La baisse des impôts des entreprises ne profite qu'à une minorité


Extrait de : La baisse des impôts des entreprises ne profite qu'à une minorité, Opinions, CyberPresse.ca, 03 février 2011

Avec son projet de réduction des impôts des entreprises, le gouvernement Harper continue sur la lancée entamée par le dernier gouvernement libéral. À terme, les nouvelles réductions auront fait diminuer les impôts des entreprises de près de moitié (de 28% à 15%) en 12 ans. Les conservateurs affirment, comme les libéraux avant eux, que ces mesures dynamisent l'économie et créent des emplois. C'est là une rhétorique mensongère qu'il faut dénoncer.

Il n'existe aucune garantie que les sommes dégagées par les réductions d'impôts seront réinvesties dans la création d'emplois au Québec ou au Canada. De tous les facteurs incitant à réinvestir, le taux d'imposition est négligeable, comparativement à l'accès aux ressources comme l'électricité et une main-d'oeuvre qualifiée. D'ailleurs, selon Statistique Canada, le taux d'investissement en pourcentage du PIB n'a pas augmenté depuis l'an 2000, quoique le taux d'imposition des entreprises diminue depuis cette date.

Les conservateurs prétendent qu'un taux d'imposition faible attire les investissements étrangers. La réalité est plus complexe. Tous les pays sont bel et bien en concurrence pour attirer les investissements des multinationales. N'empêche, pour le Canada, les avantages que procure un faible taux d'imposition sont considérablement moins importants qu'ils peuvent l'être dans les pays du Sud. Notre population éduquée, nos services sociaux et nos infrastructures exercent un pouvoir d'attraction non négligeable.

Par exemple, selon l'économiste Jim Stanford, en 2003, General Motors économisait 6$ par heure par employé en ayant une usine canadienne plutôt qu'américaine. La raison: ici, grâce au système public, nul besoin de contribuer à un régime d'assurance médicale privée.

L’étude est trop veille, depuis la réforme santé aux États-Unis (2010), les coûts sont beaucoup moindres pour les employeurs américains.

Une approche paresseuse

Rien ne permet d'affirmer que la réduction des impôts favorise la croissance économique. En 2006, une étude du département du Trésor américain a constaté que les réductions d'impôts instaurées sous Bush n'ont pas favorisé la croissance économique américaine. À vrai dire, aucune étude sérieuse ne permet d'établir un lien entre réduction des impôts et croissance économique. Selon leurs propres critères, les politiques économiques des conservateurs sont vouées à un échec certain.

Par ailleurs, la croissance n'est pas un indicateur de la richesse d'une société ou de la qualité de la vie qu'on y mène. Même s'il y avait augmentation des investissements et croissance du PIB après les réductions d'impôts, les bénéfices resteraient concentrés entre les mains d'une élite économique.

Les multinationales font des profits monstres mais pas nécessairement proportionnel aux impôts qui paient.

Affirmer que l'on réduit les impôts des entreprises pour assurer la prospérité est donc non seulement faux, mais aussi terriblement paresseux.

J’avoue que c’est un peu paresseux, beaucoup plus complexe que de dire
je baisse les impôts et les industriels vont venir à moi.

Quand on cherche à revigorer l'économie, il faut investir à long terme pour bâtir une prospérité durable. Financer la recherche. Miser sur nos ressources naturelles renouvelables. Promouvoir l'éducation et la formation dans les secteurs clés de l'économie et la rendre accessible. En un mot: agir de manière réfléchie en s'assurant de disposer des ressources financières que cela exige. C'est-à-dire, faire tout le contraire de ce que propose Stephen Harper.

Pour le Québec :

Eux aussi, sont paresseux, faire plus de recherche, on dépense plus en R&D au Québec que dans toutes les autres provinces, et pourtant notre industrie ne vas pas bien, une des raisons, il faudrait au moins que le produit soit commercialisable.

Bien souvent, aucune étude sérieuse et indépendante en détermine la pertinence, la R& D a plus souvent une conation politique qu’une approche sérieuse d’un produit potentiellement commercialisable.

Encore là toute la notion de la liberté économique a une forte influence, pour avoir des compagnies qui sont en mode ‘start-up’, il faut avoir du capital de risque, de plus il faut que l’environnement d’affaires soit sain, ce qui n’est absolument pas le cas du Québec, donc éducation et formation ne suffisent pas, c’est tout un écosystème économique qui doit être remanié.

Qui dit diminution d'impôts dit diminution des revenus de l'État. Or, le gouvernement est actuellement aux prises avec un déficit important qu'il ne parvient pas à éponger. Les analyses indépendantes du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, le confirment.

