aller grandissant? Pour PwC, cela ne fait aucun doute, il conseille même «d’accrocher sa ceinture en 2011»…

De fait, la China Investment Corporation (CIC) est sur le point d’ouvrir un bureau permanent à Toronto, le premier hors de Chine. «Toronto a été choisie parce qu’elle est un centre financier incontournable et parce que la CIC est fermement convaincue qu’il y a des affaires intéressantes à faire au Canada», a récemment déclaré David Emerson, ex-ministre canadien des Affaires étrangères et du Commerce ainsi que conseiller à l’international de la CIC.

PwC connaît déjà les secteurs qui vont susciter son intérêt : l’énergie, les matières premières et la finance. Ceux-ci ont représenté, en effet, 61% des opérations de fusion-acquisition menées par la Chine au Canada l’an dernier. «Les activités de fusion-acquisition au Canada devraient demeurer supérieures à la tendance mondiale en 2011, en raison de l'abondance de capitaux sur le marché, de la fermeté du dollar et du leadership canadien dans les secteurs les plus intéressants», indique le rapport.


Extrait de : Les investissements chinois préoccupent l’Union européenne, la-Croix.com, 28/12/2010

Le commissaire européen à l’industrie, Antonio Tajani, a appelé lundi 27 décembre l’Union européenne à protéger ses secteurs stratégiques en contrôlant les rachats d’entreprises par des étrangers, notamment Chinois.

Il propose « la mise en place d’une autorité chargée d’examiner les investissements étrangers en Europe », pour « savoir précisément si les rachats d’entreprises porteuses de savoir-faire européen par des entreprises privées ou publiques étrangères présentent un danger ou pas ». Mardi, le ministre allemand de l’économie, Rainer Brüderle, a en revanche appelé les Européens à ne pas prendre de «mesures précipitées»

N’oubliez pas que les Allemands sont de grands exportateurs sur le marché chinois, disons qu’ils ne sont pas tout – à –fait neutre.

La Chine investit-elle beaucoup en Europe ?

clip_image004Antonio Tajani s’inquiète du fait que « les entreprises chinoises (…) achètent de plus en plus d’entreprises européennes disposant de technologies clés dans des secteurs importants ». Elles ont procédé à de nombreux rachats ces dernières années en Europe et les investissements directs de la Chine y ont été multipliés pas 5,2 dans les neuf premiers mois de 2010.

Fin 2008, l’État grec a cédé, pour une durée de trente-cinq ans,
la concession du port du Pirée au groupe chinois Cosco Pacific Ltd, pour 3,3 milliards d’euros. Le groupe suédois Volvo est passé sous le contrôle du constructeur automobile Geely en août dernier.

Il y a quelques jours, le groupe Xinmao a proposé d’acheter le néerlandais Draka, leader européen de la fabrication de câbles pour l’industrie aéronautique, pour un milliard d’euros,
projet contre lequel se sont mobilisés les acteurs européens du secteur.clip_image004[1]

Va-t-elle racheter de la dette souveraine ?

clip_image004[2]La Chine, créancier des États-Unis, semble aussi vouloir devenir l’argentier de l’Europe. Elle s’est récemment positionnée en sauveur pour sortir de l’Europe de la crise des dettes souveraines grâce à ses colossales réserves de change – plus de 1900 milliards d’euros.

Le 21 décembre, le vice-premier ministre chinois, Wang Qishan, a assuré que son pays avait entrepris des « actions concrètes » en ce sens. Le 23, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Jiang Yu, a prédit que l’UE allait devenir « l’un des principaux marchés pour les réserves de change » chinoises.

Pékin a acheté de la dette grecque cette année et s’est engagé à acheter des obligations grecques dès qu’Athènes retournera sur les marchés. La Chine aurait aussi acquis des obligations publiques espagnoles.

Enfin, le quotidien portugais Jornal de negocios a rapporté le 22 décembre que la Chine était prête à acheter « entre quatre et cinq milliards d’euros » de bons du Trésor portugais pour aider Lisbonne à refinancer les 15 milliards d’euros de sa dette qui arriveront à échéance d’ici à avril.
clip_image004[3]

Cela s’inscrit-il dans une stratégie globale ?

L’UE craint que la Chine renforce son influence en Europe en profitant de ses faiblesses pour saisir des opportunités financières, économiques et politiques. Les promesses d’aides chinoises répondent à divers intérêts.

