Des exportations d'électricité qui vont coûter cher

Bravo ! on est arrivé aux mêmes conclusions.

Qui va payer les pots cassés ?

Et bien c’est vous, pauvre petit peuple, car bien sûr nos dirigeants d’Hydro-Québec sont imputables de rien.

Extrait de : Des exportations d'électricité qui vont coûter cher, Argent, 2 février 2011

Les nombreux projets en chantier d'Hydro-Québec risquent de fonctionner à perte, ce qui devrait coûter cher aux Québécois.

La chute du prix d'électricité devrait en effet créer une situation où la société d'État exporte à perte vers les États-Unis.

Uniquement pour le projet La Romaine, huit milliards $ seront dépensés pour construire quatre centrales, qui produiront 1550 MW.

Chaque kW/h provenant de ce complexe coûtera douze cents à produire. Or, Hydro-Québec ne peut espérer exporter de l'électricité à plus de cinq cents le kW/h en raison des prix actuels de l'électricité.

«La cause de la baisse, c'est l'arrivée du gaz de schiste, a expliqué le titulaire de la Chaire en économique de l'énergie électrique de l'Université Laval, Jean-Thomas Bernard. Qu'on en produise au Québec ou non, c'est un phénomène nord-américain. Le prix est bas, et il va demeurer bas pour 8 à 10 ans.»

Si on ne le savait pas, ça fait des années que l’on savait que le prix allait être bas,
pas grave on construit les centrales, ça fait des ‘jobs’.

Au total, d'ici quatre ans, 25 G$ devraient être investis à travers la province pour produire 4500 MW, un montant qui pourrait facilement grimper, selon l'administrateur Claude Garcia. «Les cinq dernières centrales faites par Hydro-Québec ont défoncé le budget de 26%», a-t-il déploré.

Oui, vous avez bien lu, 25 G$ de projets non rentable,
vivre la bonne gestion d’État.

Subventionner l'électricité américaine

Même si cette production accrue assurera la sécurité énergétique du Québec, l'objectif avoué du gouvernement Charest est d'accroître les exportations vers les États-Unis.

Les Québécois risquent donc de se retrouver dans une situation où ils épongent la perte de sept cents le kW.

«Les pertes qu'Hydro-Québec va subir sur ces ventes, ça va se récupérer de deux façons: une hausse de tarifs pour l'ensemble des clients, ou la diminution des dividendes.»

Devinez quoi ?

Il est tout à fait improbable que le gouvernement
va diminuer ces dividendes, qui va payer ?

Je vous laisse deviner…

Le gouvernement Charest prévoit déjà hausser le prix de vente du bloc patrimonial d'ici 2018 afin de réduire la dette du Québec.

«C'est comme si on disait aux Québécois, vous allez subventionner l'énergie propre au rabais aux Américains», a dénoncé le député péquiste Sylvain Gaudrault.

Il n'est pas le seul à déplorer cette situation. «Si on fait le projet de La Romaine, on va avoir moins d'argent que si on ne faisait rien, parce qu'on le fait à perte, critique l'ancien ministre de l'Environnement André Boisclair. Il n'y a personne qui est gagnant, sauf quelques entreprises d'ingénierie qui reçoivent de l'argent pour construire.»

Le Parti québécois défend toutefois le projet de La Romaine puisqu'il permet de créer des emplois en région.

Bravo, beau raisonnement économique, tant qu’à faire, je vous invite à investir dans le textile, ce n’est pas rentable, pas grave ça fait des jobs !

C’est ce genre de raisonnement qui nous a mis dans le trou,
 le PQ toujours à égale à lui-même.

Un plan de rechange

Le documentaire Chercher le courant, récemment sorti en salles, affirme que la société d'État pourrait épargner des milliards en empruntant un virage vert plutôt que de construire de nouvelles centrales.

«Je ne suis pas en bataille, a expliqué le narrateur du film, le comédien Roy Dupuis. Je veux que les Québécois fassent un choix éclairé.»

Car les barrages d'aujourd'hui peuvent se transformer en la dette de demain. «Même si on fait de l'argent dans 20 à 25 ans, les pertes initiales seront tellement importantes qu'il est à peu près impensable qu'un jour on en sorte gagnant», a indiqué Jean-Thomas Bernard.


Lectures complémentaires :

21/01/11

On subventionne l’électricité du Vermont, comment peut-on construire des barrages qui nous coûtent environ 10 cents par kilowattheures, quand nous vendons notre électricité à 5.8 cents ?

09/04/10

Le cauchemar d’Hydro-Québec, l'exploitation des gaz de schiste., le prix du gaz naturel, qui sert à produire le gros de l'électricité dans cette région des États-Unis, s'est affaissé avec la chute marquée de la demande et l'accroissement de l'offre venant de l'exploitation des gaz de schiste. Le prix de l'électricité en Nouvelle-Angleterre, le meilleur marché d'exportation d'Hydro-Québec, oscille autour de 5 cents le kilowattheure.