Des retraites à deux vitesses

Deux articles qui expliquent la même situation.

Commentaire à l’intérieur.


Extrait de : Des retraites à deux vitesses, Donald Charrette, Journal de Québec, 25/03/2011

Plusieurs villes du Québec, dont Montréal et Québec, sont entraînées vers un gouffre financier en raison du poids démesuré des régimes de retraite de leurs employés.

Elles ont lancé un appel au gouvernement québécois pour les sortir du bourbier, comme il l’a déjà fait dans le passé.

Le gouvernement Québec a versé 240 millions de dollars à Montréal pour combler le déficit actuariel de ses caisses de retraite. Au terme de cette entente en 2025, la facture totale pour tous les contribuables sera de 460 millions.

La Ville de Québec a reçu pour sa part 20 millions pour renflouer ses régimes. Lors de la présentation du budget municipal, le maire de la métropole, Gérald Tremblay, a a imputé une bonne part de la hausse de taxe de 5% au fardeau des caisses de retraite.

Acheter la paix

La situation est donc préoccupante et les villes se sont tournées vers l’Union des municipalités (UMQ) pour mener une bataille, bataille qu’elle aurait refusée de livrer, soutient la Ville de Québec. Les maires ne veulent pas allumer de brasiers à la grandeur du Québec et préfèrent ignorer le problème, ce qui revient, en fait, à acheter la paix localement.

C'est pour cette raison M. le peuple, que vous devez considérer de tel avantage
purement illégitime, en aucun moment, le peuple n’a jamais donné son accord à supporter des retraites pyramidales.

Ce n’est que du simple copinage entre le pouvoir syndical et politique.

Il est de plus en plus évident dans le monde, le simple bon sens revient, entre choisir, fermer une bibliothèque, une école, ou un hôpital ou maintenir les retraites dorées, le premier choix est favorisé.

De plus, on ne peut constamment emprunter 13 milliards par année, les agences vont nous remettre à l’ordre à défaut d’avoir des politiciens matures et responsables, une des premières exigences, c’est de limiter les déficits actuariels.

Le gouvernement aurait pu décider de dire non à Québec et à Montréal et de les enjoindre de faire le ménage dans leur administration, mais il a préféré allonger des millions. Ce n’est pas la faute de l’ensemble des contribuables si des villes ont plié devant des syndicats.

Des pensions de rêve

Les différents rapports de l’Institut de la rémunération du Québec illustrent chaque année que ces sont les employés municipaux qui ont les conventions les plus chromées, devançant la fonction publique provinciale et fédérale, quoi qu’il faille différencier les conditions de travail des grosses villes et des petites.

Dans le cas de la Ville de Québec, les régimes de pension feraient rêver tout citoyen. La norme générale établit qu’un retraité touche jusqu’à 70 % de son salaire, et c’est le cas des travailleurs du secteur public. Selon des documents obtenus par Le Journal, des employés de la Ville de Québec bénéficieront du même revenu... une fois à la retraite.

Dans le cas des fonctionnaires et des travailleurs manuels, indiquent ces documents, leur revenu sera même supérieur (103 % et 102%) quand ils auront laissé leur emploi, avant 65 ans.

Oui, vous avez bien lu !, ils vont avoir plus d’argent à leur retraite quand ils sont employés, essayer de justifier cela, quand on estime que la moitié des baby-boomers à la retraite du secteur privé vont être sous le seuil de la pauvreté.

Cette situation s’explique du fait qu’ils ont droit à 2,4 % de leur salaire, alors que la règle générale est plutôt de 2 %.

En fusionnant les anciennes villes de la région, on a tout simplement décidé d’harmoniser vers le haut ce qui prévalait à Québec. Dans ses négociations en cours, la Ville tente de revenir au 2 %.

C’est exactement ce que l’ancienne mairesse Boucher avait dénoncé du cherry picking, les fusions n’ont servis qu’à augmenter les salaires et leurs avantages sociaux.

