Les trois erreurs qui ont contribué à plonger la Grèce dans la crise économique

Cela me fait toujours plaisir de lire de bon texte, en voici un :

Bonne profondeur et n’ausculte pas les vrais problèmes et leurs enjeux.


Extrait de : Les trois erreurs qui ont contribué à plonger la Grèce dans la crise économique, Alexandre Liontas,  Le Temps, 21 Mars 2011

Alexandre Liontas ancien délégué de la Grèce à l’Office des Nations unies à Genève

Trois fautes, dont l’adhésion à la zone euro faite de manière superficielle, montrent que le caractère interdépendant et décisif du commerce extérieur, de la monnaie nationale et de la dette extérieure n’a pas été assez pris en considération

La crise économique que connaît la Grèce actuellement repose en grande partie sur trois erreurs.

1

La première, concerne les effets sur les échanges commerciaux de son adhésion à la Communauté économique européenne en 1981.

Pour devenir membre de la CEE, elle a dû accepter l’acquis communautaire, mais encore fallait-il prendre en considération le régime commercial de la CEE et celui de la Grèce, autrement dit les niveaux de compétitivité ignorés jusqu’à présent. A l’époque, la CEE se trouvait au premier stade de son intégration; elle n’était qu’une union douanière sous forme de marché commun.

La Grèce devenue pays développé par son accession, il est évident que le marché commun, en l’absence de politique de convergence économique, a accentué les inégalités entre pays ayant des niveaux de vie et de développement inégaux.

Soumise à la politique commerciale commune, la Grèce a perdu la souveraineté de son commerce extérieur.

2

La seconde est celle de l’adhésion à la zone euro faite d’une manière superficielle. Pour qu’un pays devienne membre de l’Union économique et monétaire, il doit répondre aux critères du Traité de Maastricht qui fixe la limite du déficit budgétaire à 3% du PIB et celle de la dette extérieure à 60% du PIB. La Grèce ne remplissait pas ces critères et, pour réaliser son adhésion à l’UEM, en 2001, elle a appliqué la méthode de la «comptabilité créative», soit de la manipulation des données statistiques pour la diminution artificielle de la dette publique au moyen des swaps de Goldman Sachs portant intérêts élevés, sans tenir compte des faiblesses structurelles chroniques de la balance commerciale (faible compétitivité et important déficit commercial) et de l’aggravation de la dette extérieure qui a retardé le processus de développement.

Vous n'êtres pas les seul M. les Grecs, nos politiciens québécois sont passés maîtres avec la comptabilité créative, il, ne se casse même plus la tête de camoufler les dépenses, ils les mettent hors du périmètre comptable, je suis certain que l'on pourrait, vous en montrez.

Je sais ce commentaire n'a aucun rapport avec la qualité du texte, mais je n'ai pu m'empêcher d'insérer mon humour acide sur la qualité de gouvernance de nos politiciens.

A la question de savoir si l’adhésion à la zone euro était opportune, on pourrait répondre qu’elle était prématurée en raison des déséquilibres extérieurs de l’économie que l’adoption de l’euro a considérablement accentués. Avec l’adhésion à l’UEM et l’adoption de la monnaie unique, la Grèce a aussi perdu sa souveraineté monétaire.

3

Une troisième erreur se réfère à la politique économique déviationniste par rapport au Plan de stabilité et de croissance de l’UE, suivie depuis l’accession à la zone euro. Le déficit budgétaire et la dette extérieure ayant atteint des niveaux exorbitants, le pays s’est trouvé dans une impasse étant donné que, dans l’espace de la monnaie unique, les pays membres n’ont la possibilité ni de dévaluer, ni d’émettre de la monnaie pour surmonter leurs problèmes. Pour éviter la faillite, bien qu’un pays ne fasse jamais faillite, le gouvernement a été obligé de recourir au FMI, en même temps qu’à l’UE, pour trouver les moyens de faire face au fardeau de la dette extérieure.

Ces trois erreurs prouvent que l’on n’a pas pris sérieusement en considération le fait que les paramètres :

1.      commerce extérieur,

2.      monnaie nationale

3.      et dette extérieure

sont trois facteurs interdépendants et décisifs, de sorte que leur déconnexion peut soulever des problèmes incontournables.

C’est tellement évident, alors M. le peuple Européen quel est le vrai programme caché de vos politiciens ?

