Une petite minorité a imposé la mondialisation

Sujet : Mondialisation, délocalisations, dumping


Nous terminerons en soulignant ces trois points :

1)      Redisons d’abord que la mondialisation est directement liée à la politique de libéralisation qui a été décrite dans le précédent article, et ce doublement :

La mondialisation, tout d’abord, est la mondialisation de l’économie de marché, gérée de façon libérale (en rupture avec le système d’économie mixte pratiquée en Europe occidentale jusqu’au début des années 1980).

Mondialisation et libéralisation sont en quelque sorte
les deux faces d’une même pièce.

2)      D’autre part les deux phénomènes, comme on l’a vu, s’alimentent et se renforcent l’un l’autre. Un système mondialisé n’est possible que si des mesures de libéralisation sont prises au préalable (baisse des droits de douane, suppression du contrôle des changes). Une fois mis en place, la mondialisation pousse à son tour à de nouvelles mesures de libéralisation (par effet de dumping généralisé).

·         Second élément de conclusion: la catégorie des salariés (c’est-à-dire la grande majorité de la population) a pâti de la mondialisation à de nombreux égards (c’est également le cas par voie de conséquence des artisans, commerçants ou agents des services publics situés dans les régions désindustrialisées) :

·         chômage massif ;

·         déqualification d’une partie du stock d’emplois ;

·          pression à la baisse sur les salaires et les conditions d’emploi ;

·         report sur les salariés des charges d’impôt dont se sont débarrassés,

·         à la faveur du phénomène de dumping fiscal, les titulaires de hauts revenus et les détenteurs de patrimoines…

Voulue par une petite minorité,
la mondialisation n’a profité qu’à celle-ci.

3)      Autorisons-nous pour finir à quitter quelque peu le registre de la pondération formelle et la tournure d’expression distanciée qui sied au traitement de ces sujets controversés.

·         Les gouvernants qui se succèdent depuis le début du processus de mondialisation (restons ici sur le cas de la France) viennent, à tour de rôle, dire leur désolation devant les conséquences sociales du phénomène, compatir aux malheurs du temps et promettre avec résolution des mesures énergiques pour que les lendemains se remettent à chanter.

·         La caste des journalistes serviles est, elle, chargée de monter en épingle, pour désarmer les critiques et calmer la plèbe, les quelques cas de relocalisation qui paraît-il se produisent (et qui portent sur une poignée d’emplois).

·         La preuve la plus patente de l’hypocrisie de ces oligarques est qu’aucun d’entre eux, jamais, ne songe à remettre en cause la mondialisation.

·         Mieux, leur priorité absolue est de condamner sans relâche « les tentations protectionnistes ».

·         Appuyons une fois encore sur ce point nodal : la mondialisation n’est en rien le fruit d’évolutions qui échappaient quoi qu’ils fissent aux gouvernements des pays développés ; elle ne constitue aucunement une évolution naturelle qui s’imposait.

·         Les mutations géopolitiques (ouverture économique de la Chine, disparition des blocs) ont certes accentué et donné toute sa dimension au processus de mondialisation : mais celui-ci, insistons-y, n’a été rendu possible que par la volonté exprès des gouvernements occidentaux.


Cet article en particulier a été séparé en multiples  carnets à cause de sa longueur et de sa pertinence à chacun d’eux.

1.       Mondialisation, délocalisations, dumping

2.       Les conséquences de la mondialisation : délocalisations, désindustrialisation, chômage

3.       La mondialisation un argumentaire grossièrement mensonger

4.       L’Allemagne capable de concurrencer la mondialisation

5.       Les conséquences de la mondialisation : dumping social, fiscal et environnemental

6.       Une petite minorité a imposé la mondialisation

Source : Mondialisation, délocalisations, dumping, Tribune libre de Paysan Savoyard, FDESOUCHE, 5 décembre 2010