Ultramar s’estime mieux positionnée

Quand tu mets de la bonne volonté, tu peux t’en sortir.


Extrait de : Ultramar s’estime mieux positionnée, Annie Saint-Pierre, Journal de Québec, 05/02/2011

La raffinerie Jean-Gaulin d’Ultramar, à Lévis, est beaucoup mieux positionnée que sa concurrente Shell, à Montréal, pour assurer sa survie dans l’industrie du raffinage au Québec. Tous s’entendent sur la compétitivité prouvée d’Ultramar, qui est beaucoup plus moderne et efficace et dont la performance est parmi les meilleures en Amérique du Nord.

C'est ce qui se dégage d'entrevues réalisées tant du côté de la direction d’Ultramar que des employés et des représentants syndicaux de l'entreprise. Le Journal de Québec vous explique donc pourquoi Ultramar est en mesure d'exploiter de manière rentable sa raffinerie de Lévis. Elle a le même nombre d'employés que Shell, mais elle produit pourtant le double de produits pétroliers raffinés (265 000 barils par jour).


Extrait de : Trois aspects à considérer, Annie Saint-Pierre, Journal de Québec, 05/02/2011

Regard en six volets sur la performance de la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis, exploitée par Ultramar, filiale de l’américaine Valero Energy basée au Texas. Nous vous présentons aujourd’hui, la vision de l’entreprise sur la mondialisation, sur ses relations de travail avec ses employés ainsi que sur l’écoute qu’elle obtient de la haute direction au siège social.

1-Mondialisation

Michel Martin, directeur des affaires publiques et gouvernementales d’Ultramar, estime qu’il s’agit d’une « grosse raffinerie » selon les standards canadiens avec sa capacité de 265 000 barils par jour compte tenu qu’elle produit autant que Shell et Suncor, combinées. « Oui, il se construit des grosses usines dans le monde, mais nous avons une raffinerie qui a subi des améliorations majeures dépassant le milliard de dollars en dix ans. On a confiance. »

En plus de réduire le souffre dans l’essence, Ultramar a consacré des centaines de millions de dollars pour augmenter sa capacité de production en procédant par « déboulottage » , ce qui lui a permis de passer de 215 000 à 265 000 barils par jour en 2008 en augmentant le débit des tuyaux sans avoir besoin d’ajouter des unités de production. « On n’a pas fait ces projets-là en vase clos. On se préparait avec une vision à long terme », dit-il.

La présence de son port en eau profonde qui lui permet de s’approvisionner directement à l’usine est un avantage indéniable aux yeux de M. Martin et de M. Daniel Cloutier, du SCEP.

« La pétrolière a accès à du brut par la voie maritime tant pour importer que pour exporter, contrairement aux installations de Montréal qui doivent utiliser le pipeline jusqu’à Portland », explique M. Cloutier.

Mais ce dernier ajoute que, contrairement à Shell, Ultramar se situe depuis plusieurs années parmi les plus performantes. Il cite les rapports Salomon qui comparent la rentabilité des raffineries en Amérique du Nord et dans lesquels la raffinerie de Jean-Gaulin figure dans le premier quartile.

Le raisonnement est relativement simple, si tu es parmi les meilleurs au monde, pas de problème,  mais malheur, si tu deviens moins profitable, ici,on a affaire à une usine de traitement qui coûte très cher.

Par contre, il y a eu des délocalisations même si tu étais profitable, parce que quelque part dans le monde c’était encore plus profitable.

2-Syndicat

Ultramar embauche 500 employés à ses installations de Lévis, la moitié sont des syndiqués et l’autre portion sont des cadres et des professionnels. Les salaires sont les mêmes qu’ailleurs au pays. Un opérateur de niveau 1, la classe d’emploi la mieux payée, gagne donc un salaire maximal de 43,45 $ en 2011, similaire chez Shell et Suncor.

« Il y a une différence très importante chez Ultramar où l’on fonctionne avec un concept d’opérations-entretien. C’est à dire que les opérateurs sont aussi des hommes de métiers, donc l’apport en sous-traitance est moindre », dit M. Cloutier en admettant que ce principe réduit considérablement les coûts d’entretien des équipements chez Ultramar. Les employés de production sont donc aussi des tuyauteurs, des plombiers et des électriciens.

Quant à la direction, elle dit que le climat de travail est loin d’être comparable. D’anciens représentants syndicaux ont dit qu’une trentaine de griefs à peine sont débattus annuellement et que le principal litige est le recours à la sous-traitance. Le renouvellement de la dernière convention collective, en 2008, a été plus ardu qu’à l’habitude. « Mais le climat de travail est très sain chez nous, nous avons obtenu une reconnaissance par le gouvernement américain au niveau de la sécurité au travail. On a un environnement de travail qui est gage de succès », exprime-t-il.

Tout est question de bonne volonté.

3-Patrons

Ultramar se compare davantage au marché nord-américain avec son propriétaire Valero Energy, une entreprise nord-américaine, alors que Shell est davantage une multinationale plus diversifiée, présente dans plusieurs secteurs. La direction d’Ultramar à Lévis est assumée par M. Richard Boucher depuis de nombreuses années.

Le syndicat et la direction disent qu’il a su présenter les projets d’améliorations de la raffinerie un à un pour s’assurer d’une bonne écoute à la direction.

La culture semble donc bien différente que chez Shell. « Nous avons un seul créneau d’exploitation qui est celui des produits pétroliers, nous sommes spécialisés dans un seul domaine et ça nous permet de nous concentrer», répond M. Martin. Valero Energy n’a jamais levé le nez sur les projets soumis à Lévis, selon lui.