Parmalat : l'Italie prend des mesures pour défendre son industrie

Ces deux dernières années, tous les pays du G20 ont élevé des barrières protectionnistes dans leur commerce extérieur.

Ainsi, en septembre 2009, ces pays appliquaient 172 mesures entravant la libre circulation de marchandises et de la main-d'œuvre et en concevaient des centaines d'autres.


«Blogueur : Julius : Enfin? Le protectionnisme cesse d’être diabolisé, on revient à un peu de raison!

Le libéralisme ne sert que les banquiers et les intermédiaires mais ceux là ne cessent pas d’être déifiés: il est frappant de constater que la création de 600 milliards de $ par les USA est considérée comme suicidaire pour la planète alors que personne ne s’émeut que, dans le même temps, les traders s’octroient 144 milliards de bonus, soit un quart de la folle tentative US jetée, d’entrée, dans le parasitage»


Extrait de : Rome amorce son dispositif anti-OPA étrangères, L'Expansion.com avec AFP, 23/03/2011

Le gouvernement italien a adopté mercredi un décret loi qui donne plus de temps à Parmalat pour monter une alliance italienne contre Lactalis. Au delà, le dispositif pourrait être complété par des mesures protectionnistes inspirées de la France. Mais que Bruxelles devra approuver...

Le siège social du groupe agroalimentaire italien Parmalat

Confronté à la multiplication des manoeuvres de groupes français en Italie, le gouvernement de Silvio Berlusconi contre-attaque. Au lendemain de la montée à 29% de Lactalis au capital de Parmalat, il a adopté mercredi un décret autorisant les entreprises à repousser leur assemblée générale jusqu'à fin juin.

Technique de prime abord, cette mesure pourra être complétée par des dispositions plus ouvertement protectionnistes. En attendant, elle peut permettre concrètement à Parmalat de repousser son assemblée convoquée pour les 12 et 14 avril, le temps que se mette en place une éventuelle alliance d'investisseurs italiens capable de barrer la route à Lactalis. Fort de ses 29% et de son statut de premier actionnaire, le groupe laitier français est en effet assuré d'imposer ses vues lors de l'assemblée qui doit renouveler le conseil d'administration.

Cette prise de contrôle "de facto" de Parmalat, l'un des groupes les plus connus du pays, considéré comme un fleuron de la filière agroalimentaire, a suscité l'émoi de la classe politique italienne et des milieux d'affaires.

L'Italie craint en effet de se faire ravir ses joyaux économiques par des intérêts français alors que LVMH vient de s'offrir le joaillier Bulgari et qu'EDF tente d'obtenir le contrôle du groupe énergétique Edison.

Le gouvernement n'entend pas en rester là. Le ministre de l'Economie Giulio Tremonti a évoqué mercredi "d'autres hypothèses d'intervention" qui pourraient être adoptées dans le cadre d'amendements au décret. Mais il précise qu'il faudra consulter Bruxelles.

Pour obenir l'accord de la Commission, Rome veut faire valoir le principe de réciprocité, qui permettrait aux sociétés ciblées de recourir aux mêmes moyens de défense que ceux autorisés dans le pays de l'acquéreur.

Le gouvernement veut s'inspirer de la législation française afin de protéger les secteurs de l'agroalimentaire, de la défense, des télécommunications ou de l'énergie.

Selon la presse, il s'agirait notamment d'obliger les investisseurs étrangers désirant acquérir des groupes italiens d'obtenir le feu vert du gouvernement 60 jours à l'avance.

Mesures de protectionnisme

 

Mais depuis, il a racheté des actions Parmalat à plusieurs fonds d’investissement. En Italie, l’irritation est telle que même l’ancien président du Conseil, Romano Prodi, a donné raison au ministre de l’économie, Giulio Tremonti, selon lequel « la France ne peut profiter de son monopole pour faire des emplettes à l’étranger ».

 

Et Romano Prodi de rappeler que « l’Italie a privatisé le groupe énergétique Edison suivant les règles de l’UE alors qu’EDF, en quasi-monopole sur son marché domestique, a préféré agir selon ses propres intérêts pour obtenir plus de pouvoir, y compris en Italie ». L’électricien français tente actuellement de prendre le contrôle d’Edison.

 

Opposition et majorité sont donc d’accord pour soutenir les mesures de protectionnisme qu’entend prendre le ministre de l’économie, afin de défendre le « made in Italy » en particulier des convoitises françaises.

 

Le projet prévoit notamment d’établir une liste des entreprises stratégiques pour l’économie du pays, par exemple celles du secteur agroalimentaire, de donner priorité aux alliances nationales ou encore de fixer certains seuils aux prises de participation étrangères. Tout cela dans le respect des règles communautaires.

 

Source : De Bulgari à Parmalat, l’Italie perd ses joyaux économiques, la-Croix.com, 22/03/2011

La nouvelle règlementation permettrait par ailleurs à la Consob, le régulateur italien des marchés, de demander des précisions en cas d'offre potentiellement hostile, tout comme son équivalent français, l'Autorité des marchés financier.

Enfin, et sans attendre, le gouvernement a par ailleurs sorti l'arme fiscale en demandant au fisc de lancer des contrôles sur les opérations Lactalis-Parmalat et Bulgari-LVMH.

L'adoption de ces mesures par Rome pourrait relancer la bataille pour Parmalat alors que les jeux semblaient faits. Mais reste à savoir si l'alliance d'investisseurs italiens qui pourrait s'organiser autour de la banque Intesa Sanpaolo, détentrice de 2,4% de Parmalat, verra le jour. Le groupe Ferrero, connu pour ses marques Nutella et Kinder, a confirmé son intérêt pour un "projet industriel de long terme" défendant le caractère italien de Parmalat. Selon la presse, ses dirigeants auraient rencontré ceux de Lactalis afin de discuter, une information sur laquelle Ferrero se refusait à tout commentaire.

Sur le plan politique, la majorité a salué l'adoption des mesures du gouvernement.

C'est "providentiel et nous espérons que cela puisse être utilisé pour maintenir Parmalat dans des mains italiennes", a déclaré Maurizio Fugatti du parti de la Ligue du Nord.

Mais au sein de l'opposition de gauche, le parti de l'Italie des Valeurs ne cachait pas son scepticisme. Ces mesures sont "sans effets pratiques" et le gouvernement, qui n'a "pas de politique industrielle, a transformé l'Italie en un grand supermarché" pour les groupes étrangers, a dénoncé Maurizio Zipponi, un de ses responsables.


  1. gravatar

    # by yulofeud - 2 avril 2011 à 11 h 36

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