Les Québécois vivent au dessus de leurs moyens

Une crise immobilière n’est pas due à seule et unique cause, telle que la hausse des taux d’intérêt.

Juste de la rigueur budgétaire tel que : réductions de la masse salariale ou licenciement dans la fonction publique suffisent à créer une crise immobilière.

C’est exactement ce dont Flaherty a le plus peur actuellement, le taux d’endettement des Canadiens, si moindrement le Canada ou le Québec doit réagir à une économie anémique en diminuant ces dépenses ou simplement un simple coup de semonce de la part des agences de notations.

L’effet cascade a lieu, parlez-en aux gens de Dublin, ils en savent quelques choses !

Extrait de : Les Québécois vivent au dessus de leurs moyens, Carl Renaud, Argent, 2 février 2011

Plusieurs Québécois ont continué de s’endetter pour payer des dépenses de consommation en 2010. Le taux de crédit à la consommation a bondi pour une dixième année consécutive pour atteindre près de 42% du revenu disponible au Canada.

Cet appétit des consommateurs pour le crédit est plutôt bénéfique pour les détaillants. Une étude du Conseil québécois du commerce de détail a révélé mercredi que les ventes au détail ont bondi de 6,6% à 99,9 G$ au Québec en 2010 alors que la hausse a été de 5,1% pour l’ensemble du Canada à 436,4 G$.

Le syndic Pierre Fortin juge que ces données sont préoccupantes. «Chaque année on constate que le solde des prêts personnels et des cartes de crédit grimpe de 5% par an alors que le revenu après impôt des Québécois augmente de seulement 2,5% par année», a exprimé le vice-président de Jean Fortin et associés.

Plusieurs consommateurs ont même pris l’habitude d’acheter du carburant et de payer leur épicerie avec une carte de crédit sans être en mesure de régler la note à la fin du mois, selon les observations de Pierre Fortin.

Le taux de crédit à la consommation a plus que doublé au Canada au cours de la dernière décennie. Il est passé de 27% en 2001 à 41,8% en 2010. Ça signifie qu’un consommateur qui gagne 50 000$ par an après impôt a accumulé des dettes de 21 000$ sur ses cartes de crédit et sur ses marges de crédit.

Certains Québécois ont d’ailleurs un goût prononcé pour les produits de luxe. Par exemple, les ventes enregistrées par les exposants du Salon du Bateau et des Sports Nautiques de Montréal ont grimpé de 10 M$ à la fin janvier selon les organisateurs de l’événement.

«Les ménages doivent consommer en fonction de leur capacité de payer. C’est important de rencontrer ses engagements financiers», a exprimé Gaston Lafleur, président du Conseil québécois du commerce de détail, prévenant que l’endettement élevé pourrait entraîner de lourdes conséquences sur le niveau de consommation des Québécois dans le futur.

Pour le moment, le nombre de dossiers d’insolvabilité -faillites et propositions de consommateurs- est plutôt sous contrôle dans la province. Il a glissé de 10% de 2009 à 2010 influencé par la santé de notre économie.

«Le taux de chômage est peu élevé au Québec. Ce sont souvent des pertes d’emplois qui entrainent une augmentation du nombre de faillites», a dit Gaston Lafleur du CQCD.

Malgré tout, Pierre Fortin estime que l’endettement élevé des ménages représente un danger à long terme. «La carte de crédit est un excellent mode de paiement mais elle n’est pas un bon outil de crédit. Les taux d’intérêt s’élèvent souvent à près de 20%», a expliqué Pierre Fortin.

Le syndic a d’ailleurs constaté une augmentation des soldes accumulés sur les cartes de crédit de ses clients au cours de la dernière année. Le solde moyen a bondi à 13 350$ en hausse de 10% par rapport à 2009.