Tôt ou tard, les conservateurs devront trouver un moyen de résorber le déficit. Et leur voie de sortie est toute désignée: mettre la hache dans les dépenses en invoquant la rigueur budgétaire. Avec pour conséquence d'accélérer le démantèlement de l'État et la réduction des services publics, comme la santé ou l'éducation. Ceux-là mêmes qui nous donnent des avantages concurrentiels!

M. Harper veut baisser les impôts pour attirer les entreprises, si l’environnement économique dans le monde était sain, peut-être ce geste
aurait eu un certain sens économique.

Mais actuellement, nous vivons dans un monde économique tumultueux, nos voisins américains ont des déficits monstres, un taux d’endettement monstre, une balance commerciale négative monstre, un taux chômage persistant et une classe moyenne qui s’appauvrit, nous avons la grogne du peuple dans l’ère.

De plus, il vienne juste de se faire ravir la première place du premier producteur au monde, ils vont devenir de plus en protectionniste, car c’est le peuple qui va l’exiger.

Si j’étais un industriel exportateur et je voulais investir en Amérique du Nord, j’y penserais deux 2 fois avant d’investir au Canada, et ce n’est pas à cause du taux d’impôts, mais à des batailles économiques futures qui risquent d’être accentuées.

Aux États-Unis, le Congrès est bloqué par les banquiers et les gros industriels pour sévir contre les pays émergents, par contre, les gouverneurs ont beaucoup plus de marges de manœuvre , ils pénalisent par règlements fiscaux, les compagnies qui font de la sous-traitance dans les pays émergents, le gouverneur Brown est un exemple.

Les États-Unis se sont mis en mode protectionniste, et vont le devenir de plus en plus, si on ne règle pas les vices de forme du  supposément libre-échange.

Donc si je devais investir en Amérique du Nord, mon premier choix serait probablement les États-Unis, ils ont un bassin de population de 310 millions de personnes, une plus grande liberté économique, ils sont très éduqués, de plus le dollar américain risque de rester dévaluer, ou volontairement accentué sa dévaluation pour maintenir cette compétitivité.

Malheureusement  le Canada se retrouve entre deux superpuissances, la Chine et les États-Unis qui se font une bataille monétaire.

Grill Cheese

Un vrai ‘grilled-cheese’, pas moyen de dévaluer notre monnaie, car on possède trop de richesse naturelle.

Notre principal client, les États-Unis dévaluent volontairement leurs monnaies et notre principal compétiteur, les Chinois  maintiennent leurs monnaies sous-évaluer, une vraie tranche de fromage qui se fait graduellement calciné, on n’est vraiment pas dans une situation facile.

Donc, baissé les impôts des entreprises, c’est comme prendre des Aspirines
pour un mal de tête, quand nous avons une tumeur au cerveau.

Réduire les impôts soulagerait temporairement certaines entreprises, mais ne règle pas le problème de fonds, les enjeux sont beaucoup plus importants qu’une simple table d’imposition.

La réduction des impôts des entreprises ne profite qu'à une minorité. Pour la majorité d'entre nous, cette mesure équivaut à la diminution de nos services publics et l'augmentation de nos impôts particuliers. Depuis les années 80, la taxation vise davantage les travailleurs et les consommateurs et de moins en moins les investissements et les capitaux, qui sont devenus très mobiles et peuvent échapper à la taxation (grâce à l'évasion ou la planification fiscale). Bref, les classes moyenne et pauvre, c'est-à-dire nous tous, assumeront les conséquences des cadeaux fiscaux faits aux entreprises.

La réduction des programmes et services sociaux conduira assurément à des pertes d'emplois. En revanche, rien ne nous assure qu'une baisse d'impôts en créera autant que le promettent les conservateurs.

C'est à nous tous qu'il revient d'établir les conditions pour faire des affaires au Québec et au Canada. Le gouvernement Harper plie toutefois les genoux sous la pression des entreprises et des financiers.

Pour le Québec, on a une sérieuse marche à rattraper.

Cette perspective n'est guère reluisante. Les politiques conservatrices auront cependant une conséquence plus grave encore: les réductions d'impôts contribueront à l'érosion des bases de la démocratie. Car une fois les coffres de l'État vidés, le peuple qui agissait à travers lui verra nécessairement sa capacité d'action amoindrie.

Aussi, dans l'éventualité d'une réduction du taux d'imposition des entreprises, nous aurons très peu à gagner, mais nous y perdrons tous

D’accord avec leurs conclusions, seul mes arguments sont différents.