Ces syndicats qui nous gouvernent

Avez-vous une idée, pourquoi normalement je copie intégralement le texte d’un article ?

En fait, ça fait plusieurs années que je collectionne les articles sur l’économie, même avant la création du blogue, malheureusement avec le temps j’ai remarqué, que j’ai perdu plus de 30 % de mes hyperliens.

Pour multiples raisons, l'auteur à changer d'employeur, l'employeur lui-même c'est fait acheter par une tierce partie, l'information n'est plus en lien à cause du poids informatique cumulé ou tout bêtement la cessation du blogue.

J’ai l’impression, quand nous perdons un bon texte, on perd un peu la sagesse d’un homme et une partie de notre civilisation.

Il serait déplorable de perdre une bonne analyse et une bonne réflexion à cause d’une simple touche DEL dans l’ère de l’informatique.

D'où le pourquoi, je ne prends plus aucune chance qu'un texte disparaisse dans le paradis de l'informatique, vous remarquerez que je garde toujours le lien hyperlien, l'auteur, l'éditeur et la date de la parution.


Puisque cette semaine, c’est la «semaine des syndicats dans l’actualité».

Le Journal de Montréal avec l’auteur Daniel Audet a fait une bonne synthèse du milieu syndical au Québec.

Je vous les présente en rafale dans ce carnet.


Ces syndicats qui nous gouvernent

Extrait de : Ces syndicats qui nous gouvernent, Daniel Audet, Journal de Montréal, 17/01/2011

Cette chronique est la première d'une série de cinq. Nul ne peut nier l'influence prépondérante que les grandes organisations syndicales du Québec exercent sur l'opinion publique et, par conséquent, sur les politiques publiques qui en découlent souvent. Mais d'où vient cet immense pouvoir des chefs syndicaux quand ils s'adressent aux médias ou aux élus? C'est ce que j'ai cherché à savoir.

LA LIBERTÉ D'ASSOCIATION

La liberté d'association est une liberté fondamentale inscrite en toutes lettres dans la Charte canadienne des droits et libertés de 1982. Bien sûr, la liberté d'association n'a pas été créée par une disposition juridique, aussi importante soit-elle. Mais depuis 1982, cette liberté fondamentale «ne peut être restreinte que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique». Je vous fais grâce de l'abondante jurisprudence qui est venue jalonner ce grand principe depuis. Mais bien que la Charte canadienne en excède plusieurs par la manière odieuse dont elle a été adoptée sans le consentement du Québec, dont je suis, très peu de nos citoyens iraient maintenant jusqu'à remettre en question la légitimité de cette liberté d'association.

La liberté d'association ne concerne pas que les syndicats d'employés, tant s'en faut. Il peut s'agir de travailleurs bénévoles qui décident de s'associer sous une forme ou sous une autre dans le but de mieux organiser leurs activités. Ça peut aussi être un regroupement ponctuel de victimes qui veulent s'unir pour faire valoir leurs droits. Ou, encore, un club de bridge. La liberté d'association recoupe une infinité plus ou moins complexe de types d'activités. Elle présuppose même son corollaire : la liberté de ne pas s'associer avec qui que ce soit!

FAIRE LA GRÈVE

Ceux qui connaissent un peu l'histoire de la ville de Paris savent que l'expression «faire la grève» vient en fait d'un contresens historique. En effet, non loin de là où est située l'actuelle place de l'Hôtel de Ville existait une «grève» (c'est-à-dire une berge) en bordure de la Seine. Loin de faire la grève au sens moderne du terme, des employés non qualifiés s'y regroupaient pour se trouver un boulot pour la journée. C'est de là que viennent les expressions «être en grève», «faire la grève», «gréviste», etc. Admettons que c'est plus joli que «being on strike» !

Quoi qu'il en soit, il est admis aujourd'hui que la liberté d'association, en ce qui concerne les syndicats d'employés ou de salariés, comporte le droit de faire la grève aux conditions juridiques énoncées au début. Pour les non-syndiqués, la Loi sur les normes minimales du travail s'assure de protéger les salariés.  

