De durs moments pour les municipalités du Québec

Bien sûr, Mme Loiselle, vous avez parfaitement raison, mais au Québec, on vit avec un déni total de la réalité.

On va attendre, que l’on soit au pied du mur avant de faire face à la réalité.


Extrait de : De durs moments pour les municipalités du Québec, Michel Munger, Argent, 22 février 2011

Les villes québécoises pourraient connaître des heures difficiles alors que les régimes de retraite, la faible croissance économique et leurs investissements resserrent leurs budgets.

C'est l'avertissement lancé par Marie-Josée Loiselle, économiste et présidente de la firme de consultation Nuno ID, en entrevue avec Argent.

L'économiste fait remarquer que des villes américaines compressent les dépenses pour éviter le pire en raison de baisses de revenus.

«Le point qui risque d'être une grosse question est celui des pensions, qui ne diffère pas des États-Unis, raconte-t-elle. Les régimes ont beaucoup perdu en 2008. Chicago considère la faillite particulièrement en raison des pensions. Ce n'est pas assez capitalisé.»

«Ici, à Sherbrooke, on a fait un emprunt de 5,5 M$ pour réagir au trou actuariel», souligne-t-elle.

L'idée qu'une municipalité fasse faillite peut surprendre.

«Aux États-Unis, indique Mme Loiselle, les villes peuvent faire faillite à travers le Chapitre 9. L'État doit leur donner la permission de faire faillite et de négocier avec leurs créanciers.»

«Au Québec, nous n'avons pas la même loi, poursuit-elle. Leurs dettes sont reprises par la province. Dans le pire des cas, elles sont mises en tutelle.»

Oui, mais c’est le Québec qui va être mis  en tutelle par les financiers
de New York, on ne s’en sort pas.

Cela ne veut toutefois pas dire que les villes ne devront pas se serrer la ceinture. Quand elles investissent de façon massive, elles doivent parfois augmenter les taxes foncières pour contrebalancer. C'est leur unique source de revenus dans certains cas.

«Je suis de Vaudreuil, indique Marie-Josée Loiselle. La ville voisine de Hudson a l'air riche mais [les travaux sur] le système d'acqueduc affectent le compte de taxes. Des restaurants vont fermer parce que le compte de taxes passe de 4000 $ à 13 000 $.»

Mme Loiselle prône donc la frugalité en matière de dépenses. «Il faut faire plus attention aux projets sportifs, aux emprunts qui deviennent très lourds pour la municipalité. Il y a toujours un même citoyen qui paie au bout du compte.»

Et celui-ci devient de plus en plus pauvre !