Retraite à la suédoise: une recette qui fait le tour du monde

C’est, bien La Presse commence, à jouer le jeu, allez voir ailleurs pour démontrer qu’il y a plusieurs solutions qui fonctionne dans le monde.

Parce que ce n’est pas avec nos politiciens qui sont embourbés avec les groupes d’intérêts que le Québec va progresser.

Trois articles en rafale sur le modèle suédois pour les retraites.

Points forts :

·         Équité entre le secteur privé ou public, aucune différence.

·         Équité intergénérationnel, système autofinancé.

·         Système toujours en équilibre financièrement.


Extrait de : Retraite à la suédoise: vivre plus vieux, travailler plus longtemps, Stéphanie Grammond, La Presse, 17 février 2011, envoyée spéciale

(Stockholm) De la dynamite d'Alfred Nobel jusqu'à l'interurbain bon marché de Skype, la Suède est une contrée d'inventeurs. Pas étonnant que les Suédois aient conçu de toutes pièces un nouveau type de régime de retraite, pour remplacer leur ancien système public qui prenait l'eau.

Au début des années 90, la Suède a fait face à une grave crise financière. Berceau de la social-démocratie, la Suède n'a pas eu le choix de faire des compressions. Mais tôt ou tard, il aurait été nécessaire de redresser la barre pour faire face au vieillissement de la population.

Dans 30 ans, près du quart des Suédois auront plus de 65 ans, exactement comme au Canada. L'ancien système de retraite n'aurait pas tenu le coup.

Auparavant, les Suédois pouvaient travailler 30 ans et obtenir la rente maximale. Les retraités recevaient 60% de leur salaire des 15 meilleures années (70% en ajoutant la rente du régime de leur employeur). En plus d'être extrêmement coûteux, l'ancien système était très régressif. Il menait à une importante redistribution de la richesse des pauvres vers les riches. «Il y en avait moins pour Robin des Bois et plus pour le Shérif de Nottingham», illustre Bo Könberg président du conseil de l'Office des retraites de la Suède qui supervise le système de rentes de l'État.

Exactement ce qui se passe avec notre système actuel,
plus en plus de prestataires et moins en moins de cotisants.

Pour encourager les gens à travailler plus longtemps, la Suède a créé un régime de retraite à «cotisations déterminées notionnel» il y a 15 ans. Pur design suédois. Avec ce nouveau régime, le niveau des cotisations est coulé dans le béton. Fini les dépassements de coûts.

Par contre, le niveau des rentes fluctue selon une formule complexe qui tient compte de plusieurs variables.

Le système toujours en équilibre

Le nouveau système a donc établi ses paramètres de façon à être continuellement en équilibre financier. Le paramètre fixe est le taux de cotisation. Si l’espérance de vie augmente plus rapidement que prévu ou si la croissance économique est différente de ce qui a été prévu, cela se répercutera directement sur le montant de la rente versée aux retraités ou sur la durée du versement de cette rente.

Désormais, les Suédois amassent 18,5% de leur salaire chaque année pour financer leur retraite. La contribution est partagée entre l'employeur et l'employé. Les gens voient exactement où ils en sont rendus. Mais l'argent reste théorique (sauf pour la contribution de 2,5% destinée aux comptes Premium). C'est une promesse de rente qui s'accumule dans un compte en banque «notionnel». Ce sont les générations futures qui paieront les rentes des travailleurs actuels, comme dans l'ancien système.

Par contre, il est en équilibre constant, si le système connaît des ratés tels que des crises économiques, les prestations diminuent aussi, on ne garantit plus 70 % de ton salaire, mais en fonction de l’économie du pays et les indices boursiers.

L'avantage du nouveau système? Chacun est sûr d'obtenir exactement son dû. «Il y a maintenant un lien très étroit entre les contributions et les bénéfices, entre ce qu'on paie et ce qu'on reçoit», explique Bo Könberg. Désormais, si les Suédois travaillent plus longtemps, ils obtiennent davantage à la retraite. Chaque heure de travail supplémentaire bonifie la rente. «Chaque couronne gagnée compte», insiste M. Könberg.

