La Chine mise 5,4 milliards sur le gaz de schiste

Si j'étais le ministre Clément, j'aurais de sérieuses réserves face à cette transaction, il faut comprendre que les Chinois achètent les ressources naturelles du monde entier par des fonds souverains.

Il cumule des excédents budgétaires face à Yuan trop bas, détruit nos propres industries manufacturières, car nos produits ne sont plus compétitifs, et rachètent nos propres ressources avec leur excédent commercial.

Je regrette, mais on doit mettre un holà, sur ce type de transaction, tant aussi longtemps que n’auront pas une mondialisation plus équilibrée, tout investissement étranger surtout provenant des Chinois, devra être considéré avec beaucoup de prudence.

De plus, depuis quelque temps, il liquide leurs réserves de bonds américains (800 à 900 milliards U.S.) pour acheter du tangible (industrie, technologie, ressource naturelle), sachant très bien qu'à chaque fois que la monnaie américaine se dévalue, leur richesse se dévalue.

Prudence est de mise !

Extrait de : La Chine mise 5,4 milliards sur le gaz de schiste, François Desjardins, Le Devoir, 12 février 2011

Clement va examiner la transaction entre Encana et PetroChina

À peine quelques mois après le blocage de la vente de Potash, Ottawa va se pencher sur l'entente entre Encana et PetroChina en vertu de laquelle la société chinoise va payer 5,4 milliards pour la moitié d'une coentreprise de gaz de schiste en Colombie-Britannique et en Alberta.

Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a indiqué dans une déclaration transmise par courriel hier que «je peux confirmer que cette transaction est sujette à examen sous la loi. L'investisseur m'a informé qu'une demande d'examen nous sera soumise bientôt».

Les besoins énergétiques de la Chine ont explosé et le pays, qui a les moyens d'investir, cherche désespérément à assouvir les besoins de son économie en mettant la main sur diverses sources d'énergie partout dans le monde. Entre autres, elle a versé 4,7 milliards l'an dernier afin d'entrer dans le capital de l'énorme projet Syncrude, au coeur des sables bitumineux.

La règle stipule que tout investissement étranger de plus de 299 millions au Canada doit être soumis à un examen en bonne et due forme sous l'éclairage de la Loi sur Investissement Canada.

«Lorsqu'une transaction est sujette à examen, l'investisseur doit obtenir mon approbation avant d'effectuer l'investissement. Je n'approuve une demande d'examen que lorsqu'un investissement démontre qu'il sera vraisemblablement à l'avantage net du Canada», a ajouté le ministre Clement.

Le bureau du ministre ne manque pas de travail. Il y a trois mois, il a refusé la transaction qui aurait vu Potash, une société de la Saskatchewan, passer sous le contrôle de BHP Billiton. Celle-ci offrait près de 40 milliards pour acquérir Potash, spécialisée dans les engrais pour l'agriculture.

BHP Billiton comme Rio Tinto ont des liens incestueux avec la Chine, n’oubliez pas, tous deux sont des compagnies australiennes, et l’Australie a besoin des pays émergents pour survivre.

À l'époque, le ministre Clement avait indiqué qu'il ne voyait pas d'avantage net pour le Canada. Peu après, la Saskatchewan, sans doute inquiète des répercussions sur sa réputation, avait lancé une campagne publicitaire pour diffuser l'image d'une véritable terre d'accueil pour les investisseurs étrangers.

 (Autres, que les chinois …)

Au cours des prochains mois, le bureau du ministre devrait aussi avoir à se prononcer sur l'offre d'achat de 3,2 milliards mise de l'avant par la Bourse de Londres pour le contrôle du Groupe TMX.

Celui-ci possède la Bourse de Toronto, celle de Montréal et la Bourse de croissance dans l'Ouest canadien.

Annoncée mercredi, la transaction proposée donnerait à PetroChina, filiale de la société pétrolière d'État, une tranche de 50 % dans la propriété Cutbank Ridge. Celle-ci est un ensemble d'environ un million d'acres qui chevauche le nord de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. En activité depuis 1998, la propriété a quadruplé sa production au cours des cinq dernières années.

«Le processus d'examen est rigoureux, impliquant des consultations avec les provinces/territoires affectés ainsi que d'autres ministères du gouvernement», a ajouté le ministre Clement.

Cotée en Bourse à Shanghai, mais contrôlée par la China National Petroleum Corporation, une société d'État, PetroChina est le principal producteur de pétrole du pays. Ses revenus annuels atteignent 150 milliards.

Dans un communiqué, Encana a indiqué que l'exploitation du gaz naturel avec PetroChina irait beaucoup plus rapidement grâce à cet investissement de 5,4 milliards. Les entreprises s'attendent à ce tout soit ficelé d'ici le 1er janvier. L'entente a fait suite à des discussions qui se sont étalées sur neuf mois, a dit Encana.

Peut-être, mais vendre nos ressources naturelles à la Chine, qui l’auteur principal de la "désindustrialisation" et de "délocalisation" des pays industriels
est un marché de Faust.