Aspirants entrepreneurs : choisir le rêve avant la sécurité

Cette situation est déplorable, le Québec ne sait pas préparer pour la mondialisation, ne sait pas préparer pour son problème de démographie et encore moins la relève de l’entrepreneuriat.

Totalement pathétique, entre temps M. Gignac fait de beau discours sur l’esprit de l’entrepreneurship, quand nous sommes à la 59e position sur la liberté économique.

Une totale incohérence entre le discours d’un politicien avec la réalité, c’est pour cette raison que je le traite d’incompétent, il ne fait que parler sans régler les problèmes de fonds.

« Les entreprises n'ont pas besoin d'une panoplie de services gouvernementaux. Selon moi, ils ont besoin d'un environnement favorable aux entreprises. »

 

« Le gouvernement devrait regrouper tous ses services avec un guichet d'information le plus centralisé possible, notamment en ce qui a trait aux sources de financement. »

 

Source : Quand la culture se traduit en richesse, p2

La liberté économique est basée sur 10 critères, elles sont fondamentales pour la réussite d’un entrepreneur.

Au Québec, des facteurs tels que l'interventionnisme étatique, les impôts élevés, la puissance des syndicats ainsi que l'existence de programmes et de droits sociaux étendus ont considérablement réduit la liberté économique, nuisant ainsi aux Québécois.

Une réglementation excessive entrave la création d’entreprises et la croissance, réduit de façon significative l’entreprenariat, l’innovation et en définitive, les niveaux de vie


Extrait de : Aspirants entrepreneurs : choisir le rêve avant la sécurité, Vézina, René , Les Affaires . 22-01-2011

Il y a quelques années, le magazine français Les Échos - rattaché au quotidien du même nom - dévoilait les résultats d'un sondage sur les aspirations des jeunes Français. La relation souvent malaisée entre la population et le milieu des affaires s'en trouvait une nouvelle fois confirmée : pas moins de 75 % des répondants indiquaient qu'en matière d'ambition professionnelle, ils souhaitaient d'abord et avant tout se trouver un emploi au sein de l'État, dans la fonction publique, l'enseignement ou ailleurs.

Trois sur quatre ! L'entrepreneuriat n'a pas bonne image en France. Et nous sommes quand même un peu français, même si les analyses les plus récentes ne montrent pas ici un engouement aussi fort envers le gouvernement. Les données du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) signalent aussi, année après année, que les jeunes Québécois n'ont pas vraiment le goût des affaires. À ce chapitre, le Québec se situe en queue de peloton au Canada. On nous a longtemps vendu le Québec comme une société " pépinière d'entreprises ", mais si cela a été le cas, on a oublié d'arroser les jeunes pousses. Dans les faits, la relève entrepreneuriale québécoise est mince. La situation risque de se détériorer encore plus, démographie oblige.

Depuis 2010, le taux de renouvellement de la main-d'oeuvre au Québec est passé en territoire négatif. On compte maintenant moins de gens dans la population des 20 à 29 ans - la relève - que dans celle des 55 à 64 ans, qui s'apprêtent à tirer leur révérence. Les nouveaux travailleurs disponibles ne seront pas assez nombreux pour combler les départs à la retraite, indique Le Québec économique 2010, ce remarquable ouvrage rédigé par un collectif de chercheurs sous l'égide du CIRANO.

Avec une relève amoindrie, il sera donc plus difficile de trouver des candidats entrepreneurs. Déjà que la compétition sera rude entre les employeurs pour convaincre les recrues de s'installer chez eux...

À une époque pas si lointaine, on se lançait en affaires par goût ou par obligation. À défaut de trouver un travail satisfaisant, les jeunes pouvaient toujours tenter de " créer leur propre emploi ", ce qui revenait à créer une entreprise. Mais il va y avoir un million de postes à combler au Québec d'ici 2016, et les ouvertures seront plus intéressantes que jamais. Peu d'appelés, beaucoup d'élus !

Ajoutez à ce portrait le fait qu'on insiste plus que jamais sur la qualité de vie. Qui, aujourd'hui, veut se lancer dans une aventure où il faudra travailler 60 heures par semaine en se demandant comment payer ses fournisseurs et ses employés à la fin du mois ?

Et ça, c’est la vraie vie !

Il faut vraiment avoir la vocation, quand on sait qu'un bon poste de cadre, raisonnablement rémunéré, permet de bien vivre en profitant de nombreuses semaines de vacances payées et d'une gamme d'avantages sociaux, assurances et autres, qui éliminent bien des soucis. Sans compter la fameuse conciliation entre le travail et la famille, problématique lorsque vous devez vous investir totalement dans votre entreprise.

Enfin. Comme si ce n'était pas déjà assez compliqué, on ne donne pas de chance aux aspirants entrepreneurs. Durant notre Tournée du Québec, qui nous a menés l'an dernier un peu partout sur le territoire, nous avons entendu à répétition des histoires de jeunes qui ont dû se débattre comme des diables dans l'eau bénite pour trouver un minimum de financement. Une fois la réussite assurée, toutes les institutions financières leur couraient après. Mais au démarrage, rien. Nada. Si ce n'était des centres locaux de développement, d'organismes communautaires ou de proches prêts à se saigner pour leur donner un coup de main, leur bel élan entrepreneurial aurait été stoppé net.

Il va donc nous falloir affronter la réalité en face et imaginer quelle sorte de Québec nous voulons pour demain. Quelques initiatives originales, comme l'École d'entrepreneurship de Beauce, permettent d'espérer. Mais ce ne sera pas suffisant.

Il faut commencer par changer les mentalités des jeunes et des moins jeunes. Faire en sorte que les premiers retrouvent le goût de la création et de la liberté. Et que les seconds les aident au jour le jour. Tout le monde n'est pas fait pour devenir entrepreneur, et tous les entrepreneurs ne peuvent se voir garantir la réussite. Le risque est inhérent aux affaires. Le rêve aussi. Les deux vont de pair. Et s'ils deviennent riches, tant mieux. D'une façon ou d'une autre, leur richesse finira par devenir notre richesse.