Adrien Pouliot à l’ADQ


Extrait de : Adrien Pouliot à l’ADQ, Éric Duhaime, le Journal de Québec, 29/03/2011

Celui qui a présidé le conseil de l’Institut économique de Montréal pendant près d’une décennie, Adrien Pouliot, passe de la réflexion à l’action.

L’homme d’affaires bien connu pour avoir dirigé notamment CFCF et TQS décide qu’à 54 ans, le moment est bien choisi pour s’impliquer politiquement.

N’ayant jamais été membre ni même financé un parti, il choisit l’Action démocratique de Gérard Deltell.

Ce n’est certes pas par opportunisme qu’il le fait, mais bien plutôt parce qu’il croit profondément à la liberté des marchés. Son père, Jean, directeur général à Télé 4 de 1957 à 1979, l’exposa d’ailleurs, dès son jeune âge, aux idées libertariennes en lui faisant lire entre autres Ayn Rand.

COMMISSION POLITIQUE

Pouliot travaillera maintenant à la commission politique de l’ADQ, notamment à la rédaction de la prochaine plate-forme électorale.

Déçu des libéraux de Jean Charest, la « gauche efficace » de François Legault ne l’inspire pas plus.

Pouliot considère que le Québec a besoin d’autre chose que de la simple bonne gestion : les problèmes fondamentaux actuels nécessitent des changements structurels.

Sans nécessairement écarter une possible candidature aux prochaines élections, Pouliot apportera son expertise d’avocat et d’entrepreneur pour aider à l’élaboration des politiques adéquistes en matière d’économie et de travail.

Il ira ainsi rejoindre à la commission politique Claude Garcia, ex-président de la Standard Life, Jean-Pierre Bélisle, ex-député libéral, et Raynald Bernier, ex-conseiller politique des chefs péquistes Lévesque, Parizeau et Bouchard.

Mine de rien, pendant que Legault faisait beaucoup de bruit, ces derniers mois, les adéquistes recrutaient de grosses pointures, ramassaient de l’argent et affinaient leurs discours. Gérard Deltell semble être actuellement celui qui consolide les assises de la droite politique québécoise.

Bien peu d’observateurs donnaient cher de sa peau à son arrivée à la tête du parti, au lendemain de la désastreuse course à la direction d’octobre 2009. Avec un travail de fourmi,, les adéquistes ont renforcé Gérard Deltell dans son poste de leader lors du dernier congrès, en lui donnant un vote de confiance de 97,1 %, score plus élevé encore que ceux accordés à Mario Dumont.

Avec 23 % des votes lors des élections partielles de novembre dans Kamouraska-Témiscouata, l’ADQ surprenait encore.

Les sondages accordent présentement de 15 % à 20 % d’appui à la deuxième opposition de l’Assemblée nationale.

Dans la région de Québec, l’ADQ domine ses adversaires, même en ajoutant un hypothétique parti politique dirigé par Legault.

Le nouveau leader de la Coalition pour l’avenir du Québec devra livrer bien plus qu’un manifeste de huit pages sans grand contenu pour faire sa place.

Est-il, par exemple, d’accord avec l’abolition des commissions scolaires?

1.      Appuie-t-il l’addition du secteur privé en santé?

2.      Veut-il plus ou moins d’État?

3.      Les Québécois attendent toujours un début de réponse.

Lors de la dernière rencontre entre Deltell et Legault, l’automne dernier, l’ex-ministre péquiste était clairement en position de force pour discuter d’une éventuelle alliance ou fusion entre les deux.

Le travail de Deltell et l’ambiguïté de Legault renversent aujourd’hui le rapport de force. L’arrivée d’une nouvelle recrue du calibre de Pouliot vient définitivement confirmer ce retournement.