Au boulot jusqu'à 70 ans

Mais les Suédois ont perdu au change. «On s'est fait avoir!» blague Mikael Nyman, rédacteur en chef d'une publication spécialisée sur les régimes de retraite. «Avant, nous avions un système qui me permettait d'avoir une pleine retraite après 30 ans de travail. Pour avoir l'équivalent, il faudra que je travaille pendant 40 ans... ce qui est correct.»

Comment les Suédois ont-ils pu avaler cette réduction? Il n'y a que deux réponses possibles, selon M. Nyman. A: Ils n'ont rien compris du tout. B: Ils ont très bien compris que l'ancien système n'était plus viable financièrement. «La Suède était au milieu d'une crise, rappelle-t-il. Les étrangers ne voulaient plus acheter nos obligations gouvernementales. La réforme était un moyen de nous sortir du trou.»

Aujourd'hui, les finances publiques sont en santé. Mais les Suédois devront travailler plus longtemps, les jeunes en particulier. C'est que le nouveau système tient aussi compte de l'espérance de vie qui augmente d'environ un an chaque décennie. «Si les gens vivent plus vieux, ils devront travailler plus longtemps afin d'obtenir une rente équivalente», dit Bo Könberg.

Prenez un Suédois de 51 ans. Il devra reporter sa retraite de 65 à 67 ans. Mais c'est logique, car il vivra probablement trois ans plus vieux que son père, soit jusqu'à 85,5 ans et demi. À ce rythme, les jeunes qui ont 20 ans aujourd'hui devront travailler au-delà de 68 ans... ou se contenter d'une rente inférieure.

En fait c’est un système honnête, ça empeche que des gens qui prennet des retraites trops tôt, n’ont pas assez payés et ce sont les cotisants actuels qui a payent la différence, et rendu à la retaite ils ne restent plus d’Argent.

Car les Suédois ont le choix: ils peuvent partir dès 61 ans. Mais leur rente sera très faible. Sinon, ils peuvent attendre à 65, à 66 ans, ou plus tard. Chaque année de plus bonifiera leur rente d'environ 10%. Ainsi, l'âge de la retraite devient un choix purement personnel, plutôt qu'un enjeu social récurrent comme dans d'autres pays européens qui ont dû repousser l'âge légal de la retraite. «On a eu beaucoup moins que problèmes qu'en France», dit Bo Könberg en souriant.

Les projections facilitent la prise de conscience des intéressés et empêche les départs précoces à la retraite. Avant la réforme, l’économie suédoise souffrait terriblement de la multiplication des mécanismes – subventionnés – de mise à la retraite prématurée et les spécialistes considèrent que la fin de ces mécanismes est une des conséquences les plus importantes de cette réforme des retraites.

Au Québec, on constate ainsi que 60 % des nouveaux retraités québécois âgés de 50 ans et plus du secteur public ont pris leur retraite alors qu’ils avaient moins de 60 ans en 2008 et 2009, comparativement à seulement 32 % dans le secteur privé (incluant les travailleurs autonomes), par rapport à 33 pour cent en Ontario et 28 pour cent dans l'Ouest canadien.

Ainsi, à mesure que la population vieillit, l'écart se creuse entre le secteur public et le secteur privé en ce qui concerne l'âge de la retraite.

Nous devons d'ailleurs nous demander s'il est approprié, en tant que société, que la majorité des personnes cessent d'être productives pour une retraite aussi longue que leur vie active.

Il devient absurde, financièrement, de voir des gens être plus longtemps à la retraite qu'au travail, comme c'est le cas de gens qui sont admissibles à des retraites hâtives.

Pour l’individu du secteur public qui prend sa retraite trop tôt, le peuple doit payer 2 à 3 fois la valeur du montant qu’il a cotisé, ce qui augmente considérablement le déficit actuariel.

Travailler jusqu'à 70 ans, ce n'est pas un scénario catastrophique, assure Joakim Palme, directeur de l'Institute for Futures Studies, à Stockholm. «Mais si les gens ne sont pas en santé, c'est un vrai problème, dit-il. Il faut voir comment on peut investir dans leur santé, comment on peut organiser le travail des gens plus âgés. Les études démontrent clairement que ce n'est pas le montant de la rente, mais plutôt les conditions de travail qui font en sorte que les gens prennent leur retraite plus tard.»

