Creaform profite d'un vent favorable


Extrait de : Creaform profite d'un vent favorable, Gilbert Leduc, Le Soleil, 03 mars 2011

Creaform

(Québec) Un large sourire apparaît sur le visage du chef de la direction de Creaform lorsqu'il parle des résultats financiers de son entreprise qui montrent, en 2010, une croissance de 25 % des ventes. «Et dire que si nous pouvions compter sur toute la main-d'oeuvre dont nous avons besoin, notre progression aurait été encore plus grande!» affirme Martin Lamontagne.

L'entreprise spécialisée dans les technologies et les services d'ingénierie 3D a présentement 30 emplois à combler à Lévis et à Montréal, principalement des postes de technicien en génie mécanique et d'ingénieur en mécanique. Elle a également besoin de personnel pour ses bureaux situés à Grenoble, à Stuttgart, à Shanghai et aux États-Unis.

Creaform, qui vend des appareils permettant de faire des représentations d'objets en 3D dans une cinquantaine de pays, compte actuellement 260 employés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. «La difficulté de trouver les ressources humaines nécessaires nous ralentit, c'est clair», constate Martin Lamontagne qui ambitionne d'embaucher une cinquantaine de nouveaux employés pour le siège social de la compagnie à Lévis au cours de l'année 2011. «On va commencer par les 30 premiers postes. C'est déjà assez difficile comme ça.»

En entrevue au Soleil, l'un des trois fondateurs, en 2002, de Creaform - avec Charles Mony et Gilles Bernigaud - raconte que ce n'est pas parce que l'entreprise n'est pas attrayante qu'elle n'arrive pas à combler tous ses besoins de personnel. «C'est le marché de l'emploi qui est comme ça à Québec. Il n'y a tout simplement pas suffisamment de candidats sur le marché pour répondre à la demande.»

Une des conséquences du fort taux de décrochage et de la démographie.

Malgré tout, le fabricant de numérisateurs 3D continue de profiter d'un vent favorable. L'entreprise a enregistré des ventes de 27,3 millions $ en 2010, une croissance de 25 % par rapport à l'exercice financier précédent. Pour 2011, les ventes devraient totaliser 34 millions $, selon les prévisions de la compagnie. Une autre poussée de croissance de 25 % à l'horizon, ce qui est devenu pratiquement la norme pour Creaform dont les technologies sont vendues principalement aux grandes multinationales des secteurs de l'aérospatiale, de l'automobile, des soins médicaux et du multimédia.

Selon Martin Lamontagne, l'objectif d'atteindre un chiffre de vente de 120 millions $ en 2014 demeure toujours dans la mire même si le ralentissement économique survenu ces dernières années rend l'objectif «très ambitieux» de l'avis du chef de la direction. Pour atteindre ses objectifs de vente en 2011, Creaform entend investir 10 millions $ en commercialisation et 3 millions $ en R et D afin de soutenir le développement de nouveaux produits et de continuer à gagner des parts de marché. «Bon an, mal an, nous introduisons de trois à quatre nouveaux produits par année.»

C’est justement un des problèmes que nous avons au Québec, on subventionne facilement la recherché & développement, mais on subventionne très peu la commercialisation.

Le coût de la commercialisation peut coûter aussi cher, sinon plus que de le créer, d’où le pourquoi des milliers produits restant sur les tablettes.

Pour la soutenir dans ses manoeuvres de commercialisation, Creaform compte sur l'aide des sociétés d'investissement Novacap et Capital régional et coopératif Desjardins qui ont injecté 30 millions $ dans la compagnie lévisienne.

Creaform - 1

L'entreprise mise actuellement sur trois produits vedettes : le scanneur laser à main portable Handyscan 3D et deux systèmes d'inspection : le MetraSCAN et l'HandyPROBE. Elle fabrique également des numérisateurs 3D pour le corps humain. Si l'année 2010 a été chargée pour Creaform - la compagnie a fait l'acquisition de deux entreprises; elle a ouvert des bureaux en Allemagne et en Inde et elle a décroché le prix de l'entreprise de l'année décerné par l'Association québécoise de l'aérospatiale - 2011 a débuté par une solide marque de reconnaissance.

En effet, le MetraSCAN a fait la page couverture de l'édition de février du Nasa Tech Briefs, une publication renommée diffusée par la National Aeronautics and Space Administration.