On subventionne l’électricité du Vermont

Comment peut-on construire des barrages qui nous coûtent environ 10 cents par kilowattheures, quand nous vendons notre électricité à 5.8 cents ?

Parce que c’est une compagnie publique et elle est au Québec.

Si Hydro-Québec avait été privé, on aurait arrêté le projet de la Romaine, depuis longtemps, car non rentable. 

On maintient le projet, parce que ça fait des ‘jobs’.

On peut sérieusement contester le niveau intellectuel économique de nos politiciens, j’ai une autre solution arrêter de faire des projets non rentables qui nous coûtent des milliards et baisser les impôts en conséquence.

C’est exactement la même chose que d’arrêter de donner des subventions de tous bords, pour gagner des votes.

Entre temps, on subventionne l’électricité aux  gens du Vermont, en leur facturant 5.8 cent quand le pauvre Québécois lui paie à 7 cent le kilowatt.

Beau raisonnement économique, bien sûr, on va dire au pauvre Québécois qu’il devra subir une hausse tarifaire hydro-électrique, parce que les coûts d’opérations d’Hydro-Québec vont augmenter.

Un autre bel exemple de monopole d’État mal géré, c’est normal, on est au Québec.

Extrait de : Le prix de l'électricité baisse au Vermont grâce à Hydro, Hélène Baril, La Presse, 14 janvier 2011


Les clients américains d'Hydro-Québec sont ravis des termes favorables d'un contrat de 225 mégawatts d'énergie qui sera en vigueur de 2012 à 2038.

(Montréal) Le prix de départ du contrat de 26 ans conclu par Hydro-Québec avec le Vermont est de 5,8 cents le kilowattheure, soit 12% de moins que le prix en vigueur pour la dernière année de l'ancien contrat entre les deux parties.

C'est ce que révèlent les documents déposés hier par les acheteurs, Central Vermont Public Service et Green Mountain Power, auprès des autorités réglementaires de l'État.

Les clients américains d'Hydro-Québec se sont réjouis des termes favorables de ce contrat de 225 mégawatts d'énergie qui sera en vigueur de 2012 à 2038.

Le nouveau prix de l'électricité est non seulement inférieur à celui du contrat qu'il remplace, mais il protégera aussi les consommateurs du Vermont des fluctuations du prix de l'énergie sur le marché, soulignent les acheteurs dans un communiqué.

Ce qui veut dire que les probabilités qu'Hydro-Québec reçoive un prix plus élevé pendant la durée du contrat sont faibles, estime Jean-Thomas Bernard, professeur à l'Université Laval et spécialiste en énergie.

«Les probabilités qu'on sorte gagnant de ça sont nulles», croit-il.

Quand l'entente de principe a été conclue entre le Vermont et Hydro-Québec, en mars dernier, le professeur avait estimé le prix de vente à 4,5 cents le kilowattheure. Hydro avait vigoureusement nié ce chiffre, en assurant que le prix obtenu était beaucoup plus élevé que 4,5 cents.

À 5,8 cents le kilowattheure, le prix de départ du contrat est effectivement plus élevé, mais il reste beaucoup plus bas que ce qu'il en coûte pour construire de nouvelles centrales, soit autour de 10 cents le kilowattheure.

Il est aussi beaucoup plus bas que ce qu'accepte de payer Hydro-Québec pour acheter de l'énergie éolienne (13,3 cents) ou de l'hydroélectricité des producteurs privés (7,5 cents).

À 5,8 cents, le prix de vente consenti au Vermont est même moins élevé que ce que paient les Québécois, soit un peu plus que 7 cents le kilowattheure.

Ce n'est pas avec ce genre de contrats que le Québec s'enrichira, a commenté hier Jean-Thomas Bernard. «C'est de mauvais augure pour les autres contrats à long terme qui sont en négociations», a-t-il dit.

Après avoir été délaissés pendant plus de 20 ans, les contrats d'achat d'électricité à long terme redeviennent populaires. En plus du contrat conclu avec le Vermont, Hydro-Québec négocie avec l'Ontario et l'État de New York d'autres ententes d'approvisionnement de longue durée.

Les prix à l'exportation qu'Hydro peut obtenir sont liés au prix du gaz naturel, la source d'énergie concurrente pour produire de l'électricité sur les marchés du nord-est des États-Unis.

Le prix du gaz naturel, actuellement très bas, devrait rester bas à moyen terme, prévoit le ministère américain de l'Énergie.