Les rentes réduites

Les retraités ressentent aussi les effets de la réforme. Auparavant, l'indexation de leur rente suivait l'inflation. Au cours d'une longue période économique difficile, les revenus des retraités avaient grimpé davantage que ceux des travailleurs. Pour plus d'équité, les rentes suivent maintenant la hausse du salaire des travailleurs.

Et pour éviter que le système déraille, la Suède a aussi inventé des «freins», un mécanisme complexe qui réduit les rentes pour assurer la viabilité à long terme du système, sans jamais avoir à hausser les contributions.

C'est un beau mécanisme, affirme Mats Langensjö, associé chez Diplomat Communications. «Sauf que la seule question que tout le monde se pose est: combien d'argent est-ce que je vais recevoir à chaque mois à la retraite? Et c'est la seule question à laquelle il n'y a pas de réponse», dit-il.

Pour la première fois, les rentes ont été réduites de 2% en 2010, à cause des aléas sur les marchés financiers. Puis, elles ont fondu de 5% en 2011. Personne n'est monté aux barricades. «Je pense que les gens ont accepté le fait que lorsqu'il y a des problèmes économiques, il y a un impact même sur les rentes de retraite», dit Bo Könberg qui prévoit une remontée des rentes au cours des deux prochaines années.

Un peuple qui agit avec maturité, l’argent ne pousse pas dans les arbres, ou tout bêtement on n’endette pas les futures générations pour se permettre une retraite dorée, qu’on n’a jamais assez payée.

Mais certains redoutent une érosion des rentes à long terme. Ils remettent en question cette mécanique trop bien huilée.

«Le grand défi politique derrière un système de retraite est d'arriver au bon équilibre entre le niveau des rentes, l'âge de la retraite et les contributions.

Et cet équilibre doit être continuellement monitoré.

C'est la responsabilité première des politiciens», estime Karl Gustaf Scherman.

Oui, mais ça prend des politiciens responsables et matures.

Ancien directeur de l'Agence de retraite suédoise durant la réforme, il est devenu l'un de ses plus sévères critiques du nouveau système, après son mandat. «Ici, on a trouvé une solution qui règle les problèmes pour l'éternité, ironise-t-il. Ça ne se peut pas!»


Extrait : Retraite à la suédoise: une recette qui fait le tour du monde, Stéphanie Grammond, La Presse, 17 février 2011, envoyée spéciale

(Stockholm) Avec le vieillissement de la population, le financement des retraites posera un défi majeur dans la plupart des pays occidentaux. Plus de retraités, moins de travailleurs. Peut-on maintenir les rentes tout en préservant l'équité entre les générations? Chez nous, la question est brûlante d'actualité étant donné l'actuel déséquillibre de la Régie des rentes du Québec.

(Petit détail, elle n’ose pas parler du total déséquilibre entre le secteur privé et public, en Suède tout le monde est au niveau. En Suède, pas de jaloux. Le régime est le même pour tous, employés du privé comme du public, et le taux de cotisation sur les salaires rigoureusement identique à la virgule près, dans l’article elle fait attention de ne pas en parler, pour ménager la fonction publique et bien sûr les syndicats.)

En Suède, la question est réglée depuis 15 ans, grâce à une formule qui s'ajuste toute seule. Une idée qui soulève l'intérêt partout dans le monde.

Rue Horngatan, à Södermalm. C'est ici que vivent Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, personnages de la célèbre trilogie suédoise Millenium qui a fait le tour du monde. Et c'est dans cet ancien quartier ouvrier que l'Office des retraites de la Suède vient d'élire domicile, à l'écart du centre des affaires de Stockholm où il était situé auparavant.

Les bureaux ont été aménagés dans une ancienne manufacture de chaussures. Question de réduire les coûts, précise le président du conseil, Bo Könberg. L'austérité est de rigueur, car les retraites coûtent cher avec le vieillissement de la population et les années de vaches maigres en Bourse.

Bo Könberg a l'habitude de recevoir des visiteurs étrangers. Ancien ministre de la Santé et des Services sociaux en Suède, il a été un acteur clé de la réforme du régime de retraite en Suède, qui a soulevé l'intérêt aux quatre coins du monde.

Il y a 15 ans, la Suède a complètement transformé son généreux système de retraite pour assurer sa viabilité financière à long terme. Aujourd'hui, le système tient la route, malgré la crise financière de 2008, malgré le départ à la retraite des premiers baby-boomers, malgré l'augmentation de l'espérance de vie.

