Manifestants s’insurgent contre le ‘Pacte pour l’Euro’

Je vous avais averti M. les politiciens, vous êtres imputables face à votre peuple, non aux institutions financières et aux gros groupes industriels.

Le seul pouvoir du peuple est de vous renvoyez de faire vos devoirs.

La Grèce, l’Irlande le Portugal à qui le prochain …

Ce qui est encore plus grave, même en imposant le Pacte de compétitivité, ça ne rend pas les pays plus compétitifs, donc on leur impose pendant des décennies un carcan économique, qui tout probablement va créer une spirale de pauvreté.

Des textes qui portent à réflexion.


clip_image002


Extrait de : Bruxelles : des manifestants s’insurgent contre le ‘Pacte pour l’Euro’, Euronews, 23 mars 2011

L’Europe de la rue versus l’Europe de l’austérité. Ils étaient 12 à 13.000 à manifester ce jeudi à Bruxelles. Ce qu’ils dénoncent, c’est le fameux Pacte de compétitivité ou Pacte pour l’euro.

Voulu par l’Allemagne, il impose par exemple de brider les salaires, en les désindexant de l’inflation dans les pays où le lien est automatique. Pour ces manifestants, c’est un nouveau recul de l’Europe sociale :

“Nous espérons que ce qui se passe au Portugal, et qui a même abouti à la démission du gouvernement, se propagera au reste de l’Europe et fera en sorte que l’austérité qui est en train d‘être imposée aux peuples européens soit revue”, explique un Portugais.

“Il n’est pas normal qu’après avoir donné tant d’argent aux banques, faire en sorte qu’il y ait toujours autant de dividendes distribués, de bonus aux dirigeants d’entreprises, que ce soit le seul travailleur, le seul allocataire social qui paie la crise.

Ce n’est pas acceptable, ni au Portugal ni en Grèce, ni ici, ni nulle part”, s’indigne un Français.

Malgré quelques échauffourées, la manifestation s’est dispersée sans troubles majeurs.

Mais les syndicats ne tarderont sans doute pas à remonter au créneau, d’autant que le Pacte touche à un autre dossier chatouilleux, celui des retraites.

La règle veut que l‘âge du départ soit lié aux évolutions démographiques. Seuls les pays de la zone euro sont concernés.


Extrait de : Avec les peuples portugais et européens : non au « Pacte pour l’euro »,, Inform@tions,  25 mars 2011

Mis sous pression par d’importantes mobilisations populaires, les députés portugais ont rejeté le nouveau (et quatrième !) plan d’austérité présenté par le premier ministre Socrates, qui a dû démissionner. Cette crise illustre l’impasse dans laquelle s’enfonce l’Union européenne avec ses politiques d’austérité forcenée destinées à "rassurer les marchés financiers".

No FutureLes chefs d’État et de gouvernement européens ont pourtant entériné aujourd’hui 25 mars le « Pacte pour l’euro », qui aggrave les contraintes communautaires sur les politiques budgétaires, sociales et salariales en Europe au mépris du débat et des procédures démocratiques.

Ainsi, les budgets publics des pays européens seront soumis au contrôle préalable de la Commission. Gare aux gouvernements qui hésitent à réduire l’emploi public, la protection sociale, les services publics, les salaires.

Gare à ceux qui ne « flexibilisent » pas leur marché du travail ou qui ne réduisent pas la fiscalité sur les revenus des capitaux.

Alors que les syndicats européens ont manifesté hier contre ces mesures, les lobbies industriels européens, tel BusinessEurope, applaudissent des deux mains et « ne comprennent pas l’hostilité envers ce Pacte ».

Mais leur victoire pourrait être plus difficile que prévu. La réaction du Parlement portugais rappelle à la dure réalité :

Il existe encore en Europe des instances démocratiques
qui doivent rendre compte à la population,
et non aux seuls spéculateurs.(...)

Je vous approuve à 100 % et,
pourtant je suis un ancien industriel.

L’heure n’est pourtant pas à la résignation : les mobilisations populaires se multiplient, au Portugal – avec l’inédite marche des précaires (« Geração à rasca ») – comme dans de nombreux pays européens, pour s’opposer à cette « gouvernance économique » qui pousse jusqu’à l’absurde les politiques néolibérales menées en Europe depuis des décennies.

Les syndicats européens se mobilisent : après la manifestation du 24 mars avec 20000 personnes à Bruxelles, une nouvelle manifestation européenne est prévue le 9 avril à Budapest.

Attac France se mobilise aussi dans cette contre-offensive populaire européenne. Nombre de comités locaux s’associent au « Tour de France des économistes atterrés » afin de faire connaître les enjeux et les dangers du Pacte pour l’euro.

D’autres initiatives et mobilisations suivront afin de mettre en avant de véritables alternatives pour une autre Europe. (...)


Extrait de : Crise au Portugal : nos riverains racontent une jeunesse sacrifiée, Inform@tions ,vendredi 25 mars 2011

Rue 89

Pour Diogo, Antoine, José et Pierre, la « génération 500 euros » doit se battre, « entre nostalgie et défiance ».

Le Portugal connaît la pire crise de son Histoire depuis trente ans. Suite au rejet par le Parlement d’un nouveau plan d’austérité, prévu pour « garantir » la réduction des déficits publics et éviter un recours à l’aide extérieure, le Premier ministre, José Socrates, a démissionné.

Nous avons demandé à nos riverains du Portugal de nous raconter cette crise politique. Voici leurs témoignages. (...)

Notre génération qu’on appelle “génération 500 euros” est en train de payer des retraites pour milliardaires, ceux qui sont passés par l’administration à la grande époque “vache à lait” : depuis les années 90, le pays a vécu au-dessus de ses moyens avec les subventions européennes et la création qui s’en est suivie d’institutions fantômes. Ces jeunes réclament le changement. (...)

A Lisbonne plus de 200 000 personnes sont descendues au centre-ville pour exprimer leur mécontentement. Le Portugal perd sa souveraineté et la classe politique ne fait que nous dire que c’est la faute à la crise économique. (...)

Le système repose sur la hiérarchie, le clientélisme et le piston. Les relations incestueuses entre la classe politique et la classe financière sont de plus en plus évidentes depuis la “crise mondiale” de 2008. Il devenait de toute façon impossible de les cacher.

D’un coté, il y a cette classe politique sans autre projet social que la séduction de ses partenaires européens et de l’autre, on assiste à une grave dépolitisation des moins de 40 ans.

Cette génération post-25-Avril de la Révolution des œillets est aveugle et oublieuse de l’Histoire.(...)

Nous avons aussi le sentiment que l’obstination du Premier ministre sortant, M. Socrates, a contribué à l’état actuel du pays ; [notamment] son insistance pour des travaux pharaoniques tels que la construction de lignes de TGV et d’un nouvel aéroport à Lisbonne [alors que] la plupart des spécialistes disaient que ce n’était pas le moment de lancer ces travaux de luxe. (...)