Discours inaugural du gouvernement de M. J. Charest au budget : la constance du sophisme.

Sous-thèmes :  Pas de contrôle des dépenses de l’État québécois sans recherche de la cohérence

Je lisais, entre le discours inaugural et la présentation du budget 2011,  que la "La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) estime que l'intégration des élèves vivant toutes sortes de difficultés dans les écoles et les cégeps doit répondre à la fois aux besoins des élèves que l'on intègre, mais également qu'il est nécessaire de respecter le milieu et le personnel qui en a charge."

Voilà ce qui certes semble correspondre à des besoins prioritaires pour le monde de l’éducation. Toutefois, le sommes requises risquent fortement d'être dilapidées par des mesures irréfléchies du discours inaugural du gouvernement de M. J. Charest, que l’on retrouvera hélas inscrites au budget!

Je vous expose brièvement trois incohérences qui vont à l'encontre des besoins en ressources financières qui seraient requises ailleurs dans les domaines de l’éducation ou de la santé, et qui correspondent à des dépenses incontrôlées.

1.      Munir chaque classe d'un tableau intelligent et chaque professeur d'un ordinateur portable.

Quel serait le coût direct d'acquisition et les coûts récurrents (entretien, réparations...) d'une telle mesure, alors que les besoins sont criants en aide aux enfants en difficulté d'apprentissage, en soins ortho-pédagogiques, en soutien aux enfants autistes, aux enfants handicapés, aux classes spéciales; que le problème de décrochage scolaire exigerait des ressources importantes... ?

Franchement, cette mesure pourrait ressembler à si méprendre à un pot de vin à tous les enseignants sous la forme d'un ordinateur gratuit!

2.      Politique linguistique.

Titre plutôt trompeur, car on ne retrouve rien pour la revitalisation du français, alors que le programme de francisation des immigrants a été coupé, que les problèmes d'intégration sociale s'accumulent, que la vitalité du français est en perte de vitesse dans la région de Montréal et l’île de Montréal… On propose des classes d'anglais intensif pour tous les élèves de sixième année (difficulté d'apprentissage, difficulté d'intégration linguistique, et de maîtrise du français, etc…). On confond programme éducatif spécial à promesse démagogique. Cette promesse dans les circonstances où l’anglicisation de Montréal gagne depuis quelques années correspondrait à un plan d'anglicisation de professeurs et des élèves déjà en difficulté d’apprentissage du français, ou des immigrants ou enfants d’immigrants ne possédant pas encore une connaissance adéquate du français.

La volonté gouvernementale d'améliorer les aptitudes linguistiques dans nos écoles peut paraître louable ( ou opportuniste, pour récupérer des votes de l’ADQ) en apparence. Toutefois, l’expérience montre que de telles politiques en milieu dits bilingues (et c’est maintenant le cas à Montréal) mèneraient à terme à un transfert des jeunes allophones vers l’anglais. On induirait une propension à utiliser l’anglais à la fois à la maison et dans les cours d’école; et, les enseignants, puisque cette proposition serait universelle, risqueraient de se comporter comme des agents d'anglicisation, tel en milieu anglophile-bilingue (Ottawa par exemple) où les francophones communiquent de plus en plus en anglais entre eux. Il serait alors trop tard pour changer de cap : Montréal aura glissé un peu plus vers l’anglicisation, et les immigrants seront moins francisés.  En tant qu’enseignant, je refuserais de mettre en œuvre la proposition anglicisante de M. J. Charest, trop conscient de la fragilité du français à Montréal et dans la région métropolitaine et des devoirs éducatifs de la mission d’enseignement au sein d’une société francophone marginalisée au sein d’un Canada anglophone conviant à l’assimilation à l’anglais.

En plus d’être incohérente cette mesure étendue pour tous, et tous les milieux, serait impraticable, car les ressources humaines ne seraient pas là.

En plus de relativiser l’apprentissage approfondi du français, langue commune et de cohésion sociale, cette disposition violerait la liberté de choix  des parents qui préféreraient plutôt d’autres contenus de projets éducatifs, voire l’apprentissage d’autres langues, telle l’espagnol si proche du français.  Cette proposition –inaugurale ou budgétaire- doit être rejetée carrément…

La fumisterie du discours

Afin d’illustrer la fumisterie du discours de l’homme politique partisan, je fournis une évaluation approximative de ces deux promesses sorties de nulle part:

1.      Tableaux intelligents, dans chaque classe :

Il y a 2726 écoles au sein des commissions scolaires au Québec (données MELS, 2010, sur site du ministère).  Alors il y aurait  environ 30 fois 2726,  soit très approximativement 80,000 classes (primaire 43,000 classes au dire du MELS, et secondaire)

Coût d’acquisition ( 3,000 + 1000 + 1000; soit  le tableau, le projecteur, les interfaces, les logiciels, l’installation sur les lieus de classes quelques fois exiguës, les licences, les garanties... ) x 80 000 : le coût d’acquisition immédiat équivaudrait à environ 240 Millions $. Mais ce coût pourrait atteindre beaucoup plus, si on tient compte des aménagements requis. Estimons les coûts récurrents annuels:  20% de 300 M$-= 60 Millions $

À ce moment-ci, l’énoncé de promesse  ne précise pas si cette lubie s’étendrait à l’ensemble du primaire et du secondaire, ou que pour le primaire.