Le ‘cherry picking’ et les fusion, (1 mars 2009)

 

La seule raison pour laquelle les syndiqués de la ville de Québec, ou d'autres groupes de travailleurs, se rebiffent si violemment lorsque leurs conditions de travail sont étalées sur la place publique, c'est que celles-ci leur valent la vindicte de leurs concitoyens en raison de leur générosité.

 

La mairesse Andrée Boucher a décidé de jouer cette carte dans les négociations avec les 3700 membres des cinq syndicats dont les contrats de travail sont expirés depuis le 31 décembre dernier. Mme Boucher s'est fait élire en promettant d'assainir les finances de la ville. Les coûts de main-d'oeuvre représentent 40 % du budget de la ville;

 

Les fusions ont entraîné un gonflement de l'effectif et des conditions de travail, en raison du «cherry picking». On puise le meilleur de chacun des contrats de travail pour en bâtir un super.

 

Le déficit de 12 millions pour 2006 est ainsi attribuable en grande partie aux coûts de main-d'oeuvre et des régimes de retraite.

 

La rémunération globale dans le secteur municipal est maintenant de 30 % supérieure à celle du privé. Les contribuables paient aux employés municipaux des conditions de travail et de retraite dont ils ne pourront jamais bénéficier. Mais ils n'en sont pas toujours conscients. Ce à quoi Mme Boucher a décidé de remédier, à sa manière.

Toutes les études empiriques démontraient le même phénomène, ce sont les syndiqués des villes fusionnées qui empochent la totalité du « profit» de ce qui est devenu un monopole régional.

Et le P.Q. le savait très bien, ce que l’on ne fait pas pour rester au pouvoir.

Les travaux dénoncent presque unanimement les effets pervers des fusions forcées :

1)      Hausse des coûts,

2)      Baisse de la qualité,

3)      Désengagement des bénévoles,

4)      Déficit démocratique et

5)      Hausses de taxes sont les conséquences les plus fréquemment évoquées.

La course aux faveurs ne fleurit que dans la centralisation

Les premiers gagnants des fusions forcées :

1)      Sauront les bureaucrates

2)      Les monopoles syndicaux

3)      Les lobbys d'entreprises à la recherche de plus gros contrats.

Centralisation excessive et croissance excessive du secteur public
sont deux facettes d'une même réalité.

Deux vitesses

La force de travail au Québec fonctionne à deux vitesses quand il s’agit de la retraite : la grande entreprise et le secteur public et les autres.

On exige donc d’une majorité de contribuables - 60 % des travailleurs n’ont pas de régime de pension offert par leur employeur - de mettre la main dans leur poche pour permettre à un employé municipal de se retirer avant 60 ans avec un salaire intact.

Pas étonnant que cette fracture sociale fasse rager le travailleur moyen.

Soyez assuré M. le peuple, le bon sens va revenir, car notre crédit, en tant que peuple se rétrécit drôlement, et certains intervenants extérieurs, va nous obliger à gouverner de façon responsable.

À défaut d'avoir des politiciens corrompus pour supposément maintenir la paix syndicale, M. les policiens, ça ne vous dit rien ? la paix du peuple.

La mèche devient de plus en plus courte, parlez-en à l’ex-maire de Toronto.


Extrait de : Québec doit-il contribuer aux caisses de retraite municipales?, Michel Girard, La Presse 14 mars 2011

Bon an, mal an, j'ai toujours l'impression que le gouvernement du Québec est cassé comme un clou. Pourtant, les contribuables lui versent de plus en plus d'argent, grâce notamment à l'impôt perçu sur les hausses salariales, à l'augmentation de la taxe de vente, à des hausses de frais des services gouvernementaux...

Eh bien, si le gouvernement du Québec a tant de misère à joindre les deux bouts de son budget de plus en plus imposant, c'est parce qu'il a dans ses placards des squelettes qui lui coûtent la peau des fesses.

