Les Québécois favorables aux sables bitumineux

Extrait de : Les Québécois favorables aux sables bitumineux, Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse, 31 mars 2011

Conclusion étonnante d'un sondage commandé par l'Institut économique de Montréal: 71% des Québécois seraient favorables à l'exploitation des sables bitumineux pourvu que l'Alberta fasse des efforts environnementaux.

Les relations entre le Québec et l'Alberta

«C'est un appui plus fort que ce que nous avions anticipé, dit Michel Kelly-Gagnon, PDG de l'Institut économique de Montréal. En même temps, nous savons que les Québécois sont des gens avec une approche pragmatique. Ils comprennent qu'on va avoir besoin de pétrole pendant un bon bout de temps. Dans ce contexte, aussi bien exploiter nos ressources pétrolières tout en respectant l'environnement.»

Selon le sondage de Léger Marketing effectué pour l'Institut économique de Montréal, seulement 15% des Québécois veulent la fin pure et simple de l'exploitation des sables bitumineux; 7% d'entre eux veulent un développement maximal des sables bitumineux sans égard aux conséquences environnementales, et 7% des gens sont indécis.

Même si les deux provinces sont fort différentes, 61% des Québécois ont une image positive de l'Alberta, 27% d'entre eux ont une image négative et il y a 12% d'indécis. Soixante-huit pour cent des Québécois veulent intensifier leurs politiques économiques et politiques avec la province la plus riche du pays. «Beaucoup d'Albertains pensent que 90% des Québécois les détestent. On voit bien que ce n'est pas vrai», dit Michel Kelly-Gagnon, dont l'organisme veut intensifier ses échanges avec l'Alberta. L'Institut économique de Montréal publiera notamment d'ici un an une étude sur l'impact environnemental des sables bitumineux en Alberta.

Les relations entre le Québec et l'Alberta - 1

L'Alberta (10%) se classe, selon ce sondage, comme le troisième meilleur allié du Québec pour défendre les compétences provinciales, derrière l'Ontario (27%) et le Nouveau-Brunswick (13%). «L'Alberta et le Québec recherchent, pour des raisons différentes, davantage d'autonomie provinciale, dit Michel Kelly-Gagnon. Ce sont de drôles d'alliés, mais ce sont des alliés quand même.

Sur le plan énergétique, ce sont deux puissances dans leur champ respectif: le Canada a la deuxième plus grande réserve de pétrole au monde grâce à l'Alberta et le Québec est le quatrième plus grand producteur d'hydroélectricité au monde. Ces deux puissances font face à des enjeux communs.»

La moitié des Québécois (49%) estiment toutefois que la prospérité albertaine ne leur profite pas. Seulement 34% des Québécois croient bénéficier des pétrodollars albertains, et 17% des gens sont indécis. Soixante-deux pour cent des Québécois veulent toutefois profiter de l'expertise albertaine pour développer leurs propres ressources naturelles pétrolifères et gazières.

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Typique de l’expertise économique du Québécois moyen, il pense que l’argent pousse dans les arbres, les 8.5 milliards de péréquations
viennent d’où ?

Des arbres ou du ciel !

Pour les remettre un peu plus sur terre, voici certaines données :

Alberta is a large net contributor to the federation

 

For 2010, Albertans paid an estimated $35.6 billion to the federal government in taxes and other payments, while getting back $21.5 billion in federal services.

 

Albertans paid an estimated $14.1 billion ($3,785/person) more to the federal government than they got back in the form of services in 2010.

 

2008 PROVINCIAL NET CONTRIBUTIONS

 

Donc, en 2008 le Québec a quêté plus de 12 milliards sur le dos des autres contribuables canadiens, pour tenter d’équilibrer ces budgets, pas pires !

 

Source : Transferts fédéraux - provinciaux

Les Québécois prédisent d'autres décennies de richesse à l'Alberta: 56% d'entre eux estiment que le Québec demeurera dépendant du pétrole dans 20 ans. Cette proportion passe à 71% chez les Québécois de 18 à 24 ans.

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Le sondage a été réalisé par Léger Marketing pour le compte de l'Institut économique de Montréal, un organisme de recherche indépendant prônant traditionnellement des positions économiques de droite.

Il a été réalisé auprès de 1000 répondants du 21 février au 6 mars dernier. Sa marge d'erreur est de 3,1points de pourcentage, 19 fois sur 20.