2.      Ordinateur gratuit par professeur (amortissement sur 3 ans) :

1000$ (ordinateur, interfaces et logiciels ) X  le nombre de professeurs (primaire 47 888 + secondaire 50,000)  équivaudrait à  100 Millions $.

Le coût provisionnel identifié au Budget serait  ainsi dépassé, ce pour un investissement de biens électroniques de courte durée de vie utile. Voilà essentiellement le lieu d’incohérences dont le monde de l‘éducation et la société francophone pourraient se passer.

Franchement, M. J. Charest garde en effet le cap sur... les sophismes et la démagogie. Alors, tout observateur sérieux conclura que l’esprit de ce discours va à l'encontre d'objectifs fondamentaux du monde de l'éducation et de politiques constructives pour assurer la vitalité de la langue française.

3.      Sur financement du réseau anglophone

Une troisième source de dilapidation de ressources financières provient du sur financement du réseau anglophone, nommément des cégeps anglophones de Montréal et de l'Université Concordia. Il est anormal que le ministère de l'enseignement supérieur octroie des sommes supplémentaires au réseau anglophone pour accommoder des demandes accrues d'élèves allophones alors qu'il y a des places disponibles dans les cégeps francophones.  Ce sur financement doit aussi être compris en terme d’un dédoublement des financements pour des domaines qui se chevauchent à la fois à  l’université Concordia et à l’UQUÀM, deux universités qui poussent à fond les modes de marketing des cours et des investissements immobiliers à risques! .

Faites reculer le gouvernement Charest sur ces trois points et vous obtiendrez un meilleur contrôle de dépenses qui semblent avoir été décidées seulement pour acheter des votes.

Selon le budget 2011, les dépenses ne semblent pas sous contrôle car ce budget poursuit une croissance des dépenses et une croissance du déficit. Dans ce contexte les dépenses décrites ci-haut sont d'autant plus injustifiables.

J'aimerais maintenant faire valoir d’autres réflexions qui se rapportent directement et de manière significative au contrôle des dépenses et à la gestion des ressources humaines de la société québécoise en général.  Déjà l'intégration scolaire (de la maternelle au cégep) et des mesures élargies contre le décrochage scolaire constitueraient des investissements justes dans le potentiel humain de demain.

Un taux d’immigration trop élevé:

Les niveaux d’immigration ont été haussés (Plans triennaux) sans que la population canadienne – ou québécoise- n’ait été expressément consultée. Qu’il suffise de rappeler qu’en 2010, le Canada aura accueilli quelque 280 000 nouveaux immigrants, et le Québec 54 000. Ces niveaux records risquent d’année en année de changer la dynamique canadienne et québécoise. Les raisons économiques données pour justifier de tels niveaux ne tiennent pas la route, essentiellement pas à ce genre de taux d’immigration.

En particulier, on peut douter que la société soit en mesure, tant sur le plan économique, social et linguistique, de soutenir tous les coûts afférents, directs et indirects d’une immigration trop élevée et mal intégrée et, en particulier, les assistances sociales que reçoivent plus largement certaines catégories d’immigrants (selon le MESS, 2010 : 66,000 immigrants recevaient l’assistance sociale, un taux nettement plus élevé que pour la population en général).  Ainsi, ces niveaux devraient être revus à la baisse en fonction de la situation économique, à tout le moins. 

Malgré les mérites d’une immigration et les contributions individuelles remarquables, fondamentalement, de tels niveaux posent problème si on considère les questions relatives au problème de décrochage chez les jeunes de chômage et du nombre d’assistés sociaux aptes au travail.

Le problème du décrochage scolaire et le chômage des jeunes citoyens canadiens et québécois.

Selon les statistiques compilées entre 2007 et 2010 (Stat Canada, taux de décrochage provinciaux), les jeunes décrocheurs ont été frappés beaucoup plus durement que les diplômés du secondaire pendant le dernier ralentissement économique. Avant la récession de  2008-2009- début 2010, le taux de chômage chez les décrocheurs se situait à 18 % contre 8,4 % chez les jeunes diplômés. Après le ralentissement économique, plus de 23 % des jeunes décrocheurs étaient en chômage contre 11,9 % chez les jeunes diplômés du secondaire. En 2009-2010, le nombre de décrocheurs scolaires s’établissait à 191,000 au Canada. Le problème est plus prononcé chez les jeunes Autochtones. Au Québec le taux de décrochage est  le plus élevé après le Manitoba. Un scandale littéralement!

