L’aide aux entreprises, un gouffre de 5 G$

C’est évident que les entreprises vont d’investir dans une province ou un État, en examinant la liberté économique, comme nous sommes dans la queue du peloton en Amérique, alors les subventions ne suffisent pas pour les attirés.

Alors, pourquoi on donne autant de subventions ?

Pour gagner des votes.

Pire, on n’évalue même pas de façon indépendante si le produit potentiel qui est subventionné est suffisamment commercialisable.

De, plus les grosses entreprises comme Bombardier se font octroyer des subventions très généreuses en recherche & développement, pour se retrouver que le produit final va être fabriqué dans des pays émergents.


Extrait de : L’aide aux entreprises, un gouffre de 5 G$, Jean-François Cloutier et Annie Dufour, Argent,   23 février 2011

Alors qu’on a appris hier que la française Société Générale, une des plus grandes banques du monde, pourrait profiter d’un programme de crédit d’impôt pour créer 23 emplois à Montréal, de nombreuses voix s’élevaient pour remettre en cause les sommes énormes consenties à l’aide aux entreprises au Québec.

Pour le député adéquiste François Bonnardel, l’octroi d’une subvention à une institution financière de la taille de la Société Générale, dont les profits d’une seule année suffiraient à effacer le déficit budgétaire du Québec, n’a guère de sens.

«On est déjà les plus généreux au Canada pour ce qui est de l’aide aux entreprises. Il faut se poser la question de la pertinence de ce programme », a-t-il dit.

D’après ce qu’a expliqué hier à Argent le PDG de la banque au Canada, Pierre Matuszewski, Investissement Québec pourrait subventionner à hauteur de 20 000$ par emploi par année les 23 nouveaux postes qui ont été créés cet automne par la banque française dans la métropole.

La Société Générale a réalisé des revenus de 26,4 milliards d’euros (35,6 G$ CAN) en 2010, en hausse de 3,9%. Ses profits ont sextuplé l’an dernier pour s’établir à 3,9 milliards d’euros (5,25 G$ CAN).

Le point de vue de M. Bonnardel est partagé par Robert Gagné, professeur d’économie à HEC Montréal. «On donne énormément d’aide aux entreprises et finalement, on n’attire pas tant que ça d’entreprises étrangères », a-t-il signalé.

Selon M. Gagné, sauf exception, les entreprises ne choisissent pas de s’implanter quelque part en raison de la générosité de crédits d’impôts ponctuels, mais bien en raison de facteurs fondamentaux comme la qualité de la main-d’œuvre, le niveau général des impôts et le dynamisme économique d’une région dans un secteur économique donné.

Plein de bons sens, mais le bon sens au Québec est une denrée rare, surtout avec l’argent des contribuables.

«On s’illusionne si on pense qu’on peut faire n’importe quoi d’un côté et tenter de corriger la situation avec un peu d’aide aux entreprises de l’autre», a-t-il mentionné sur les ondes d’Argent aujourd’hui.

Du côté du gouvernement libéral, on a cherché à se dédouaner de la subvention d’Investissement Québec en blâmant les anciens gouvernements péquistes pour certains programmes trop généreux. «Le programme n’a pas été conçu pour exclure des grandes institutions financières», a dit le ministre du Développement économique, Clément Gignac.

Selon des chiffres du ministère des Finances, l’aide aux entreprises a coûté 5 G$ entre 2008 et 2011 au gouvernement québécois.