Le maire de Toronto est « prêt pour la bataille »

Extrait de : Le maire de Toronto est « prêt pour la bataille, Charles-Antoine Gagnon, Journal de Montral, 12/02/2011

TORONTO – L'administration de Rob Ford et les syndicats des employés municipaux de Toronto sont au beau milieu d'une guerre ouverte sur le terrain de la sécurité d'emploi.

L'offensive de la Ville de Toronto a récemment été lancée lorsque le maire Ford a annoncé que le processus de privatisation de la cueillette des ordures ménagères allait se poursuivre. Le contrat de travail des éboueurs prendra fin le 31 décembre.

La première phase, qui verrait le secteur privé s'occuper de la partie ouest de la ville, permettrait des économies d'au moins 8 millions $ par année.

« Je suis prêt pour la bataille (contre le syndicat) parce que je vais me battre au nom des contribuables », assure le maire de Toronto.

La vaste majorité des éboueurs à Toronto sont des employés de la Ville, sauf dans l'arrondissement d'Etobicoke puisque la responsabilité de la collecte des ordures avait été donnée au secteur privé avant la fusion de 1998 avec la Ville Reine.

Les employés permanents de Toronto bénéficient d'une clause dans leur contrat qui stipule qu'ils doivent se faire offrir un autre emploi si leur poste est supprimé en raison de la privatisation des services.

Je pense que le nouveau maire de Toronto attaque les vrais problèmes de fond sur l’inefficacité des villes.

Permanence, sécurité d’emploi et l’ancienneté sont des critères qui n’auraient jamais dû apparaître dans l’organisation du travail.

Ils ont été acquis par simple copinage entre les syndicats et le pouvoir politique, pour garder la paix syndicale.

Par contre, la ville n’est pas imputable à ses employés, mais imputable à ces contribuables, elle est en droit d’exiger l’efficacité de ces services.

Tous ces privilèges devront disparaître pour maintenir une qualité des services, avec des moyens de plus en plus limités.

L'administration Ford cherche à éliminer cette clause ou à la contourner en remplaçant les employés permanents qui quittent leur poste par des employés temporaires non protégés.

« Une fois que vous vous serez attaqués aux éboueurs municipaux, qui seront les prochains? » se demande Mark Ferguson, président du syndicat qui représente les techniciens ambulanciers, les travailleurs sociaux et les préposés au stationnement, notamment.

« Je pense que les employés à travers le pays réalisent que ce qui se passe à Toronto pourrait avoir des impacts sur leurs conditions de travail », ajoute-t-il.

La Ville va aussi demander des concessions aux employés de la Commission des transports en commun. Le contrat des chauffeurs et des employés d'entretien vient à échéance le 31 mars. Les employés la Commission des transports pourraient perdre le droit de grève qu'ils détiennent depuis plus de 100 ans. Un projet de loi sera déposé au cours des prochaines semaines à Queen's Park afin que le transport en commun de Toronto devienne un service essentiel.

À Montréal, les services essentiels sont assurés en cas de grève dans le transport en commun. En 2007, lors de la grève des employés d'entretien, les autobus et les métros roulaient aux heures de pointe, en soirée et durant les fins de semaine.

Les Torontois doivent absorber une taxe additionnelle de 3 % sur la collecte des ordures cette année, mais une hausse similaire des tarifs du transport en commun a été annulée par le maire Ford.