Les promesses intenables

J’ai répondu sur son blogue, ma réponse à la fin du carnet.


Extrait de : Les promesses intenables, David Descôteaux, Argent, 08/03/2011

Une bataille fait rage au Wisconsin. Et elle pourrait bientôt s’amener ici.

Elle oppose le gouvernement et les syndiqués de la fonction publique. Les travailleurs accusent le gouverneur de l’État de s’attaquer à leurs conditions de travail. Celui-ci réplique qu’il n’a pas le choix. Le Wisconsin frôle la faillite, dit-il. Il demande aux syndicats de contribuer un peu plus à leurs avantages sociaux, tout en essayant de casser leur pouvoir de négociation collective.

Ça a commencé au Wisconsin, mais c’est en train de se répandre en Amérique. Les régimes de retraite à prestations garanties sont en train de couler les États. En tout, les États américains traînent des obligations de plus d’un billion (1000 milliards $) envers les régimes de retraite de leurs fonctionnaires. Ce chiffre grossit chaque année. Si les fonctionnaires refusent toute concession, le reste des contribuables devra un jour payer.

La même chose se passe en Grande-Bretagne. Selon The Telegraph, un rapport qui sera dévoilé jeudi recommandera que les fonctionnaires reçoivent une rente de retraite moins généreuse. Celle-ci équivaudrait à la moyenne de leurs gains annuels pendant leur carrière (et non seulement la moyenne de leurs meilleures années). Le rapport exigera aussi que les fonctionnaires contribuent davantage (3 % de plus) à leur régime de retraite.

Pourquoi? Parce que vivre longtemps, ça coûte cher. En 1970, quiconque atteignait l’âge de 60 ans pouvait s’attendre à vivre un autre 18 ans. Aujourd’hui, cette même personne peut vivre 28 années de plus, selon les chiffres du gouvernement britannique. Elle passera 41 % de sa vie adulte à la retraite.

Et ici?

On apprenait la semaine dernière que plusieurs villes du Québec, dont Montréal, se préparent à aller voir Jean Charest. Elles réclament des modifications dans la loi afin d’accorder des conditions de travail et des avantages sociaux moins généreux à leurs futurs travailleurs. Pour combler le trou budgétaire créé par les régimes de retraite de leurs employés.

Rappelons que le renflouement des régimes de retraite des employés — à prestations garanties — est la principale raison pourquoi les Montréalais ont subi une hausse de taxes de 5 % dans le dernier budget. Selon les chiffres de la Ville, Montréal a dû payer 344 millions $ pour ses régimes de retraite, comparé à 205 millions $ l’an passé.

À Westmount, la contribution de la Ville à la caisse de retraite est passée, en 10 ans, de 250 000 $ par année à 1,4 million $. Le maire Peter Trent a bien résumé la situation à un journaliste de QMI : « Je trouve un peu ironique que la moitié des contribuables, sinon les deux tiers, n’aient même pas un fonds de pension, alors qu’ils contribuent à payer les pensions en or de nos employés par leurs taxes foncières. Ce n’est pas correct. »

À moins d’une reprise économique spectaculaire et durable (j’en doute), les déficits des régimes de retraite publics risquent d’empirer dans les années qui viennent.

Et il faudra tous contribuer — les fonctionnaires comme le reste des contribuables. Rien ne sert de blâmer les fonctionnaires, ou les baby-boomers. Les vrais coupables de ce gâchis sont les politiciens qui, année après année, leur ont fait des promesses intenables. Garantissant des sommes qu’ils n’avaient aucun moyen de payer, sachant que les autres ramasseraient la facture.

Les autres, c’est nous


Réponse de Québec Droite :

@ André

Vous n'avez pas très bien compris le problème, il y a un déficit actuariel au Québec de 80 milliards.

Un contrat suppose un engagement réciproque de deux parties, qui suppose que chacune des parties tiendra sa parole par ses propres moyens.

Mais si un des contractants s'engage à pratiquer l'extorsion de fonds sur des tiers qui n'y sont pour rien pour tenir sa promesse, alors le contrat est frauduleux, c'est une coercition.

Tous les régimes à prestations déterminées de la fonction publique devront être convertis en cotisation déterminée, ce que d'autres pays ont fait. (Donc, l’état (nous les contribuables) ne serait plus responsable du rendement, donc c’est fini de dire que l’on garantit 70 % de votre salaire), au moins, on réduit le gouffre financier.

C'est un non-sens, on garantit des déboursés, mais le rendement n'est pas garanti pour subvenir à ces déboursés.

D'après le dernier rapport du vérificateur du Québec, le Québec a cumulé plus de 80 milliards de déficits actuariels, juste pour les fonds de pension de la fonction publique du Québec.

Les syndicats n’admettront jamais publiquement cette iniquité de distribution de richesse entre le privé et le public, le peuple québécois devra considérer ce privilège illégitime, car ils n’ont jamais consenti à s’endetter de 80 milliards sinon plus, pour satisfaire 10 % de la population, un simple copinage entre le pouvoir politique et syndical.

De plus, il est immoral de donner des retraites dorées à la fonction publique, car plus de la moitié du secteur privé qui génère la richesse risque d'être sous le seuil de la pauvreté à leur retraite, quand le peuple devra choisir à fermer un hôpital où une école à cause des retraites dorées, le choix va être facile à faire.

C’est exactement ce qui se passe actuellement aux États-Unis,devant les difficultés financières des États américains, le peuple privilégie de garder les services que des privilèges qui sont à toutes fins insolvables.


Patrick McMullen dit : mars 9, 2011 à 7:52

Je ne sais pas vraiment si je dois rire ou pleurer?

Qui fait des milliards de profits? Tout en bénéficiant de protection du gouvernement?

Les banques, les telecomms et les pétrolières. Le filon est la. Pourquoi aller essayer de chercher dans les poches des fonctionnaires?


Québec Droite dit : mars 9, 2011 à 9:44

@Patrick

Parce que les banques et les gros industriels ont plus de pouvoir que les politiciens.

Demander à Angela Merkel, pourquoi elle veut absolument maintenir l’euro, comme monnaie commune, je suis loin d’être convaincu, c’est pour le bien commun.

Nous n’avons même pas besoin d’aller en Europe, prenez l’exemple de nos banques, en trois mois, ils ont réussi à faire plus de 6 milliards de profits, il serait capable de payer amplement le déficit du Québec de l’année 2010.

Par contre, ça n’enlève en rien à l’iniquité de distribution de richesse des fonds de pension actuels des fonctionnaires entre le secteur privé et public.

En Suède, les politiciens ont été assez matures de créer un système de retraite qui en constant équilibre financier, favorisant aussi bien le privé et le public, tout le monde est sur la même enseigne, de plus, ont ne transfert pas sur le dos des futures générations une insolvabilité.

Par contre, il y a un problème majeur, une denrée qui est très rare depuis une décennie : des politiciens responsables.