Il faut dire, reconnaître et répéter que ce ne fut pas le cas tout le temps. Même les libertés de s'associer, de protester, de faire valoir ses droits et de faire la grève ont été niées pendant des années, pour ne pas dire des siècles. La situation actuelle est le résultat de luttes de classes, de combats épiques et d'énormes souffrances. Ce n'est qu'au 19e siècle que les mouvements syndicaux ont commencé à s'organiser réellement.

Au Québec, l'équilibre des forces entre employeurs et employés n'a pas été acquis avant les années 1960. Dans la fonction publique, l'arrivée de la sécurité d'emploi enchâssée dans de lourdes conventions collectives a laissé poindre le retour du balancier... Durant la décennie suivante, avec l'arrivée du Parti québécois au pouvoir et son fameux «préjugé favorable aux travailleurs», l'équilibre a été bel et bien rompu... dans l'autre sens. En toute honnêteté, il faut bien admettre que certains importants employeurs de l'époque avaient toujours une grossière mentalité du Far West ! Ils ont eu ce qu'ils méritaient.


Ces syndicats qui nous gouvernent 2

Extrait de : Ces syndicats qui nous gouvernent 2, Daniel Audet, Journal de Montréal, 19/01/2011

Je vous écrivais lundi que la liberté d'association n'était l'apanage de personne. Même les employeurs ont le droit de s'associer ! La Fédération des chambres de commerce du Québec a célébré ses 100 ans en 2009. La même année, le Conseil du patronat du Québec soufflait 40 bougies. II y a aussi les Manufacturiers et exportateurs du Québec et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Une foule d'autres associations d'affaires ou d'entrepreneurs existent au Québec. Aucune n'a jamais eu le soutien de l'État comme l'ont eu la FTQ, la CSN, la CSQ, la CSD; pour ne nommer qu'elles. Surtout depuis la fin des années 1970.

L'équilibre rompu

À partir de 1977, le Code du travail du Québec se transforme par une série de mesures favorisant les salariés brisant ainsi l'équilibre relatif entre employeurs et employés.

La plus radicale de ses mesures est certainement les dispositions antisalariées de remplacement, qui demeure 34 ans plus tard une curiosité légale au nord du Rio Grande (sauf une loi similaire adoptée en 1993 en Colombie-Britannique).

Précisions linguistiques, si vous permettez. Le mot «gréviste» est presque bucolique, voire mythique, on l'a vu dans ma chronique de lundi. Les expressions «briseur de grève» ou encore pire, «scab», revêtent un sens on ne peut plus péjoratif (à noter qu'ils n'apparaissent ni l'un ni l'autre dans nos lois du travail, c'est un spin syndical tendancieux qui perpétue leur usage dans les médias).

En outre, comment être un briseur de grève durant un «lock-out»? Et ce mot, anglais encore, sans doute pour faire sentir que les employeurs, associés à l'impérialisme anglosaxon, tyrannisent toujours les employés qui ne demandent pourtant qu'à travailler. Lui, ce mot, apparaît en toutes lettres dans nos lois. Dès lors, faire la grève est beaucoup plus noble que «commettre» un lock-out. Le mot «travailleur», monopolisé par les grandes organisations syndicales, est détourné de son sens véritable. Les étudiants travaillent, les bénévoles travaillent, les employeurs travaillent, les travailleurs autonomes travaillent et une majorité de salariés non syndiqués se lèvent chaque jour pour travailler. C'est la raison pour laquelle j'insiste sur le terme salarié ou employé.

Mentalité anti employeurs

Cet exercice de style peut vous paraître futile, mais dans les faits, il vient teinter une mentalité anti employeurs, anti entrepreneurs et anti création de richesse. D'ailleurs, cette mentalité se traduit dans toutes sortes de préjugés, des présomptions légales même, qui laissent entendre que les employeurs ne sont pas dignes de confiance.

Des exemples? Je reviens sur les dispositions antisalariées de remplacement. On justifie ces mesures par des situations qui existaient dans les années 1970: violence et durée des conflits (Robin Hood, United Aircraft et La Presse, notamment, source l'Aut'Journal, 2002, entrevue avec Robert Burns). Non seulement le contexte a changé du tout au tout, mais les chiffres ne reflètent pas de différence ni sur la durée ni sur le nombre d'arrêts de travail entre le Québec et l'Ontario! J'ai les chiffres, mais il serait trop long de les fournir ici.