Nous sommes devant un paradoxe. D'une part, le Québec détient, en Amérique du Nord, un des plus hauts taux de dépendance envers l’aide sociale, soit 6,4 % de la population (août 2007, selon Statistique  Canada et MESS). De ceux-ci, soit 61% du nombre d’adultes (231 000), recevaient des prestations d’assistance sociale totalisant plus d’un milliard de dollars par année. Par ailleurs, une multitude de besoins qui font appel à de la main-d’œuvre non qualifiée ne sont pas comblés : aide et assistance aux personnes âgées, handicapées ou malades…, aide à domicile, entretien générale de bâtiments et de terrains publics, propreté dans les villes et aux abords des édifices publics, main d’œuvre non spécialisée en période de récoltes… À titre d’illustration d’une manière différente d’aborder la situation de problèmes, plutôt que de payer des gens aptes au travail à ne rien faire, le gouvernement pourrait offrir, pour un montant équivalent, des occasions de se rendre utiles à la communauté, tout en acquérant une certaine habitude du travail rémunéré des habilités et des aptitudes propres à répondre à des besoins du marché du travail. 

La personne assistée peut contribuer au bien-être de la communauté en échange de l’aide que celle-ci lui fournit. Ceci conférerait le potentiel d’améliorer le statut des assistés sociaux dans la société en les transformant graduellement en travailleurs qui gagneraient en estime de soi.

Le bien-être général dépend de la prospérité économique générale, elle-même tributaire de la disponibilité d’une main-d’œuvre motivée et qualifiée. Le vieillissement de la population, entraînera certes des  les pénuries de main-d’œuvre spécialisée. Ce cadre conjoncturel requerrait la disponibilité d’un plus grand nombre de travailleurs sur le marché du travail. Par la formation adaptée, les décrocheurs et les assistés sociaux aptes au travail constituent une partie d’une réserve en ressources humaines aptes à court terme à occuper des emplois exigeant peu de compétences et, à moyen terme, à répondre aux exigences de formations techniques en demande et valorisantes.

Dans le système actuel, l’État paie trois fois :

Une première fois pour faire des tâches requérant peu de compétences par des employés de l’État –donc l’ensemble des citoyens déjà surtaxés ou qui devront répondre d’un déficit public effarant-;

Une seconde fois pour entretenir des milliers d’assistés sociaux aptes au travail;

Et, une troisième fois pour soutenir des milliers d’immigrants sans qualifications ou sans formation générale adéquate, et qui vont requérir de l’assistance sociale sous une forme ou une autre.

Plutôt que de faire des dépenses discutables en tableaux « dits intelligents «, de s’enfoncer dans un programme d’anglicisation universel des élèves de sixième année, ou d’accroître le niveau d’immigration dont la composition ne correspond pas ni aux besoins du marché du travail ni à la situation de dégringolade du français dans le grand Montréal, un   gouvernement responsable devrait lutter contre le problème du décrochage scolaire des jeunes, et aider les jeunes assistés sociaux aptes au travail à regagner en estime de soi et en compétences. Un immense potentiel humain de jeunes québécois se perd!

Sous-financement des universités 

Par ailleurs, le budget fait porter l'odieux du sous-financement des universités  par un accroissement des frais et des droits de scolarité aux étudiants et aux parents, mais sans aborder la question de la modulation des droits et de fais en fonction des disciplines, celles tels le droit et la médecine dont les coûts de formation sont assumés par la population alors que médecins et juges et procureurs réclament la parité salariale avec leurs confrères de l’Ontario, qui eux-auront défrayés les pleins coûts de leurs formations- ni se pencher sur les fiascos liés aux projets et aux spéculations immobilières des universités (UQUAM, Concordia).

Dans tout ce débat qui s'installe, perdure et revient sur la question du financement des universités, il serait d’ailleurs honnête de mettre dans la balance la surrénumération (le ratio masse salariale/étudiant, et la surreprésentation dans des secteurs dont la pertinence n'a de raison que dans l'esprit des administrateurs (trop de filières, trop de pseudo disciplines dans le domaine des sciences de l'Homme ou de la gestion, etc.).

De plus, il semblerait que le secteur anglophone de l’enseignement supérieur soit surfinancé par rapport à la population anglophone. La pertinence de l'Université Concordia devrait être revue, certains secteurs pourraient être jumelés/fusionnés à l'UQUAM ou à MCGill et le financement public de l'Université Concordia réduit.

