Pas de solution miracle pour le Québec

J’ai tenté de répondre à un blogueur, sur le carnet : Grèce : Résumé des mesures d’austérité

Question: Lorsque le Québec aura atteint le mur est-ce que le FMI peut imposer des réformes ou bien est-ce le gouvernement du Canada qui sera obligé de prendre les finances du Québec sous-tutelle et d'imposer des coupes?


Au départ avant d’arriver au FMI, il y a encore un bon bout de chemin à faire, quand tu fais appel au FMI, c’est signe que tu es très proche de faire défaut de paiement.

La plupart du temps, les agences donnent un avertissement au leader politique de l’État, s’il ne corrige pas le tir, ils vont se faire décoter.

Normalement, nos politiciens passent à l’action, surtout où personne ne veut être dans la mire des agences et des spéculateurs de CDS actuellement.

Souvent ça leur donne du courage politique à prendre des décisions difficiles en passant l’odieux sur le dos des agences de notations.

Quand, le ministre Bouchard a réduit la masse salariale de 20 % sur l’ensemble du secteur du public, ce fut à cause d’un avertissement des agences.

Quand, j’attends certains individus qui disent qu’il y pas de gras à couper, Bon Dieu !, on patauge dans le gras du beacon, on pourrait couper 10 à 20% la masse salariale et les avantages sociaux de l’ensemble du secteur public, on pourrait facilement récolter 3à 4 milliards.

On pourrait réduire les subventions de 4 à 2 milliards, on sauve 2 milliards.

On pourrait éliminer les garderies à 7 $, et envoyer un chèque aux parents qui sont dans le besoin, on pourrait sauver un autre milliard.

Donc, à court terme on pourrait équilibrer le budget,en coupant dans les dépenses.

Le problème, c’est le moyen terme, le Québec malheureusement est dans une pente descendante depuis au moins une bonne décennie, on risque de faire l’exercice chaque 3 à 4 ans.

Nous avons des similarités avec le Portugal, pays et province qui ont des sérieux problèmes de compétitivité, des déficits structurels depuis des années, leurs niveaux d’éducation sont inférieurs au nôtre, par contre nous, on a un sérieux problème de démographie.

Inexorablement, on va devenir plus pauvre juste à cause du problème démographique, et de l’endettement cumulé.

Alors que fais-tu, quand tes dépenses excèdent tes revenus pour les 15 prochaines années ?

À moins de trouver un gisement de pétrole ou de gaz, ce n’est pas avec nos boulettes de fer que l’on va devenir riche.

Un autre phénomène qui risque d’être un sérieux problème, si les agences nos obligent d’être dans un mode d’austérité,  quel va être l’impact sur le marché immobilier ?

Nous savons que le niveau d’endettement est de 150 %, qui est à l’extrême limite du tolérable.

Il est faux de prétendre qu’une crise immobilière est due à la hausse du niveau d’intérêt, en fait tout élément déclencheur qui mine la confiance des consommateurs peut créer une crise immobilière, surtout quand l’élastique est tiré au maximum.

Combien de ménage pourra supporter les paiements de leurs maisons, avec une baisse salariale de 20 %, une crise immobilière est un effet de cascade ou les gens ont de moins en moins confiance à investir dans l’immobilier, quand ils savent que la maison est surévaluée.

Nonobstant d’un potentiel d’une crise immobilière, malheureusement il n’y a pas de solution miracle pour sortir le Québec du pétrin, quand, vous avez des politiciens irresponsables pendant plus de 20 ans, on ne corrige pas le tir facilement.

De plus, nous sommes dans une économie très instable où le protectionniste risque d’être le mot d’ordre, en fait la solution pratique à court terme, il faudrait que la monnaie canadienne puisse se faire dévaluer pour remettre un peu de compétitivité, ce qui très peu probable.

Remarque, se faire décotée ce n’est pas une mauvaise chose, ça donne plus de courage au politicien de prendre des décisions difficiles, ou dans un environnement normal, il n’en possède pas.

Pour le Canada, il ne lèvera même pas le petit doigt, ça va obliger aux politiciens québécois, de gérer l’État avec un minimum de responsabilité.

De plus, j’avoue qu’ils sont de plus en plus écœurés de nous envoyer un chèque de péréquation de 8.5 milliards par année, pour satisfaire notre insouciance politique.

Donc, la solution, honnêtement, je la connais pas, trouver la solution pour la Grèce ou le Portugal en essayant de la maintenir dans l’euro, et tout probablement ça sera la même solution pour le Québec.

Entre temps, on laisse nos politiciens piger dans le peu de crédit du peuple qui reste, mais un jour ou l’autre on va être obligé de faire face à la vraie musique.

Il n’y en aura pas de facile !

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    # by Anonyme - 27 mars 2011 à 10 h 02

    Merci pour votre réponse. Donc, lorsque les finances du Québec vont partir en vrille, nos politiciens incompétants seront finalement forcés de couper dans les dépenses. On va donc assister à des manifestations comme en Angleterre où les gens manifestent pour sauver leurs état providence. La vrai raison, c'est plutôt de sauver leurs jobs en haussant les taxes des contribubles.