Mondialisation, délocalisations, dumping

Sujet : Mondialisation, délocalisations, dumping

Certains articles de Paysan Savoyard qui méritent notre attention.

Le fait que je scrute des dizaines de milliers d’articles dans le monde dans l’année pour faire ce blogue, j’ai constaté une mondialisation sauvage, on délocalise sans retenue, les mondialistes vous disent que les pays industriels gardent l’économie du service et de savoir.

C’est totalement faux

Ils sont littéralement en train de tous délocaliser, hautes technologies, recherche & développement et service par simple avidité mercantile, il n’attend même plus si la compagnie est d’un niveau international.

Si la moyenne entreprise a un potentiel international, il la délocalise vers la Chine avec sa recherche à cause du faible coût de production et du haut niveau d’expertise que la Chine possède présentement, même si cette compagnie a reçu des centaines de millions en subvention de l’État d’origine.

Si aucun changement n’a lieu, les balances commerciales avec les pays émergents resteront déficitaires, les déficits des États industriels vont perdurer, le haut taux de chômage va se maintenir, la classe moyenne va perdre son pouvoir d’achat et le dumping social va s’accentuer.

Il est important que l’on connaisse les vrais enjeux, car tous les pays industriels sont affectés, nos médias n’osent pas trop en parler, parce qu’ils sont liés à leurs propres clients, qui sont des institutions financières et des industriels.

Il est inconcevable que les États-Unis pour tenter d’avoir un simple 3 % de PIB doive s’endetter de plus de 1.5 trilliards, même le Canada s’endette presque de 70 milliards (fédéral et province) cette année pour tenter d’avoir un simple 3%, et de voir en contrepartie la Chine qui se permet un taux d’accroissement de 10 % de son PIB  en cumulant des trilliards de réserves.

Tous les pays industriels sont affectés, juste dans le contexte du Québec, si les États-Unis souffrent, le Québec et le Canada souffrent aussi, car c’est notre principal partenaire.

Je suis en totalement en désaccord avec la mondialisation sauvage, et je suis tout à fait d’accord avec la position de M. Jarislowsky, une mondialisation équitable sans cela notre niveau de vie graduellement s’abaissera si nous ne tentons pas de neutraliser l'effet du déséquilibre salarial.

L’article de Paysan Savoyard est extrêmement pertinent sur les effets pervers de la mondialisation, de plus il est très bien écrit.

À cause de la longueur de l’article, je l’ai séparé en multiples carnets et j’ai ajouté des commentaires, graphiques et vidéo pour accentuer ses dires.


La mondialisation : une application des thèses libérales

Le processus de libéralisation entrepris dans les pays industrialisés à la fin des années 1970 (voir la tribune parue le 24 septembre 2010) s’est accompagné de la mondialisation de l’économie de marché. La mondialisation est le processus qui conduit d’une part la plupart des pays de la planète à adopter l’économie de marché et qui les amène d’autre part à développer entre eux des échanges économiques croissants, échanges qui concernent les biens, les services et les capitaux.

La mondialisation constitue une application des thèses économiques libérales :

·         Le libéralisme préconise en effet que les différents marchés nationaux soient ouverts les uns aux autres. L’ouverture des marchés est profitable pour deux raisons. Elle accroît la concurrence, puisque les acteurs sont plus nombreux, en bénéficiant aux entreprises efficaces à qui elle permet une augmentation du nombre de leurs clients. Elle permet également à ces entreprises des « économies d’échelle » dans le processus de production. Pour ces raisons, le libéralisme prohibe le système inverse : le protectionnisme.

·         La théorie économique libérale, en second lieu, considère comme souhaitable que s’organise une spécialisation des différents pays en fonction de leurs « avantages comparatifs ». Par exemple il sera profitable aux différents acteurs de l’économie mondiale que les activités industrielles utilisant une main d’oeuvre nombreuse soient concentrées dans les pays où les salaires sont faibles.

Dans la pratique, les États peuvent être tentés de profiter de l’ouverture des autres pays, tout en pratiquant à leurs frontières un protectionnisme plus ou moins discret (c’est le cas des États-Unis, du Japon et de la Chine notamment).

