L'explosion des médicaments


Extrait de : L'explosion des médicaments, Éric Yvan Lemay, Journal de Montréal,13/03/2011

Le coût du régime public augmente de 7 % par an

Si les coûts de la santé augmentent fortement chaque année, ceux du régime public d'assurance-médicaments n'y échappent pas. Au cours des dernières années, l'augmentation annuelle a été de 7 %, une pilule de plus en plus difficile à avaler pour le gouvernement.

"Il y a de grandes maladies systémiques, comme le cholestérol et l'hypertension. Il y a de plus en plus de consommation au nom de la prévention et, de ce fait même, on devient des malades à vie", souligne André-Pierre Contandriopoulos, professeur titulaire au département d'administration de la santé de l'Université de Montréal.

Ce dernier indique que les fabricants de médicaments exercent une pression énorme pour vendre toujours plus de pilules et ça marche. "Si on fait passer de 5 % à 10 % le pourcentage de gens qui ont de l'hypertension, ce sont des revenus garantis à long terme."

Surtout les personnes âgées

En 2009-2010, le coût total du régime d'assurance-médicaments a été de 3,1 milliards $, soit 175 millions $ de plus que l'année précédente. Si une partie de la facture est assumée par les patients eux-mêmes, le gouvernement a tout de même dû allonger 2,2 milliards $, soit un peu plus que le coût de construction du futur CHUM.

Une forte proportion des coûts du régime est directement liée aux 65 ans et plus. Après cet âge, ils sont automatiquement couverts par le régime public, sauf s'ils font une demande pour continuer à être assurés par un assureur privé (souvent avec leur travail).

Même si les 65 ans et plus ne représentent que le tiers des participants au régime public, ils représentent 60 % des dépenses. "Il y a de plus en plus de gens âgés, mais surtout de plus en plus de médicaments par personne. C'est ce qu'on appelle la polypharmacie", dit la Dre Cara Tannenbaum, spécialiste en gériatrie.

13 médicaments par personne

À l'Institut de gériatrie de Montréal où elle travaille, la moyenne d'âge est de 82 ans et les bénéficiaires prennent 13 médicaments différents en moyenne. "Ça peut avoir des effets secondaires qu'il faut ensuite traiter avec d'autres médicaments ", illustre celle qui est également titulaire de la chaire pharmaceutique Michel-Saucier en santé et vieillissement de l'Université de Montréal.

La spécialiste n'est toutefois pas contre les médicaments qui permettent de prévenir des infarctus ou les thromboses, ou de traiter le diabète. Elle croit toutefois qu'on doit s'interroger sur l'utilisation de plus en plus importante des médicaments. "On a une culture de prise de médicaments. Il y a des choix à faire. Il doit y avoir une gestion appropriée. Quelqu'un doit faire le calcul pour savoir s'il ne serait pas plus approprié, dans certains cas, de payer pour de la physiothérapie ou de la psychologie ", conclut-elle.

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LE RÉGIME PUBLIC D'ASSURANCE-MÉDICAMENTS EN CHIFFRES

3,1 milliards $ en 2009-2010  en 2,4 milliards $ en 2005-2006

33% des bénéficiaires ont 65 ans et plus

* 15 % sont prestataires d'une aide financière de dernier recours

59%des dépenses sont attribuables aux 65 ans et plus

* 21 % des dépenses sont attribuables aux prestataires d'une aide financière de dernier recours

SOURCE : RAMQ, RAPPORT ANNUEL 2009-2010, MÉDICAMENTS ET SERVICES PHARMACEUTIQUES


Le coût du vieillissement: un mythe?

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le vieillissement de la population du Québec ne devrait pas entraîner une hausse considérable des soins de santé, selon certains observateurs.

"Est-ce que le vieillissement entraînera un accroissement des dépenses de santé ? Non, le simple vieillissement a un poids de 1 à 1,5 % maximum pour les années à venir. Le vieillissement pourrait entraîner des problèmes, mais le rythme d'accroissement est prévisible ", dit André- Pier re Contandriopoulos, du département d'administration de la santé de l'Université de Montréal.

Selon son collègue l'ancien sousministre de la Santé Paul A. Lamarche, la population du Québec âgée de 65 ans et plus passera de 15,3 % aujourd'hui à 20,2 % en 2020.

En fait, comme d’habitude c’est supposément expert, ne regarde jamais l’ensemble du problème, si la personne est à la retraite, elle ne produit plus, elle ne fait que consommer, donc réduction de la richesse (moins de PIB) et bien sûr les coûts de la santé augmentent, car ils prennent plus médicaments.

La mort coûte plus cher

Selon lui, ce n'est pas tant le vieillissement qui coûte cher que le décès lui-même. La majorité des dépenses de santé surviennent dans les trois dernières années de vie.

Il donne comme exemple des pays comme l'Italie, la Suède ou le Japon, où la population est plus âgée et dont les coûts de santé sont pourtant moins élevés que chez nous. "Il est vrai que les coûts des services de santé augmentent avec l'âge. Il est aussi vrai que les services de santé augmentent continuellement au Québec.

Je sens qu’il y une incohérence dans l’article  

Mais associer l'augmentation de ces coûts principalement ou uniquement au vieillissement de la population relève de la fiction", écrit-il dans la revue Quoi de neuf de l'Association des retraités de l'enseignement du Québec.

Un autre groupe de pression qui vie sur des nuages

"On exagère"

"On exagère les coûts liés au vieillissement ", croit lui aussi le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette. Ce dernier indique que la croissance des coûts de la santé est une tendance qui n'est pas unique au Québec, mais qu'elle est contrôlée.

Contrôlée? M. Barette vous êtres peut-être bons comme docteur, mais vous êtres nuls en finance, un autre groupe d’intérêt qui ne veut pas que ça change.

Pour Paul A. Lamarche, il faut plutôt garder à l'oeil ce qui cause 70 % à 80 % des hausses des coûts, soit les médicaments, les développements technologiques, les salaires et la rémunération des médecins.


 

  1. gravatar

    # by Sébas - 13 mars 2011 à 19 h 03

    "Je sens qu’il y une incohérence dans l’article"

    J'ai rigolé en mausus en lisant ça !

    J'ai bien votre humour ou vos p'tits commentaires(en tout cas si ce n'est pas de l'humour "volontaire" de votre part, ça me fais rire)... décapants et terre-à-terre !

    ;-)))

    p.s.
    J'aime aussi votre compte-rendu du rapport de MEQ.

    http://qc.cme-mec.ca/download.php?file=gjerxli8.pdf

    Il y a du "stock" là-dedans !