L’Etat français en faillite : la spécificité française

Je n’ai utilisé qu’un extrait de l’article.


Extrait de : L’Etat français en faillite : la spécificité française, agora.vox, 7 mars 2011

La France vient de franchir le seuil fatidique de 1700 milliards d’euros d’endettement : elle est en faillite, sinon aujourd’hui, demain, inexorablement.

Cette série d’articles vise à démontrer la spécificité de la dette française quant au cumul de la dette avec l’impôt (I), quant au volume hors contrôle de la dette (II), quant à la la structure insoluble de la dette (III) et enfin quant à la philosophie de la dette (IV) qui sont les quatres raisons de son impossible apurement

I LA SPECIFICITE DE LA DETTE & DE L’IMPÔT EN FRANCE

Une dette est un impôt différé et l’impôt une dette évitée

L’anomalie républicaine

La guerre étrangère en moins, le système est donc resté inchangé de nos jours et le tableau supra autant que la remise en cause récente des allègements fiscaux illustrent tristement cette vérité.

Sauf que le système s’est en plus aggravé pour cause de guerre économique : notre système d’imposition est non seulement un des plus lourds du monde mais notre endettement atteint 80 % du P.I.B après les plans de relance, en constante augmentation depuis 1981 où il n’était que de 20% :

France  -  Dette publique

Pour le dire autrement, nous sommes encore plus en état de cessation des paiements que Louis XVI qui comparé à nous l’était à peine... quand nous le sommes absolument.

Et contrairement à l’idée communément reçue nous sommes les seuls dans cette situation si exceptionelle (et tragique) et pourtant si typiquement républicaine.

Car nos voisins, eux, sont soit surendettés soit surimposés mais jamais les deux à la fois.

Nous si.

C’est la nouveauté de l’exception française.

La spécificité française s’est d’être soit surimposée soit surendettée pour fait de guerre et l’anomalie républicaine, phénomène nouveau, sans précédent, c’est d’être surimposée ET surendettée sans aucun motif de guerre à avancer c’est-à-dire STRUCTURELLEMENT en banqueroute.

On peut prendre l’exemple du Québec, on a les mêmes symptômes, puisque nous sommes cousins, on doit avoir la même tare génétique.

Par exemple, un Japonais est surendetté à hauteur de 200 % et plus de son P.I.B. Mais il est de ceux les moins imposés : en fait il a fait payer son impôt par la dette.

Japon - Domestic debt

Un Suédois est surimposé. Mais il est "sous-endetté" ou à tout le moins dans un processus d’apurement de sa dette même si le Danemark fait beaucoup mieux qu’elle. En fait, chez eux les générations futures seront libres de toute dette.

Dette brute pays scandinave

Le vrai mal français, sa triste exception, est dans ce cumul : l’Etat a surimposé les parents et surtaxés les enfants.

Les parents parce qu’ils paient l’impôt,
les enfants parce qu’ils devront rembourser la dette.

Bienvenue, au Québec, nous avons les mêmes symptômes.

Dira-t-on, demain est un autre jour. C’est vrai. Même si ce n’est pas très moral. Et d’autres avant nous ont dit « Après nous le déluge ».

Si les budgets (Etat, collectivités territoriales et protection sociale) mangent 50% du P.I.B. chaque année, sans pour autant être en équilibre, et s’il faut en plus rembourser le capital des dettes d’hier pour un montant égal à 80 % du P.I.B., comment voulez-vous avec 100 payer 130 ? On va étaler la dette ? Si vous voulez.

Mais déjà nous optons pour des solutions « subsahariennes ». La qualité de notre signature va s’en ressentir. Mais admettons : rééchelonnement de la dette sur dix ans.

Mais alors parlons franc : nous avons bien volé les générations futures en leur imposant une dette que nous avons déjà entièrement consommée ! Et si nos budgets ne sont toujours pas en équilibre, autant dire les choses clairement et honnêtement : nous sommes en banqueroute.

C’est cela l’exception française. Ou plus exactement républicaine.

La dernière fois que nous y avons été confrontés, nous avons fait quatre choses : on a ruiné tout le clergé en leur volant tout ce qu’ils avaient pour un maigre profit. On a récidivé avec les biens des émigrés sans beaucoup de profit additionnel. Et donc comme cela ne suffisait pas, on a fait une troisième chose : on a spolié les banques avec la loi du tiers consolidé de 1797 en ne s’engageant plus à leur payer que le tiers de ce qu’on leur devait. Comme cela ne suffisait toujours pas, on a fait la chose que l’on savait le mieux faire : on a fait la guerre à l’Europe entière pendant quinze ans imposant à nos vaincus des indemnités de guerre colossales.

Pour en définitive aboutir à un désastre à la fois militaire, Waterloo, et démographique ; la France devra attendre un siècle pour se remettre des saignées des guerres révolutionnaires et impériales, entamant un siècle d’instabilité et de division, politique, morale, économique : toujours à partir de cette date l’astre France est descendu dans le firmament des nations alors même qu’en essuyant des éclipses comme celle de la guerre de cent ans la France était toujours montée dans le concert des nations avant cette date.

Aussi, ne croyons pas qu’une dette est une dette
et qu’on finit toujours par la rembourser.

Peut-être, nous allons avoir besoin d'une restructuration globale pour toutes les dettes souveraines, même Ron Paul dit qu'il est mathématiquement impossible aux États-Unis de rembourser sa dette, alors tant qu'à faire on va tous se mettre en défaut de paiement et on va oublier nos fonds de retraite.

Aujourd’hui, pour la France, encore moins qu’hier : elle a perdu le droit de se mettre en faillite en perdant sa monnaie ; pour des raisons analogues, et de bon sens qui l’honorent, elle ne peut davantage spéculer sur la fuite en avant guerrière ; elle ne peut pas augmenter les impôts sans asphyxier pour de bon le pays ; elle ne peut non plus augmenter son endettement, le seul service des intérêts étant déjà devenu le premier poste du budget, avant celui de l’Education nationale, 40 % de son montant, que l’impôt sur le revenu lui-même ne permet plus d’amortir.

Sire, gardez-vous à droite ! Sire, gardez-vous à gauche ! Elle avance un pas de plus dans l’endettement, elle tombe ! Elle recule dans l’imposition, elle s’écroule ! Elle relance, elle s’effondre ! Elle serre toutes les vis, elle s’asphyxie !

Elle vient, avec le service des intérêts de la dette devenu premier poste du budget, de perde toute liberté de manoeuvre.

Le signe de croix est son seul salut et l’enfer qu’elle vient d’ouvrir son seul avenir. (à suivre)

J’adore ce genre d’humour …