Electrolux : la fin des minces espoirs


Extrait de : Electrolux : la fin des minces espoirs, Yvon Laprade, Rue Frontenac, 02 mars 2011

Il ne reste plus aucun espoir de sauver l’usine Electrolux à L’Assomption. Lundi soir, les hauts dirigeants suédois du numéro mondial de l’électroménager l’ont confirmé noir sur blanc lors d’une réunion houleuse à l’aéroport Montréal-Trudeau en présence de leaders syndicaux et de représentants du gouvernement, a appris Rue Frontenac.

Le PDG d’Electrolux Home Products North America, Keith McLaughlin, accompagné de John Terzo, vice-président opérations produits de cuisson, ont admis qu’ils n’avaient plus aucune intention de faire quoi que ce soit ni pour les 1 200 travailleurs, ni pour trouver une nouvelle vocation à l’usine qui fabrique des cuisinières haut de gamme.

La rencontre a duré un peu plus d’une heure au cours de laquelle le président d’Investissement Québec, Jacques Daoust, a dit sa façon de penser aux deux hauts dirigeants. « Vous ne nous avez jamais donné la chance de nous battre », a-t-il lancé à l’intention des deux grands patrons

Le problème M. Daoust quand vous êtres le dernier du peloton sur la
liberté économique
, c’est évident que vous n’encouragez pas
les compagnies étrangères à rester dans la province.

Cela fait des décennies qu’ont ne se préoccupe plus du niveau de la compétitivité de nos entreprises, alors quand la situation devient difficile économiquement les dirigeants prennent les décisions en conséquence.

Il leur a rappelé qu’il y a 10 mois à peine, lors d’un voyage en Suède auquel prenait part le ministre Pierre Arcand, aucun des dirigeants d’Electrolux n’avait évoqué une éventuelle fermeture de l’usine. Il a fait allusion au projet d’investissement de 20 à 30 M$ qui devait permettre de moderniser l’usine.

Mais les hauts dirigeants ont répliqué que la décision de déménager la production dans une nouvelle usine du Tennessee, à Memphis, n’aurait été prise que tout récemment. Ce qui a semblé irriter les représentants du Québec.

«Au Québec nous ne sommes pas des barbares », a même tenu à préciser Jacques Daoust.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui prenait part à la rencontre, a réclamé des « engagements formels » pour permettre aux employés syndiqués (AIMTA-FTQ) de toucher des primes de séparation décentes. Il a également été question du régime de retraite qui est déficitaire de 10 M$, selon nos informations.

Électrolux a prévu un montant de 65 M$ pour régler le dossier de fermeture de l’usine de L’Assomption.

De son côté, Dave Chartrand, à la tête du district 11 de l’AIMTA-FTQ, a prévenu les deux hauts dirigeants que la production à l’usine de la région de Lanaudière risque d’être affectée au cours des prochains mois, en raison des départs d’employés démotivés, ou qui vont trouver un autre emploi.

Les employés ont eu une rencontre mardi pour faire le point sur le dossier de fermeture. L’usine cessera ses activités progressivement à compter de l’été 2012. C’est alors qu’Électrolux commencera le rodage de sa production à Memphis, dans une usine subventionnée mur à mur avec l’argent de l’État et des autorités municipales.

Évidemment, les Américains ont besoin de ‘jobs’, de plus,
ils n’ont aucun souci d’argent, ils en impriment.

Les syndiqués estiment avoir été « bernés sur toute la ligne » et plusieurs ont déjà du mal à se présenter au travail. Le taux d’absentéisme est en forte hausse, s’est fait confirmer Rue Frontenac.

L’espoir de sauver les meubles était très mince avant la rencontre, mais depuis lundi, tous s’entendent pour dire qu’il faudra organiser les funérailles…