Les étapes de la mondialisation : diminution des barrières douanières et libération des mouvements de capitaux

La libéralisation des échanges commerciaux va être mise en oeuvre après la guerre entre occidentaux, à l’inspiration des États-Unis. Dès la conférence de Bretton-Woods (1944), un cycle de négociations s’engage pour libéraliser le commerce mondial : il s’agit de procéder à un abaissement des droits de douane et de faire disparaître les normes nationales à effet protectionniste. Ces négociations, cependant, ne concernent pour l’essentiel que les occidentaux et quelques pays non occidentaux membres de l’OCDE, comme le Japon.

La libéralisation du commerce international va changer de dimension et devenir vraiment mondiale à compter du moment où la Chine décide, au début des années 1980, tout en restant dirigée sur un mode autoritaire par le parti communiste, de participer elle aussi progressivement à la mondialisation de l’économie. La chute du « Mur » (1989) et la disparition des blocs accentuent à leur tour la mondialisation. L’économie libérale, qui ne concernait jusque-là que l’occident, va dès lors être adoptée par la quasi-totalité des pays de la planète.

Dans ce contexte d’élargissement géographique de la mondialisation, les États vont prendre à partir des années 1980 deux types de décisions pour développer les échanges commerciaux internationaux :

·         Ils vont d’abord décider d’accentuer la libéralisation du commerce extérieur. Les cycles de négociation du GATT, devenu OMC, ne concernent plus cette fois les seuls occidentaux mais la majorité des pays. Ces négociations aboutissent à la poursuite de la politique d’abaissement des droits de douane et des barrières non tarifaires d’une part ; et à l’ouverture de secteurs jusque-là protégés de la concurrence internationale (comme le textile) d’autre part.

Un nouveau cycle de négociation est en cours depuis plusieurs années («  Doha round »), qui a pour objectif de libéraliser les échanges dans le secteur des services et dans celui de l’agriculture (si cette négociation aboutit, elle devrait se traduire notamment par une profonde modification de la politique agricole commune européenne, PAC, et par un abaissement des subventions et garanties dont bénéficient jusqu’à présent les agriculteurs européens).

·         Les États participant à la mondialisation vont décider d’autre part de libéraliser les mouvements internationaux de capitaux. Jusqu’aux années 1980 il existait dans la plupart des pays un « contrôle des changes » : toute opération de change de monnaie (par exemple la conversion de francs en marks) ne pouvait s’effectuer qu’avec l’accord des autorités publiques, l’objectif du contrôle des changes étant d’empêcher les sorties massives de capitaux hors du territoire national et de protéger la valeur de la monnaie nationale (en France le contrôle des changes prenait en pratique la forme suivante : au-delà d’un certain montant, la sortie de capitaux nécessitait une autorisation administrative ; en deçà, l’opération de sortie de capitaux faisait l’objet d’une pénalisation financière sous forme d’une obligation de dépôts non rémunérés à la Banque de France).

Dans les années 1980, conformément aux principes de l’économie libérale, les États (occidentaux du moins) qui pratiquaient un contrôle des changes ont décidé de le supprimer et de libéraliser les mouvements de capitaux. En France la décision de supprimer le contrôle des changes est prise par le gouvernement (socialiste) en 1985, avec effet au 1er juillet 1986. Dans le cadre de l’Union européenne, cette décision prend la forme d’une directive adoptée par les gouvernements des États membres le 24 juin 1988).

Ces différentes décisions vont permettre, comme c’était l’objectif, une forte augmentation du commerce mondial, qui va croître à un rythme toujours nettement supérieur à celui de la production (voir les données de l’OCDE).

Ces politiques de libéralisation vont également avoir trois autres conséquences majeures :

1)      le développement des délocalisations ;

2)      la mise en œuvre d’un processus mondial de dumping ;

3)      et la financiarisation de l’économie (il sera traité de ce dernier point dans le cadre du prochain article de la présente série).


Cet article en particulier a été séparé en multiples carnets à cause de sa longueur et de sa pertinence à chacun d’eux.

1.       Mondialisation, délocalisations, dumping

2.       Les conséquences de la mondialisation : délocalisations, désindustrialisation, chômage

3.       La mondialisation un argumentaire grossièrement mensonger

4.       L’Allemagne capable de concurrencer la mondialisation

5.       Les conséquences de la mondialisation : dumping social, fiscal et environnemental

6.       Une petite minorité a imposé la mondialisation

Source : Mondialisation, délocalisations, dumping, Tribune libre de Paysan Savoyard, FDESOUCHE, 5 décembre 2010