Il existerait un déséquilibre systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les universités anglophones du Québec recevraient quelque 25% (à valider) des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. alors même que les francophones de l’Ontario, par exemple n’ont pas d’université francophone (des universités bilingues certes, ou sous l’Administration d’Universités anglo-saxonnes)

Pour une question de justice envers la société francophone, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec  soit subventionné selon un prorata plus équilibré à la proportion des anglophones au Québec. On peut remettre en question la pertinence du financement de l’université Concordia dans les domaines où elle ne professe qu’une duplication de ce qui se fait ailleurs (UQUAM, ou à l’excellente Université McGill par exemple- l'université MCGill constitue un trésor pour la société québécoise, et ne serait-ce que pour cette raison, il est normal et juste que  le financement des universités anglophones dépassent dans son ensemble la proportion de la population anglophone).

Il faudrait aussi mettre dans la balance les pertes irresponsables engendrée par les aventures d’universités dans le domaine immobilier (UQUAM) et du déraillement de certaines universités vraisemblablement sur-adminstrées ou mal administrées et en faire réponde leurs administrateurs fautifs.  En tout état de cause, Concordia, université récente ( issue de la fusion de deux institutions plus petites en 1974 dont du Collège jésuite Loyola – dont la  progression depuis l'affaire Fabricant relève en partie d'un marketing du savoir fragmenté, et de projets immobiliers diversifiés, ce dans un contexte de ressources financières limitées, devrait à tout le moins être analysée avec circonspection. Un budget bien ficelé et centré sur le contrôle des dépenses devrait nettement inscrire de tels efforts de réduction de dépenses.

En définitive,

De nombreux autres sujets relèvent d'une saine gestion des dépenses gouvernementales, mais la manière de gouverner sans consensus élargi au sein de la société fait craindre que peu soit fait correctement. On peut par exemple s'étonner de l'annonce budgétaire d'un crédit à l'exploration des gaz de schiste alors que les permis d'exploration ont littéralement été bradés à prix ridicules...

En tout état de cause, il y aurait lieu de mener un vaste chantier de conciliation regroupant l'ensemble des acteurs de la vie économique du Québec, car on ne peut pas continuer selon le mode de gestion "en catimini" du gouvernement libéral de M. J. Charest: il faut savoir gouverner en développant des consensus étendus  et bénéfiques.

Michel Pagé

Montréal


 

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    # by Gilles Laplante - 28 mars 2011 à 17 h 17

    Vous avez sous-estimé de beaucoup la promesse #2.
    Dans votre 1000$, vous incluez un portable plus les logiciels nécessaires à son utilisation. Selon mon expérience, vous aurez pour environ 500$ de logiciel avec des coûts récurrents d'environ 15%. Votre portable à 500$ a une espérance de vie d'environ 3 ans et ne saura satisfaire la majorité. En effet, quand vous donnez un cours vous ne pouvez vous permettre d'attendre 2 à 3 minutes que votre pc charge une application. Pour être efficace, le pc devrait coûter près de 1000$ à lui seul. Vous avez aussi oublié tout le personnel de support qu'il faudrs engager pour entretenir, mettre à jour et dépanner ces 100,000 PC. Cette promesse devrait se chiffer plus près de 350 milions que de 100 millions.

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    # by Anonyme - 10 décembre 2011 à 13 h 24

    Une précision relative au potentiel inexploité de la lutte au décrochage scolaire et à l'illétrisme au Québec:

    Selon la Fondation pour l'alphabétisation, 16% de la population totale des 16 à 65 ans ne sait pas lire; 33% de la population arrive difficilement à lire et à résumer un texte simple. Ce sont ce qu'on appelle des analphabètes fonctionnels.
    La lutte contre l'illettrisme, laquelle passe par - et se confond avec - la lutte au décrochage scolaire représente un défi.
    Par des programmes ciblés et adaptés sur mesure, même au sein des entreprises en collaboration avec des centres de formation et les commissions scolaires, il serait possible de contrer des difficultés et ainsi permettre de qualifier progressivement une main-d’œuvre native. Il serait plus rentable pour une entreprise de faire de la formation à l'interne que de congédier ses travailleurs locaux et d’exiger, par l’entremise de leurs associations plus d’immigration générale à des niveaux trop élevés qui vraisemblablement n’aura pas de toute façon les compétences requises.

    MP

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    # by Anonyme - 17 février 2012 à 14 h 59

    sur sujet des tableaux interactifs:
    ... des témoignages concrets d'enseignants confirment que c'" Une mauvaise idée, Les élèves ont besoin de services, pas de tableaux interactifs qui vont "bloquer"".
    Opinion d'un enseignat du secondaire. reproduite dans la Presse.