Fonction publique: Deltell veut rayer 13 000 emplois dans la fonction publique

Extrait de : Fonction publique: Deltell veut rayer 13 000 emplois dans la fonction publique, La Presse Canadienne, 15 mars 2011

QUEBEC - Gérard Deltell suggère au gouvernement de frapper un grand coup pour assainir les finances publiques en tirant un trait sur quelque 13 000 emplois de fonctionnaires.

Le chef de l'Action démocratique est d'avis qu'un tel sacrifice est nécessaire pour le salut de la nation et mettre de l'ordre dans les finances publiques.

«C'est l'effort, le sacrifice de chacun pour le salut de tous qui va assurer la pérennité de la nation. Sinon, on s'en va dans le mur», a dit M. Deltell, en conférence de presse mardi à l'Assemblée nationale.

À quelques jours du dépôt du budget du Québec, le leader de l'ADQ est revenu à la charge avec un thème cher à sa formation politique, soit la réduction de la taille de l'État.

À son avis, le Québec est étouffé peu à peu par les tentacules d'un État devenu gigantesque. Il est urgent, a-t-il insisté, de revoir chacun des nombreux postes budgétaires de l'État pour ne conserver que l'essentiel.

«Il faut avoir le courage de regarder chacun des postes budgétaires et de se dire: est-ce que c'est encore nécessaire? Est-ce que ça correspond aux missions essentielles de l'État? Est-ce qu'il y a une façon différente de faire?», a-t-il expliqué.

Pour le député François Bonnardel, présent aux côtés de son chef, le système public de santé illustre bien les effets dévastateurs d'un État tentaculaire.

«On parle d'un système de santé où on a un ministère, on a 16 agences, en dessous de tout ça il y a 95 CSSS et 531 autres conseils d'administration où il y a des dédoublements de postes», a relevé le porte-parole de l'ADQ en matière de finances.

Résultat: «il y a 108 000 personnes qui sont affectées aux soins du patient dans le système de santé contre 100 000 qui sont affectées à l'administration du système de santé», a dit M. Bonnardel, citant des chiffres contestés par le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

Pour éviter le naufrage financier, M. Deltell conseille au gouvernement de saisir l'occasion que représente le départ à la retraite de 13 000 fonctionnaires d'ici cinq ans.

Selon l'ADQ, l'État doit faire tout en son pouvoir pour ne pas remplacer ces milliers d'employés partis à la retraite.

Bien sûr, a senti le besoin de préciser M. Deltell, il ne s'agit pas «de les sacrer dehors à coup de pied dans le derrière, puis à coup de hache».

Néanmoins, «si on est capables de ne pas les remplacer, tant mieux», a-t-il dit.

Au terme d'une tournée de consultation dans sept régions, l'ADQ a par ailleurs identifié une série de propositions à soumettre au ministre des Finances, Raymond Bachand, en prévision du budget.

Parmi celles-ci, on retrouve au premier rang

1)      la réduction de la taille de l'État,

2)      l'abolition des commissions scolaires,

3)      une mise à niveau de la comptabilité des finances publiques

4)      et la révision de l'aide aux entreprises.

Sans surprise, les syndicats n'ont pas mis de temps à se braquer contre l'abolition de milliers de postes laissés vacants dans la fonction publique.

La proposition de Gérard Deltell est «irréaliste et même dangereuse pour la pérennité des services à la population», a fait valoir le Syndicat de la fonction publique du Québec.

Pérennité pour qui ?

Pour la syndicat ou le bien-être des finances de l’État ?

À elle seule, la politique mise en place par le gouvernement visant à ne combler qu'un départ sur deux «est si nuisible, qu'elle est même contournée par plusieurs ministères afin de maintenir des services publics dignes de ce nom», a déclaré la présidente générale du SFPQ, Lucie Martineau, dans un communiqué.

En remplaçant un départ sur deux, vous pensez que l’État sauve beaucoup d’argent pas du tout, car celui qui est la retraite reçoit encore un salaire de l’État, mais le terme employé est différent, ça s’appelle : prestations provenant des régimes de prestations déterminées.

Il ne produit plus aucun service, mais on le paie quand même, c’est juste qu’il n’est plus sur la même colonne des dépenses, maintenant on appelle cela
la colonne du déficit actuariel, hum …

Depuis 2004, cette politique a contribué, selon le syndicat, à diminuer de quelque 4200 le nombre de personnes parmi les effectifs réguliers des fonctionnaires.


 

  1. gravatar

    # by Cynthia Gagnon Tremblay - 15 avril 2011 à 15 h 27

    J'ai également un même genre de questionnement. L'ADQ est-ce nécessaire?? Avec des sorties comme cette dernière, je me dit que peut-être le Québec serait mieux sans l'ADQ. Bon, je dois me contrôler. N'ayant pas assez d'informations pour supporter ma démarche, je me dis qu'il doit y avoir plusieurs raisons qui justifient son existence.

    Je suis une jeune professionnel qui commence sa carrière dans la fonction publique québécoise. Je me sens profondément blessée par les propos de M. Deltell concernant le remplacement des emplois dans la fonction publique. Probablement comme M. Deltell, j'ai décidé de m'impliquer dans mon milieu afin de contribuer à ma société. Pour ce faire, j'ai choisie d'orienter ma carrière dans la fonction publique québécoise. Je ne suis pas touché directement dans l'intervention de M. Deltell et je me sens blessée. Je souhaiterais que M. Deltell tente juste un instant de se mettre dans la peau de ses personnes. Ces individus, qui après des années aux services de l'État, vont quitter pour une retraite bien mérité. Juste avant se moment fort important, ils se font dire que ce que tout le travail qu<ils ont fournis ne vaut absolument rien et que toutes leurs responsabilités pour assurer de bons services à la population seront jetés aux poubelles. De tel propos ont été avancé sans même qu'aucune étude ou expérience concrète ait été amené dans le débat pour supporter ces affirmations. Cette façon de procéder me permet d'entrevoir la considération de l'ADQ pour les québécois et les québécoises.

    Ma blessure me fait promettre, aujourd<hui, de ne JAMAIS exercer mon droit de vote pour appuyer l'ADQ.