Les finances publiques du Québec restent-elles plongées dans une impasse ?

Cahier spécial : L’avenir se construit aujourd’hui


Les finances publiques du Québec restent-elles plongées dans une impasse ?

1)     Pas de soutenabilité sans baisse de la dette

Les finances publiques du Québec resteront fragiles malgré le plan de retour à l’équilibre budgétaire.

En tant que tel, ce plan prévoit un retour à l’équilibre en contenant la croissance des dépenses,

a)      en augmentant de manière substantielle le fardeau fiscal,

b)      mais sans laisser entrevoir la possibilité d’une baisse de la dette.

Nous craignons que les solutions proposées par le gouvernement à ce jour laissent le Québec dans un cercle d’endettement et que tous les efforts consentis soient vains.

Le Québec part de loin

MEQ - dette nette - PIB

Le rapport de la dette nette au PIB frôle au Québec les 50 % et place ainsi la province dans une bien plus mauvaise posture que les autres provinces canadiennes en matière de finances publiques.

À titre de comparaison, la dette provinciale nette de l’Ontario se situe autour de 35 % du PIB. Depuis 2000, la dette nette par habitant a augmenté de 58 % au Québec, de 42 % en Ontario, de 7 % dans les provinces atlantiques tandis qu’elle a baissé de 20 % dans les provinces de l’Ouest

MEQ - dette nette - par habitant

Les perspectives de croissance économique à long terme du Québec restent globalement faibles : selon le Conference Board du Canada :

Le vieillissement de la population pèsera sur les perspectives économiques de telle sorte que le PIB réel global aux prix du marché progressera au taux annuel composé de seulement 1,4 %, en moyenne de 2016 à 2030.

La stratégie du gouvernement du Québec de retour à l’équilibre budgétaire est incomplète sans la mise en place d’une nouvelle stratégie de développement économique.

2)     Des dépenses élevées et peut-être mal réparties

Une comparaison des dépenses courantes par habitant révèle que la place de l’État dans l’économie du Québec est beaucoup plus grande que dans les autres provinces canadiennes.

MEQ - administration provinciale

En effet, le gouvernement du Québec dépense par habitant 17% de plus que ne le font en moyenne les autres provinces canadiennes (25 % de plus qu’en Ontario).

Lors des derniers budgets, la croissance des dépenses de programmes a été plus basse au Québec que dans le reste du Canada : la croissance annuelle des dépenses a été contenue en moyenne entre 2003 et 2010 à 4,6 % au Québec, contre 7 % dans le reste du Canada.

Cependant, le niveau des dépenses per capita étant largement plus haut qu’ailleurs au pays, il est encore heureux que le Québec ait été en mesure d’en limiter la croissance jusqu’à un certain point.

Le poids de l’État dans le PIB au Québec est trop élevé.

MEQ - Dépenses courantes

Plus particulièrement, les dépenses courantes de l’administration provinciale comptent pour 27 % du PIB québécois contre 18 % en Ontario.

Il faut s’interroger sur une éventuelle disproportion de la taille de l’État québécois dans l’économie.

·         Cela signifie que per capita, les dépenses des services généraux du Québec dépassent celle de l’Ontario de 80 %.

·         Au troisième trimestre de 2010, le nombre d’emplois dans les administrations publiques générales provinciales était quasiment identique au Québec qu’en Ontario (87 000 au Québec, contre 93 000 en Ontario).

La distribution des dépenses

1)      Au Québec comme en Ontario, les dépenses de santé et services sociaux occupent près de 54 % du total des dépenses.

MEQ - Dépenses par poste

2)      Les dépenses par habitant en éducation seront passées au Québec d’un niveau supérieur de 30 % par rapport à l’Ontario en 1999-2000 à un niveau inférieur à 16 % en 2010-2011.

Il est possible que cet écart de dépenses en éducation soit ressenti à moyen long terme sur notre compétitivité et il faudra effectivement vérifier que cet écart grandissant ne soit pas le symptôme d’une économie désinvestie en capital humain.


Tables des matières :

MEQ : L’avenir se construit aujourd’hui

1)       Mondialisation

2)       Crise économique

3)       Fiscalité

4)       Efficacité de l’État

5)       Plan de retour à l’équilibre budgétaire

6)       L’avenir du Québec se construit aujourd’hui

7)       La réalité est têtue

Les finances publiques du Québec restent-elles plongées dans une impasse ?

1)       Pas de soutenabilité sans baisse de la dette

2)       Des dépenses élevées et peut-être mal réparties

La limite de notre capacité fiscale est atteinte

1)       L’impact des prélèvements fiscaux sur la croissance économique

Le Plan de retour à l’équilibre budgétaire : des efforts nécessaires, des résultats insuffisants

Les principes d’une solution dynamique et durable

1)       La promotion de la productivité et de l’efficacité de l’appareil gouvernemental tant sur le plan opérationnel et administratif que dans la structure des dépenses

2)       L’augmentation effective du potentiel économique du Québec avec une nouvelle politique industrielle.

Investissement privé et balance commerciale

1)       Investissement privé défaillant

2)       Déficit commercial et déficit de compétitivité.

Le secteur manufacturier est la colonne vertébrale de ton économie

1)       Délocalisation du savoir vers l’Inde

2)       Pourquoi l’Allemagne réussie très bien en pleine crise économique ?

Statistiques Québécoises de notre système manufacturier

1)       Pourquoi une priorité manufacturière ?

Améliorer la compétitivité fiscale

1)       Le régime fiscal du Québec n’est pas compétitif

2)       Taux d’imposition nul pour les PME

Taxe sur la masse salariale

Conclusion : L’avenir se construit aujourd’hui


 

  1. gravatar

    # by JOANNE MARCOTTE - 12 mars 2011 à 08 h 26

    Merci!
    Belle compilation de données.
    Dévastateur!

    Joanne Marcotte