La Chine veut diversifier ses réserves de change – les premières du monde et en augmentation constante – pour moins dépendre du dollar. En défendant l’euro, la Chine fait en sorte que l’UE, son premier partenaire commercial, continue à acheter ses produits.
Pékin peut aussi espérer multiplier les occasions de transferts de hautes technologies.


Enfin, le rôle joué par les Chinois « peut leur profiter sur le plan politique », estime Patrick Chovanec, professeur d’économie à l’université Tsinghua de Pékin, par exemple pour obtenir des concessions sur certains dossiers comme la reconnaissance par l’UE de son statut d’« économie de marché » et la levée de l’embargo sur les ventes d’armes.


L’article est long, j’ai utilisé certains extraits.

Extrait de: China Squeezes Foreigners for Share of Global Riches, SHAI OSTER, NORIHIKO SHIROUZU And PAUL GLADER, The Wall Street Journal, DECEMBER 28, 2010

BEIJING—Foreign companies have been teaming up with Chinese ones for years to gain access to the giant Chinese market. Now some of the world's biggest companies are taking a risky but potentially rewarding second step—folding pieces of their world-wide operations into partnerships with Chinese companies to do business around the globe.

Lin Zuoming, left, president of Aviation Industry Corp. of China, with GE CEO Jeffrey Immelt, announcing plans last year for an avionics joint venture.

.General Electric Co. is finalizing plans for a 50-50 joint venture with a Chinese military-jet maker to produce avionics, the electronic brains of aircraft. The deal with Aviation Industry Corp. of China would give GE access to a Chinese government project aimed at challenging Boeing Co. and Airbus in the civilian-aircraft market.

Several forces are motivating China's foreign partners to strike global deals that would have been unthinkable a few years back. China's big government-backed companies now have enormous financial resources and growing political clout, making them attractive partners outside China. In addition, the Chinese market has become so important to the success of multinational companies that Beijing has the ability to drive harder bargains.

But such deals also carry risk. Several earlier joint ventures inside China have soured over concerns that Chinese partners, after gaining access to Western technology and know-how, have gone on to become potent new rivals to their partners.

"Foreign partners are seeing they will have to sometimes sacrifice or share the benefits of the global market with the Chinese partner," says Raymond Tsang, a China-based partner at consultancy Bain & Co. "Some of the [multinational corporations] are complaining. But given the changing market conditions, if you don't do it, your competitors will."

Foreign companies supply technology and experience, and their Chinese partners provide geopolitical clout, low-cost labor, and easy access to credit that China's government-backed companies enjoy.

China has been gaining clout in some resource-rich parts of the developing world where U.S. companies don't have strong footholds, partly by spending lavishly on infrastructure projects, and it can help broker deals in places like Venezuela and Myanmar, where it has good relations.

Kawasaki Heavy Industries Ltd. and Siemens AG, for example, worked with Chinese partners to help build China's high-speed rail network. Now the Chinese companies are bidding against them for international contracts—using products at least partly based on the foreign firms' technology.

Last year, France's Groupe Danone SA accepted a cash payment to terminate its joint ventures with China's Hangzhou Wahaha Group Co. after a nasty public feud. The French company had alleged that Wahaha's boss had produced and sold Wahaha-branded beverages supposedly owned by the joint venture through a separate network he owned. Wahaha denied the accusation.

GE's avionics deal with Aviation Industry, or AVIC, also is vulnerable, says Jim Wasson, president of Growth Strategies International LLC, an aerospace and defense consulting firm. The fear is that "once AVIC knows enough about how to do this, they'll kick [GE] out and be on their own," says Mr. Wasson, who worked at Smiths Aerospace before it was acquired by GE.

Lorraine Bolsinger, chief executive of GE Aviation Systems, acknowledges there were concerns within GE about protecting technology. "It was very controversial," she says of the proposed deal. "It was really us knuckle-dragging technology guys that think we had a lot to protect." In the end, she says, "when we and the Chinese together create intellectual property, we are darn right going to protect it."

These days, big Chinese state companies with access to cheap funds and other government support are gunning to dominate some of the same industries that firms like GE have targeted as growth opportunities, from clean technology to turbines.


L’article est long quelques extraits

Extrait de: Clean Technology in China -- a Difficult Balance Between Cooperation and Competition (New York Times), PETER BEHR of ClimateWire, January 17, 2011

Executives of ECOtality Inc. believed in 2009 that their battery charging technology would be a winner when plug-in electric vehicles began to hit the market this year. But with debts running far ahead of revenue, the San Francisco firm needed immediate financial support to stay in the game.

