Plus du tiers des antidépresseurs prescrits au pays le sont au Québec

Quand ce n’est pas toi qui payes, pas de problème, allons-y gaiement !

Extrait de : 13 Millions d'ordonnances,  Éric Yvan Lemay, Journal de Montréal, 07/02/2011

Les Québécois n'ont jamais consommé autant d'antidépresseurs. En 2010, c'est plus de 13 millions d'ordonnances qui ont été remplies uniquement dans la province.

«Toutes les études le disent, il y a une hausse des problématiques de santé mentale, pas juste au Québec, mais aussi au Canada et partout dans le monde. C'est une des premières causes d'invalidité au travail», indique Marie-Josée Fleury, professeure agrégée au département de psychiatrie de l'Université McGill.

Selon une recherche qu'elle a menée avec son équipe auprès de 398 médecins de famille, environ le quart des consultations portent sur des problèmes de santé mentale.

La spécialiste rappelle que tout cela s'inscrit dans une hausse de la médication en général. «J'ai l'impression aussi que c'est rassurant parfois d'avoir une pilule. On veut toujours régler nos problèmes et les régler rapidement.»

Pas assez de soutien

Même si elle reconnaît l'importance de la médication pour plusieurs personnes, elle se demande si on ne pourrait pas faire mieux. «Il y a souvent un problème de suivi. Il y a un consensus sur le fait que la psychothérapie est très importante.»

Marie-Josée Fleury croit aussi que le fait que plus du tiers des antidépresseurs prescrits au pays le sont au Québec est dû au fait que nous avons une assurance médicament publique.

D'ailleurs, une étude du Conseil du médicament démontre que sur les 2,54 millions de Québécois assurés, un sur sept prend des antidépresseurs.

De 2005 à 2009, la prévalence de l'usage des antidépresseurs chez les adultes québécois couverts par le régime public d'assurance-médicaments a augmenté de 8,3 %

Globalement, 50,1% des nouveaux utilisateurs avaient 60 ans ou plus et les femmes représentaient environ les deux tiers des nouveaux utilisateurs d'antidépresseurs

La durée totale de traitement était inférieure à huit mois dans la majorité des cas et peu de visites médicales de suivi ont été effectuées dans l'année suivant le début du traitement.

Le médecin à l'origine du traitement antidépresseur était un omnipraticien dans la grande majorité des cas (82,3 %) et un psychiatre dans seulement 5,8 % des cas.