Les banques centrales achètent de l’or

Même les banques centrales n’ont pas confiance dans le système économique actuel.

Pour se sécuriser, ils achètent de l’or.

Alors, pauvre peuple, on n’est pas sorti du bois !


Extrait de : Les banques centrales achètent de l’or, Emmanuel Garessus, le Temps, 28 février 2011

Pour la première fois depuis 1988, les instituts d’émission ont accumulé du métal jaune en 2010. Les pays émergents en sont particulièrement friands

Glbal mining deal - 4Le dernier rapport du World Gold Council confirme que sous l’influence des pays de croissance, les banques centrales ont acheté de l’or en 2010. C’est la première fois depuis 1988 que les institutions d’émission sont acheteurs nets de métal jaune.

Au cours des 20 années précédentes, elles ont vendu un total de 7520 tonnes de métal jaune, l’équivalent de trois années de production, selon une étude de RBS. Le premier accord entre les banques centrales (CBGA) a été mis en place en 1999. Durant les dix premières années, il s’est traduit par la vente de 3884 tonnes d’or et une insécurité sur le marché qui a fait chuter l’once à 300 dollars. Mais entre le début du CBGA 3 en septembre 2009 et la fin novembre 2010, ces instituts n’ont vendu que 7,9 tonnes d’or.

Dans le contexte actuel, les banques centrales européennes qui ont signé l’accord CBGA ont largement perdu l’envie de se séparer du métal jaune, selon le World Gold Council.

Les pays émergents n’appartenaient habituellement pas à la catégorie des grands acheteurs. Ils n’avaient pas coutume de couvrir leurs réserves monétaires avec de l’or. Mais depuis le début de la crise financière, ils ont changé de stratégie. La Russie a acheté 135 tonnes de métal jaune l’année dernière pour porter le total à 775 tonnes, soit 7% de ses réserves de devises.

A titre de comparaison, il y a dix ans, l’or représentait 25% de leurs réserves.

Chine - achat Or

La Chine s’est également mise à acheter de plus en plus de métal jaune, mais celui-ci ne représente que 1,7% de ses réserves de devises. A la fin 2010, Pékin disposait de 1054 tonnes d’or.

L’un des autres faits marquants des dernières années a été l’accumulation d’ETF sur l’or de la part des investisseurs. Face aux craintes sur la survie de l’euro, au deuxième trimestre 2010, les achats d’ETF sur l’or correspondaient à 291 tonnes de métal. L’incertitude s’est réduite par la suite et les achats ont décliné à 39 tonnes au troisième et 4 tonnes au quatrième. En Chine, non seulement la banque centrale, mais aussi l’investisseur privé accumulent de l’or. Les achats de barres ont augmenté de 70% l’an dernier à 180 tonnes, selon le World Gold Council. Les craintes d’inflation demeurent ancrées auprès des investisseurs, même si les autorités ont relevé les taux d’intérêt et resserré le crédit.

L’Inde n’est pas en reste. L’inflation est dangereusement élevée (8,2% en janvier) et les investissements en or sont en augmentation de 15% au quatrième trimestre, sur base annuelle.

Ensemble, la Chine et l’Inde représentent 49% des achats de barres d’or, selon RBS. Toutefois, la saison des mariages en Inde étant terminée, les experts s’attendent à une accalmie de la demande.

Un autre changement de tendance paraît digne d’intérêt. La clientèle privée française achète de l’or. Pourtant elle avait coutume de se séparer d’avoirs généralement obtenus par héritage. Il s’agissait souvent de napoléons. Les risques liés à l’eurozone et à l’endettement des pays européens devraient continuer d’attirer les investisseurs sur le métal jaune.