Favoritisme dans les travaux routiers

Symptôme d’une corruption étatique.


Extrait de : Favoritisme dans les travaux routiers - L'ADQ dénonce la «culture malsaine» au PQ et au PLQ, Kathleen Lévesque , Antoine Robitaille, Le Devoir, 10 février 2011  Québec

L'Action démocratique du Québec a dénoncé hier la «culture malsaine» des libéraux et des péquistes qui favorisent les circonscriptions qui leur sont fidèles quand vient le temps d'investir dans la construction et l'entretien des routes.

«On ne doit pas définir l'aide dans une circonscription en fonction de l'allégeance politique, sur un "post-it", par exemple! C'est malsain pour la démocratie», a déclaré le député adéquiste François Bonnardel. Ce dernier réagissait à l'étude économique révélée hier par Le Devoir selon laquelle il vaut mieux voter du bon bord si une circonscription souhaite bénéficier de dépenses routières sur son territoire.

L'étude menée par le professeur Marcelin Joanis, de l'Université de Sherbrooke, démontre que les forteresses libérales, lorsque les libéraux sont au pouvoir, et celles péquistes, lorsque le Parti québécois forme le gouvernement, reçoivent une «prime à la loyauté». On compte en effet 17 % de plus d'investissements sur le réseau routier de ces circonscriptions.

«Une route, un viaduc, ça n'a pas de couleur politique. On en est encore aujourd'hui à constater que les amis du régime sont valorisés», s'est indigné M. Bonnardel.

«C'est quoi, cette affaire-là?», a lancé la ministre Monique Gagnon-Tremblay invitée à commenter. «On suit les règles. [...] On n'est pas au temps de Duplessis!», a-t-elle ajouté.

Mais pour François Bonnardel, il y a tout lieu de s'inquiéter, surtout avec le plan d'investissements de 42 milliards prévus pour les infrastructures. «C'est un gros plat de bonbons pour les firmes d'ingénierie et les constructeurs. J'ose croire que ce n'est pas la couleur d'une circonscription qui va définir l'aide, car on a tous dans nos circonscriptions des chemins à refaire», a-t-il souligné.