Querétaro (Mexique) : La mondialisation sauvage et la délocalisation du savoir

Dans un restaurant de Querétaro, le secrétaire adjoint de la Fédération des travailleurs de l'État de Querétaro, Jaime Lira Morales, affirme à La Presse Affaires que les employés mexicains de Bombardier ne sont pas les rivaux des employés québécois.

Querétaro - Géo

« Nous travaillons pour la même entreprise, lance-t-il. Nous faisons des composants, ils font des composants pour fabriquer un produit de qualité à un coût attrayant. »

La fédération représente 92 000 syndiqués, dont 9000 dans l'industrie aéronautique, desquels 940 chez Bombardier. Son secrétaire général, Jesus Llama Contreras, affirme que les relations sont très bonnes entre le constructeur et ses syndiqués.

« Nous n'avons presque aucun conflit, nous dialoguons, soutient-il, vêtu d'un blouson aux couleurs de la fédération. Nous avons créé une nouvelle culture parce que les gens de Querétaro ne connaissaient pas l'aéronautique et que Bombardier ne connaissait pas les gens de la région. Nous avons donc bâti une relation sur des bases nouvelles. »

Il ajoute qu'à Querétaro, les syndicats ne sont pas vus comme des fauteurs de trouble.

« L'ennemi n'est pas l'employeur, mais celui qui fait un meilleur produit, avec un meilleur service, à un meilleur prix, dans des délais plus courts », soutient-il.

Il est interrompu par la sonnerie de son téléphone mobile. C'est le secrétaire du Travail de l'État de Querétaro, Juan Gorraes Enrile. Lorsque celui-ci apprend que M. Llamas est en entrevue avec une journaliste canadienne, il insiste pour parler avec cette dernière.

« Cette bonne relation avec les syndicats, c'est quelque chose qui est très attrayant, c'est un facteur pour attirer ici les entreprises étrangères et mexicaines », affirme-t-il à La Presse Affaires.

La naissance d'une grappe

GE DesignDésireux de diversifier son secteur manufacturier, le gouvernement de l'État de Querétaro fonde de grands espoirs sur l'industrie aéronautique et ne ménage pas les efforts pour séduire les joueurs étrangers.

Il a notamment pris en charge les infrastructures du Parc aérospatial de Querétaro et a créé, avec le gouvernement mexicain,  l'Université nationale d'aéronautique de Querétaro (UNAQ).

Les baies vitrées de l'immense bâtiment étincellent sous le soleil mexicain, à un jet de pierre des usines de Bombardier. C'est d'ailleurs pour former les premiers employés mexicains de Bombardier que l'UNAQ a pris naissance, avec l'aide de l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal.

Eh oui, belle technique on utilise nos propres institutions de formation payer par le peuple canadien et québécois, pour se faire délocaliser, plus tard !, belle technique pour se faire hara-kiri

« Cette école faisait partie du plan pour attirer Bombardier à Querétaro », confie le recteur de l'institution, Jorge Gutierrez de Vasco Rodriguez, dans un des rares bureaux de l'édifice. L'essentiel du bâtiment est consacré aux ateliers où s'affairent les étudiants.

L'institution a déjà formé 2000 techniciens. Elle a également mis en place un programme :

1)      pour former des techniciens de niveau supérieur

2)      et un autre pour former des ingénieurs industriels spécialisés dans l'industrie aéronautique.

« Plus de 90 % de nos élèves ont trouvé de l'emploi », s'enorgueillit le recteur.

Mexique - Salire

Le secrétaire du Développement durable de l'État de Querétaro, Tonatiuh Salinas, vise une croissance de 225 % de l'industrie aéronautique dans son État au cours des deux prochaines années.

En entrevue dans son bureau du centre-ville, il fait valoir les avantages de la région : son aéroport international tout neuf, sa tradition industrielle, le fait qu'elle se trouve pratiquement dans le même fuseau horaire que les grandes villes nord-américaines, à quelques heures de vol seulement, ou quelques jours par camion.

Il n'insiste pas sur les bas salaires des travailleurs mexicains.

Évidemment, parce que c’est la principale raison,
pourquoi les industries vont au Mexique.

« Nous ne nous considérons pas comme un État à bas coûts, mais comme un État à coûts compétitifs, compte tenu de l'ensemble des coûts de production ou de logistique », affirme-t-il.

La recherche & développement se délocalise

Vous pensez que l’on délocalise seulement le manufacturing industriel, bienvenue dans la vraie vie, la phase 2 de la mondialisation, la délocalisation du savoir.

Et nos médias, il ne faudra pas trop en parler, je risque de perdre des clients comme annonceurs.

GE Infrastructure Querétoro

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GE IQ, formerly known as Advanced Turbomachinery Engineering Center, began its activities in the City of Santiago de Querétaro on the 1st of September of 1999. GE IQ is a company that belongs to General Electric; it provides engineering services to GE Energy and GE Aviation.

 

GE IQ's business is technology, their products are Engineering and Technological Services for Turbomachinery in the Aeronautical and Power Generation Industries by means of:

 

+ Enabled and specialized personnel

 

+ Specific work methods

 

+ Facilities, capacity of communication    and computer science infrastructure

 

Primary Activities 

 

 – Components, systems, tools and harness design, using Six Sigma DFSS methodology

– Generation Systems design with aeroderivatives

– Finite Element (FE) structural, thermal and computer fluid dynamics (CFD) analysis

– Turbine control systems

– Hydraulic systems design

– Manufacturing and inspection process

– Rotors and electric generators

 

Contact  Information :

Tel: +52 (442) 238 2300

Dans les bureaux de GE IQ, au centre-ville de Querétaro, près de 1300 ingénieurs et techniciens spécialisés conçoivent des turbines pour les secteurs de l'énergie et de l'aéronautique.

Dans un local protégé par de sévères mesures de sécurité, exigées par la réglementation américaine sur les secrets militaires, des dizaines d'employés testent les logiciels de moteurs d'avion à l'aide d'équipement hautement perfectionné. Il n'y a pas d'expatriés ici, tous sont Mexicains.

« Nous sommes le plus grand centre de conception de moteurs d'avion de GE à l'extérieur des États-Unis », lance fièrement le directeur général de GE IQ, Vladimoro de la Mora.

GE IQ s'est installée à Querétaro il y a plus d'une dizaine d'années dans le cadre d'un projet de turbine à gaz avec le gouvernement. General Electric a décidé de faire croître cette filiale et de lui confier également des mandats dans le secteur de l'aéronautique.

Évidemment, les coûts peu élevés ont été un facteur important dans cette décision.

« Aujourd'hui, il y a plus que les coûts qui sont attrayants, affirme M. de la Mora.

Il y a l'expertise et la créativité.

Nous sommes tout près d'une des plus grandes villes du monde, il y a beaucoup de talents que nous pouvons attirer ici. Et nous avons l'appui des autorités locales : les lignes de communication sont ouvertes avec eux. »

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Source : Bombardier au Mexique: la croissance au rendez-vous, la presse affaires, 29 janvier 2011