Quoi faire pour réduire l'endettement des canadiens

Bon commentaire, des blogueurs

Extrait de : Quoi faire pour réduire l'endettement des canadiens, Les investigateurs financiers , Les Affaires,18-01-2011


Le ministre des finances du Canada, Jim Flaherty, vient de resserrer la vis pour les prêts hypothécaires. À notre avis, il s'agit de mesures timides, mais ce geste démontre bien la volonté du gouvernement de calmer l'insatiable faim des canadiens pour la consommation à crédit.

Bien sûr, la période d'amortissement est écourtée de 35 à 30 ans, les prêts sur marges hypothécaires ne seront plus garantis et le montant maximum à emprunter est fixé à 85% de la valeur de l'habitation (au lieu de 90%). Mais nous préconisons davantage :

le retrait définitif du gouvernement dans le milieu hypothécaire

La Société Canadienne d'Hypothèques et de Logement (SCHL) ne devrait pas garantir les prêts. Si une banque ne souhaite point prendre un certain risque, pourquoi est-ce que les contribuables devraient le faire?

Nous pensons qu'une mise de fonds de 25% pour toute habitation constitue une limite acceptable et nécessaire! Lorsqu'on achète une maison, toutes sortes d'imprévus peuvent survenir : bris des conduits d'égoûts, déplacement des sols, perte d'emplois, maladies graves au niveau des occupants, etc. Bref, sans le 25% de mise de fonds, comment survivre en cas de malheur?

Ne rêvons point. Nous venons d'assister à l'opposé : un souhait de la part de quelques groupes pour plus de réglementation! On pointe du doigt les cartes de crédits, que l'on voudrait restreindre. Il ne fait nul doute que ce type d'endettement est néfaste et s'avère trop utilisé. Cependant, lorsqu'un prêt demeure impayé, la facture est refilée à la banque, et non aux contribuables.

Sans la SCHL,  un individu qui patauge dans les dettes à la consommation aurait toujours l'option de vendre sa maison, afin de dégager les 25% de mise de fonds pour éponger ses dettes (si l'immobilier ne s'effondre point, évidemment). Mais avec la situation présente, cette option demeure non disponible. Appliquer davantage de restrictions sur les cartes de crédit entraînera tout simplement la création de nouveaux produits d'endettement.

On accuse souvent les banques canadiennes de prêter à outrance. Pourtant, on disait la même chose des banques américaines lorsque Fannie Mae et Freddie Mac (l'équivalent de la SCHL ici) les encourageaient à le faire.


Rédigé par Titi le 18-01-2011

La véritable solution au sur-endettement n'est pas d'augmenter la mise de fonds minimale, mais plutôt de réduire les ratio d'endettement maximal accepté par la SCHL actuellement qui est de 42 % du revenu brut... avec un tel ratio, impossible de tenir plus que 2 ou 3 ans... et aucune place pour les imprévus et l'épargne. redescendez ce ratio à un maximum de 32%, et hop, on vient de régler la majeur partie du problème. On dégage de l'espace budgétaire et réduit la capacité d'emprunt, donc le sur-endettement. Mais ça Flaherty n'ose pas s'attaquer à ça. Bien trop impopulaire comme mesure...

Rédigé par dencour le 18-01-2011

Vous voulez arrêter les problèmes d'endettement des Canadiens, commencez par leur inculquer les bienfaits de l'épargne. Nous vivons dans une société qui louange les "bienfaits" de la consommation à outrance laquelle se fait largement en utilisant du crédit à la consommation (dont les marges et cartes de crédit). Tous nos bons gouvernements et "istes" parlent de reprise qu'en fonction du retour de la consommation chez les citoyens ! Jusqu'à Bugs Benny aux USA qui a déjà dit qu'il larguerait des $$$ par hélicoptère afin que les gens dépensent et ainsi empêchent la déflation ! Alors l'exemple vient de haut : nos bons gouvernements sont endettés jusqu'au trognon et dépensent outrancièrement ! Maintenant dans cette société où la consommation et le crédit se devenus presque des drogues, allez donc empêcher les gens de consommer et de s'endetter pour la plupart comme leur montrent leurs dirigeants ! Bonne chance !

Rédigé par pbrasseur le 18-01-2011

… le danger est l'effet que pourrait avoir sur l'économie un ralentissement majeur dans ce secteur d'activité, l'immobilier résidentiel compte pour 20% de l'économie, la rénovation 3% et ces secteurs influence beaucoup la consommation en général qui compte pour 65% de l'économie. Ceux comme Mark Carney qui sont en position de savoir savent très bien à quel point le danger qui plane sur nous est sérieux, c'est pas pour rien que les avertissement contre l'endettement fusent de partout

Rédigé par investigateurs le 18-01-2011

En réponse à SB : pour nous, SCHL et gouvernement, c'est pareil. Les dirigeants de la SCHL n'ont pas la liberté d'agir comme une entreprise privée et de prendre des décisions qui seraient à l'encontre des intentions ou idées du ministre des finances. C'était pareil pour Fannie Mae et Freddie Mac. Bien que ces entreprises étaient supposément ''indépendantes'' et publiques (détenues par des actionnaires), les politiques du gouvernement fédéral les influençaient grandement. D'ailleurs, la plupart des banques pensaient que ces entités seraient supportées par le gouvernement, alors que dans les faits, elle n'avait aucune obligation égale de le faire.

Rédigé par pbrasseur le 18-01-2011

A mon avis le gouvernement ne devrait pas se mêler d'immobilier et de crédit résidentiel point barre. Flaherty - C'est le pyromane converti en pompier, mais pour le moment il n'a qu'un petit arrosoir en plastique... De toute évidence par ces mesures timides le gouvernement espère (et prie pour...) un "soft landing" dans l'immobilier résidentiel. Il est probable que le marché du crédit est déjà arrivé au point de saturation de toute façon, ces mesures ne feront que le confirmer. Quoiqu'il en soit le mal est fait, le taux d'endettement des Canadiens est déjà largement suffisant pour causer toutes sortes de problèmes actuels et futurs à l'économie Canadienne, au contribuable Canadien, au gouvernement et à tous ceux qui auront abusé de l'effet de levier. Reste à déterminer, la nature, l'intensité et la durée de ces problèmes.