Un déluge de libérations syndicales

Monopole d’État géré par des monopoles syndicaux une aberration en 2011.

Extrait de : Un déluge de libérations syndicales, Éric Yvan Lemay, QMI, 24/02/2011

Les négociations de l’an dernier ont entraîné certaines libérations notamment pour l’organisation de moyens de pression.

Même si le manque de personnel est criant dans le réseau de la santé, plus de
800 000 heures de libérations syndicales ont été octroyées l'an dernier dans 76 hôpitaux et centres de santé du Québec.

Ce nombre impressionnant d'heures représente 19 millions de dollars en salaires versés aux employés libérés pour des activités syndicales, des rencontres de négociation, de règlement de griefs, de comités patronaux syndicaux ou même des congrès. Si on considère qu'un employé travaille 36 heures par semaine, cela représente un peu moins de 500 employés à temps plein.

Entre le tiers et la moitié de ces libérations sont remboursables par les syndicats. Selon les données compilées par le Journal, c'est le Centre universitaire de santé

McGill qui arrive en tête avec plus de 54 000 heures pour un total de 1,6 million $, soit environ 1 000 heures de plus que l'année précédente. On explique en partie cette hausse par les négociations nationales du front commun et les discussions entourant la grippe A (H1N1).

Depuis six ans, le nombre d'heures de libérations annuelles a varié entre 44 000 et 56 000. «Il faut comprendre que contrairement à d'autres établissements à Montréal, nous gérons plusieurs hôpitaux», écrit le porte-parole, Ian Popple, dans un courriel acheminé au Journal.

Exécutif libéré à temps plein

Dans les gros hôpitaux, il n'est effectivement pas rare que plusieurs membres des exécutifs syndicaux soient libérés à temps plein. C'est le cas du CSSS du Nord de Lanaudière où environ 12 employés sont libérés à temps plein.

Évidemment, les syndicales ont le contrôle de l’organisation du travail, dans toute réforme santé ou éducation, cette situation doit cesser.

L’organisation du travail est dictée par l’employeur, dans le futur manifeste de Québec Droite, l’entreprise publique gère l’organisation du travail, non les syndicats.

Selon Paul G. Brunet du Conseil de protection des malades, les conventions collectives sont devenues tellement complexes qu'elles peuvent nuire aux soins des patients. «Quand on lit une convention, on a l'impression que ceux qui profitent sont ceux qui oeuvrent dans le réseau plutôt que ceux qui y sont soignés», dit-il. «On y parle presque nulle part du patient, sauf quand il est question de la sécurité du travailleur.»

Tout à fait exacte: l’hôpital ou l’éducation est imputable aux peuples non aux conventions collectives.

En tant que contribuable, vous êtres en droit d’avoir une fonction publique efficace, non pour satisfaire des syndiqués qui limite leur efficacité par des conventions collectives trop restrictives.

Mal gérés

S'il reconnaît que les syndicats peuvent parfois entraver la bonne marche d'un établissement, il dit qu'ils peuvent aussi faire une différence positive. «Ça peut être pratique d'avoir quelqu'un de libéré pour régler rapidement un problème.»

Il estime que certains gestionnaires ne font pas leur travail. Une affirmation appuyée par une dirigeante d'un grand hôpital universitaire de Montréal. "Les gestionnaires et les médecins sont  rois et maîtres.

Au diable les conventions, les employés feront des griefs. Des griefs pour non-respect des conventions s'accumulent ; les griefs exigent des enquêtes donc des libérations ; les griefs exigent du temps d'arbitrage, etc.", dit celle qui parle sous le couvert de l'anonymat.

Elle dénonce aussi certains abus d'employés syndiqués qui utilisent les libérations syndicales pour distribuer des fleurs lors de la journée des secrétaires ou encore à Noël.

 D'autres abusent des procédures prévues à la convention. «S'ils pouvaient contester la couleur du papier de l'affichage, ils le feraient», dit-elle à propos de l'un des syndicats.  


 «C'est tellement complexe à gérer. On ajoute des gestionnaires, mais souvent ils n'ont pas l'autorité nécessaire pour travailler. Les syndicats ne savent pas toujours à qui s'adresser. Il faut que le pouvoir redescende plus près des patients. » - Paul G. Brunet, Conseil de protection des malades

«Il y a lieu de revoir le système des libérations syndicales pour s'assurer que tous les cas où les gens sont libérés que ce soit pertinent et utile. Dans la mesure où les besoins sont criants au niveau des soins, il faudrait s'interroger sur ces millions-là.» - Claire Joly, Ligue des contribuables du Québec

«Les membres de l'exécutif participent à la vie organisationnelle, aux comités de soins, aux comités paritaires, etc... Vous savez, on est le plus grand CSSS de la province avec 27 installations, c'est probablement ce qui explique notre grand nombre d'heures de libérations par rapport à d'autres établissements. Par exemple, si une personne doit se rendre rencontrer les membres à St-Michel-des-Saints, ça peut prendre la journée pour une rencontre de quelques heures en calculant le temps de transport. Par contre, il y a des conditions à respecter. La libération doit être demandée dix jours à l'avance et on doit regarder pour le remplacement. » - Olivier Malo, directeur des ressources humaines, CSSS du Nord de Lanaudière.