Cynisme et arrogance : Signe de non imputabilité

Carnet qui démontre à quel point qu’un État ou une ville peut littéralement déraper quand il n’y a plus d’imputabilité.

Si on veut rétablir l’imputabilité dans la gouvernance du secteur public à tous les échelons, on devra instaurer, comme dans les pays scandinaves ces paramètres :

1.      contrats temporaires,

2.      primes de résultats,

3.      salaires individuels,

4.      évaluations permanentes

5.      et en cas de non-satisfaction, licenciement immédiat.

Sans cela, personne n’est responsable de rien !


Extrait de : Il a dû en acheter une autre, Dany Doucet, Journal de Montréal, 22/03/2011

Résident de Terrebonne, Josée Pierre est père de quatre enfants et il doit gagner sa vie ailleurs qu'à l'église.

C'est pourquoi sa minifourgonnette lui a beaucoup manqué.

«Durant trois mois, raconte-t-il, je me levais en pleine nuit pour prendre le transport en commun pour aller travailler. Les enfants devaient parfois rester à coucher chez leurs tantes.»

Il avait payé cette Dodge Caravan 17 000 $ et l'avait bien entretenue.

Après le «vol», comme il dit, il lui a fallu s'acheter un autre véhicule au coût de 15 000 $.

«Il faudrait que je prenne un avocat, dit-il, mais je trouve que ça m'a coûté déjà assez cher pour réparer l'erreur des autres.»

Typique de notre système judiciaire, il existe mais soit riche.

Cynisme et arrogance

"Tout ce que je veux, poursuit-il, c'est que la Ville reconnaisse son tort et qu'elle me restitue mon auto. Mais je n'ai que des dialogues de sourds avec les fonctionnaires à qui je parle.

«La Ville nous demande de nous comporter en bons citoyens, ajoute-t-il, mais elle, elle n'a aucune gêne d'être délinquante. »

M. Pierre a dit à un fonctionnaire du bureau des réclamations qu'il n'avait plus d'autres choix que de médiatiser son cas.

«Le fonctionnaire m'a répondu : »ok, on va te lire«... Quand on voit tout le cynisme de ces gens-là, qui savent qu'ils ont le pouvoir et le gros bout du bâton même s'ils sont devant une injustice flagrante, c'est décourageant. »


Extrait de : Son auto saisie par erreur, Dany Doucet, Journal de Montréal, 22/03/2011

À son retour d'une mission en Haïti, le pasteur d'une église de Montréal n'a jamais retrouvé la trace de son automobile qu'il avait pourtant garée dans son stationnement privé... avant que la police la fasse remorquer, par erreur.

Où est la Dodge Caravan de José Pierre, 50 ans, pasteur de l'Église évangélique des premiers chrétiens ?

Pour le principal intéressé, c'est un mystère qui se cache derrière un mur de bureaucratie depuis presque deux ans maintenant.

Même avec un récent jugement d'acquittement en main confirmant ainsi l'illégalité du remorquage de son véhicule, M. Pierre n'arrive toujours pas à trouver quelqu'un qui puisse lui expliquer ce qui s'est passé après qu'il eut laissé son véhicule dans le stationnement de l'église située sur la rue Hochelaga, à Montréal, durant près d'un mois, en juilletaoût 2009.

«Je maintiens que la Ville a volé mon auto», clame M. Pierre, en pesant bien ses mots, comme il le faisait dimanche durant son homélie.

Quelques-uns des nombreux fonctionnaires à qui il a parlé depuis le début de cette saga lui ont dit que sa minifourgonnette avait probablement été vendue à l'enchère par la Ville. Mais il n'en a pas la preuve.

D'un endroit à l'autre

M. Pierre s'est promené d'un fonctionnaire à l'autre depuis son retour de Washabateau, petite ville du sud de l'Haïti où son église est particulièrement active.

«Quand je suis rentré au pays, relate-t-il, j'ai d'abord cru que mon automobile avait été volée. Je suis donc allé au poste de police, c'est alors qu'on m'a dit que mon automobile avait été remorquée, mais qu'on ne savait pas où elle se trouvait.»

Les policiers lui ont alors suggéré d'aller expliquer son cas à la Ville.

M. Pierre s'est donc rendu dans un bureau d'arrondissement, où on lui aurait plutôt recommandé d'aller voir l'ombudsman de la Ville.

Il y a obtenu un rendez-vous. Mais on lui a recommandé de faire parvenir une mise en demeure au bureau des réclamations de la Ville, ce qu'il a fait.

Il reçoit plus tard une réponse par écrit : les délais sont dépassés...

Une contravention

Peu de temps après, M. Pierre reçoit enfin son billet d'infraction par la poste.

«Là, je me suis dit que ça allait enfin se régler », dit-il.

M. Pierre conteste alors la contravention à la cour municipale.

À sa première présence devant le juge, ce dernier lui dit que s'il peut prouver qu'il est bel et bien pasteur de l'église où son automobile a été remorquée, il serait «en voiture», pour employer l'expression utilisée par le magistrat.

Il retourne devant le juge trois jours plus tard et ce dernier l'acquitte ensuite sur le banc.

Malgré tout et en dépit de nombreuses autres recherches, sa fourgonnette reste disparue.