Qui plus est, pour paraphraser Me Jean-François Munn, si les salariés en arrêt de travail obligatoire (lock-out) reçoivent des fonds de grève, s'ils gagnent des revenus d'autres sources, s'ils concurrencent ouvertement leur employeur, s'ils appellent au boycott du produit de leur employeur, où est l'équilibre? Où est la légitimité de cette mesure? Surtout face à des PME.

Mais dans nos lois du travail, il y a de nombreuses anomalies - pas des modèles de démocratie par ailleurs - qui font présumer la mauvaise foi de l'employeur. Par exemple, l'accréditation par signature de cartes au lieu du scrutin secret systématique... Lundi prochain: Le nerf de la guerre!


Ces syndicats qui nous gouvernent 3

Extrait de : Ces syndicats qui nous gouvernent 3, Daniel Audet, 24/01/2011

C'est l'homme d'État romain Cicéron qui popularisa l'expression «le nerf de la guerre», soit l'argent. En effet, dans tout conflit, la partie qui a le plus de ressources est en général la mieux placée pour gagner que la partie qui en manque. Au Québec, paradoxalement, les milieux d'affaires perdent la plupart du temps contre leurs adversaires syndicaux faute de moyens.

SYNDICATS INC.

On estime -chiffre conservateur -que les syndicats québécois reçoivent près de 800 millions $ de financement par année. Chaque grande organisation syndicale dispose de services de relations publiques, de marketing et de communication dignes des plus grandes sociétés commerciales. À la différence près que les sociétés commerciales s'en servent pour promouvoir les services ou les biens qu'elles produisent, pas pour promouvoir une idéologie ou pour faire avancer un programme politique.

Le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, les Manufacturiers et exportateurs du Québec et d'autres associations d'employeurs sont censés faire contrepoids, chacun à leur façon, à cette véritable machine à propagande presque milliardaire que constituent les organisations syndicales... Les associations patronales comptent essentiellement sur leurs adhérents pour y faire face. Nos budgets réunis représentent au mieux 1 % du leur.

La raison de cet immense déséquilibre en faveur des bureaucraties syndicales ? L'introduction dans la législation québécoise de la formule dite «Rand». Cette formule, édictée par un ancien juge de la Cour suprême du Canada, Ivan Rand, permet à un syndicat qui représente les salariés compris dans une unité de négociation d'exiger que l'employeur prélève à la source les cotisations syndicales payables de manière obligatoire par l'ensemble des salariés membres de cette unité d'accréditation, même par ceux qui choisissent de ne pas faire partie du syndicat. Mais nulle part dans nos chartes on ne mentionne l'obligation de s'associer !

La formule Rand conjuguée au système d'accréditation par signature de cartes fait en sorte que le Québec détient le record du taux de syndicalisation le plus élevé en Amérique du Nord.

DES PRIVILÈGES MÉRITÉS ?

Les organisations syndicales ne jouissent pas toutes de ces privilèges que leur confère la législation québécoise. Dans certains pays, comme la France, les forces, en termes financiers du moins, sont beaucoup plus équilibrées.

D'autres généreux avantages sont consentis par l'État québécois aux organisations syndicales ou à leurs dirigeants. Ainsi, combien coûte aux contribuables québécois l'investissement dans le Fonds de solidarité FTQ ou dans le Fondaction CSN depuis des décennies ? Qui siège aux conseils d'administration de ces fonds d'investissement et à leurs différents comités ? Est-ce que les principes d'une saine gouvernance y sont appliqués ? Ne mélange-t-on pas les genres quand les leaders syndicaux se prennent pour des gens d'affaires, comme l'affirmait Yves Mercure, président sortant de la FTQ-Construction la semaine dernière ?

Et pourquoi le président de la FTQ et la présidente de la CSN devaient-ils siéger au conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec jusqu'à la crise des PCAA ? Avec, en prime pour la présidente de la CSN, un bulletin de présence peu reluisant à un comité essentiel au cours de cette année désastreuse ! Un poste pour le président du Conseil du patronat ? Il n'en a jamais été question.

PLUS DE TRANSPARENCE, S.V.P. !