En fait, le système s'ajuste tout seul. Sans que les politiciens s'en mêlent.

Surtout, il faut qu’il soit apolitique, car s’il y a des politiciens il y a de la magouille, à cause des groupes d’intérêts.

La même logique s’applique pour la gestion de la santé ou l’éducation, le gouvernement ne s’occupe pas de la rémunération ou de l’organisation du travail, les entreprises publiques s’en occupent, la seule chose que le gouvernement fait c’est de payer.

Connaissez-vous beaucoup de pays où le gouvernement se permettrait de réduire les rentes en pleine année électorale? La Suède l'a fait l'an dernier. Personne n'a bronché.

De quoi attirer l'attention des pays européens. La Lettonie a été la première à importer la réforme suédoise. Puis, il y a eu la Pologne, l'Italie, la Norvège... Et ce n'est pas fini. Alors que l'Europe est en mode compression, la Commission européenne se penche sur la réforme suédoise, considérée par la Banque mondiale comme un modèle viable de système de retraite.

Pourquoi, car il est responsable !

Des politiciens matures qui ont dit à leurs peuples que les régimes de prestations déterminés s’en allaient dans un mur, les gens ne sont pas des imbéciles, quand tu donnes la peine de bien expliquer, ça prend aussi des syndicats matures aussi.


Extrait de : Retraite à la suédoise: comme un REER obligatoire..., Stéphanie Grammond, La Presse, 17 février 2011, envoyée spéciale

Depuis 2000, les travailleurs suédois ont tous un compte d'épargne retraite individuel dans lequel ils accumulent 2,5% de leur salaire chaque année. La contribution obligatoire est partagée entre l'employeur et l'employé.

À certains égards, ces comptes Premium ressemblent à un REER obligatoire, une idée mise de l'avant au Québec en janvier... mais rejetée en bloc par tous les partis politiques.

Attention, car on maintient le RRQ qui est déjà sous financés, de plus on ne réglait pas le problème d’iniquité de distribution de richesse entre le privé et le public, si le modèle suédois a été accepté par sa population, il n’y avait pas de passe-droit.

Le principal architecte de ce redressement fut Goran Persson. Nommé ministre des Finances en 1994, il devenait premier ministre deux ans plus tard.

 

Deuxièmement, aucun secteur, absolument aucun ne doit être épargné. Cela ne peut marcher, explique Persson, si le peuple se convainc qu’un groupe de gens en particulier réussit à se défiler. Chacun doit contribuer selon ses moyens, mais TOUS doivent contribuer.

 

Lire : Une refonte du régime de retraite au Québec

En Suède, chaque individu doit se constituer un portefeuille en sélectionnant un maximum de cinq fonds communs, à l'intérieur d'un éventail de 777 fonds offerts par 88 sociétés.

Pour les travailleurs qui ne veulent pas faire de choix de placement, les contributions sont acheminées vers le fonds Safa, l'option par défaut gérée par la société d'État AP7.

Au moment de la retraite, les travailleurs utilisent l'argent accumulé dans leur compte Premium pour se procurer une rente. Impossible de vider le compte d'un coup sec, contrairement au REER qui est souvent grugé avant la retraite.

La différence majeure aussi, personne ne peut piger dans ton compte, ce qui se passe avec les régimes au Québec, ceux qui payent actuellement des cotisations payent pour ceux qui n’ont pas assez payé, d’où le pourquoi qu’on cumule des déficits actuariels.

Frais modiques

Avec les comptes Premium, la Suède voulait encourager les gens à se familiariser avec les marchés financiers. Mais 10 ans plus tard, peu d'épargnants s'impliquent réellement dans leurs placements. Et l'option par défaut remporte plus de succès que prévu.

AP7 gère le quart des actifs des comptes Premium, soit 17 milliards sur 67 milliards. «Mais 42% des individus sont avec AP7, car la plupart des jeunes qui ont moins de capital ne font pas de choix actifs», constate Richard Gröttheim, chef des opérations de AP7.

Depuis 2000, l'option par défaut a livré 7% de plus que la moyenne des fonds communs, se félicite le patron d'AP7. Les investisseurs ont eu un rendement de 4,2% par année en moyenne, en tenant compte des contributions. «Il faut réaliser que durant cette période, nous avons eu deux sévères crises boursières, en 2000 puis en 2008», souligne Richard Gröttheim.

