Libre-échange équitable

Deux articles particulièrement  intéressants sur la mondialisation, prenez le temps de le lire.

Je sais que mon blogue est lu par les Européens, pour vous mettre dans le contexte M. Jarislowsky est comme M. Buffet mais une version canadienne.

Je l’ai envoyé à quelques d’économistes Européens, essayons de la diffuser mondialement, pour vérifier si cette solution peut avoir un appui.

J’ai demandé au journal des Affaires d’en faire une traduction en anglais pour la diffuser à certains économistes et à certains blogues américains et du Royaume-Uni.

De plus, un futur carnet va avoir sur la situation globale de la mondialisation

Voici deux articles diffuser dans le journal des Affaires sur le libre-échange équitable, de plus j’ai ajouté l’article de Jean-Marie Le Pen sur la Justice social et mondialisation.

Extrait de : Il faut une taxe internationale pour rééquilibrer les écarts de salaire, dit Jarislowsky, Mathieu Lavallée . les affaires.com . 12-01-2011


Le président de Jarislowsky Fraser, Stephen A. Jarislowsky, serait en faveur d'une taxe sur les biens et marchandises, qui permettrait de rééquilibrer les différences salariales entre les pays.

Le financier a défendu cette idée lors d'un débat organisé ce midi à Montréal par le CIRANO visant à « repenser le commerce international ».

En fait, cela représenterait une façon de passer du libre-échange au libre-échange équitable, une idée qu'il avait déjà développée dans les pages de Les Affaires en novembre dernier.

« Le cuivre, le pétrole, le gaz naturel, toutes ces ressources ont le même prix partout sur la planète. En fait, il n'y a qu'une seule ressource qui n'a pas le même prix selon le pays où l'on se trouve, ce sont les salaires », a-t-il lancé devant l'auditoire rassemblé dans les locaux du CIRANO.

Concrètement, un bien de consommation qui serait fabriqué en Chine ou en Inde - des pays où les salaires sont beaucoup plus bas que dans les pays occidentaux - se verrait taxé lorsque vendu ici, aux États-Unis ou en Europe par exemple. Cette taxe annulerait alors les économies réalisées par les entreprises en payant des salaires plus faibles.

« La solution, c'est de réaliser que le travail humain
est une ressource comme une autre », a-t-il précisé.

La taxe que M. Jarislowsky se refuse à qualifier de tarif – ce qui serait interdit par les règles actuelles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) – viendrait compenser le fait que cette ressource n'a pas le même prix selon les pays.

Cette mesure permettrait de protéger davantage d'emplois dans les pays développés, mais serait aussi favorable à la Chine, puisque cela créerait un contexte où Beijing n'aurait plus le choix d'augmenter la valeur de sa monnaie. Ce qui, ultimement, augmenterait plus rapidement le niveau de vie des Chinois, ajoute M. Jarislowsky.

Un tel système n'éliminerait pas la compétition entre les pays pour autant, soutient-il, mais la rendrait plus équitable alors que toutes les ressources pour la production de marchandises auraient le même prix. La compétition se déplacerait alors sur le terrain de la productivité et de l'efficacité par exemple, ce qui ne mettrait pas pour autant fin au phénomène de la délocalisation.

Un tel système de taxation pour diminuer le déséquilibre créé par les écarts de salaires devrait être mondial pour fonctionner, soutient-il, mais quelques exceptions pourraient s'appliquer à des pays comme Haïti pour leur permettre de se développer.


Extrait de : Stephen Jarislowsky : du libre-échange au libre-échange équitable, Stephen A. Jarislowsky . les affaires.com . 12-11-2010


Point de vue. Nous sommes en récession depuis maintenant près de trois ans, malgré des taux d'intérêt à court terme frôlant le zéro et des programmes de stimulation économique, dont l'impression d'argent par les banques centrales d'Amérique du Nord, de l'Europe et du Japon. Le chômage ne recule pas et la reprise demeure lointaine.

Entre-temps, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Australie et d'autres pays parviennent à tirer leur épingle du jeu ! Pourquoi en est-il ainsi ?

On peut bien sûr accuser le surendettement des consommateurs, particulièrement en Amérique du Nord et, jusqu'à récemment, aux États-Unis, la construction résidentielle tous azimuts et les prix gonflés. Au Canada, les prix demeurent très élevés, mais baissent maintenant progressivement.

Aux États-Unis, après avoir boudé l'épargne pendant des années, les consommateurs ont changé de direction. Le taux d'épargne avoisine actuellement 6 %. Au Canada, le surendettement et la faiblesse de l'épargne perdurent. La nécessité d'épargner et d'assainir les bilans financiers retarde la reprise. Mais il y a plus.

Tous les pays mentionnés, sauf l'Australie, se distinguent en fait par leur main-d'oeuvre bon marché. Le revenu annuel par habitant en Chine est de 4 800 $ et, en Inde, de la moitié de cette somme. En Amérique du Nord, il oscille autour de 45 000 $. La plupart des activités manufacturières à prédominance de main-d'oeuvre quittent donc des pays où les salaires sont élevés pour aller dans des pays émergents.

Conjuguée au transfert des activités vers l'Asie et les pays à main-d'oeuvre peu coûteuse, l'appréciation du dollar canadien, qui est passé de quelque 0,70 à 1 $ US, a contribué à la fermeture progressive des usines encore capables de rivaliser avec leurs pendants américains. L'imposition élevée et la boulimie des gouvernements, ainsi que les programmes encourageant l'accès à la propriété et l'achat de voitures, par exemple, ont également des effets néfastes.