L’UE étant dépourvue d’instruments appropriés d’intervention pour faire face à un éventuel dérapage d’un de ses membres par rapport aux prescriptions du Traité de Maastricht, le triumvirat Union européenne – Banque centrale européenne – Fonds monétaire international a accepté l’octroi à la Grèce d’une aide de 110 milliards d’euros, dont 80 milliards sous forme de prêts bilatéraux des pays de la zone euro et 30 milliards sous forme de prêt du FMI, en application d’un programme d’austérité trisannuel.

Il s’agit d’un schéma oxymoron, sans précédent, car l’immixtion du FMI dans le cas d’un pays membre de la zone euro n’est pas indiquée pour le pays lui-même, ni pour la crédibilité de l’UE.

Ce plan de sauvetage de la troïka soumet la politique budgétaire, sociale et de financement du pays aux impératifs édictés par les règles de conditionnalité du FMI, politiquement contre-productifs s’ils sont introduits par le gouvernement lui-même.

Toutefois, cette expérience a servi à la création d’un Fonds européen de secours temporaire qui deviendra permanent au milieu de 2013, après l’institution d’un mécanisme de gestion de crises, sorte de Fonds monétaire européen destiné à préserver la stabilité de la zone euro.

La sortie de l’impasse économique, où une politique des trente dernières années a amené le pays, demande de grands sacrifices de la part du peuple, ainsi que l’a déclaré le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

En effet, le programme de la troïka focalisé sur la stabilité de l’économie requiert des mesures socialement contraignantes, parallèlement à des réformes profondes pour renforcer la compétitivité et réanimer la croissance stagnante du pays.

L’expansion économique est un processus à long terme difficile à réaliser dans un climat mondial de crise et d’incertitude, notamment dans un pays où la compétitivité est très faible, où le déficit cumulatif de la balance des transactions courantes est constant, où les disparités sociales et les inégalités des revenus sont accentuées et où le «capital flight» est important.

C’est tellement évident, que je ne peux croire que vos dirigeants politiques qui tentent de maintenir l’euro veulent escamoter le problème.

Comment peut-on rétablir la compétitivité d'un pays, quand les États-Unis qui sont à peu près les plus productifs au monde sont incapables d'y arriver avec une balance commerciale négative de 500 milliards de dollars.

Dans l'état actuel des choses, les mesures prises pour restreindre le déficit budgétaire et réduire progressivement la dette publique, qui a atteint des niveaux prohibitifs (340 milliards d'euros, soit 150%s% du PIB en 2010), ne peuvent être fructueuses sans une coopération des partis politiques et sans une cohésion sociale afin d'éviter tout danger de révolte, ces mesures frappant surtout les classes à revenus faibles et moyens.

Autant dire, l’ensemble de la population.

Par ailleurs, si l’espoir d’accéder au marché des capitaux pour emprunter s’avère vain, si la récession continue et le processus de croissance économique se grippe – ce qui est bien probable – la restructuration de la dette serait inévitable.

Bien sûr, imaginez tous les pays qui se sont surendettés et le mot d’ordre, les pays souverains vont restructurer leurs dettes, je sens que certains pays vont avoir des sueurs froides, car le marché obligataires va fortement réagir.

Mais on n’a pas le choix, car c’est le peuple qui va refuser de jouer le jeu et il est dans son droit, c’est bien beau protégé les banques et le système financier, mais ce sont les gens qui souffrent actuellement, et ce sont eux qui ont l’ultime pouvoir de destituer les politiciens qui ne protègent pas leurs peuples.

Dans l’immédiat, une solution plus souple :

1)      serait le réajustement des accords swaps dénués de transparence,

2)      l’allégement du fardeau de la dette au moyen d’un certain réaménagement sélectif,

3)      le rééchelonnement du prêt de l’UE, pour une très longue durée avec une relative amélioration du taux d’intérêt,

4)      ainsi que la révision de l’accord avec le FMI dans le but d’augmenter la somme et de prolonger la durée du prêt conformément à la pratique de cette institution.

D’autres solutions en parallèle pourraient s’appliquer.

Valable pour tous les pays industriels, rétablir un équilibre de compétitivité entre les pays industriels et pays émergents, un libre-échange équitable serait bienvenue ou établir des zones de compétitivité proposée par Maurice Allais, prix Nobel d'économie.

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

 

Il est indispensable de rétablir une légitime protection.

 

Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas.

 

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés.

 

Source : Le libre-échangisme appliqué aveuglément est une erreur !