La mondialisation n’est pas un jeu !

Pourquoi l’Allemagne sent sort mieux que les pays d’Europe ?
Comment ont-ils géré l’émergence d’une concurrence low cost avec l’arrivée de l’énorme concurrent chinois ? Du côté allemand ça a été la prise de consciences qu’arrivait sur le marché à l’importation des produits chinois concurrents des produits précédemment fabriqués en Allemagne ou dans un pays européen à haut cout de main-d'œuvre et à l’export que se présentait désormais face aux produits allemands des produits de Chine ou de provenances diverses à bas prix.
La réaction a été de se poser la question de comment rester compétitif face à ces produits nouveaux et de considérer que, même avec l’avantage de la technologie allemande, il fallait réduire les couts de fabrication.
La réponse a été de revoir le marché du travail allemand à partir du milieu de l’an 2000 pour le rendre plus flexible et permettre de travailler à moindre coût.
Ce sont les lois Hartz , un ministre du travail particulièrement impopulaire, qui se traduisirent par des semaines de manifestations dans les rues. Comme quoi, que les régressions sociales ont du mal à passer.
Au Québec, absolument rien, nos politiciens n’ont rien fait, quand le dollar canadien est devenu au pair avec le billet vert,  pourtant on aurait dû discutés sérieusement des impacts sur la compétitivité de nos entreprises québécoises, d’autant plus que nous avons comme voisin un des pays les plus productifs au monde.
De plus, nous sommes soumis à seconde pression qui sont les produits chinois, où leurs mains d’œuvre est au moins 10 fois moins chères que nous.
Nos médias et nos hommes politiques ne se sont que mollement intéressés à l’affaire, pensant sans doute que les problèmes de compétitivité allaient se résorber d’elle-même.
Les Allemands toujours aussi pragmatiques et ne jouant pas à l’autruche, sachant très bien que la mondialisation est extrêmement dangereuse, si on ne s’adapte pas aux nouvelles règles du marché.
Alors les politiciens allemands ont demandé aux grands groupes allemands d’accepter des conditions salariales moins avantageuses ou de travailler différemment de manière à faire tourner davantage l’outil de travail et rendre l’usine plus compétitive.
Le patronat allemand mis sur la table des investissements nouveaux ou un engagement de maintenir l’usine en activité un certain nombre d’années, et les employés, dans leur très grande majorité, acceptèrent les nouvelles conditions de travail moins favorables.
Un exemple qui montre qu’entre licenciement et chômage, les ouvriers lorsqu’ils sont concernés directement ont vite fait de choisir.
Par la suite l’Allemagne introduisit la TVA sociale qui permettait de transférer sur la consommation une partie des charges sociales et d’y faire participer les produits importés.
Ici, pas de problème, nous avons attendu tranquillement la catastrophe en maintenant les conditions sociales existantes sans changement. Et plutôt que de poser le problème aux salariés et à leurs syndicats, nous sommes restés sur le statu quo en attendant, je suppose, la reprise qui devait nous sauver et que nous attendons encore.
En Allemagne, une prise de conscience des enjeux économiques, une adhésion populaire, une classe politique qui mouille sa chemise pour la bataille de la compétitivité et des syndicats réformistes avec une bonne compréhension de l’économie.
Bref, en faire une vraie cause nationale.
Nous en étions loin. Vous n’avez quasiment jamais entendu notre classe politique, tous partis confondus, parlé de compétitivité. Nos médias n’ont eu de cesse de vilipender notre patronat qui se plaint toujours sans raison. Nos syndicats que nos hommes politiques se plaisent à promouvoir ne connaissent que la fonction publique et ne sont pas particulièrement réformistes ! Bref nous n’avons rien fait alors que les Allemands considéraient que la compétitivité était une grande cause nationale. Comprenne qui pourra !
Il en a résulté que le cout du travail  était déjà supérieur aux États-Unis depuis la parité, nous sommes devenus de moins en moins compétitifs sur le plan d’Amérique du Nord, de plus nous subissons une délocalisation de l’industrie manufacturière à cause de la main-d'œuvre bon marché du milieu asiatique, donc nos marges restent désespérément faibles.
Si, on ne fait rien sur le plan politique, et on ne prend pas plus au sérieux les enjeux de la mondialisation,  ils nous restent deux choix, faire du protectionniste ou accepter qu’on ne sera plus qu’un exportateur de matière première qui est nettement insuffisant pour soutenir les avantages sociaux demandés par la population.
Si le Québec veut s’en sortir, il doit réformer son marché du travail et l’adopté sur une politique de compétitivité.
Les faits sont donc là, la mondialisation n’est pas un jeu !

La source initiale provient de ce site ‘Esprit Libre’, je l’ai modifié pour avoir une saveur Québécoise, par contre la problématique est là même.


  1. gravatar

    # by Martin Coiteux - 26 janvier 2011 à 11 h 14

    J'ai beaucoup apprécié cette chronique et je me suis permis de la citer dans une nouvelle que je viens tout juste de publier:

    http://martincoiteux.blogspot.com/2011/01/la-chine-et-lavenir-de-notre-social.html