Vietnam : 4e dévaluation du dong en quinze mois

«En réalité tous les pays partagent un même objectif, améliorer leur compétitivité en faisant baisser leur monnaie. Cela revient également à dire que tous les pays souhaitent voir leur monnaie baisser en même temps… ce qui est par définition contradictoire dans un système de change flottant « relatif ». Si tout baisse en même temps, tout reste équivalent… C’est donc un cycle majeur de baisse généralisée des monnaies par rapport aux actifs réels qui vient de s’engager.

Cela signifie un risque accru d’augmentation de l’inflation dans les mois à venir via notamment les matières premières. Au-delà du retour de l’inflation, cette guerre des monnaies est un protectionnisme qui ne veut pas dire son nom. Pour mémoire le protectionnisme est un gros mot et un concept totalement interdit dans un monde régi par le dogme libre-échangiste. »

Source : Prélude au protectionnisme généralisé


Extrait de : Vietnam : 4e dévaluation du dong en quinze mois, Les Échos, 11/02/11

La Banque centrale du Vietnam a dévalué le dong de plus de 9% vendredi, pour la quatrième fois en l'espace de 15 mois dans un pays dont la monnaie reste sous la double pression de l'inflation et du déficit commercial.

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Le cours interbancaire du dong vis-à-vis du dollar a été modifié de 9,3%, à 20.693 pour un dollar, contre 18.932 auparavant, a indiqué la Banque centrale du pays communiste, qui a aussi réduit de 3 à 1% la marge de fluctuation du taux des échanges interbancaires.

Alors que plusieurs monnaies de la région se sont fortement appréciées en 2010 sous l'effet de l'arrivée massive de capitaux étrangers, le dong (non convertible) ne cesse de chuter. La Banque centrale l'avait déjà dévalué en novembre 2009, ainsi qu'en février et août derniers.

La dévaluation a pour objectif "d'assurer la liquidité du marché, de contribuer à réduire le déficit commercial et de soutenir la mise en oeuvre de politiques monétaires plus actives et flexibles", a indiqué un communiqué de la Banque.

L'inflation a atteint 12,7% en janvier en glissement annuel et le déficit commercial s'est élevé à un milliard de dollars pour le premier mois de l'année.

Le pays affiche une croissance forte depuis de nombreuses années, dont 6,8% l'an passé. Mais les bailleurs de fonds internationaux avaient récemment prévenu que cette croissance serait menacée sans un combat efficace contre l'inflation et la faiblesse de la monnaie.

La Banque mondiale avait par ailleurs souligné que la proportion anormalement importante de réserves détenues hors du système bancaire faisait pression sur la monnaie. Beaucoup de Vietnamiens continuent de se réfugier dans le dollar ou l'or.

En janvier, lors de son dernier congrès quinquennal, le Parti communiste (PCV, au pouvoir) avait tracé les grandes lignes de sa stratégie de développement pour les années à venir, reconnaissant un besoin de "stabiliser l'économie".

"Le Vietnam a, dans son propre intérêt, besoin d'une inflation moins importante et de déficits réduits plutôt que d'une forte croissance", relevait pour sa part récemment la société londonienne Capital Economics.

Beau problème !

Dans les pays industriels, croissance signifie endettement de l’État.

Les agences internationales de notation Moody's et Standard & Poor's ont toutes deux abaissé leurs notes sur le Vietnam à la fin de l'année dernière.

Leurs analystes craignent un effondrement du système bancaire et des conséquences néfastes de la banqueroute du conglomérat de construction navale publique Vinashin, qui a perdu 4,4 milliards de dollars.