Le secret de cette performance? Des frais de gestion très faibles, grâce à une gestion indicielle: AP7 achète des indices boursiers, plutôt que d'essayer de battre la Bourse. «Nous ne croyons pas à la gestion active sur tous les marchés. Par exemple, nous croyons que les actions de grandes entreprises américaines sont un marché très efficient où il est très difficile d'obtenir des performances actives», dit M. Gröttheim. Par contre, AP7 fait appel à des gestionnaires actifs pour l'Asie-Pacifique, le Japon et certaines régions européennes, comme la Suède.

Avec la gestion indicielle, les frais de gestion sont de seulement 0,12% par année, par rapport à environ 0,5% pour la moyenne des fonds offerts dans les comptes Premium. Des poussières par rapport au Canada! Chez nous, certains fonds communs prélèvent plus 3%.

Mais il est intéressant de souligner que la Suède a forcé les sociétés financières à consentir des rabais considérables pour les fonds achetés à l'intérieur des comptes Premium. «On offrait aux institutions financières un terrain de jeu complètement neuf!» lance le journaliste Mikael Nyman. C'est lui qui a eu l'idée d'exiger des ristournes. Grâce à son initiative, les institutions financières remettent aux Suédois environ les deux tiers des frais de gestion, directement dans leurs comptes Premium. Une affaire de 150 millions de dollars par an!

Un trop grand choix?

Mais les Suédois ont du mal à s'y retrouver. «Nous sommes supposés choisir parmi plus de 700 fonds, c'est complètement fou! Il n'y a aucun moyen de dire si un investissement est meilleur que l'autre», estime M. Nyman.

Notez que l'éventail est encore plus vaste au Canada. Pour leur REER, les épargnants ont le choix entre 5000 fonds communs, des actions, des obligations, des produits structurés...

La surabondance de produits financiers déstabilise les investisseurs, constate Joakim Palme, directeur de l'Institute for Futures Studies. «Des centaines de milliers de Suédois paient pour avoir des conseils financiers, ce qui est inutile à mon sens. Comme les montants sont assez faibles, pour l'instant, il faudrait des rendements très élevés pour rentabiliser leurs conseils», dit-il.

Mais dans 40 ans, les choix de placement auront un impact majeur sur les retraités. Des jumeaux qui ont travaillé toute leur vie, au même salaire, pourraient obtenir une rente complètement différente en fonction de leur succès financier... ou de leur chance.

Faudrait-il éliminer les choix de placement ou réduire de nombre de fonds?

Les partisans du libre-choix sont convaincus que le privé à sa place dans les comptes Premium. «La concurrence permet d'encourager l'innovation et d'amener de meilleures solutions», dit Jens Magnusson, directeur des recherches stratégiques chez SEB, l'une des quatre grandes banques suédoises.

«Je n'ai rien contre AP7, mais vous ne devriez pas avoir tout votre argent dans un seul et même fonds, dit-il. Il y a un risque de gestionnaire qu'il vaut mieux diversifier.»

Plutôt que de réduire l'offre de fonds, il faudrait faciliter les choix pour les investisseurs, estime Bo Könberg, président du conseil de l'Office des retraites de la Suède. «Quand les gens vont en vacances l'été, ils doivent choisir parmi 10 000hôtels et 10 000 restaurants, compare-t-il. Mais ils ne sont pas obligés de les analyser du premier jusqu'au dernier.»


Lectures complémentaires :

24/04/10

Modèle Suédois: régime de retraite (1), le nouveau système a donc établi ses paramètres de façon à être continuellement en équilibre financier. Le paramètre fixe est le taux de cotisation. Si l’espérance de vie augmente plus rapidement que prévu ou si la croissance économique est différente de ce qui a été prévu, cela se répercutera directement sur le montant de la rente versée aux retraités ou sur la durée du versement de cette rente.

25/04/10

Modèle Suédois : régime de retraite (2), les Suédois ont compris que dans l’ancien système à prestations définies, on ne pouvait augmenter à l’infini le taux de cotisations, les impôts, les emprunts afin de sauver le système de la faillite. On risquait de tuer l’économie où l’on s’entête à faire payer encore plus les cotisants, il n’y a pas de différences entre le public et le privé.