Le député indépendant des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, vient d'en sortir un qui n'est pas piqué des vers.

Imaginez-vous que le gouvernement Charest, lors de son arrivée au pouvoir en 2004, a conclu avec la Ville de Montréal une entente visant à réduire le déficit actuariel des caisses de retraite des employés municipaux.

Pour ce faire, le gouvernement a décidé de financer à même les impôts de tous les contribuables québécois l'emprunt obligataire de 240 millions que la Ville de Montréal a contracté pour réduire le déficit actuariel des caisses de retraite de ses employés.

L'entente prévoit que le gouvernement du Québec verse annuellement à la Ville une subvention qui couvre à la fois les frais d'intérêt sur 20 ans et le capital de cet emprunt obligataire.

Au terme de l'entente, en 2025, le gouvernement provincial aura ainsi déboursé de ses goussets la somme astronomique de 460 millions de dollars pour couvrir le remboursement du déficit actuariel de la caisse de retraite de la Ville de Montréal.

Vous avez bien lu: un débours total de 460 millions de dollars puisés à même les impôts de tous les contribuables québécois pour les seules fins du régime de retraite des employés municipaux de Montréal.

Qu'une partie de nos impôts serve à payer les pensions des employés de l'État, cela va de soi.

Qu'une partie de notre impôt foncier serve à payer les pensions des employés municipaux de notre municipalité ou ville, c'est parfaitement normal. Mais que tous les contribuables, tous coins du Québec confondus, soient obligés de payer pour les régimes de retraite des employés de la Ville de Montréal, c'est incroyablement inéquitable.

Maintenant vous comprenez le sens de la corruption étatique, le peuple, les politiciens s’en foutent, c’est de rester au pouvoir,et tous les moyens sont bons.

Pensons-y deux minutes: cela veut dire que les travailleurs ne bénéficiant d'aucun régime de retraite d'employeur, soit les deux tiers de tous les travailleurs du Québec, payent de leurs impôts pour renflouer les coffres des caisses de retraite des employés municipaux de Montréal.

Ayoye!

Comment explique-t-on cette incroyable générosité envers les employés municipaux de Montréal? «Cette entente, avait déclaré le ministre des Affaires municipales de l'époque, Jean-Marc Fournier, aura un impact positif pour la métropole. Elle contribuera à limiter les hausses de taxes des contribuables et à offrir une solution durable à une situation qui aurait hypothéqué la capacité financière de la Ville de Montréal à long terme.»

Belle hypocrisie, c’est extrêmement malheureux que nos politiciens ne sont imputables de rien, il y en aurait un couple qui ferait un pèlerinage comme  Lacroix.

Pour sa part, le maire Gérald Tremblay avait ajouté: «La signature de cette entente est une excellente nouvelle pour les citoyennes et les citoyens. La volonté de notre administration est de trouver des solutions novatrices pour cesser de pelleter les problèmes aux générations futures.»

Quelle belle solution novatrice que de pelleter les problèmes de financement du généreux régime de retraite des employés de la Ville de Montréal dans les mains de tous les contribuables du Québec!

En passant, pourquoi déjà la caisse de retraite des employés de la Ville de Montréal accusait-elle un si gros déficit actuariel? Parce que les contributions étaient insuffisantes par rapport à la valeur des avantages consentis aux participants!

La générosité des contribuables de toute la province ne se limite pas à Montréal. Le gouvernement Charest a également décidé de donner un gros coup de pouce à la caisse de retraite de la Ville de Québec.

Eh oui! il a conclu une entente de remboursement du déficit actuariel des régimes de retraite des employés municipaux de la capitale provinciale qui va nous coûter d'ici 2027 la rondelette somme de 32 millions de dollars.

Au ministère des Affaires municipales, on me confirme que le gouvernement Charest ne subventionne aucune autre caisse de retraite municipale.

Ouf! Mais pour combien de temps? Les paris sont ouverts...