Croyez-le ou non, les syndicats ne sont pas tenus de produire un rapport financier annuel. Selon l'article 47.1 de notre Code du travail, le membre d'un syndicat a le droit d'être informé des états financiers, mais pas le grand public. Pourtant, avec tout cet argent qu'il leur envoie, le public serait sans doute intéressé de connaître les salaires et autres avantages des dirigeants et combien est consacré à la recherche et aux communications, par exemple.

Mercredi prochain : «Le ver dans la pomme ?»


Ces syndicats qui nous gouvernent 4

Extrait de : Ces syndicats qui nous gouvernent 4, Daniel Audet, Journal de Montréal, 26/01/2011

Le copinage a toujours existé entre le Parti québécois et les grandes centrales syndicales. C'est encore vrai maintenant. Et depuis au moins 1985, il a été rendu nécessaire pour les libéraux aussi. Depuis 1976, le Parti québécois et le Parti libéral ont été au pouvoir 18 ans chacun. L'Action démocratique du Québec, à qui les syndicats n'ont jamais caché leur hostilité, n'a jamais été élue.

Le ver dans la pomme ?

Je vais démontrer par des exemples concrets l'immense pouvoir d'influence qu'ont les grandes organisations syndicales en termes des «gains» qu'ils ont obtenus depuis cinq décennies. Autant de gains qui ont miné la compétitivité du Québec sur le plan économique, en plus de créer des effets pervers sur l'éthique et la probité des processus. Je vais en faire une énumération non exhaustive, car le contraire pourrait faire l'objet d'une thèse de doctorat. Je vais m'en tenir aux 10 plus kafkaïens.

1.      Le code du travail

La Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction. Cette loi prévoit notamment, pour les entreprises qui y sont assujetties, la syndicalisation obligatoire dans le secteur de la construction, le placement syndical de la main-d'oeuvre et le mutisme des donneurs d'ouvrage lors du renouvellement des conventions collectives même si c'est eux qui doivent payer au bout du compte. Comme principal donneur d'ouvrage, par le truchement de nos importantes sociétés d'État, c'est nous -- vous et moi -- qui payons plus cher.  

2.      L’équité salariale

La Loi sur l'équité salariale la plus compliquée et contraignante au monde. Sauf des technocrates du gouvernement du Québec et quelques experts qui en vivent, très peu en comprennent réellement son fonctionnement. Personne à ce jour n'a été en mesure de démontrer quelque pourcentage de «discrimination salariale systémique». Dix ans après son adoption (1997), on avait le choix d'y mettre fin ou de poursuivre. L'État a choisi de continuer le harcèlement des entreprises d'ici.

3.      CSST

La Commission de la santé et de la sécurité du travail. L'idée d'une telle commission est excellente. Si elle doit être paritaire -elle l'est -pourquoi doit-elle être financée exclusivement par les entreprises ? De plus, en théorie, tant les salariés que les employés peuvent faire l'objet de poursuites en vertu de la loi. Or, dans les faits, les salariés ne sont jamais ennuyés même s'ils se révèlent d'une négligence extrême. Les cas systémiques d'abus de différentes mesures prévues à la loi sont trop nombreux et connus pour être énumérés ici. Mais puisque ce sont les entreprises qui payent...

4.      Formule Rand

L'introduction de la formule Rand dans nos lois du travail.

5.      Fonds d'investissements de la FTQ et de la CSN

La création des fonds d'investissements de la FTQ et de la CSN. Qu'est-ce que cela a à voir avec la mission d'un syndicat de salariés ? Avec des règles de gouvernance laxistes à la clé qui ont donné lieu, notamment, à des scènes folkloriques peu glorieuses autour d'un yacht désormais célèbre.

6.      Fusions/défusions municipales

Les fusions/défusions municipales, dont on devait sortir enrichis par des économies d'échelle remarquables.

Résultat : la fonction publique municipale la plus chère en Amérique du Nord ! La seule place au Québec où on a réussi à niveler par le haut !  

7.      Transparence

Le manque d'exigence de reddition de compte, de transparence et de représentativité formelle dans nos lois du travail en général. Il y a la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD. Mais il y a les TUAC, le SCFP, les TUA, les Teamsters, etc. Qui répond de qui ?

8.      Les dispositions antisalariées de remplacement

9.      Sécurité d'emploi et ancienneté

Le couple «sécurité d'emploi» et «ancienneté» comme unique critère de promotion dans la fonction publique.

