La mondialisation un argumentaire grossièrement mensonger

Sujet : Mondialisation, délocalisations, dumping


Cet argumentaire mondialiste nous paraît fortement contestable (et pour tout dire grossièrement mensonger) :

·         Le scénario de la mondialisation heureuse suppose tout d’abord que des pays comme la France soient à même de maintenir durablement leur position dans les secteurs à forte valeur ajoutée. Or il n’est pas assuré que des pays comme la Chine ou l’Inde ne soient pas capables à terme de développer eux aussi (et à moindre coût) une production dans les domaines de haute technologie (informatique, télécommunications, biotechnologies, nanotechnologies…).

·         L’argumentaire pro mondialisation n’est pas recevable, en second lieu, parce que le nombre des emplois supprimés par la désindustrialisation est de toute évidence très supérieur au nombre des emplois générés par la nouvelle économie mondialisée (dans les secteurs de la haute technologie, de la finance …).

Le constat découle mécaniquement de la nature même du processus de délocalisation.

Les activités à haute valeur ajoutée incorporent davantage de technologie, c’est-à-dire qu’elles requièrent davantage de « facteur capital (savoir) ». Les types de productions délocalisées sont celles qui au contraire utilisent un « facteur travail (main d’oeuvre) » important.

Pour le pays qui délocalise et se spécialise sur la production fortement capitalistique, le solde en emplois liés directement à la spécialisation internationale est donc nécessairement négatif.

·         En outre les emplois créés par l’économie mondialisée ne sont pas de même nature que les emplois détruits. L’économie mondialisée génère dans nos pays deux types d’emplois, des emplois fortement qualifiés d’une part et des emplois d’exécution sans qualification d’autre part (transport et livraison, services à la personne…).

Or les emplois industriels s’adressaient eux à une population à qualification intermédiaire, souvent acquise « sur le tas » au sein de l’entreprise. La désindustrialisation risque donc de se traduire par le « déclassement » d’une partie des emplois et par le basculement d’une partie importante de la population active vers des emplois sans qualification.

C’est exactement ce qui se produit, graduellement on constate une destruction de la classe moyenne.

·         Il faut voir en outre que les emplois industriels supprimés et les emplois de la nouvelle économie ne sont pas situés au même endroit sur le territoire national (du moins dans le cas de la France). On voit mal comment les régions touchées par la désindustrialisation (qui ne sont généralement pas, qui plus est, des régions touristiques) vont pouvoir bénéficier des emplois de haute technologie et de services qui, eux, sont concentrés dans les grandes agglomérations.

·         Les partisans de la mondialisation insistent, on l’a vu, sur le fait que les pays développés, s’ils doivent abandonner les emplois industriels peu qualifiés au processus de délocalisation, peuvent en revanche conserver les emplois qualifiés liés aux activités hautement technologiques. Or l’on constate que la délocalisation concerne désormais également des emplois qualifiés. C’est ainsi que les activités de recherche-développement des entreprises font désormais également l’objet de délocalisations.

Multiples exemples seront présentés au cours de l’année 2011.

·         L’argument selon lequel le rattrapage progressif des salaires dans les pays émergents supprimera à terme l’intérêt de procéder à des délocalisations ne nous paraît pas davantage recevable. Le processus de rattrapage, en effet, s’il se produit jamais,

Sera d’une durée telle qu’il n’empêchera pas la désindustrialisation complète des pays occidentaux de se produire d’ici là.

On peut de toute façon parier qu’il existera encore longtemps des pays à bas coût qui pourront constituer des réceptacles pour les délocalisations (c’est ainsi par exemple que lorsque les dragons d’Asie du sud-est sont devenus des pays développés, le Japon a automatiquement déplacé ses délocalisations sur le Vietnam).

Il a tout à fait raison, juste l’Inde et la Chine représente un bassin de population de 2.4 milliards de personnes sans compter les pays avoisinants, avant qu’ils atteignent les standards des pays modernes, ça risque de prendre plusieurs décennies, il y a des grandes chance que les industries de haut niveau vont avoir eu le temps de se délocaliser, à cause du coût de la main-d’œuvre et de l’expertise des pays émergents.

·         Enfin l’argument mondialiste selon lequel les pays d’accueil de nos délocalisations pourront constituer des zones de débouché pour nos exportations est parfaitement illusoire.

Les pays dont il s’agit sont en effet fortement protectionnistes (leurs importations représentent une part faible de leurs exportations).

Trade Balance G20

Source : The american decline

Ces pays n’ont de cesse que de développer, à l’abri du protectionnisme et grâce aux transferts de technologie que nous leur consentons, un secteur industriel qui sera à même, le moment venu, de se passer de nos exportations (on se doute bien par exemple que les ventes d’avions, de TGV ou de centrales nucléaires resteront des opérations one shot ;

1)      grâce au transfert de technologie que nous accordons,

2)      dans une logique d’avidité court-termiste,

3)      grâce au copiage et à la contrefaçon,

4)      grâce à l’espionnage industriel intense auquel se livrent les chinois, notamment par le biais de leurs étudiants disséminés en occident,

La Chine devrait être rapidement en mesure de développer ses propres productions, qui viendront à terme concurrencer les nôtres sur le terrain des prix.

G.E. to Share Jet Technology With China in New Joint Venture

G.E. to Share Jet Technology


G.E., in the partnership with a state-owned Chinese company, will be sharing its most sophisticated airplane electronics, including some of the same technology used in Boeing’s new state-of-the-art 787 Dreamliner.

 

Source: G.E. to Share Jet Technology With China in New Joint Venture, David Barboza, Christopher Drew, and Steve Lohr, The New York Times, January 17, 2011


Dans le cas de la France du moins, est que les grands contrats d’exportations que nous obtenons à grands renforts de cocoricos sont assortis non seulement de transferts de technologie suicidaires mais également de crédits-acheteurs avantageux supportés par le Trésor français – et in fine le plus souvent par le contribuable – et même parfois d’aides budgétaires aux États acquéreurs).

Cette réflexion attribuée à Lénine prend ici tout son sens :

« Ils nous vendront jusqu’à la corde avec laquelle nous les pendrons ».


Cet article en particulier a été séparé en multiples  carnets à cause de sa longueur et de sa pertinence à chacun d’eux.

1.       Mondialisation, délocalisations, dumping

2.       Les conséquences de la mondialisation : délocalisations, désindustrialisation, chômage

3.       La mondialisation un argumentaire grossièrement mensonger

4.       L’Allemagne capable de concurrencer la mondialisation

5.       Les conséquences de la mondialisation : dumping social, fiscal et environnemental

6.       Une petite minorité a imposé la mondialisation

Source : Mondialisation, délocalisations, dumping, Tribune libre de Paysan Savoyard, FDESOUCHE, 5 décembre 2010