The help came from China, through a $2 million investment that year by a Chinese company. In return, the Chinese company received the rights to make and sell ECOtality's chargers in its country and in other Asian markets. The relationship is one example of the complex linkage between American clean energy technology and Chinese capital and markets that will be a subject in this week's U.S.-China summit in Washington led by President Obama and Chinese President Hu Jintao.

The relationship is contentious and collaborative at the same time, commented Georgetown University's Joanna Lewis, writing in the latest assessment of China's environmental activities for the Woodrow Wilson International Center for Scholars.

The United States contends China is illegally subsidizing its wind power equipment manufacturers, effectively locking U.S. and other foreign suppliers out of key parts of its booming market. The Obama administration has taken the dispute to the World Trade Organization for adjudication. U.S. officials and American commentators noted progress, however, on the dispute over wind turbine technology during the December meeting of the Joint Commission on Commerce and Trade.

A key emphasis at this week's meetings will be on clean energy collaboration, says David Sandalow, assistant secretary of Energy for policy and international affairs. "The United States and China are the two biggest energy producers and consumers in the world. We have many shared interests in finding climate solutions," he said.

Robert Kapp, former president of the U.S.-China Business Council, said he assumes that U.S. companies have saved up announcements of new clean energy projects for this week.

Cooperative research to get another push

At the government level, in the past year, the two nations have been implementing a $150 million joint program of Cooperative Energy Research Centers, which includes research on carbon capture and storage at West Virginia University, on electric vehicles at the University of Michigan, and on building efficiency at Lawrence Berkeley National Laboratory. This program will get another push forward this week, Sandalow said.

"We are focused on protecting U.S. interests, but in the course of that, there are ways we can learn from each other," he said.

Other high-level technology partnerships under way include a U.S.-China Steering Committee on Clean Energy Science and Technology Cooperation, a U.S.-China Electric Vehicle Initiative, and a U.S.-China Renewable Energy Partnership, Lewis noted.

But, she added, "Despite the long list of official bilateral agreements signed between the United States and China in the area of clean energy and climate change, there have been many challenges to following through on the successful implementation of agreed upon activities," beginning with inconsistent funding. "Cooperation is also hampered by the increasingly competitive relationship between the United States and China in the global economic marketplace," Lewis said in the recently published Issue 11 of the Wilson Center's China Environment Series.

"Clearly there is a long way to go to build the trust that will be crucial to scaling up clean energy cooperation between the United States and China that the world needs," she said.

As the fastest-growing market for wind and nuclear power and the leader in solar power modules, and with a commitment to expand electric vehicles and carbon capture from coal plants, China is the place to be for American clean energy companies with global aspirations.

"Certainly we should find something in between to make it win-win," said Zou Ji, China country director for the World Resources Institute in Beijing. "Some people believe now Chinese [clean] technology has been advanced, but that depends.

"In manufacturing, China has made great progress, but for R&D and design, China is still very weak." The United States and China can collaborate on joint research and development and scale the technology up in China, where costs are lower, he said.

Concerns about China's 'very tough game'

But if access to China is tied to a drain of leading-edge U.S. technology, the hopes for future American leadership in clean energy development -- a top priority for Energy Secretary Steven Chu -- could be erased.

"China is America's fastest-growing export market but it still maintains significant barriers to U.S. goods and services," said Nina Hachigian in an overview of U.S.-China issues on the Center for American Progress' website.

While the trade frictions between the two countries over clean energy are improving, in Kapp's view, serious issues remain, he said.

"In many commercial negotiations, the Chinese play a very hard game of trying to trade market access for technology, and American companies are always faced with the question of how much they're willing to part with, in terms of crown jewels or other advanced technologies ... in return for opportunities to make money in China," Kapp said. "The Chinese are not saints, and they play ... a very tough game," he told reporters last week.

A report last year by a U.S. National Research Council panel criticized China's recent anti-monopoly law that prohibits "abuses" of intellectual property rights by foreign multinationals in China, an element of the country's "indigenous innovation" strategy.

The policy pressures foreign companies to transfer their technologies in return for market access to state-directed markets, the report said. "China is also likely to use the standards-setting process to compel multinationals to transfer the technology that is implicated in the standards or face the legal consequences of noncompliance," the report added.