Par ailleurs, le niveau de scolarité de plus en plus élevé des pays émergents, dont les étudiants fréquentent les meilleures universités de l'Occident, menace notre supériorité technique, également affaiblie par la perte des activités manufacturières. Lorsqu'elles le peuvent, même nos sociétés internationales transfèrent leurs activités vers les pays à main-d'oeuvre bon marché. L'Occident a réagi en tentant de déprécier les monnaies (le billet vert par rapport au huard, à l'euro et au yen), mais cette approche ne règle pas le problème de la main-d'oeuvre et n'éloigne pas la récession.

À moins de vouloir perdre notre niveau de vie, nous devons agir afin de neutraliser l'effet du déséquilibre salarial, en passant du libre-échange au libre-échange équitable. Selon moi, il s'agit de la seule façon d'éviter d'autres années de recul pour l'Occident


Voici un extrait de l’article  de Jean-Marie Le Pen, rarement d’accord avec ces positions, par contre sur ce sujet on ne peut lui donner totalement tort.

Extrait de: Justice sociale et mondialisation, publiées le 10 novembre 2010.

Réflexions faites par Jean-Marie Le Pen à Mme Boutin lors de son invitation à la commission « justice sociale et mondialisation »

« La mondialisation est la cause majeure du chômage massif et des inégalités qui ne cessent de se développer ».

Maurice Allais, prix Nobel d’économie.

La justice sociale, qui veut que les fruits de la production nationale soient équitablement répartis entre les membres de la communauté, en fonction de leurs talents, de leurs efforts et de leurs besoins, connait depuis une vingtaine d’années une régression parallèle au développement de la mondialisation économique.

Des sirènes du mondialisme aux réalités de la mondialisation

Les promesses des mondialistes ont été largement relayées à travers les médias depuis une  vingtaine d’années.

La mondialisation aurait du permettre :

·         une amélioration du niveau de vie dans les pays émergents, grâce aux investissements des multinationales. S’opposer à ce processus ne serait donc que l’expression d’une xénophobie inavouée alors que les mondialistes présentent la mondialisation comme inéluctable et incompatible avec des États-nations archaïques.

·         l’amélioration du niveau de vie des consommateurs des pays développés grâce à  une importation massive de biens à bas prix.

Mais viciée par  l’idéologie mondialiste ultralibérale pour laquelle globalisation rime nécessairement avec déréglementation, libéralisation des échanges, délocalisation des activités et fluidité des mouvements financiers, la mondialisation a eu le plus souvent des conséquences bien différentes des promesses de ses partisans.

Depuis un demi siècle, et sous l’influence notamment du FMI obéissant à la seule idéologie libre échangiste, les marchés financiers nationalement réglementés ont connu la révolution des « 3 D » faisant apparaitre un marché mondial intégré des capitaux dont la fluidité a permis l’accélération des délocalisations et la floraison des paradis fiscaux.

Une mondialisation aux sources de l’actuelle injustice sociale

Comme l’avait reconnu Jacques Attali en 2008, pourtant fervent partisan d’une gouvernance mondiale pour « nomades » des temps modernes,

« dans les pays qui restent fermés, dans lesquels on a un équilibre entre le marché et la démocratie, sur un territoire fermé, la justice sociale peut s’exprimer »,

ne peut plus être le cas pour les pays désormais grand ouverts au marché mondial…

En effet, le mondialisme a permis d’exercer un dumping social d’une ampleur jusqu’alors inconnue.

Celui-ci, quasi inexistant à l’échelon national en raison des lois uniformes qui s’appliquent au sein des États, restait peu efficace au sein d’entités économiques plus ou moins homogènes telles que l’Union européenne à 15 membres.

A l’échelle mondiale, avec des différences de couts salariaux entre pays pouvant aller de 1 à 30, le dumping social a pris toute son importance, particulièrement en ce qui concerne les activités très demandeuses de main d’œuvre peu qualifiée.

Mais entre l’ouvrier asiatique payé 3 euros pour 12 heures de travail journalier et l’ouvrier français mis au chômage parce le cout de son travail est trop élevé, on est bien loin de la mondialisation heureuse

Dans sa « Lettre aux Français » publiée dans Marianne le 5 décembre 2009, Maurice Allais dénonçait les « multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale ».

Ainsi, la mondialisation en tant qu’expression du seul libre échangisme, est à la source même du chômage : « Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones de moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services ».

Les Français des classes moyennes et modestes, craignant pour leur emploi, se sont résignés à voir leurs salaires stagner, face à des investisseurs internationaux qui quant à eux, voient leurs profits accrus par l’importation de produits fabriqués à bas couts et permettant de dégager une forte marge.

En France, comme dans tous les pays ouverts au commerce mondial, seules les élites économiques ont profité de la mondialisation. L’exploitation, sur un marché du travail sans frontière, d’un sous prolétariat mondial, a permis de faire émerger depuis une dizaine d’année une « hyper classe » mondialisée affranchie de toute contrainte étatique.

Seul à même de pouvoir imposer une redistribution financière équitable, l’État neutralisé par le marché mondial ne peut pas jouer son rôle d’arbitre en faveur de la justice sociale. Or, ce n’est pas l’entreprise dont « la seule responsabilité sociale est d’accroitre ses profits » (M. Friedman) qui s’en chargera.

A l’efficacité économique du marché devrait répondre la justice sociale de l’État. Avoir oublié cela et avoir permis la neutralisation du contre pouvoir étatique à la dictature du marché a abouti à rétablir une tyrannie : celle de l’argent roi, sans contre pouvoir, écrasant tout ce qui ne permet pas son rendement maximum, notamment la justice sociale.