10. Le scrutin secret

La signature de cartes pour l'accréditation plutôt que le scrutin secret systématique. Lundi prochain : un syndicalisme innovateur ?


Ces syndicats qui nous gouvernent 5

Extrait de : Ces syndicats qui nous gouvernent 5, Daniel Audet, Journal de Montréal, 31/01/2011

Cinquante-cinq pour cent des dépenses de l'État québécois vont en masse salariale. Et le premier ministre n'a de cesse de nous répéter qu'on a fait mieux économiquement que dans le reste du monde industrialisé pendant la dernière crise.

UN SYNDICALISME IRRESPONSABLE

Par contre, la situation des finances publiques du Québec est catastrophique. D'ailleurs, le ministre des Finances lui même l'a répété à satiété l'an dernier. Ceux qui contredisent cet état de fait sont dans le déni le plus total. La dette du Québec, sans sa part fédérale, est maintenant de 225 142 780 388 $.

Les responsables de cette situation intenable : les grandes centrales syndicales dans le secteur public québécois et des élus sans courage.

J'aimerais faire une importante distinction ici. Des gens ordinaires se lèvent tous les matins pour faire leur boulot honnêtement. Ils pensent à leur famille et à sa qualité de vie. Ils trouvent que leur revenu disponible est de plus en plus faible. Ils ne se demandent pas si leur centrale syndicale les représente bien ou non. Ou encore si ces organisations tiennent compte du bien commun ou non dans leurs revendications. La réalité est que la plupart des grandes organisations syndicales usurpent les cotisations -forcées -de leurs membres pour mettre de l'avant des programmes qui outrepassent leur mandat. Proposer de repousser l'atteinte de l'équilibre budgétaire au-delà de 2013-2014 et de geler les frais de scolarité est le meilleur exemple d'une odieuse irresponsabilité.

Le déclin de leur influence est marqué dans le secteur privé, alors ils se rabattent sur la fonction publique. Ce qui crée deux catégories bien distinctes de salariés. Avec un dollar au pair avec le greenback, plusieurs patrons du privé tiendront davantage à leur droit de gérance et feront tout pour éviter l'accréditation.

Ne parlons pas ici du problématique secteur de la construction, gangrené qu'il est par le crime organisé. Tout le monde reconnaît que les syndiqués «forcés» de ce secteur ne sont pas bien «représentés» par leur syndicat respectif, ils sont «intimidés» par des Rambo !

UN SYNDICALISME INNOVATEUR ?

Partout dans le monde occidental, les États surendettés font face aux mêmes défis, notamment le refus de toute réforme de la part des syndicats des fonctions publiques. Or, le gouvernement du Québec n'a pas reçu le message.

Non seulement l'État a consenti des augmentations de salaire, de meilleures conditions, des clauses de «croissance économique» et d'inflation, mais il n'a pas obtenu quoi que ce soit en matière de productivité et d'amélioration.

Le contraste est saisissant -surtout si l'on considère que le ministre des Finances nous classait cinquièmes des plus endettés au monde -entre les mesures prises par les différents gouvernements, surtout en Europe.

Certains (dont l'Irlande, la Grèce et l'Espagne) font des compressions sur les salaires de leurs employés. D'autres (les États-Unis et le Japon) les gèlent.

Mais plus fondamental encore, pourra-ton saisir l'occasion de redéfinir le gouvernement dans les années qui viennent ? La productivité a crû à un taux plus élevé dans le secteur privé que dans le secteur public. Dans le privé, l'absence de syndicats ou des syndicats plus pragmatiques a permis de nouveaux modèles d'affaires, de se livrer à de l'innovation, de mettre fin aux échecs et de se débarrasser des mauvais éléments, par exemple. Nos syndicats seront-ils capables de faire preuve d'autant de pragmatisme ? Avec les leaders syndicaux que nous avons en ce moment, pas une chance ! Or c'est là que se trouve le vrai défi: comment fournir de meilleurs services aux citoyens au meilleur coût possible ?

Oui, nos lois du travail et nos conventions collectives doivent être réformées, non pas dans le sens où on l'entend trop souvent dans la bouche de l'orthodoxie gauchiste du 20e siècle, mais bien dans celui de la flexibilité du troisième millénaire.