Le mode de scrutin québécois contesté

Commentaire à la fin du carnet.

Extrait de : Le mode de scrutin québécois contesté, Taïeb Moalla, Journal de Montréal, 07/02/2011

Représentant l’Association pour la revendication des droits démocratiques (ARDD), le célèbre avocat montréalais Julius Grey tentera mardi, devant la Cour d’appel du Québec à Montréal, d’invalider carrément le mode de scrutin québécois.

Interrogé par le Journal à avoir s’il s’agissait d’une demande « révolutionnaire », Me Grey a répondu du tac au tac. « Du temps de la Confédération, les femmes ne votaient pas. Invalider cette disposition, ce n’était pas révolutionnaire. C’était normal », a-t-il réagi.

La bataille judiciaire menée par l’ARDD ne date pas d’hier. Dès 2004, l’Association avait introduit un recours devant la Cour supérieure. Début 2009, la cour a répondu qu’il ne s’agissait pas d’une « matière justiciable ». Concrètement, l’affaire ne concernait pas les tribunaux, mais l’Assemblée nationale du Québec, a statué le tribunal.

Forte de « l’appui moral et financier » du Parti vert du Canada, de Québec solidaire et de l’ADQ, l’ARDD a obtenu le droit d’en appeler de la décision. « Je ne sais pas si la Cour d’appel se rangera ou non de notre côté, mais j’ai bien l’impression que cette cause ira devant la Cour suprême », prédit Me Grey.

Quel mode alors?

Patrick Daoust, président de l’ARDD, explique que le mode de scrutin uninominal à un tour, en vigueur au Québec, ne permet pas une « participation significative » ni une « représentation effective » des électeurs. « Si je suis à Laval et que je vote pour Québec solidaire, on ne peut pas vraiment dire que je participe de façon significative ou que je suis réellement représenté par mon député », explique-t-il.

Quelle solution alors? Un mode de scrutin proportionnel? Une élection à deux tours? Un mode mixte? « L’Association ne prend pas position sur le meilleur mode de scrutin. Nous sommes d’ailleurs conscients qu’aucun d’eux n’est parfait, admet M. Daoust. Mais, ce qui est sûr, c’est que le système actuel porte atteinte aux droits des électeurs qui appuient les tiers partis, les femmes et les membres des communautés ethnoculturelles. »


Il a tout à fait raison, ça fait des années que plusieurs associations émanant du peuple tentent de changer le mode de scrutin uninominal, d’autant plus qu’il est totalement désuet dans le monde.

Mais nos 2 vieux sont bien confortable avec ce mode de scrutin, il se partage le pouvoir depuis des décennies, tu places tes pions, je place mes pions, ne touche pas à mes pions et je ne toucherai pas à tes pions.

Et ainsi de suite, qu’avons-nous à la fin une belle corruption étatique, et pour le peuple pas d’importance, aussi longtemps que nous restons au pouvoir.

Disons qu’un scrutin proportionnel est un début pour avoir une saine démocratie.


Lectures complémentaires :

06/07/10

Même les Anglais demande de changer le scrutin uninominal ! le mode de scrutin uninominal est totalement dépassé, il crée tellement de la distorsion entre la volonté du peuple et le résultat final, que le mot 'démocratie' ressemble plus à un leurre.

18/06/10

Une démocratie saine doit être encadrée (2) – Grèce vs Québec, le Québec, la problématique du scrutin uninominal à un tour.

26/04/10

Scrutin majoritaire uninominal: dictateur en perspective, en tant que chef du parti gouvernemental, il contrôle le caucus des députés et, par l'entremise de ce dernier, la Chambre des communes ou l'Assemblée nationale, particulièrement lorsque son parti est majoritaire. 

En tant que chef du gouvernement, il nomme les ministres et les hauts fonctionnaires et peut les destituer; il oriente les politiques publiques et peut s'ingérer dans tous les aspects de l'activité gouvernementale et même, grâce à son pouvoir d'influence, dans toutes les questions d'ordre public. Il a donc pratiquement autant de pouvoir qu'un dictateur.

20/03/10

« Il est temps que politique rime avec service public », soyons réaliste, aucune réforme économique ne durera tant que les politiciens pourront la briser sous la pression des divers lobbys. Notre appareil étatique ne fait pas son devoir parce qu'il y a trop de corruption. La population le sait, surtout les jeunes. Ils ont décroché de la sphère publique.