Les élites contre le peuple ?

Extrait de : Les élites contre le peuple ?, Laurent Joffrini, Libération.fr, 30/12/2010

Le comportement de la classe dirigeante pendant la crise financière, dont les banques ont fourni l’exemple caricatural, a dangereusement accrédité cette vieille figure politique. Effacée la différence gauche-droite, disparue la controverse politique rationnelle.

Pour une bonne partie de l’opinion, la vitupération de «ceux d’en haut» tient lieu de manifeste philosophique. Haro sur les élites !

Pourra-t-on se contenter, pour conjurer la menace, de dénoncer rituellement le populisme, comme les bigots se signaient jadis en criant «vade retro» ?

A force d’entendre ces imprécations creuses, le peuple, justement, finit par penser que c’est après lui qu’on en a.

Peut-être faut-il aussi poser quelques questions qui dérangent.

Ainsi l’élection suffit-elle encore à garantir la légitimité ?

Les électeurs acceptent de moins en moins qu’un bout de papier glissé, un jour, dans l’urne, permette au responsable élu d’imposer sans partage sa loi durant cinq ans.

On se plaint de la démocratie d’opinion. Mais peut-on laisser l’opinion en dehors des choix qui la concernent entre deux élections ?

Peut-on se satisfaire du sort fait à l’expression de la majorité des Français, lors du référendum de 2005 sur l’Europe ? De ces innombrables promesses électorales «qui n’engagent que ceux qui les croient» selon la cynique expression si souvent citée ?

Ce n’est pas faire acte de populisme que de le rappeler à ceux que la bonne fortune met en situation de gouverner.


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Imaginer, nos politiciens gèrent plus de 68 milliards de nos impôts et plus de 95 % de la population ont  ‘peu ou pas confiance’  de gérer adéquatement la crise économique.

 

Pourquoi, parce que la population commence à comprendre que nos politiciens ne gèrent pas en fonction du bien commun, mais pour satisfaire les groupes d’intérêts.

 

Le problème du Québec depuis des décennies est un problème de gouvernance.

 

Source : 95 % de la population ne font pas confiance au gouvernement provincial


Démocratie directe :

Les Suisses ne considèrent pas comme pleinement démocratiques les pays où le peuple ne peut qu’élire des représentants et perd tout pouvoir de décision en dehors des élections.

Comment fonctionne la démocratie suisse ? Comme le peuple n’a pas le temps de prendre lui-même toutes les décisions politiques, il élit des représentants qui légifèrent et gouvernent.

Ces représentants ne sont toutefois pas autorisés à confisquer le pouvoir.

Le peuple conserve en effet la possibilité d’intervenir dans les affaires publiques en lançant des référendums (refuser une décision des élus) et des initiatives  (proposer une modification de la législation) : si le nombre requis de signatures est atteint, une votation populaire doit être organisée dont le résultat s’impose aux élus.